South Africa (2020): J1 - Ouberg Pass - Williston


Le 9 février 2020, le réveil sonne à 3h30. Pas de coupure d'électricité programmée cette nuit, mes instruments de vol sont chargés.

Je me lève promptement, l'appel du Karoo ayant balayé la fatigue accumulée du séjour et du vol de la veille.

J'ai préparé mes affaires tardivement après que Sybe m'ait ramené de Worcester. Tout est prêt.

Je sors discrètement de l'agréable Hôtel-Restaurant Koppikoffi et je me glisse dans les rues désertes de Porterville, direction la ferme de Sybe à 10 minutes plus au nord, dans la pénombre de la nuit.

Ponctuel et prêt, Sybe, prend le volant du RAV4 que j'ai loué pour cette dernière semaine.

Ce SUV n'est pas connu pour ses qualités de franchissement mais il fera merveille sur les pistes caillouteuses du désert du Karoo et étonnera toute l'équipe d'ailleurs, tant par son habitabilité (4 parapentes dans le coffre) que par son confort.

Direction Sutherland... où Patrice, Vincent et Marc doivent nous rejoindre.

Cette petite ville ressemble à ces bourgades du far west américain, à l'artère centrale déserte, entourée de petites ruelles perpendiculaires qui donnent rapidement accès au désert alentour.

La ville a été établie en 1855 avec les pionniers et l'Eglise réformée néerlandaise qui ont développé l'élevage (essentiellement d'ovins) et ont exploité des mines de diamants aux alentours.

Elle a reçu un peu plus de prestige avec l'installation d'un centre astronomique de renommée internationale.

Son grand télescope (SALT) trône sur une montagne à 14 kilomètres plus à l'Est.

La géolocalisation Whatsapp nous informe que nous avons un peu d'avance...

Quatre heures de route avec Sybe où nous aurons le loisir de refaire l'histoire, de partager nos craintes planétaires, nos joies au contact de la nature... et de dormir un peu aussi pour ne pas être trop à la ramasse pour ces deux jours proposés par Patoche.

Il m'avait fait rêver avec son vol incroyable et inaccessible de plus de 320 kms, lancé au treuil sur le plateau de Sutherland en Novembre dernier.

Cette fois, c'est dans un style plus pur que nous tenterons notre chance vers le Nord en nous lançant d'un décollage sauvage près du col d'Ouberg surplombant le Cap Occidental.

Après avoir laissé le beau Pajero de Marc en face de l'hôtel de Sutherland, nous laissons le macadam pour les pistes transversales qui nous mèneront à bon port où nous serons accueillis par dame tortue!

Devons-nous voir un signe du jour dans cette rencontre reptilienne terrestre?




Première difficulté, trouver une aire de décollage sur les strates qui s'étagent au-dessus du reg plaineux. Les petits buissons épineux secs ont certainement inspiré les créateurs du velcro! En attendant c'est le surnom proposé par Sybe, Velcro trees!

Les suspentes s'y entortillent avec une facilité déconcertante et les épines s'accrochent même au tissu de la voile... Attention accrocs!

Vincent est le premier à se mettre en l'air. ça porte tout juste dans la grande combe où nous sommes.

Après, un bon quart d'heure à faire l'essuie-glace, il repose et nous dit que ce n'est pas le meilleur endroit pour décoller. Il a aperçu un petit chemin en amont de la clôture.

Patrice qui a galéré avec sa toile dans les velcro trees, se lance quand même, alors que nous remontons sur le plateau! Il s'écarte à droite... on le voit s'élever au-dessus de la ligne de crêtes!
On le salue de loin et on lui souhaite bon vol intérieurement car on sait qu'il sera difficile de le rattraper...

Vincent montre la voie de nouveau. Il s'élance depuis la voiture sur une surface dégagée et rejoint l'antenne avec la voile au-dessus de la tête, avant de se jeter dans le vide en jouant à cloche-pied sur les blocs de rocher. Pendant ce temps Marc galope sous le vent entre les buissons pour prendre son envol.

Je ferme la marche en privilégiant l'option peu esthétique et un poil plus engagée de l'antenne.


Enfin en l'air! Les autres sont déjà devant... Patrice a disparu sur le plateau mais nous informe en radio que ça marche bien, plus loin dans le cirque.

Je vois Vincent et Marc galérer un peu sur la crête, je tente les cassures plus devant... bon choix. Je ressors au-dessus de leur tête et recolle plus loin dans l'arc rocheux.

Je temporise ensuite en me rapprochant de la montagne de Sneeuwkrans de manière à trouver la sortie avec mes compères. Marc est catapulté au dessus du totem rocheux! On lui emboite le pas et on s'applique à monter tout en haut du thermique à 2350m.

Les plafonds sont bien plus hauts derrière sur le plateau. Il va falloir assurer cette première transition en plaine.

Marc me semble déjà bien bas. Je me laisse dériver dans du très faible... pour être aspirer dans un thermique digne de ce nom. Pendant ce temps, Marc a posé. BOMBED OUT! :-(

La journée ne va pas être simple... Il y a du cisaillement par étage et Vincent continue a monté dans un thermique que je croyais plafonné.

Je pousse devant, il me rejoint. Il monte mieux! Deux thermiques plus loin, je crois le voir sombrer dans le bleu, sur la gauche... la rue de nuages à droite m'appelle.

Je monte péniblement cependant et j'ai l'impression de ne pas arriver à rejoindre la base du cum'.
Côté lecture des barebulles, c'est pas ça non plus! J'ai du mal!

Je refais le plein à 3200m en pensant pouvoir ensuite progresser plus vite... la transition suivante sera la dernière! Tout s'effondre! J'hurle dans mon casque, je fuis accéléré au taquet en prenant une tangente d'un peu moins de 90°, trop tard!

Proche du sol j'essaie quand même de ressortir mais le thermique est couché par la brise plus forte. Je me résigne...


Un ciel de rêve, des paysages lunaires...
Patrice doit être bien loin à l'heure qu'il est!


En pliant mon aile, je découvre avec stupéfaction que le ciel a été lavé de tout cumulus à 10 kilomètres à la ronde!

J'ai cumulé les hors cycles et petits retards derrière Vincent... pour finir dans le néant!

Quand on pose dans le désert, il faut toujours se rapprocher d'une piste et si possible d'une ferme.

Si elle est abandonnée, on est alors content d'avoir son GPS satellite (Spot ou Garmin/Delorme) avec la fonction suivi et envoi de position.

Dans mon cas, le Garmin Inreach Mini a très bien fonctionné et Sybe a même pu me répondre par SMS (transmission retour par satellite) une fois qu'il a eu, lui aussi, du signal GSM (il compte investir dans un téléphone satellite par la suite).

Si on n'a pas ce petit outil bien utile (obligatoire dans le désert du Karoo pour la sécurité de tous les pilotes du jour), il faut s'apprêter à marcher... et à 40°C ça devient très vite compliqué.

Sur les pistes, il y a peu de passage... et même aux abords des fermes qui ont des relais GSM (privilégier le fournisseur MTN par ailleurs), on n'arrive pas à avoir suffisamment de réseau pour utiliser WhatsApp.

Aujourd'hui, on a tous posé éparpillés rendant la récupération compliquée.
Vincent tire son épingle du jeu en ralliant Williston mais doit poser à cause du sur-développement local.

Après 2h30 de marche pour ma part, après une ferme avec pour seul accueil, un doberman posté derrière un grillage (heureusement), je me suis finalement réfugié plus loin derrière une barrière, à l'ombre d'une plaque métallique seul rempart ombragé dans le décor... en attendant que Sybe arrive me récupérer vers 17h30.

Sa connaissance du terrain, sa compréhension du vol libre, ses origines Afrikans et son contact facilité avec les locaux, sans parler de sa patience, son sérieux et sa gentillesse, en font un coéquipier de choix pour ce type de vol.

Après 1h30, après quelques grilles poussées chez des propriétaires fermiers, après quelques pistes cahoteuses, on rejoint enfin Vincent au Nord Ouest de Williston, les yeux brillants des paysages lunaires traversés.

Vers 22h30, on retrouvera enfin Patrice et Marc à Sutherland, pour qui le retour en ville aura aussi été épique!


Longue journée... Tomorrow is another day!


Quelques traces, histoire... de mieux comprendre!




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South Africa (2020): de Porterville vers Robertson, la vallée verdoyante de Tulbagh

Rendez-vous avec Sybe à Koppikoffi pour le café, où la coupure d'électricité du matin (de 4h à 8h30), rationnement à l'échelle de la ville oblige, impliquant un accès limité au data GSM aussi, ne m'a pas permis de faire mon point météo et de confirmer mon plan de vol de la veille. 

Patrice me vient à la rescousse (depuis son QG de Cape Town) en me conseillant de refaire le vol vers Robertson, la brise ne rentrant normalement que plus tard et supposée moins forte dans la vallée de Worcester. 
Sybe pense aussi que c'est une bonne option.

Nous prenons le chemin du déco de  Pampoenfontein à 9h30. Nous sommes les premiers sur place, pour ne pas changer des habitudes de notre équipe Franco-Suisse guidée par Patrice quinze jours avant.

Nous avions décollé de Dasklip Pass,  déco Nord-Ouest. 

Cette fois, c'est une tendance Sud-Ouest qui est prévue pour la journée. Je suis rapidement rejoint par les crosseurs du moment sur Porterville, anglais, danois, roumains et quelques français fraichement arrivés. Je me prépare dans le silence. 

Sybe me recommande d'attendre encore, les hirondelles sont encore au niveau du déco. 
Deux voiles se mettent en l'air et zonent encore un bon quart d'heure de plus devant les avant-reliefs.


Et puis les premières vraies ascendances sonnent le start! La course est lancée...

Une Omega Xalps, une Zeno montent déjà à gauche! Je me lance derrière une Sigma 10 orange, poursuivie par une M6 violette!

On se retrouve assez rapidement à passer tous les cinq au-dessus du pénitencier et à rallier la crête sud de Porterville. 

Je suis plutôt bien perché quand je rejoins les deux guns roumano-danois. Ils sont en train de centrer un bon thermique que je n'arrive pas à récupérer sur mon passage. 

Tant pis, je devrais bien trouver à la mesure de la journée, un peu plus loin sur la pointe. Je m'avance, rien... demi-tour. La M6 et la Sigma 10 qui étaient derrière moi montent fort à leur tour, alors que je me retrouve sous la crête! 

Voilà comment perdre bêtement son avance! Pas grave, je ne suis pas à la course, mais je rage quand même de ne pas avoir suivi le train des deux autres qui sont déjà à Saron.

La bulle est étroite et nerveuse, je la visse... mais je m'impatiente à partir en transition! Feu!!!

Je me ravise cependant après une centaine de mètres et je me dis qu'il vaut mieux être haut et seul que bas et posé! Je dévie subrepticement sur le relief derrière Saron, ce que nous avions fait la première fois avec Patrice.

C'est sous le vent du Sud-Ouest, bien moins agréable et particulièrement turbulent que je lutte pour m'extraire du sommet. 

La M6 est en difficulté bien plus bas sous mes pieds! La Sigma 10 survit aussi sur la première crête de Saron!

J'avais trouvé une bonne ligne quinze jours avant... je devrais bien arriver à la retrouver! Bingo! Je ne vois plus la M6, elle a dû poser.
La Sigma 10 semble partie vers la réserve de buffles plein sud.

Je bute à 1700m au-dessus de Saron! Je vois mes prédécesseurs avec l'Omega X-alps et la Zeno de l'autre côté de la vallée de Tulbagh. Ils semblent vraiment bas 200 mètres sol tout au plus!

Ce peu de plaf, ne m'inspire pas à tenter le raccourci par la plaine. 


Tant pis, ce sera plus long. Je reprends l'itinéraire connu vers le Klein-Winterhoekpiek. En plus, lors de notre vol de groupe je n'avais pas d'images de ces impressionnantes faces et tours de basaltes!
Ambiance!!! Ma GoPro me joue de nouveau un tour vous privant des passages les plus engagés du cheminement! Il faudra y revenir ;-) 

Priorité progression... je rejoins le fond du cirque en moins de vingt minutes et je joue maintenant du barreau pour avancer sur cette longue crête entre Tulbagh et Wolseley.

Cette vallée de Tulbagh est sublime!

Les plafonds sont bien moins généreux aujourd'hui par contre. J'ai l'impression d'apercevoir la Sigma 10 quitter la crête qui mène à Wellington et basculer par le Bailey's peak à l'Est! Le Sud-Ouest rentrerait-il plus fort? 

Sybe me confirme à la radio qu'il n'y a pas de vent au sol dans la vallée! Etonnant!

Je retrouve en bout de crête, au-dessus des Waverley Hills, la même confluence qu'à notre premier passage avec Loïc et j'optimise la laisse de chien (qui avait vu poser les frères suisses dans le venturi du Mitchell's Pass) pour me retrouver bien haut devant Mostertshoek Twins.

Même pas besoin de batailler dans le chaudron, une catapulte thermique me projette au-dessus du sommet à 2000 mètres d'altitude. La transition sur le Sybasberg est une formalité.


Je continue plus bas et remonte sur le dos du Camel, pour rejoindre le Rooiberg dans un cheminement sans encombres!

Pas de confluence en Nord me mettant sous le vent, de toute façon je suis très haut à cet endroit!

Et toujours pas de vent au sol sur Worcester. Je sens un plaisir partagé avec Sybe.

Je glisse vers le Fairy Glen Dam, petit lac superficiel d'altitude en forme de V.

Je me félicite déjà d'être à Worcester une heure avant notre dernier vol de groupe. La réalité me ramène à la raison. 

Je m'attends à remonter facilement le long de la crête sous Audenberg... horreur je suis sous de la brise dans une tendance plus Sud. La masse d'air est bien moisie... je fuis devant en espérant une meilleure orientation. C'est pas folichon mais la pente plus loin semble plus porteuse.


Les cultures d'arbres fruitiers quelques centaines de mètres plus bas me rappelle le manque de vaches louables! Je m'applique à rester dans ce thermique torturé pour finalement ressortir en son sommet. Pffooouuuu!

Passé ce petit coup de chaud, je reprends mes esprits, la fin ne sera visiblement pas si facile. Je traverse pour rejoindre la crête de Keeromsberg, puis Rablesberg où je croise l'Omega X-Alps qui repart au Nord. 


Ne devrais-je pas aussi rebroussé chemin, poussé par le Sud? Les prévisions annoncent pourtant de la brise bien plus forte vers Tulbagh...

Je continue et je passe le verrou qui m'avait privé du dernier thermique voyant Loïc et Patrice continuer vers Robertson.

Le vent se renforce (23kms/h)et cela ne monte guère au-dessus du relief. De plus je sens la fatigue me gagner. Les pré-reliefs sont piègeux (Patrice nous avait mis en garde) et je n'ai pas envie de finir dans le creux... Lutter contre le vent pour rajouter quelques kilomètres, bof bof, surtout vu le progamme des deux prochains jours.

J'annonce donc à Sybe mon intention de me rapprocher de la piste qui borde les pré-reliefs. Si un dernier thermique me sourit, je pousserai plus loin la chansonnette, sinon... sinon je poserai avant que la brise donne un autre tempo entre les cultures, les buissons ardents et les clôtures!

Il faudra revenir en Afrique du Sud pour rallier Robertson!

Alors que je finis de plier, Sybe est déjà là, et la brise de finalement se manifester... Nous rentrerons à 21h à Porterville, pour un rendez-vous très matinal le lendemain... direction: le désert du Karoo.

Cette traversée de la vallée de Tulbagh au départ de Porterville est un MUST lors d'un séjour cross au Cap Occidental.

Quel plaisir à survoler ces faces basaltiques, ces tours de grès chaotiques balayées par de fortes confluences thermiques qui s'échappent des fonds de vallée. Le contraste est sublime, du sableux à l'ocre, du bleu au vert...

Même si le plaisir de l'exploration n'était pas au rendez-vous aujourd'hui, j'ai pu retrouver, à travers ce vol en solitaire, toute l'intimité avec le sauvage (aigle noirs, babouins, grysboks) que j'affectionne. 

Que cette planète est belle!

Quelques traces, histoire de... mieux comprendre!


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South Africa (2020): de Ceres à Clanwilliam

La veille de ma traversée de la vallée de Tulbagh en solitaire, j'ai rejoint les copains de  Gréolières (fine équipe de 7 pilotes expérimentés originaires de l'arrière pays niçois) à Ceres, la vallée parallèle à l'Est.

Ils ont loué l''expertise de Patrice qui leur envoie le détail météo, ainsi que les meilleurs sites et plans de vol de la journée.


Pour Ceres, il aurait fallu arriver à décoller et se mettre en l'air pour voir si le plan de vol vers Clanwilliam était réalisable ce jour là.

Le déco sauvage au bord de l'aire de repos Gydopas, orienté Sud-Est, est bien dégradé (petits buissons hauts) et ressemble à une décharge, ici aussi la Nature pâtit du manque de respect de l'humanité! 


Il ne nous inspire pas et nous essayons de trouver l'alternative décrite sur Paragliding Map

Elle aurait pu être intéressante car située plus haut, au-dessus de la route. Nous avons été à la rencontre du propriétaire du terrain (riche industriel agricole) qui a laissé un de ces employés (fort sympathique) nous guider sur les lieux.
Des arbustes ont malheureusement envahi l'espace rendant l'envol impossible.

Plus au sud, une belle ligne de crête nous a aussi tentée... seul accès, descendre dans la ravine et remonter la pente abrupte. Trop tard pour ça! 

Il faut impérativement être en l'air avant que le vent de Sud-Ouest s'engouffre dans la vallée vers 12h30 et la montre joue contre nous, l'activité thermique encore absente, et ce probablement en raison du voile d'altitude qui recouvre une grosse partie de la région.

Nous sommes donc revenus à l'aire de pique-nique, ses kékés, sa ligne électrique. Après une cascade de Lolive dans les buissons, nous décidons tous d'abandonner et de reprendre la route. 

Nous nous quittons à Op Die Berg, petite commune sans charme.

Eux vers Wilderness, moi vers Porterville, en passant par Citrusdal et la piste (dirty road) déserte R303.

Pas grand monde dans cette vallée, dommage qu'on n'ait pas pu la survoler!



C'est donc assez tôt que j'arrive à Porterville.
J'ai le temps de me jeter dans la piscine du Koppikoffi, histoire de faire un peu descendre la température, qui malgré la grisaille avoisine les 36°C. 





Je profite de la fin de journée pour préparer tranquillement le vol du lendemain devant une succulente pizza Koppikoffi cuite au feu de bois.











Sybe a accepté de m'assister pour la journée... 










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