La météo et le climat reflètent l'état de notre société.. perturbés! Un front humide et venteux est toujours là pour remplacer le précédent. Il y a bien quelques occasions mais il faut partir beaucoup plus au sud (Bassano, la mecque de mars par exemple).Indisponible, je finis par craquer et décide de faire un blitz à Riederalp sur deux jours. Les potentiels prévus pour la journée ne sont pas extraordinaires mais les chances de voler plus de 2 heures seront toujours plus grandes que dans les Vosges. Et puis c'est l'occasion de revoir Gaëtan.
Nous avions discuté la possibilité de se faire quelques séances de pilotage dans une ou deux stations mais l'hiver, qui nous a paru long à tous les deux, n'a pas été propice pour ça.
J'ai maintenant mes habitudes, départ de Bâle en train, nuit à Brig, vol dans la journée et retour en train le soir du vol. Merci aux transports en commun suisses... ça change de la France.
Nous nous retrouvons donc à la gare de Brig au petit matin, à 8h32.De la stabilité est annoncée mais nous montons dans la benne de 9h04. Nous avons appris que les prévisions sont là pour être contredites. Aucun parapentiste à l'horizon.
Nous décidons de temporiser en nous rassasiant autour de quelques viennoiseries suisses (loin, très loin de l'excellence de l'horlogerie helvétique).
La neige manque cruellement là aussi même si elle tapisse une partie du premier décollage. Nous faisons un saut au deuxième déco plus à l'ouest. Il y a déjà des pilotes. Nous rebroussons chemin, le déco étant plus petit et enneigé. Autant prendre nos aises plus bas.Nous venons tout juste de poser nos sacs, une première voile s'envole (la X-one de Chrigel Maurer?). Elle est suivie quelques minutes après par 3 autres pilotes. Ils se battent pour s'extraire mais nous passent finalement au-dessus de la tête alors que nous nous apprêtons à nous installer dans nos sellettes.
Gaëtan se lance et je le suis dans la foulée. Il est 10h50.L'extraction n'est pas si simple mais nous nous retrouvons au-dessus du Riederhorn, direction Fiesch.
Une formalité, feu sur les Goms...
Je manque l'ascenseur fulgurant des paravalanches et fuis plus à l'Est pour me rattraper. Gaët me coiffe alors et prend les devants.
En arrivant à Oberwald, il me communique que l'option Tessin semble compromise, de nombreux cumuli s'étalent sur les crêtes au sud. Difficile de basculer sereinement avec des cols à 2400m et un plaf à 2800.
Il se lance sous le Hohhoren en quête du Furka. Il y est cueilli par de l'E qui le ramène à une réalité plus inquiétante, la route sous ses pieds dans la vallée est fermée et enneigée, pas de traces d'activité.
Quand je le rejoins poussé derrière Grimselpass par du SO soutenu, il rentre à plat ventre.Tant pis, les Grisons, ce sera pour une prochaine fois. Nous nous rabattons sur le plan classique même si nous sommes bien en retard pour ce type de vol. Il est déjà 12h45.
Mais finalement, c'est la reprise et nous sommes là pour prendre nos repères (je n'ai eu droit qu'à un mini-cross depuis septembre).
Nous faisons donc le retour jusqu'à Fiesch poulie-poulie, plume dans plume. Deux Volt4 rouges, blanches et un peu de bleu, pour être fidèles à nos couleurs nationales ;-).
Première rêvasserie au-dessus de Bettermalp, je m'écarte sur la crête pour voir un peu mieux le glacier d'Aletsch qui cache sa misère dessous une fine pellicule blanche. Quelle tristesse!Gaëtan qui a l'art de débusquer les gros boulets et de ne s'arrêter que dans ceux là, reprend de la hauteur pendant que je me rabats sur les avant-reliefs. Il gardera ce thermique d'avance jusqu'à Leukerbad et je lui courrais derrière jusque là-bas.
De nouveau tous les deux, je l'encourage à continuer une crête plus loin au Vaneralp avant de faire demi-tour. Nous nous décidons alors de rentrer, il est 15h45.La bonne nouvelle c'est que les nuages d'altitude sont encore bien loin au NO, la mauvaise, le SO s'est transformé en un O, NO qui nous met sous le vent de tous les reliefs sur notre retour.
Gaëtan prend 200 mètres avec une précision d'horloger dans la combe ouest de Vaneralp et à raison, ne s'attarde pas dans la turbulence.Le temps que je m'en aperçoive et il a déjà disparu en rebondissant sur le relief suivant. J'oublie l'idée de raccrocher le wagon. Le plus important est maintenant de boucler en ne boudant pas les ascensions moins dynamiques.
Je me laisse glisser jusqu'au-dessus de Brig en espérant être protégé au-dessus de Naters et c'est le cas.
Qui voilà??? Gaëtan, bien sûr, qui négocie encore efficacement le thermique sur la crête du Riederhorn. Arrivé plus bas, je remonte laborieusement et plus loin vers le sommet.
La transition vers le Folluhorn est plus longue et j'arrive de nouveau plus bas, cueilli par du S.Alors que je dessine mes premiers spaghettis, je vois mon ami suisse quitter le sommet pour aller poser à Brig.
Je stagne 600 mètres dessous, et quelques mouvements plus violents de ma voile me rappelle que la fatigue est maintenant bien installée. Je lâche l'affaire...
Je rejoins Gaëtan sur le plancher des vaches 15 minutes plus tard, non sans mal.Quand le S rentre par Rothwald, cela semble créer une zone de convergence avec la brise en O, rendant le poser un peu aléatoire sous Brei.
Quelles retrouvailles! Cette journée m'aura fait le plus grand bien après un hiver plutôt famélique sur le massif vosgien.
Cette petite reprise (pas si petite finalement 😉) nous aura permis de partager encore une belle aventure
- dans de belles ambiances (de fin de Printemps, de part un déficit neigeux bien visible :O)
- dans des conditions bien sèches (pas un cum) avec quelques belles Vz mais pas effrayantes non plus et des thermiques pas si larges
- pour finir autour de nos pizzas favorites au restaurant italien Commerce en débriefant des réglages tant en comm, plan et cheminement de vol à mettre en place pour les prochains vols
- pour célébrer quelques moments clé (hein Gaëtan? 😊) comme l'arrivée du Printemps aussi
Toutes les photos
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Les traces
Pour mieux comprendre les cheminements...
Abbreviations
- E: Est
- S: Sud
- O: Ouest
- N: Nord





















