Vosges du Sud: entre Lac Blanc et Treh


Voilà un petit week-end bien estival pour la fête de la musique! Pour une fois, pas une goutte de pluie et des températures dignes d'un mois de juillet.

Nous décidons le dimanche matin même de prendre le frais et nous filons dans les Vosges pour une petite randonnée verticale (merci à Serge pour son inspiration) au-dessus de la plage du Lac Blanc.

Ce n'est pas la première fois que nous nous lançons dans la voie normale du Hans, mais cela remonte quand même à quatre ans la dernière fois que nous l'avons gravie.

Une belle main courante permet de descendre plus sereinement.

Quand nous atteignons la vire herbeuse en contrebas, nous croisons un groupe de jeunes collocs européens qui cherchent le secteur d'initiation. Ils ne trouveront rien si bas et devront reprendre la sente jusqu'au sommet!

Quand nous arrivons, un couple de quinca est déjà au pied de la voie. Ils ont déjà escaladé la voie et s'affairent à leur pique-nique.

Ils sont rejoints par une cordée d'amis, mais ces derniers sont soudainement suivis par un attroupement de grimpeurs qui viennent ici pour en découdre avec le rocher du Hans.


En dessous, des plagistes se sont étalés autour du lac et des baigneurs peu frileux sillonnent les pourtours du lac.

Nous ne traînons pas sauf pour se rassurer et assurer dans quelques passages plus raides.

Les deux premières longueurs s'enchaînent avec une corde à double de 60 mètres, et on arrive au deuxième relais sans trop souffrir du tirage en rallongeant plusieurs dégaines.

Les plaquettes des relais ont été remplacées par des scellements peu communs (arceaux uniques larges).



Deux parapentes (Ice Peak et Aspen) viennent nous narguer et
prendre du gaz à l'autre extrémité du lac.
De l'autre côté, vers le col de la Schlucht, c'est le manège ascendant et descendant des volants. L'activité thermique a l'air très cyclique aujourd'hui.

Mais revenons à la troisième longueur en 5a qui fait la réputation de la voie: une belle envolée aérienne sur une étroite lame, avant de s'engager dans une petite cheminée et un réta bien crochetant pour déboucher sur la vire majeure.

Ne reste alors plus qu'un ressaut athlétique en 4c pour atteindre les cieux et la vierge qui guette en haut du rocher.

Nous aurons été accompagnés par une flèche locale (Colmar) fort sympathique, qui aura pris la parallèle finissant avec Benjamin (un 5b athlétique).

Les autres grimpeurs ne semblent pas avoir suivi ou ont pris leur temps.


Pendant ce temps, les collocs de Fribourg s'éclatent dans le secteur d'initiation.

Les spectateurs randonneurs défilent aussi nombreux aujourd'hui.




Nous laissons le lac derrière nous et prenons la route des crêtes pour rejoindre les parapotes et peut-être voir encore quelques pilotes s'élancer du Treh. Il est tard mais quelques voiles flottent encore au-dessus du Markstein.

Nous profitons pour visiter le décollage en sud-ouest qui a bénéficié d'un rajeunissement bien appréciable.

Le chemin d'accès a été refait, des rambardes viennent aider les parapentistes dans la montée et l'aire d'envol est en phase d'assainissement.

Nous retrouvons MysterFred qui remonte de l'Aérotec. Même si les conditions n'étaient pas faciles aujourd'hui, il a bien volé (45 bornes de plus au compteur).


Nous nous arrêterons finalement dans la petite ferme auberge Hahnenbrunnen (oubliez les restaurants du Treh), bien sympathique, où nous célébrerons ce début d'été 2014 dans la joie et la bonne humeur avant de reprendre la route pour la Moselle.

Un dernier regard sur les crêtes avec un ciel traversé de pourpre et d'or...

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Suisse, Hintisberg: face à l'Eiger, Mönch et Jungfrau

Après 2 jours et un peu moins de 700 mètres dans les pattes: F a le dos qui couine, mes pieds chauffent et seul Vivien semble tenir encore la route.


Nous avons décidé de découvrir un site avec moins de dénivelé (180 mètres) à proximité d'Interlaken: l'Hintisberg.


Il faut bien compter au moins 40 minutes pour accéder au parking. De là, une petite marche d'autant nous mène au pied d'une superbe face calcaire.


Plusieurs cordées s'y sont déjà étalées, nous laissant encore le choix du menu.

Vivien a faim et nous propose Escalera (6a max, 5c oblg).

Il va être servi! Le 5b de départ donne le ton, mais s’avérera presque la longueur la plus dure de la voie. Après, tout se déroule en suivant une logique d'escalier. Des strates, des murs plus raides, des poches et des bacs généreux, des tracés sinueux, quelques surplombs et le tour est joué. L'escalade y est homogène.

Vivien aura apprécié, non sans soupir, les 3es dégaines aérées de chaque longueur.
 
Derrière, nous ne traînons pas, sauf pour contempler et photographier les sommets mythiques qui se dressent dans notre dos. Quelle sensation de savoir que les aventures les plus folles de l'alpinisme suisse y sont gravées. Eiger, Mönch, Jungfrau...


Mon regard se perd de temps en temps dans les cumulus qui se développent trop, et j’aperçois quelques parapentes qui n'ont pas de mal à monter aujourd'hui. Ces super cumulus se transforment en monstres au fil de notre montée. Certains pilotes (ou d'autres) se sont décalés et se retrouvent maintenant sur nos têtes... arrgghhh, les chanceux! Sacré journée pour les amoureux de la montagne!

Dernier petit effort avec une sortie en 6a. Quand nous entamons notre série de 3 rappels (deux brins de 60 m, c'est optimal), deux jolies Suissesses qui sont parties bien plus tard arrivent déjà au relais, le temps d'une parlure.
Elles sont d'Interlaken et l'Hintisberg est leur jardin... et quel Jardin!

Le temps nous chasse, la météo aussi d'ailleurs. Ce week-end en terres helvétiques est terminé et nous donne tous envie de remettre cela au plus vite!

Nous quittons Vivien à Strasbourg entre les retards indéterminés de la SNCF et quelques boules de glace pour nous rafraîchir de ces 37 °C de fin de journée. A ce petit jeu là, il ratera quand même son train...

Accès & topo


En venant d'Interlaken, on traverse Wilderswill puis après Zweilütschinen, on prend direction Grindelwald. A Stalden, on passe sous un petit pont et c'est parti pour de nombreux lacets avant de déboucher sur les premiers chalets. Le topo est précis et on se retrouve vite au parking.




Visualiser la carte Suisse: Hintisberg en plus grand!



Nous avons navigué avec la version précédente du Plaisir West pour arriver au pied des voies... un jeu d'enfant!

Un bon topo, donc, qu'on peut retrouver sur le site de l'éditeur Filidor ou commander en ligne dans plusieurs boutiques (voici un lien par exemple!).


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Suisse, Räterichsbodensee et Gerstenegg: de la dalle avec un grand "D"

Après les 400 mètres de Salü Jan dans les Gastlosen, toute l'équipe n'est pas au plus haut de sa forme. Aussi, en se couchant à 2h du mat, il est difficile d'envisager un départ au pied d'une voie à la fraîche le jour même.

Un petit déjeuner continental au Wadhotel à Interlaken, et hop, nous partons pour le Räterichsbodensee, un lac artificiel bien... glauque.



A notre arrivée, nous remarquons rapidement que les voies que nous convoyons se trouvent sous des névés ou dans l'axe de ruissellement. Il nous faut trouver un autre projet.


Mon œil est attiré par des tâches colorées bien plus haut dans le ciel... mais cela vole ici! La vue doit être grandiose de là-haut. En mon fond intérieur, je me fais la promesse de revenir l'année prochaine avec les parapotes.

Mais revenons sur terre. Nous décidons de partir à l'assaut d'une énorme dalle granitique dans le secteur Cross du Gerstenegg.

Le topo est mal foutu, nous perdons un peu de temps à trouver le parking qui est juste en dessous.

Finalement, ce n'est peut-être pas le topo ;-). Dans la sente qui mène à la falaise, nous bifurquons à gauche avant la passerelle et nous nous rallongeons de plusieurs centaines de mètres, rendant ainsi visite au superbe pont vénitien en amont.

Finalement, nous revenons sur nos pas pour nous retrouver cette fois au démarrage de la voie à une heure presque aussi tardive que la veille... Fliegender (5a max, 4c oblg.) ou Krümel (5a max, 4c oblg)? On choisira plus haut.


Malgré son aversion bien connue pour la dalle, F se lance dans les premières longueurs et ouvre la danse avec un passage qui lui met un peu le cerveau à l'envers.


Il se reprend et enchaîne les 3 longueurs suivantes en corde tendue et opte pour Krümel. Les longueurs suivantes en 4b, 4c vont lui paraître impossibles, et c'est à quatre pattes qu'il atteint le relais.

Il est toujours plus facile de rigoler dans des dalles quand on est en moulinette!

On tape des runs chronométrés avec Vivien, améliorant ainsi notre vitesse de progression.

Je prends la suite en traçant dans une longueur en 3b. Le passage suivant se redresse et, malgré une cotation bien modeste en 5a, je passe finalement le relais à Vivien qui se fera un plaisir de caler les pas plus difficiles de la voie et tout cela en peu de temps.

Résultat, nous arrivons en haut de ces 270 mètres après seulement 2 heures d'escalade.

En nous enfonçant dans les buissons, nous retrouvons la descente. Superbe spectacle géologique! Nous redescendons entre rimaille et blocs de granite.

La prochaine fois, il faudra sortir au sommet de la Strada du secteur Dom en cumulant ainsi 670 mètres de dénivelé.




Le Gerstenegg, en étant à quelques pas du parking, offre une belle ambiance et une expérience unique de la dalle avec un grand "D". Ici, vos chaussons asymétriques et techniques seront un handicap. Plus ils seront souples et mous, plus vous vous sentirez à l'aise.

Il est à peine 17h30 quand nous rejoignons la voiture. Nous décidons de remonter la route qui mène à Gimselpass, qui ne nous déçoit pas, sauf peut-être les rues de lignes haute tension qui salissent la pureté minérale des vallées adjacentes.

Nous redescendons sur Interlaken que nous pourrons visiter de jour, aujourd'hui.


Topo & commodités

Nous avons navigué avec la version précédente du Plaisir West pour arriver au pied des voies et cela n'a pas été toujours facile. Un bon topo cependant qu'on peut retrouver sur le site de l'éditeur Filidor ou commander en ligne dans plusieurs boutiques (voici un lien par exemple!).


Côté hébergement, nous étions basés à Interlaken mais il y a moyen de trouver plus près du côté de Meiringen.





Accès 

 


 
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Suisse, Gastlosen: retour à la Pfadflue



Il y a cinq ans déjà, nous avions découvert avec Steeven ce massif pré-alpin des Gastlosen, ces faces de calcaire compact gris surplombant ces alpages verdoyants. Une révélation!

Après une nuit à Mulhouse, nous filons directement avec F et Vivien vers Jaunpass. Nous perdons un peu de temps en évitant un énorme bouchon au sud de Berne. En passant par Bâle, il est préférable de descendre directement sur Fribourg et d'éviter Berne, surtout les jours d'affluence et de longs week-ends qui voient des hordes germaniques s'exiler sur les hauteurs alpines.


Nous laissons la voiture au parking Oberberg alors que, lors notre venue avec Steeven, nous avions privilégié l'approche par Oberi Bire. Le sentier d'Oberberg reste à l'ombre de grands conifères, mais n'offre pas le joli panorama sur les Gastolsen et massifs alentours. A éviter donc pour les prochaines visites.

Nous sommes en retard, plusieurs cordées tirent déjà les rappels dans la face de la Pfandflue.

Il est 14h30 et nous avons 400 mètres à gravir.

Notre choix se porte sur Bilbo (5c+ max, 5c oblg) et nous tenons l'itinéraire jusqu'à la troisième longueur où Vivien, en reprenant les commandes de la cordée, va trop plonger sur la gauche et raccrocher Salü Jan dans une traversée herbeuse et engagée.


Bonne leçon pour F qui apprendra sous mes grognements qu'il est toujours important de ne pas oublier le dernier de cordée et de lui clipper les points pour lui éviter ainsi un pendulaire (im)probable ;-).


En résulte une escalade sur de jolies cannelures entrecoupées bien malheureusement par des vires herbeuses qui dégradent la beauté et l'intérêt de la voie. Après 5h, nous arrivons au sommet, talonnés par deux cordées germaniques.

Il est tard et la descente s'annonce longue. Au moins 6 rappels à tirer! Nous nous associons au quatre grimpeurs teutons et descendons à tour de rôle sur nos cordes. Après une bonne heure d'une descente européenne, nous retouchons le sol.

Quand nous foulons le sentier de descente, la nuit vient de tomber et nos frontales dansent jusqu'au parking où les bivouacs sont encore éclairés. A notre arrivée à la voiture en contrebas, nous avons droit à l'accueil de réception local. Vivien et F écartent le troupeau d'évolènes qui nous barre la route.

Nous mettons le cap sur Interlaken où notre hôte du Waldhotel aura la gentillesse de nous ouvrir les portes une heure plus tard. Nous vous conseillons le café-restaurant Runft qui est ouvert jusqu'à 3h du mat. On a apprécié les spaghettis bolo salvatrices de minuit :-).
La suite au prochain épisode...





Accès et commodités


Pour l'accès et les commodités, rien n'a vraiment changé depuis 2009, excepté que le village de Jaun etait en train de rénover son réseau routier lorsque nous sommes passés et que c'était un peu Beyrouth à la traversée.

Retrouvez donc tous les infos ici et les cartes !




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