Chile (2012): Lagos, Carretera Austral & Isla de Chiloé

Nous avions repoussé notre venue dans la région des lacs en espérant que les pluies diluviennes depuis notre arrivée au Chili finissent de s'épuiser pendant notre périple en Patagonie. Bon choix, car seulement une journée d'humidité bien soutenue ponctuera notre arrivée. Ces pluies régulières expliquent, en outre, pourquoi les volcans enneigés sont bien enracinés dans une verdure luxuriante (qu'on nomme aussi "jungle australe") parsemée de nombreux lacs.

Puerto Varas



C'est à la tombée de la nuit que nous posons nos sacs à l'hôtel El Greco. Puerto Varas est petite station balnéaire du lac Llanquihue (d'où sont originaires Gonzalo et Milla). Le lendemain, nous nous consolons au bistro Cassis de ne pas pouvoir adopter tous ces "patiperros" (chiens errants) qui traînent dans la ville. Puis nous reprenons la route vers Ensenada.



Ensenada

On est loin de la Carretera Austral: l'asphalte presque impeccable nous mène rapidement vers notre objectif. Etape au gîte isolé de Pauline et Raphaël: Casa Ko. Leur grand chalet est admirablement décoré, les chambres très agréables et le couvert bien préparé. Le dîner en compagnie d'amis marquisiens, métropolitains et americano-chiliens a été chaleureux et enrichissant (pour sûr, on va devoir aller en Polynésie un de ces quatre).

Au lever, les nuages encerclent le volcan Osorno. Nous profitons encore de la connexion internet pour affiner le programme des jours suivants. Puis lorsque le ciel se dégage, nous prenons la direction du lago Todos los Santos. Malheureusement, le volcan a disparu dans une nappe moutonneuse bien compacte quand nous atteignons Petrohué.

Lago Todos los Santos & Saltos del Rio Petrohué

Le lac Todos los Santos est réputé pour ses eaux d'un vert émeraude (il était d'ailleurs appelé "Esmeralda" par les indiens). Nous abandonnons l'idée de la traversée jusqu'à Pellua (route obligatoire pour ceux qui veulent rejoindre l'Argentine) et celle d'un tour organisé par les pêcheurs locaux.

Après une petite mise en jambe sur la plage de sable noir, nous décidons de rebrousser chemin vers les Saltos del Rio Petrohué. De magnifiques chutes d'eau assurent un spectacle qui se voudrait moins touristique. Mais bon, il en faut pour tout le monde.


Puis nous mettons le cap sur le volcan Osorno en croisant les doigts pour ne pas se perdre là-haut dans la brume. La petite route (raide, raide) serpente dans une forêt épaisse. Nous doublons 3 groupes de jeunes qui tendent le pouce. Pris de remords, nous faisons demi-tour et chargeons la benne de tout ce petit monde que nous déposons au terminus: le Centro de Montaña du volcan Osorno.

Nous nous engageons sur la sente qui monte à droite des télésièges. Malgré un vent mordant, nous restons là un bon moment à contempler cette étonnante formation géologique ainsi que le paysage qui plonge sur le lac Llanquihue et donne sur le volcan Calbuco. Grandiose!


En redescendant à la station, quatre des auto-stoppeurs sont là à nous attendre. Ils sont bien évidemment intéressés par la benne retour qui leur évitera les 14 km de lacets. Parmi eux, Cyril et JM sont en Amérique du Sud depuis 3 mois pour leur projet "American Express World Tour". Ils comptaient camper sur les contreforts du volcan, mais la forêt compacte les en dissuade, et décident finalement de nous accompagner à Cochamó. Vous pouvez suivre leur périple sur FB. Nous arrivons rapidement sur une piste qui longe l'estuaire Reloncavi. Un petit avant-goût de la Carretera Austral en quelque sorte!

Cochamó

Quand nous débouchons sur Cochamó, le soleil n'est plus très loin de passer derrière les montagnes qui encerclent le village et le fjord. L'église étincelle. Il paraît qu'elle vaut de loin toutes celles de l'île Chiloé.

Nous déposons nos compagnons qui veulent trouver un emplacement où planter leur tente. Nous croisons un groupe de pêcheurs quinquagénaires... français (encore!). Ils nous recommandent leur B&B, celui juste en face du port qui fait aussi épicerie. Sommaire mais confortable. Nous remontons au restaurant la Ollita, où nous sommes séduits par la cuisine, la simplicité et l'accueil de nos hôtes. Nous y retrouvons les pêcheurs lyonnais - bonne ambiance de fin de soirée.

A l'aube, tout le fjord se réveille en douceur. Cyril et JM sont déjà en place à guetter si des dauphins ne se présenteraient pas près du phare (ils passent régulièrement vers 11 h et 21 h). Il est encore un peu tôt. Bel emplacement pour savourer un petit-déjeuner! Nous les y rejoignons et leur proposons de descendre jusqu'à Hornopiren pour ensuite retraverser en prenant le ferry Puelche-Las Arenas à destination de Puerto Montt. Toujours partants.


Nous nous arrêtons à la sortie du village à l'écriteau Southern Trips. Jordane, Française expat', avait répondu par e-mail, plusieurs jours auparavant, à nos quelques questions sur les services de guides d'escalade dans la vallée.

Malgré une petite forme, elle nous accueille à bras ouverts et arrive à nous convaincre de faire l'aller-retour en 2 jours dans la vallée de Cochamó. Cyril et JM sont aussi motivés et, comme ils ont un peu plus de temps, ils pourront peut-être rester quelques jours supplémentaires pour randonner là-haut...

Vallée de Cochamó

A 3 km de Cochamó, il faut prendre la piste à gauche, avant le pont. Le 4x4 parcourt rapidement les 8 km qui mènent au camping Los Pozones, chez Claudio. Nous laissons les affaires inutiles dans le véhicule, et c'est donc avec un grand sourire que nous nous lançons sur le chemin qui mène à la Junta et la vallée de Cochamó.

C'est le dépaysement total, et nous remercions encore Jordane pour ses bons conseils!

La randonnée d'une quinzaine de kilomètres n'est pas très dure avec ses 350 mètres de dénivelé.

Par contre, elle s'avère technique, voire compliquée par temps de fortes pluies. Les 3 semaines d'intense arrosage marquent le paysage. Le sentier est loin d'être tracé, mais reste cependant logique avec quelques indications précieuses (papillons de couleur saumon) qui évitent les passages impossibles (à moins d'aimer les bains de boue) pour les randonneurs.

Le parcours suit les profonds sillons creusés au fil des temps par les chevaux de bât, roule sur des rondins flottants, se faufile dans une jungle dense, parfois sombre et même inquiétante, traverse rivières, fossés rocailleux sur des troncs d'arbres plus ou moins accueillants.

En bref, l'Aventure!

On sent que la région n'est pas encore aseptisée par le tourisme de masse.

Un vrai régal où le temps s'arrête sur des situations que nous garderons au plus profond de nous:
  • ce guide moustachu obligé de redresser un cheval qui a gentiment câliné son cavalier dans la boue,
  • ce gaucho ramenant un veau, accompagné de son chien berger,
  • ces cascades qui transpercent la jungle, 
  • ces rivières émeraudes 
  • et cette boue qui cherche désespérément à s'infiltrer dans les chaussures au moindre faux pas.
A prendre des photos, nous accusons un peu de retard sur nos jeunes compagnons, et ce malgré leurs sacs à dos bien chargés. Nous ne les reverrons pas de la journée, même en accélérant la cadence pour nous éviter d'arriver au refuge de nuit.

En débouchant au camping de la Junta, le plaisir de découvrir les immenses faces granitiques environnantes est immense. Quel regret de ne pas avoir plus de temps et d'avoir laissé notre matériel d'escalade à Santiago! Il faudra revenir (mais avec un bon niveau, 6b/c sur coinceurs), car ici l'escalade en big wall est tout simplement impressionnante!

Dernier effort pour arriver au Refugio de Cochamó: la traversée de la rivière en tyrolienne.
L'accueil impeccable est au bout du chemin et de ses 6 heures d'expédition tranquille... bonne pizza en récompense (mais attention de ne pas arriver trop tard sinon plus de bois dans le four!). Les randonneurs et grimpeurs ont la discussion facile, et nous faisons rapidement connaissance avec Bob de Denver en baroud pour deux ans, Chris, jeune grimpeur originaire de Boston qui fait une pause escalade de 6 mois (a grimpé à Cochamó pendant tout le mois de janvier sans une  goutte de pluie, le chanceux!) et d'autres dont nous avons oublié les noms...

Le lendemain, le réveil sonne tôt car nous voulons profiter des premières lueurs pour faire un peu de photo et voir les toboganes. Le refuge est encore endormi quand nous le quittons à la frontale.

Après un passage de tyrolienne dont nous optimisons la manœuvre, nous cherchons plusieurs endroits où passer la rivière gonflée par les pluies récentes, sans devoir nous déchausser. Finalement, nous rebroussons chemin après avoir pu prendre quelques clichés depuis un accès assez dangereux. En montant un peu plus haut, nous aurions pu aussi traverser un pont...

Cette vallée à l'aurore, quel éblouissement! Nous y sommes restés plusieurs heures avant que notre estomac ne nous rappelle ce petit-déjeuner servi au refuge.

La peau du ventre bien tendue, il est grand temps de repartir :-(.
Nous saluons nos hôtes qui nous le rendent avec toute la gentillesse du lieu.

Nous passons par le camping où nous croisons quelques grimpeurs qui s'apprêtent à tirer des longueurs. Super concentrés et motivés! Je les envie!

Et puis un peu après, qui revoilà? Nos American Express World Tourists que nous avions doublés la veille, sans le savoir, dans les méandres de la jungle australe. Résultat: ils sont arrivés une heure après nous et ont préféré installer leur tente un peu en contrebas, près de la rivière.

Mais au petit matin, en repliant leur tente, un des arceaux a rompu... Ils doivent remédier impérativement à ce problème et nous demandent donc de les déposer au plus près de Puerto Montt.

Nous parcourons le chemin retour en nous extasiant de nouveau sur les beautés de la forêt. Arrivés en bas, chez Claudio, nous dépannons un couple suisse qui a oublié son téléphone portable au chalet, en le présentant à Jordane.

Celle-ci nous recommande de ne pas traîner si nous voulons attraper le ferry de Puelche (dernière heure à 20 h, selon Cyril), car il faut bien compter 2 h de piste. Départ de Cochamó à 18 h 20, arrivée à Puelche à 19 h 55. Autant dire que la partie a été serrée et que les 4 roues motrices et les suspensions ont été mises à contribution. Donc, pas beaucoup de photos malgré les splendides paysages. Quand nous arrivons sur la jetée, le ferry est en train de manœuvrer. Nous nous sommes pressés pour rien, car il y a des bateaux jusque vers minuit, toutes les 45 minutes. La traversée est reposante.


Quand nous arrivons à Puerto Montt, il fait déjà nuit depuis longtemps. Grâce au GPS, nous ne perdons pas de temps et laissons Cyril et JM à la Casa Perla. Vu le temps, nous nous installons juste derrière, à l'Hospedaje Corina, où nous pouvons parquer la voiture dans la cour intérieure (très recommandé dans ce quartier). Après un petit-déjeuner assez basique en compagnie d'un couple allemand et suisse, nous quittons Puerto Montt dont nous ne verrons pas grand-chose, privilégiant l'île de Chiloé.


Isla Chiloé

Nous avons à peine une demi-journée à consacrer à Chiloé, autant dire trop peu pour pouvoir entrer en contact avec les Chilotes (habitants de l'île) et visiter les 9 églises inscrites au patrimoine de l'Unesco et déclarées monument national.

Nous décidons donc d'aller voir la colonie de manchots sur les îlots de Puñihuil. L'accès n'est pas aisé, sableux et pas toujours damé, mais nous sommes équipés. Un tout autre dépaysement qui nous rappelle le Donegal (en Irlande). Nous choisissons la première agence qui n'appartient pas à un tour opérateur. Le petit bateau que nous prenons est moins peuplé et le service plus familial. Nous apprenons que deux espèces de manchots se côtoient sur les îlots, les pingouins de Magellan et de Humboldt. Nous nous serions presque crus dans Happy Feet... 
 
Pour finir le séjour, nous remontons dans le nord de l'île, sur les plages de Punta Gabún, où nous ne nous attardons pas, le vent nous chassant. Après une petite pause déjeuner à Quetalmahue, nous reprenons la route (compter bien 2 h) pour l'aéroport de Puerto Montt.

Le voyage se finit ici ou presque, car notre transit à Santiago est de courte durée et ne nous aura autorisé que quelques emplettes.


Et maintenant, place aux images...


C'est ICI!


Chile (2012): Patagonia & Magallanes

Après une semaine passée dans le désert d'Atacama, nous descendons dans le sud, sud du Chili (5h d'avion avec deux escales, une sorte de bus aérien où les passagers descendent à chaque stop et d'autres montent sans perdre de temps), pour découvrir les vertigineuses aiguilles des Torres del Paine et les immensités désertes du bout du monde: cap sur les Magallanes!

Punta Arenas



La chance nous accompagne toujours, et ce ne sont donc pas l'humidité prononcée et la férocité des vents tant réputés qui nous accueillent à Punta Arenas. Il fait certes plus frais mais rien ne nous décourage. Nous n'aurons malheureusement pas le temps de nous attarder dans la dernière cité du sud. Il paraît que, dans cette capitale provinciale, architecture victorienne et bars louches des ports du fin fond du monde se côtoient.

La fenêtre météo est bonne pour notre principal objectif qu'est le parc national de Torres del Paine. Nous avons encore en tête les images de Patagonia Dream, présentées par les frères Favresse et Sean Villanueva à Arlon, qui ne laissaient aucun doute sur la rudesse climatique de leur expédition. Toni nous avait aussi fait part de sa déception de ne pouvoir grimper sur ces aiguilles, les conditions très imprévisibles n'offrant pas beaucoup de temps à l'escalade d'aventure.

Après un peu moins de 3 heures sur la longue et rectiligne Ruta 9 (250 km), à longer le détroit de Magellan et à suivre un peu plus loin les pampas argentines déchiquetées par les vents, nous atteignons Puerto Natales. Notre regard s'est à maintes reprises perdu à l'horizon, accrochant une ferme par-ci par-là, se perdant dans un troupeau de milliers de moutons et admirant furtivement quelques nandous égarés près de la route.

Puerto Natales


Ce petit port très animé est le départ des expéditions vers Torres del Paine et des excursions vers les glaciers Balmaceda et Serrano. Les magasins d'équipement de montagne (Maddera, La Cumbre...) et d'expéditions sportives pullulent. C'est l'occasion de croiser de nombreux voyageurs au long ou court terme et d'échanger de bons plans dans les restaurants bien agréables de la ville (1. El Asador Patagonico, 2. Afrigonia). Nous y croisons un jeune Américain, Erik, qui a tout laissé afin de venir vivre à Santiago et qui profite de quelques jours de congés pour parcourir la Patagonie.
Il nous recommande chaleureusement la Valle del Frances.

Côté hébergement, nous avons bien aimé l'Hostal Amerindia. Les chambres sont dans le style local, aération bien froide due au manque d'isolation des planches de bois qui constituent les murs, et le petit-déjeuner est vraiment complet et bio de surcroît. La patronne vous aidera dans le choix des excursions, une véritable agence de voyages!

Les inscriptions aux excursions vers le glacier Balmaceda ou Serrano étant complètes, nous décidons alors de tenter notre chance dans le parc de Torres del Paine.

Le plein d'essence fait (attention pas de station dans le parc), après un peu moins de 150 km, le pick-up que nous avons loué (même si 4x2) va montrer toute son utilité. Les pistes, pas toujours damées, mettent sérieusement à contribution les suspensions, et le pilotage dérapage, surtout en limite de bas côtés, impose la plus grande vigilance.

Torres del Paine


Le parc national, classé par l'Unesco comme réserve mondiale de la biosphère en 1978, est inhabité (seuls quelques hôtels et refuges sont autorisés). Il est à la hauteur de sa réputation.
Même si la trace de l'homme est bien présente (quelques incendies désastreux, dont le plus récent au début de 2012), on se retrouve face à la nature avec un grand N.

Glaciers, lacs, arbres torturés dressent le cadre d'un terrain d'aventure à peu près sans équivalent au monde. Nous entrons dans le parc en passant par la Porteria y Guarderia Laguna Amarga, vue sur le Lago Sarmiento de Gamboa et la Laguna Amarga. Nous sommes vite dans le vif du sujet avec un troupeau de guanacos qui va nous occuper pendant un certain temps.

Cascada Paine & Laguna Azul



Au programme de l'après-midi, la Cascada Paine et la Laguna Azul. Au passage, nous prenons en stop Marcia. 7 km à pied sur la piste poussiéreuse entre le Campamento Las Torres et l'arrêt de bus qui doit la ramener à Puerto Natales, c'est pas ce qu'il y a de mieux. Nous aurons eu le plaisir de partager avec elle un petit bout de chemin et d'avoir une chance énorme en croisant une maman puma et ses 3 petits sur la piste qui mène à la lagune bleue. Moment intense et bref!



Lac Pehoe & Valle del Frances


Le lendemain matin, à l'aube, le ciel radieux nous encourage à découvrir la Valle del Frances. Nous sommes les premiers à monter dans le catamaran de 9 h 30 qui traverse le lac Pehoe (compter 30 minutes).
La randonnée jusqu'au Campamento Britanico est abordable, mais nécessite une dizaine d'heures (photos oblige) aller-retour. Trop juste pour attraper le dernier bateau de 18h30.

Nous déambulerons donc jusque dans le pierrier qui donne vue sur le Cerro Aleta de Tiburon et Trono Blanco. Magnifique spectacle d'avalanches qui montre là encore malheureusement les méfaits du réchauffement climatique.

Au retour, on s'attarde encore devant les petits lacs d’origine glacière et le Lago Skottsberg qui suit: Ma-gni-fi-que, et ce malgré les stigmates bien tristes des incendies récents.

Pour le retour, le catamaran peine presque sous le poids des nombreux randonneurs qui achèvent le "W" (4/5 jours) ou la "boucle" (10/12 jours) par le Refugio Paine Grande. L'ambiance est toute autre, les nuages s'invitant à la fête!
Nous ne traînons pas, mais nous nous autorisons un arrêt devant l'hôtel le plus photographié du parc: Hosteria Pehoe. Ce soir, c'est fête, nous dormons à l'hôtel Lago Grey.

Lago Grey


Les Torres del Paine dans les nuages, le glacier Grey baigné de lumière et les icebergs qui reflètent de jolies nuances bleu pâle... de quoi rester là des heures à les contempler.
En plus, un groupe de kayakistes qui viennent de Puerto Natales (27 km à ramer), avec qui nous discutons à la jonction du rio Grey, va pimenter la scène. Alors que nous atteignons l'extrémité de la péninsule, un vaisseau glacial trône.

Il nous fascine. La troupe de kayakistes est aussi hypnotisée par ce monument naturel, et certains s'exposent en se rapprochant trop près.

Rappelés par le guide, les kayakistes s'éloignent et contournent l'iceberg.

Le silence devient alors presque insoutenable! Et puis, soudain, l'édifice s'enfonce dans un craquement effrayant. Un bloc surgit violemment des profondeurs, tout juste à l'endroit où les kayakistes s'étaient regroupés 5 minutes auparavant.

La colère des dieux? La pluie et le vent viennent nous balayer, nous chasser...
Les navigateurs rebroussent aussi chemin. Nous nous jurons de les retrouver et aussi d'essayer ce moyen de transport si proche des éléments.

La situation météorologique se dégrade sur les Torres del Paine. Nous décidons de repartir vers Puerto Natales.

Au parking, un jeune Chilien nous demande si nous pouvons le déposer avec son amie à la Porteria y Guarderia Serrano, où ils doivent prendre le bus. Coïncidence, nous avions croisé Gonzalo et Milla dans la Valle del Frances. Nous nous étions fait la remarque... si jeunes pour faire le "W" ainsi lourdement chargés.

Cueva del Milodon


Nous chargeons la benne de nos sacs et les invitons à faire la route ou plutôt la piste qui descend à Puerto Natales. Poussé dans un "duel" avec un bus fou, c'est dans un nuage de poussière que nous arrivons à la Cueva del Milodon. Nous découvrons avec nos nouveaux compagnons cette curiosité géologique haute de 30 mètres et profonde de 200 mètres, où les ossements du Milodon (grand herbivore préhistorique de la taille d'un gros ours du début de l'ère quaternaire) ont été retrouvés. Il commence à se faire tard quand nos chemins se séparent à Puerto Natales. Vers 23 h, après un dîner copieux à Mesita Grande, nous retrouvons les kayakistes qui reviennent de leur périple. Rendez-vous pris le lendemain pour organiser une initiation à la discipline.

Puerto Natales & Seno Ultima Esperanza


La pluie est au rendez-vous aujourd'hui, mais ne s'installe pas toute la journée sur la ville. Nous passons donc notre temps à nous balader sur le port et à flâner dans la ville. Nous retrouvons aussi Cristian de Kayak en Patagonia. Ils se sont vraiment fait très peur la veille et sont heureux de pouvoir récupérer les clichés en rafale que nous avions pris. Pas de possibilité de sortie car ils doivent nettoyer et sécher les kayaks et les combinaisons néoprènes.

Notre temps est compté car l'avion pour Puerto Montt et la région des lacs ne nous attendra pas le lendemain après-midi.

Finalement, c'est très tôt que nous retrouvons Cristian qui a décidé de nous faire ramer sur le Seno Ultima Esperanza et de nous faire découvrir la faune qui y vit. Nous pouvons ainsi admirer canards, flamants et labbes du Chili de plus près. Cet ancien grimpeur et ouvreur aux Torres del Paine, naturaliste dans l'âme, nous aura fait apprécier sa nouvelle passion. Nous vous recommandons chaleureusement son adresse.

A noter qu'il nous aura fait cadeau de sa bible topographique des Torres del Paine, que nous avons numérisée entièrement :-)). Y grimper, c'est possible... trouver un topo, c'est plus dur et, enfin, ne pas oublier de demander le permis.

Les bonnes choses ont toujours une fin, et nous reprenons la route pour attraper notre avion retour à Punta Arenas, à destination de Puerto Montt... la région de Gonzalo et Milla: celle des lacs!

A suivre... dernière étape au Chili!

Et maintenant, place aux images...


C'est ICI!





Chile (2012): Desierto de Atacama

Rien de mieux que le Norte Grande et le désert d'Atacama pour prendre un peu le soleil (ça cogne fort, très fort, crème solaire indispensable).

Drôle d'impression en arrivant à San Pedro de Atacama. La route bitumée qui traverse le désert d'Atacama fait place à des ruelles en terre battue aux formes africaines. A croire que tout est fait pour dépayser le gringo. Sa jolie place ombragée, sa petite église pittoresque et ses petites maisons en adobe conservent un certain charme malgré un tourisme envahissant. A plus de 2 400 mètres, c'est une étape incontournable pour s'acclimater et rayonner vers les volcans alentours et l'altiplano.
Avec les pluies diluviennes de la semaine passée, le 4x4 que nous avions loué a été très utile. Il est plus que nécessaire si l'on veut se passer des tours opérateurs et sortir un peu des sentiers battus. Passion et frisson Dakar garantis.

Côté grimpe, il y a quelques gorges ombragées près de Toconao et Socaire, où nous sommes passés (trad oblige), mais l'intérêt est plus dans les ascensions de volcans, dont le Licancabur (5 916 mètres) et le Lascar (5 592 mètres). Après, il faut tirer plus loin et plus haut.

Un bon bol d'air rafraîchissant en Patagonie? Un brin d'aventure dans la jungle australe avec le Yosemite chilien à la clé?... Il faudra attendre. Notre avion retour est prévu pour ce soir :-(


Et maintenant, place aux images...


C'est ICI!


Chile (2012): Santiago & Valparaiso

Déjà deux semaines passées, et nous avons l'impression d'avoir effectué plusieurs voyages tellement les différences sont grandes entre le nord et le sud. Entre le mystérieux désert d'Atacama, où nous avons fait notre premier 4 600 (en voiture!), et l'aventureuse Patagonie qui nous a accueillis avec un soleil radieux, nous avons pu commencer en douceur avec la région de Santiago.

Nous avons même pu tâter un tout petit peu le rocher et rencontrer la communauté grimpante de la région. Plus de détails viendront à notre retour.

En attendant, voici les premières photos... de Santiago, Valparaiso et Horcon.

Après une journée de pluie sur Puerto Montt, nous continuons notre périple avec la région des grands lacs, la route australe et l'île de Chiloé... A bientôt.

Et maintenant, place aux images...


C'est ICI!



Chile (2012): galerie photos


Retrouvez toutes les photos de notre roadtrip à travers le Chili...


Santiago, Valparaiso & Horcon

Desierto de Atacama

Patagonia & Magallanes

Lagos, Carretera Austral & Isla Chiloe

Chile (2012): itinéraire

Visiter le Chili en 3 semaines en ayant comme programme 4 régions est très ambitieux. Cela ne nous a pas laissé beaucoup de marge de sécurité pour l'imprévu: la voiture qui tombe en panne, un retard important d'avion, blocage à Chaiten pour des raisons de tensions politiques...

Heureusement, rien de tout cela ne nous est arrivé, et notre bonne étoile nous a accompagnés tout au long de nos étapes:

Etape 1: Santiago et ses environs


18.02 - 22.02
Santiago ville - sanctuaire d'Arrayan (escalade) - Valparaiso - Horcón - Chacabuco (escalade).

Etape 2: Désert d'Atacama


22.02 - 26.02
San Pedro de Atacama - Valle de la Muerte - Salar de Tara - Lagunas Miscanti & Miñiques - Lagunas Chaxia, Cejar & Piedra - Valle de la Luna - Geysers de Tatio - Chiuchiu

Etape 3: Patagonie & Magallanes


27.02 - 03.03
Puerto Natales - Torres del Paine (Laguna Azul, Hosteria Torres del Paine, Lago Pehoe, Valle del Frances, Hosteria Pehoe, Lago Grey) - Puerto Natales (Milodon, Seno Ultima Esperanza) - Punta Arenas (aéroport :-().

Etape 4: Région des Lacs, Cochamó, Route Australe & île Chiloé


04.03 - 08.03
Puerto Varas - Ensenada - Lago Todos los Santos - Volcan Osorno - Cochamó - Valle de Cochamó - Carretera Austral (Puelche) - Puerto Montt (by night) - Isla Chiloé (Islotes de Puñihuil)


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