Vosges (2019): entre soaring de plaisir et entraînement pour furieux!

Cela fait trois jours que nous avons eu la chance de monter au Mont Blanc et d'en faire le tour... je ne suis pas encore redescendu, mes émotions sont toujours ancrées là-haut!

Retour à la maison le vendredi et j'ai déjà envie de repartir dans les Alpes! Ces faces verticales, ces vallées encaissées, ces lacs de haute montagne, les copines et copains alpins me manquent déjà.

Soaring au Rothen



Encore trop de vent d'Est prévu sur nos "collines" Vosgiennes... le Rothen reste toujours une bonne alternative pour aller travailler un peu les faiblesses du terrain et le vol de proximité!

C'est un site que j'affectionne pour sa tranquillité, sa vue sur la plaine d'Alsace et ses sommets de prestige.




Belle journée ce samedi donc, avec des conditions très cycliques demandant de bien s'écouter pour reposer sur les chaumes, faute de quoi, c'est du col qu'il faut remonter à pied.


Les bi-placeurs (trois, pas très nombreux pour un week-end) s'évitent la balade à pied (à contrario de leurs clients)  en remontant seul sous leur voile surtoilée de biplace... les coquins!
Au Rainkopf, Bol d'Air a investi la place.

Une jolie Bonanza 2 de Gin passera, fera les fonds de vallées alsaciennes pour y finir sa course.

Je joue avec les reposes au sommet, les conditions douces mais aussi plus toniques entre le Rainkopf et le Rothen.

Difficile de partir avec à 1500m! Une petite sieste dans l'herbe...



Petit challenge de fin de journée: déco depuis le sommet du Rothen où il faut progresser avec la voile sur la tête jusqu'au sommet pour se lancer dans le vide sous le regard ébahi des randonneurs...

Cela donne de mauvaises idées à Christophe qui, juste de retour d'Albertville, a lui aussi besoin de se refroidir les idées, après notre tour du Mont Blanc. La température est plus supportable sur les crêtes.

Pas à pas, il se retrouve au sommet du Rothen, mais l'exercice est moins aisé. Le vent est moins soutenu!

Après un instant d'apesanteur, il s'élance lui aussi pour venir reposer à mes côtés.

S'ensuivent des tentatives ratées et des exercices de gonflage bien mous!

On attend la restit' magique du Rothen, elle n'aura pas lieu! On finit au col dans une glisse limpide et courte!

Il est temps de se reconcentrer et penser à de nouveaux horizons. L'été commence juste!

On finira de nouveau au sommet à chercher un portable ;-) pour un joli coucher de soleil,



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Entraînement au Treh


Benoît Perrin a de nouveau profité d'un créneau la veille pour prouver qu'il n'était pas le champion de distance des Vosges pour rien. Encore une bien belle balade et cette fois au départ du Rainkopf. C'est moins courant! On est donc tous ultra motivés pour bien faire et le retrouver au décollage du Treh aujourd'hui...

Rendez vous à 10h30 au Wagga avec Titi (qui s'est perdu dans les Vosges... mais il ne faut pas le dire!) et Christophe -  Montée au déco à 11h. Quelques couteaux affûtés sont en l'air à 12h15. On suit derrière à 12h40. Pas l'extraction la plus rapide du Treh, vingt minutes pour rejoindre les 2000 mètres.

Ben et les autres ont déjà passé le Grand Ballon. Ils iront presque jusqu'à Cernay. Christophe néglige les premiers thermiques mais ressors comme une fusée, bas, juste dessous le Ballon.

L'ouest qui  me souffle dans la nuque ne m'inspire pas... je m'accroche dans un thermique peu digne de la journée.

Rejoint par Titi sous sa Lynx et une Cure, on se repositionne à trois et je retrouve des valeurs de vario plus plaisantes et efficaces.

Grosse dérive toujours poussé par l'Ouest.

 Je vois passer Christophe très bas précédé par les guns... ils se sont clairement fait aplatir en basses couches!

Le retour s'annonce compliqué. Je suis le team BGD qui a déjà fait demi-tour.

Je tiens une ligne plutôt correcte mais je commence à vite déchanter en cherchant le raccourci à la corde entre le Hundskopf et le Markstein. Résultat je me retrouve rapidement à rejoindre Rick qui a rejoint le plancher des vaches :O.  Titi a raccroché à l'arrière du Treh et semble marcher voile sur la tête pour rejoindre le déco.

Je m'accroche devant le Markstein à Hundsruecken mais l'ascendance est faible, sous le vent et difficilement exploitable...  Je me lance à l'avant du Markstein. Rien! Et je suis bien sous le vent...

Il ne me reste plus qu'a poser! Dans mon approche je suis poussé par 15kms/h... je me dis que cela vaudrait peut-être le coup de se laisser porter en dynamique le long de la route qui mène au Grand Ballon.

Ca marche! Cela me permet de me décaler et de laisser ma voile siphonner devant.

Je ressors à 1600 en me disant que plus près, cela devrait suffir pour rallier le déco sud du Treh.
Erreur, j'arrive bien en-dessous, encore plus écrasé! Impatient, je fais demi-tour....  dommage, le thermique du déco sud était palpable!

Je n'ai jamais été aussi bas dans la vallée de la mort. J'ai encore l'option de me jeter sur l'arête qui descend à Stockenberg.

Le vent soutenu de 15kms/h devrait faire le boulot de me remonter en dynamique et puis si d'aventure je croisais une ascendance ;-) .... c'est ce qui arrivera au final, dans la cassure en sud.

Je m'applique jusqu'à 2200m. et je pars vers le Rothen. De superbes lenticulaires sont bien brossés très hauts dans le ciel. Derrière le Schnepf naît un beau cumulus... Peut-être une option pour contourner le verrou du Rothen en Nord Ouest mais après???
Le retour risque d'être aussi problématique?! Trop de questions, pas assez de réponses!

Benoît a cherché à passer en force avec sa Boom mais il a posé vers le Lac de Kruth... D'autres au loin sont bien bas. Je pars devant et je n'y échappe pas non plus. Je préfère faire demi-tour vers Holzruecker (pour m'éviter une nouvelle vallée de la mort) et ce, dans une descente infernale à -3/4 ms me faisant perdre 800m.

Retour au Treh où je zone en écoutant les options des uns et des autres.
Chris a déjà posé il y a plus d'une demie heure! Le Nord au déco le rafraîchit!

Un aller au Drumont pour se positionner sur les faces Ouest en cherchant une conflu?
Finalement, perdu dans mes pensées, je perce la couche d'inversion bien turbulente au-dessus du Treh et je me retrouve à plus de 3100.

Exceptionnel, à cet étage, quasiment plus de vent... J'avance sur plus de 3 kilomètres vers le Nord sur une onde.

Je la quitte en me dirigeant vers le Rothen que je commence de nouveau à voir de plus près.

De nouveau demi-tour... nulle envie de me retrouver sous la route des crêtes. Christophe a enfin redécollé entre deux bouffes de Nord... il se fait enterrer aussi en me rejoignant au Schaeffert.

On reprend tout juste pour fuir devant vers Kruth.


Retour classique par le Gommkopft pour remonter sur la crête qui mène au Treh où on retrouvera Jonathan qui teste une Mantra 7. Concours de finesse vers Rouge Gazon.

Plus conservateur en voyant la Peak plonger, je fais le plein deux fois à 2200, toujours plombé par le Nord Ouest qui ne me laissera aucune chance de passer la crête de Rouge Gazon. Trop de Nord aujourd'hui!

Chris a, lui, choisi de jouer sous le vent... Il ne doit son retour au wagga qu'à sa ténacité et au thermique qu'il reprendra au-dessus des champs fauchés de Seehaueser à Fellering.

A défaut d'un long vol, un bon entraînement dans des conditions acceptables (traduction Guthienne = pourries sous un vent fort! ;-)).




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