Vosges (2018): en attendant l'hiver, petit vol rando au Drumont

Les balises sont contradictoires, les prévisions pessimistes promettant peu de vent pour envisager une séance de soaring hivernal sur les crêtes et un ensoleillement tardif, voire hasardeux, pour tenir en thermique. Le vent de Nord presse les brumes et nuages bas de la plaine d'Alsace qui se déversent difficilement dans la vallée d'Oderen et de Thann dans une tendance Est.

Quand Chris propose un vol rando, je me dis que l'occasion est juste parfaite. Si ça ne vole pas, au moins on aura fait une belle balade et on aura bossé un peu la condition physique.

J'appréhende mon matériel lourd et les températures négatives de la journée pour ces 550 m de dénivelé. Mon guide me rassure et me conseille quelques précautions: alléger au maximum le matériel et des vêtements de rechange.

Nous nous retrouvons donc au camping d'Urbès. L'ambiance tranche avec l'été. La place est déserte, le gris du matin laisse quand même passer quelques rayons de soleil prometteurs.


Plusieurs choix s'offrent pour la montée au Gustiberg; Chris propose l'accès par le fond de la vallée, derrière les vestiges du Viaduc, en prenant le sentier qui monte à travers la forêt du Steigloch.

Pas de vent, le soleil s'installe entre les branches.

Quand nous débouchons sous l'auberge du Gusti, quelques bouffes thermiques nous redonnent l'espoir d'obtenir peut-être plus qu'un simple plouf (descente directe à l'atterrissage).

Petite pause à l'auberge - quelques voiles surgissent au col, sous le petit Drumont. Pas de mouvements verticaux, elles disparaissent derrière le décollage du Gusti. Il est 13 heures.

On a encore une heure pour espérer que le soleil, maintenant plus présent, réchauffe le bas et nous offre quelques thermiques plus porteurs.

Au moment où nous nous apprêtons à reprendre notre ascension, certains parapentes semblent s'être extirpés de la gravité terrestre et ressortent 200 m au-dessus de l'antenne. Christophe accélère le pas... moi, je suis, comme je peux ;-).




La neige est plus présente et ralentit légèrement notre progression. Nous arrivons enfin au décollage du Drumont.

Quelques pilotes, qui sont montés en voiture, sont prêts à décoller. Ils se jettent sur le Gusti.

Comme à l'accoutumé, Chris ne tarde pas. Par contre, il se jette
directement dans la gueule de Godzilla et ça marche (notre observation à la montée se révélant correcte), doucement, mais sûrement.






Je le rejoins 20 bonnes minutes après, pour un ballet à deux, les autres ayant probablement préféré aller se réchauffer devant une bière.

Superbe ambiance, crépusculaire, unique!

Dans la précipitation au décollage, je n'avais pas connecté mes gants chauffants. J'ai bien cru perdre mes doigts.

Une fois ce confort (puissance maximum obligatoire) résolu, ce sont des thermiques d'hiver, jusqu'à 3 m/s quand même, qui nous ont permis de déambuler autour du Petit Drumont.

Le soleil plonge plus loin vers le Ballon d'Alsace, et nous finissons vers le col de Bussang où un vent de Sud me piégera, me happant dans le gouffre.

Je réussis heureusement à rallier l'atterrissage en passant bien bas sous l'auberge.



La différence de hauteur toute relative (20 m au plus) de Christophe le sauvera et lui permettra de gagner encore quelques minutes de flottaison sur la cime des arbres.

Au final, un premier vol rando sur le massif vraiment sympa. Ca donne envie de s'équiper en matériel plus léger ;-).