Vosges (2020): un mois de septembre qui résume bien cette année sur le massif...

2020, un beau chiffre. Elle avait bien démarré cette année, avec un vol rando invraisemblable. Deux heures de vol thermique un 5 janvier! Est-ce vraiment normal? Peu de neige encore cet hiver... Puis, vient le confinement au mois d'avril... un mois sans pluie, sans vent, chaud.


Des conditions à record partout en France et dans les Alpes et pourtant, nous sommes condamnés à regarder ces jolis cumuli de rêve nous narguer dans le ciel. Mais il y a pire... 

Puis souffle enfin un vent de liberté au mois de mai... mais un vent moins agréable, plus turbulent aussi, qui ne cessera de nous titiller, ne nous laissant tranquilles que de courts instants. Nous profitons quand même d'une journée par-ci par là avec quelques 100k+ dans la besace.

Conséquences de la COVID? Les prévisions ont été très peu fiables, changeant souvent au dernier moment, du pire au meilleur. Difficile de bien choisir dans ces conditions entre les Vosges et les Alpes!

Et le pari du local gagnant n'a malheureusement pas bien payé :-((, en septembre aussi... 

Eté indien sur le massif?


On comptait sur un été indien plus généreux, malheureusement septembre ne dérogera pas non plus à la règle! 

Il y a bien eu une super journée à 100k+ le 15 septembre, mais, avec Claude nous avons craqué et nous sommes descendus dans les Dolomites (qui se seront éteintes à notre arrivée).

On aura tout tenté les autres jours... sans réel succès, souvent à transformer nos rêves d'évasion par des errances marcaires à la terrasse de l'auberge du Treh (que je n'ai réellement découverte que cette saison).

On se console par l'entrainement technique que procurent ces conditions médiocres.

Des surprises quand même...


Et de temps en temps certaines journées sont sous-estimées, comme le 20 septembre par exemple, gros plantage dans les modèles météo, beaucoup de Nord sur le papier, des plafonds modestes... rien de tout ça, le temps de constatation passé, et un décollage tardif nous donne quand même une journée surprise avec 2500m de plafonds.  

Le beau puzzle de cumuli aurait permis une balade plus conséquente ce jour là, notamment vers Servance. On se contentera finalement d'un petit vol contemplatif dans le bocal élargi avec Matt et Thib.


Dans le bleu... 

Jérôme H. (Jéjé) et Chris sont motivés ce 8 septembre au Drumont. C'est l'Enzo 3 de Jéjé qui montre la voie en partant à 1800m vers le Nord dans un ciel immaculé d'aucun cumulus.

On ne tarde pas à le rattraper aux tourbières de Machais alors qu'il vient de faire demi-tour du Rothen, aplati par la tendance Est. Nous filons ensuite nous réfugier tous les trois sur les Champis où les plafonds sont censés être plus hauts à 2000m. Nous sommes catapultés ce qui nous motive à continuer vers le Nord.

La tendance SE nous fait perdre de vue Chris qui a rebondi au col de la Schlucht (ce dernier raccourcissant la balade dans le bleu) alors que nous poursuivons avec Jérôme sur la crête du Valtin. 

Même pas peur, deux voiles ont du mal à sortir au col du Bonhomme, on se jette sur le Grand Brézouard. Jéjé fonce sur la tête des Faux. Je prends le temps de faire le plein et le rejoins alors qu'il remonte magistralement le thermique de la croix.

Ce dernier m'échappe dans le cisaillement NO / SE. Ce n'est pas la première fois que je galère ici. Hors de question de basculer sur Surcenord... je m'avance vers le col du Calvaire. Je ne suis pas encore trop bas! La combe de la Verse ne donne rien. 

Un choix s'impose: 1) basculer à l'Est pour être au vent météo 2) basculer à l'Ouest pour chercher plus facilement le thermique en étant sous le vent du SE et au-dessus des rassurantes lignes THT du col du Calvaire. 

L'option 1 me vaudra une bonne suée et beaucoup d'énergie pour finalement opter pour l'option 2. Je finis par traverser le col et je me jette à 200m sol vers la vallée de Lousbach. Derrière à Rudlin, c'est au soleil, ça ne pourra que remonter. 

Le miracle opère avant dans la combe Nord... je ressors à 1950m au-dessus du Gazon du Faing. J'ai perdu tous mes compagnons. Personne en radio.

Je m'applique pour le retour. Le ciel est toujours aussi vierge de cumulus. Les plafonds sont montés d'un cranc, à 2200m. 

En arrivant au Grand Ballon, ça plafonne à 1800m, j'ai l'impression que l'activité s'éteint.... une grande glissade à Urbes sous le vent du Sud qui est bien présent maintenant. 

Le wagga est fermé. on finira la journée au resto du camping, Jéjé nous ayant rejoint en stop après un poser au Hohneck, Chris ayant lui atterri au Petit Drumont pour redescendre sa voiture.


Convection courte?


Les journées se raccourcissent, la convection aussi... l'activité thermique faiblit rapidement. 

J'ai l'impression que l'an dernier nous avait offert des vols tardifs. Cette année, à 17h il valait mieux être à finesse de l'atterrissage ou être très haut pour espérer ne pas rentrer en stop.

Le 12 septembre, les cumuli sont au rendez-vous, les plafonds assez similaires au vol dans le bleu. Il ne reste plus qu'à sortir de l'axe Sud-Nord assez classique. Mon intention est bonne mais ma tentative de rejoindre Gérardmer à 16h se soldera par un échec. Comme souvent, ça s'éteint à l'Ouest. Je ne perçois pas l'avertissement colorimétrique des cumuli qui m'attirent là-bas.

Par contre, le plafonnement à 1300m au-dessus de la vallée de Chajoux me rappelle à l'ordre. Dans mon désespoir, je me jette de Moyenmont sur le lac des Corbeaux en espérant que la magie habituelle opérera. Trop bas, je finirai dans la vallée de Vologne, ce qui me donnera une bonne raison de me réfugier dans les Alpes les jours suivants... 

La convection et les conditions propices pour crosser se raréfient au fil des jours qui défilent dans le mois de septembre. Si on bénéficie de quatre heures de convection sur le massif vosgien à la fin du mois, on peut être contents. A 17h tout semble s'éteindre! 

Un bel exemple, aujourd'hui, 30 septembre: décollage à 13h30 des Champis, posé à 16h30 sous le Bramont car trop bas pour le raccrochage de la route des crêtes sous le Schaeffert (au départ du Drumont)... mais à 17h le ciel montrait clairement une extinction complète de l'activité thermique. 

Beau petit cross, en solitaire, bien tendu pour des plafonds très très bas... 1700 aux Champis, 1500 dans la vallée de Kruth... séance combat au-dessus des arbres! 


Dorsale thermique au coeur du massif


Les crosseurs du massif connaissent bien cet itinéraire. Le grand classique au départ du Treh ou du Drumont est de partir vers le Nord jusqu'au Grand Brézouard ou un peu plus haut en limite de TMA de Strasbourg, et d'élargir sur le retour vers l'Ouest, Gérardmer, Remiremont pour boucler un triangle FAI en se réservant le Grand Ballon pour la fin (on y va aussi en début de vol quand l'activité thermique n'est pas encore suffisamment établie ailleurs). 

On trouve souvent des plafonds plus généreux à l'intérieur du massif, une confluence côté alsacien ou vosgien en fonction de la tendance Ouest ou respectivement Est du vent météo. Le cheminement le long de la route des crêtes est aussi un gage de sécurité et de commodité en cas de vache (poser impromptu).

Durant cette saison, nous avons beaucoup poncé cette dorsale comme disent certains, en mettant souvent notre point de contournement au Grand Brézouard, le petit challenge avec Thib étant de pousser plus loin vers Aubure.

Le vol du 21 septembre, aura marqué notre dernier cross de septembre d'ailleurs. 

Encore une énième répétition avec la difficulté des plafonds bas imposant de ne commettre aucune erreur sous peine d'une longue récupération par voie terrestre. 

L'entre-aide aura payé pour boucler le retour du Grand Brézouard. Une petite heure de convection de plus aurait été bienvenue quand même...

Et 2021?


2021... une autre année, de nouveaux projets, de nouveaux cheminements sur le massif, encore un peu d'exploration et si ce n'est pas ici, on ira chercher plus loin... en plaine!





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