Alpes (2017): quelques thermiques entre le Col de Bleine et Saint-André

Il y a deux jours, nous étions en direction de Dormillouse. Il y a deux jours nous étions tous motivés pour en revenir. Il y a deux jours je rencontrais Marie-Christine dans la navette et découvrais son mari Cyril-René l'aidant avec attention à déplier sa voile. Il y a deux jours cette Cure rouge s'est fermée au Cheval Blanc entrainant sa pilote dans 3 tours d'autorotation qui lui ont été fatal.

Le groupe qui m'avait accueilli chaleureusement les jours précédents, la connaissait bien et ont tout fait pour la sauver. Ils ont aussi tout fait pour soutenir René jusqu'à l'arrivée de leurs enfants. Marie-Christine était une grande dame, pleine de générosité qui avait marqué tous les pilotes amis qui l'avaient rencontrée. Je n'aurais échangé que quelques mots, trop courts, avec elle ce jour là.

Dernier vol, vol éternel... Courage à ses proches.

Tout les copains sont rentrés ou presque... Le Sud-Est m'incite à recontacter Ferdi pour aller au col de Bleine. La dernière fois, cela s'était terminé au Pansier sans réseau téléphonique (mauvaise option en Sud-Ouest).

La veille, je laisse un message blablaparapente sur le panneau d'Aerogliss et c'est Bruno (de Gréolières) qui y répond. Nous retrouvons Ferdi à l'atterrissage à 9h15 et deux autres pilotes de Gréolières: Arthur et Willy.

Grosse surprise, deux navettes de l'UCPA Lachens débarquent... et un grand blond en sort.
Les retrouvailles seront de courte durée avec Patkivol. Le Sud-Est était déjà fort au Lachens. C'est donc la course pour assurer un vol aux élèves.

Quand nous arrivons au Col de Bleine, c'est déjà bien alimenté et les décos sont musclés. J'ai d'ailleurs bien cru ne jamais pouvoir me "dé-suspenter" de la Sigma 9 de Willy.

Je rejoins Ferdi (Queen 777) et nous attendons que Bruno (Delta 2) sorte du déco devenu franchement costaud. J'ai l'impression de ne pas être dans le coup aujourd'hui et de piloter un camion.


L'objectif du jour est de rejoindre Saint-André et espérer une bascule en Ouest pour monter à Dormillouse en espérant éviter les sur-développements attendus.


Bruno passe devant et nous rejoignons tous les trois le Teillon sans encombre.

Sauf que je doute, je bute, je ne trouve pas le plaf! Bordel! 


Ils ont déjà disparu vers le Pic de Chamatte. Je perds le thermique à 2000 et je me jette sur la crête de Crémon... ça remonte devant, enfin! Je fais le nuage qui commence à noircir (déjà!???).


Pendant ce temps, Ferdi transite bas de la Bernarde et Bruno longe la crête de Serre. Un dernier tour à Chamatte et j'entends ce dernier communiquer son désir d'aller poser.



Je pousse le barreau pour rejoindre Ferdi qui refait le plein aisément et pour cause, ça commence à sentir le congestus derrière nous... on a encore un peu de temps devant... mais pour combien de temps? 



On bascule sur le Maurel où on se fait malmener. Je trouve la sortie mais je fais l'erreur de ne pas continuer derrière vers le petit Cordeil, en revenant devant où je prends une sévère dégueulante. Ferdi resort finalement là où j'étais et tire tout droit... direction Aérogliss :-/. Une envie de... poser.

Je pars trop bas pour rejoindre le Chalvet Sud. Remontée de la crête du Maurel et retartage dans le Ravin. Le congestus semble se dégonfler mais doit encore influencer l'aerologie locale. De plus cela déclenche côté Ouest maintenant...

Le vario m'indique du Sud-Est - trop de temps perdu ici -  les copains sont en bas... ce sera pour une autre fois la balade Bleine - Dormillouse.

Pour finir le Sud bien présent m'incite à poser au B&B Mas du Colombier (à la sortie de la Mure-Argens) où je dors. J'y suis accueilli par Pascal, son hôte très accueillant de bon conseil.
Cet atterrissage (facile à trouver avec sa grosse biroute style DDE) a l'avantage d'être beaucoup moins sous le vent que l'atterrissage Delta en tendance sud forte.

Déjeuner tardif touristique à Castellane, retour vers 18h pour récupération des voitures à Bleine.
Pas de regrets. Ca a été un vrai plaisir cette journée en votre compagnie les gars!

Bruno? On remet ça l'an prochain en essayant de partir à l'Ouest pour découvrir Moustiers Sainte-Marie avec Ferdi?



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Alpes (2017): entre Haut-Verdon et les Ecrins...

Après un tour du Dévoluy manqué, je quitte les copains Isérois et pars pour retrouver Titi et Ferdi en Provence. Direction Saint-André les Alpes, la place forte du vol libre au coeur du Verdon qui annonce des prévisions assez variables. Au petit matin, mes deux kiteurs jettent l'éponge.

Il y a du monde à l'atterrissage à attendre la navette et comme je ne veux pas manquer la fenêtre (après 13h c'est souvent trop fort) je fais la joie de 3 autres pilotes en les déposant au décollage Ouest. Une navette européenne avec un allemand, un anglais et un français.

Beaucoup de monde en arrivant au déco.



Ma préparation de vol de la veille (balises ajoutées dans Flyskyhy) me prédestine aujourd'hui à tenter le fort de Dormillouse avec la traversée impressionnante et engagée du massif du Haut Verdon.

Quelques Indiens de Montlambert ont investi un bel arbre à ombre, leur totem de la semaine. J'y suis accueilli avec générosité. Coïncidence? Le capitaine du team Nova France est là.

Le courant passe tout de suite avec l'équipe mais leur plan de vol ne me rassure pas... Ils ont certes planifié de monter à Saint-Vincent les Forts mais en passant par Digne.
Ce vol me parait un peu hors de portée pour une première dans le coin. On verra bien en l'air...

2 Mentor light, 1 Mentor 5, 1 Cure, 1 Phantom, 1 SWIFT, 1 Elan (et j'en oublie) sont rapidement en l'air. On galère un peu avec Cyrille. Les voyant faire le plaf efficacement et filer à l'Ouest, je sais dores et déjà que je ne les reverrai qu'à l'atterro.



Je pars vers le Nord aux antennes où je manque d'efficacité et je perds un peu de temps, puis direction le Meunier où je me retrouve déjà seul... J'aperçois deux voiles au loin sur Costes Longue qui me confortent sur le cheminement du jour. Poussé par un vent bien présent en Sud-Ouest, je m'y laisse porter.



Ca monte en dynamique dans les combes et le long de la crête. Les deltas sont aussi dans la place mais repartent vite au sud. Les planeurs prennent le relais. Les vallées deviennent plus étroites.


 Ambiance! J'ai le palpitant qui swingue, à partir dans l'inconnu,  mais tous les indicateurs sont au vert. Le cheminement est évident et ce vent de 18kms/h me pousse dans le bon sens vers la tête de la Reynière.

Là un bon plein me relance sur le Tromas, puis sur la tête de Chabrières. Les nombreux planeurs me confirment que j'arrive sur la Blanche.


Les deux voiles (une Spice et Colt?) que j'avais perdues de vue au Col de Lachen me passent au-dessus. 25 kms/h au vario... comment est-ce possible? Peut-être moins de vent au plaf?! Je n'envisage pas une seule seconde le retour.

Le nord me tend les bras en arrivant au fort de Dormillouse, à commencer par le fameux Morgon, impeccablement orienté. Transition à 76kms/h... je ne préfère pas me retourner.

Je sais qu'Ancelle n'est pas loin, pour avoir loupé la transition au mois de mai dernier depuis les Richards. Si j'y arrive, je repasse en terrain connu et la remontée vers La Mure devrait être aisée si ce vent en Sud-Ouest persiste.

Mais avant, il va falloir assurer la traversée du lac de Serre-Ponçon. Je m'applique à faire le plaf à 3100 et vise le Mont Guillaume, ayant peur de me faire contrer en direct vers les aiguilles de Chabrières.

Bonne option, elle me donne d'ailleurs le temps de voir que l'étalement d'alto-cumuli recouvre tout le secteur et qu'il faudra patienter avant de rebondir plus à l'Ouest, ce que je fais facilement en dynamique. Afin de rejoindre la crête qui mène au Sapet, je fais le plaf à la Tête d'Esclucis entouré de planeurs.

J'arrive au-dessus d'Ancelle. Quelques parapentes flirtent avec les arbres dans l'ombre.
Retour en terre connue avec une transition efficace sur le Palastre à 60kms/h.

Au Cuchon tout est à l'ombre... je me jette sur le Banc du Peyron. Je remonte la crête vers Moussière. Le vario m'indique de l'Est. Plus d'activité thermique!
Je me jette derrière, vers le petit Chaillol, en espérant retrouver du Sud-Ouest. Rien... je suis sous le vent. Je replis les jambes en m'attendant au pire. Ca ne tarde pas, abattée oblique contrôlée... Je m'écarte en vallée. Je suis trop bas pour rejoindre le Grun.

Il est temps pour moi de trouver un grand champ en milieu de vallée à l'abri des turbulences. 25 kms/h au sol, je pose sur le bout des pieds. Quel vol!!! J'étais encore là, la veille. Le retour s'annonce épique...



Et comme toute bonne journée, elle se finit bien.

Un jeune agriculteur me dépose au village le plus proche: Chauffayer. De là, Denis de Saint-Bonnet me remonte finalement à Laragne (ayant loupé le dernier train au départ de Gap).

Je le remercie encore mille fois pour sa générosité. Faire 120 kms aller-retour pour un inconnu... c'est quand même pas tous les jours!

Nous arrivons en plus pour la remise des prix du Championnat de France et je retrouve tous les champions du Grand Est, à commencer par Julien et Mag qui m'hébergeront pour la nuit. J'ai rajouté dores et déjà une brosse à dent/dentifrice et des tongs dans ma sellette...

Le lendemain, blablacar n'a pas bien fonctionné (merci quand même à Virginie pour le conseil).

La famille Fontbonne me ramènera pour récupérer ma voiture au décollage de Saint-André. Encore un grand merci!!!

Il ne manque plus que la transition entre le Taillefer et Chamrousse (impossible lors de notre tentative quelques jours plus tôt) pour envisager la connexion Alpes du Sud et Nord.

En attendant, je garderai toujours en mémoire ma première distance à 3 chiffres avec ce merveilleux voyage des reliefs du Verdon jusque dans le massif des Ecrins.

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Alpes (2017): Dévoluy - col des Faisses, tendance Ouest!

Stable en basse couche? Peu d'Ouest? Une douzaine de pilotes d'Envol Sud Isère se retrouvent au col des Faisses pour objectif un tour du Devoluy avec un retour par les Ecrins.






Pour se donner un maximum de chance, nous montons au déco du vallon sous l'Obiou (une belle randonnée de 50 minutes).
La brise de Nord est déjà là?!

Peut-être un peu mais surtour de l'Ouest qui, suffisamment fort, coule dans les veinures du relief (donnant l'impression de nord au nord, du sud au sud), une particularité bien connue des top pilotes de l'ESI, notamment Stephen et Léo qui iront à Aspres en passant par les Aiguilles de Chabrières, jusqu'aux Richards, leur retour à Pellafol étant compromis par l'Ouest forcissant et les gros développements sur les Ecrins.


Pour ma part, grosse frustration mais beaucoup de leçons à tirer de se posé au pied du Rocher Rond  et pas qu'aérologiques ou de cheminement, afin de donner de nouveaux objectifs de reflexion et retenter cette jolie balade plus préparé l'année prochaine.

En attendant, un grand merci à Lipfi pour la navette, Boogly pour la récup, José pour la bière, Skwal pour le débriefing et à toute l'équipe pour la SUPER ambiance.



 
Devoluy (2017): col des Faisses, tendance Ouest

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Alpes (2017): remontée des Ecrins vers Belledonne

Les Richards - Clap - Troisième!

Pendant qu'une grosse délégation de l'ESI a opté pour Prelenfrey, nous nous retrouvons Philippe, Alex et Michel à La Mure, direction les Richards. Sud-Ouest annoncé, bons plafs...

Nous sommes seuls en arrivant au déco. L'idée de Philippe est de monter jusqu'à Allevard, et redescendre à La Mure afin d'organiser la récup de sa voiture restée aux Richards.

Un bi placeur ne tarde pas trop à nous rejoindre et ne tardera pas à nous montrer que la masse d'air est déjà instable, non installée mais instable.

Quelques bouffes et Alex ouvre la marche comme à l'habitude, Philippe lui emboitant le pas. Michel ne tarde pas non plus mais part dans un cycle qui semble moins porteur à droite.

J'attends un peu que le déco s'alimente de nouveau. Ca monte tout de suite devant mais repassé au-dessus du déco je fais l'erreur de tirer vers le pierrier pour prendre le cheminement habituel... Rien ne porte. Retour au déco où Michel s'applique déjà à travailler le thermique. Je lui emboite le pas plus lentement.


Quand je rejoins le Palastre, il transite déjà sur le Queyrel.


Philippe et Alex sont déjà loin devant. Silence radio (quelques conversations des copains de Prelenfrey), même Michel ne répond pas à quelques centaines de mètres.

Je le rattrape au Cuchon où je trouve l'ascenseur. Banc du Peyron, Grun Saint-Maurice, Rochers du Diable... et là commence l'inconnu. 

Je passe au-dessus du Sanctuaire de la Salette et transite sur cet éperon minéral bien particulier qu'est le Gargas.


La suite est vallonnée et ne m'inspire pas... je travaille ma montée au plaf dans un air encore bien sec (du bleu encore du bleu) qui me permettra de partir dans le Valbonnais (le fief de Michel), direction le fameux Coiro sans difficulté (ça porte).


La crête Est semble être le palier de sortie et après quelques tentatives infructueuse je sors à 3100.

La tendance sud m'invite à partir vers le Nord. Je reconnais la vallée de Chantelouve où nous avons grimpé l'an dernier avec Lolo.



Un plein au Grand Armet et un planeur sur le Taillefer me réconfortent sur mon choix de cheminement. Le planeur fait l'essuie-glace mais n'arrive pas à sortir au-dessus. Un vautour me montre la pompe et je centre le thermique de la crête de Dréveta au nez du libériste. 


A 3000 mètres j'aurais pu basculer vers Chamrousse en basculant par le rocher du Sabet, du Chatelard mais de mon point de vue, je ne vois que des arbres, une ligne THT effrayante et un relief qui me semble plus plat derrière. Je préfère partir au nord pour essayer de transiter sur Chamrousse.


En rejoignant l'altisurface des lacs Fourchus, les choses se compliquent.

La gorge de la Romanche est encaissée. J'essaie de refaire le plein mais je m'enterre sous la Pointe de l'Aiguille. Il me faut un long moment pour ressortir à 2400 mètres et ces derniers me paraissent insuffisants pour passer en direct par la Dent d'Alexandre afin de plonger sur Chamrousse. 


Trois vautours me montrent une ligne porteuse vers le Petit Taillefer. Je jette l'éponge et décide de les suivre vers l'atterrissage que m'indiquent mes instruments en direction de Vizille.

C'est stable en dessous de la Morte, m'obligeant à gratter les feuillus... quand soudain, deux voiles sortent des arbres. Sans le savoir je viens de rejoindre le décollage de Laffrey. Je me sens moins seul pour le coup.

Philippe trouve le bon moment pour m'appeler... "t'es où?". Il a posé à la Guitare, juste sous mes pieds... d'où il essaiera de me guider ;-).

Merci à Michel qui a finalement fait demi tour aux Richards et a ramené la voiture de Philippe à La Mure. Merci à Denis, le président de l'ESI pour la récup. Et bien sûr un grand merci à Philippe pour l'organisation de cette sortie même si nous avons tous volé un peu en solitaire aujourd'hui (faudra améliorer la liaison radio la prochaine fois).

Chouette découverte du Coirot et Taillefer, il n'a pas manqué grand chose pour basculer sur le massif de Belledonne. Une prochaine fois...



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