Vosges (2020): un mois de septembre qui résume bien cette année sur le massif...

2020, un beau chiffre. Elle avait bien démarré cette année, avec un vol rando invraisemblable. Deux heures de vol thermique un 5 janvier! Est-ce vraiment normal? Peu de neige encore cet hiver... Puis, vient le confinement au mois d'avril... un mois sans pluie, sans vent, chaud.


Des conditions à record partout en France et dans les Alpes et pourtant, nous sommes condamnés à regarder ces jolis cumuli de rêve nous narguer dans le ciel. Mais il y a pire... 

Puis souffle enfin un vent de liberté au mois de mai... mais un vent moins agréable, plus turbulent aussi, qui ne cessera de nous titiller, ne nous laissant tranquilles que de courts instants. Nous profitons quand même d'une journée par-ci par là avec quelques 100k+ dans la besace.

Conséquences de la COVID? Les prévisions ont été très peu fiables, changeant souvent au dernier moment, du pire au meilleur. Difficile de bien choisir dans ces conditions entre les Vosges et les Alpes!

Et le pari du local gagnant n'a malheureusement pas bien payé :-((, en septembre aussi... 

Eté indien sur le massif?


On comptait sur un été indien plus généreux, malheureusement septembre ne dérogera pas non plus à la règle! 

Il y a bien eu une super journée à 100k+ le 15 septembre, mais, avec Claude nous avons craqué et nous sommes descendus dans les Dolomites (qui se seront éteintes à notre arrivée).

On aura tout tenté les autres jours... sans réel succès, souvent à transformer nos rêves d'évasion par des errances marcaires à la terrasse de l'auberge du Treh (que je n'ai réellement découverte que cette saison).

On se console par l'entrainement technique que procurent ces conditions médiocres.

Des surprises quand même...


Et de temps en temps certaines journées sont sous-estimées, comme le 20 septembre par exemple, gros plantage dans les modèles météo, beaucoup de Nord sur le papier, des plafonds modestes... rien de tout ça, le temps de constatation passé, et un décollage tardif nous donne quand même une journée surprise avec 2500m de plafonds.  

Le beau puzzle de cumuli aurait permis une balade plus conséquente ce jour là, notamment vers Servance. On se contentera finalement d'un petit vol contemplatif dans le bocal élargi avec Matt et Thib.


Dans le bleu... 

Jérôme H. (Jéjé) et Chris sont motivés ce 8 septembre au Drumont. C'est l'Enzo 3 de Jéjé qui montre la voie en partant à 1800m vers le Nord dans un ciel immaculé d'aucun cumulus.

On ne tarde pas à le rattraper aux tourbières de Machais alors qu'il vient de faire demi-tour du Rothen, aplati par la tendance Est. Nous filons ensuite nous réfugier tous les trois sur les Champis où les plafonds sont censés être plus hauts à 2000m. Nous sommes catapultés ce qui nous motive à continuer vers le Nord.

La tendance SE nous fait perdre de vue Chris qui a rebondi au col de la Schlucht (ce dernier raccourcissant la balade dans le bleu) alors que nous poursuivons avec Jérôme sur la crête du Valtin. 

Même pas peur, deux voiles ont du mal à sortir au col du Bonhomme, on se jette sur le Grand Brézouard. Jéjé fonce sur la tête des Faux. Je prends le temps de faire le plein et le rejoins alors qu'il remonte magistralement le thermique de la croix.

Ce dernier m'échappe dans le cisaillement NO / SE. Ce n'est pas la première fois que je galère ici. Hors de question de basculer sur Surcenord... je m'avance vers le col du Calvaire. Je ne suis pas encore trop bas! La combe de la Verse ne donne rien. 

Un choix s'impose: 1) basculer à l'Est pour être au vent météo 2) basculer à l'Ouest pour chercher plus facilement le thermique en étant sous le vent du SE et au-dessus des rassurantes lignes THT du col du Calvaire. 

L'option 1 me vaudra une bonne suée et beaucoup d'énergie pour finalement opter pour l'option 2. Je finis par traverser le col et je me jette à 200m sol vers la vallée de Lousbach. Derrière à Rudlin, c'est au soleil, ça ne pourra que remonter. 

Le miracle opère avant dans la combe Nord... je ressors à 1950m au-dessus du Gazon du Faing. J'ai perdu tous mes compagnons. Personne en radio.

Je m'applique pour le retour. Le ciel est toujours aussi vierge de cumulus. Les plafonds sont montés d'un cranc, à 2200m. 

En arrivant au Grand Ballon, ça plafonne à 1800m, j'ai l'impression que l'activité s'éteint.... une grande glissade à Urbes sous le vent du Sud qui est bien présent maintenant. 

Le wagga est fermé. on finira la journée au resto du camping, Jéjé nous ayant rejoint en stop après un poser au Hohneck, Chris ayant lui atterri au Petit Drumont pour redescendre sa voiture.


Convection courte?


Les journées se raccourcissent, la convection aussi... l'activité thermique faiblit rapidement. 

J'ai l'impression que l'an dernier nous avait offert des vols tardifs. Cette année, à 17h il valait mieux être à finesse de l'atterrissage ou être très haut pour espérer ne pas rentrer en stop.

Le 12 septembre, les cumuli sont au rendez-vous, les plafonds assez similaires au vol dans le bleu. Il ne reste plus qu'à sortir de l'axe Sud-Nord assez classique. Mon intention est bonne mais ma tentative de rejoindre Gérardmer à 16h se soldera par un échec. Comme souvent, ça s'éteint à l'Ouest. Je ne perçois pas l'avertissement colorimétrique des cumuli qui m'attirent là-bas.

Par contre, le plafonnement à 1300m au-dessus de la vallée de Chajoux me rappelle à l'ordre. Dans mon désespoir, je me jette de Moyenmont sur le lac des Corbeaux en espérant que la magie habituelle opérera. Trop bas, je finirai dans la vallée de Vologne, ce qui me donnera une bonne raison de me réfugier dans les Alpes les jours suivants... 

La convection et les conditions propices pour crosser se raréfient au fil des jours qui défilent dans le mois de septembre. Si on bénéficie de quatre heures de convection sur le massif vosgien à la fin du mois, on peut être contents. A 17h tout semble s'éteindre! 

Un bel exemple, aujourd'hui, 30 septembre: décollage à 13h30 des Champis, posé à 16h30 sous le Bramont car trop bas pour le raccrochage de la route des crêtes sous le Schaeffert (au départ du Drumont)... mais à 17h le ciel montrait clairement une extinction complète de l'activité thermique. 

Beau petit cross, en solitaire, bien tendu pour des plafonds très très bas... 1700 aux Champis, 1500 dans la vallée de Kruth... séance combat au-dessus des arbres! 


Dorsale thermique au coeur du massif


Les crosseurs du massif connaissent bien cet itinéraire. Le grand classique au départ du Treh ou du Drumont est de partir vers le Nord jusqu'au Grand Brézouard ou un peu plus haut en limite de TMA de Strasbourg, et d'élargir sur le retour vers l'Ouest, Gérardmer, Remiremont pour boucler un triangle FAI en se réservant le Grand Ballon pour la fin (on y va aussi en début de vol quand l'activité thermique n'est pas encore suffisamment établie ailleurs). 

On trouve souvent des plafonds plus généreux à l'intérieur du massif, une confluence côté alsacien ou vosgien en fonction de la tendance Ouest ou respectivement Est du vent météo. Le cheminement le long de la route des crêtes est aussi un gage de sécurité et de commodité en cas de vache (poser impromptu).

Durant cette saison, nous avons beaucoup poncé cette dorsale comme disent certains, en mettant souvent notre point de contournement au Grand Brézouard, le petit challenge avec Thib étant de pousser plus loin vers Aubure.

Le vol du 21 septembre, aura marqué notre dernier cross de septembre d'ailleurs. 

Encore une énième répétition avec la difficulté des plafonds bas imposant de ne commettre aucune erreur sous peine d'une longue récupération par voie terrestre. 

L'entre-aide aura payé pour boucler le retour du Grand Brézouard. Une petite heure de convection de plus aurait été bienvenue quand même...

Et 2021?


2021... une autre année, de nouveaux projets, de nouveaux cheminements sur le massif, encore un peu d'exploration et si ce n'est pas ici, on ira chercher plus loin... en plaine!





Toutes les photos.... 

Alpes (2020): exploration entre Domodossola et Zermatt


Les prévisions étaient appétissantes sur le papier et le retour à Fiesch m'enchantait surtout en voyant les conditions annoncées à partir du jeudi 3. 

Malgré la pluie et la neige de ces derniers jours, j'arrive à convaincre Mouky, qui n'a de toute façon que trois jours de disponibilité.

Nous partons donc le lundi soir pour rejoindre le Valais. Nous prenons la pluie tout le long du trajet en passant par Lucerne. En arrivant à 22h à Realp, le prochain furka (train qui traverse la montagne pour rejoindre Obergorms, seul moyen quand le col de la Furka est enneigé et fermé) est annoncé pour le lendemain 6h. 

On commence à surveiller le thermomètre de la voiture qui affiche 7°C. Y aura-t'il de la neige là-haut??
Elle sera bien présente au col mais heureusement ne tient pas sur la route. On commence à se poser des questions pour le lendemain... difficile de croire que les modèles prennent en compte l'hydrométrie des jours passés!

En basculant dans le Valais, plus de tempête, le macadam est bien moins dégoulinant. Nous arrivons à Fiesch et l'air est aussi bien plus sec. On verra bien...

Jour 1: en route vers le soleil, au sud de Fiesch, le Piémont


A 7h30, le constat est sans appel... les nuages nordistes glissent dans la vallée glacière et envahissent l'Aletsch Arena. La station n'est pas visible. Nous prenons notre temps en espérant une amélioration.

La journée de jeudi s'annonçant fumante, je propose alors à Mouky de partir au soleil et de basculer au sud en Italie. Il faut un peu plus d'une heure pour rejoindre l'autre côté (enfin, un peu plus, si on ne prend pas le furka qui fait gagner trente minutes, compter 26 CHF).

Nous quittons donc Fiesch en empruntant la route panoramique passant par le col de Simplon, vue imprenable sur le Weissmies (4017m), Simplon Breithorn (3438m) et Fletschhorn (3993m). Il y a bien quelques cumulus enrobant les sommets mais le ciel est ici beaucoup plus accueillant. 

Nous rejoignons ainsi enchantés la vallée de Domodossola dans le nord du Piémont. Pas de parapentes en l'air au-dessus de la ville. Nous optons alors pour la vallée de Vigezzo vers Locarno, à l'Est.

Il a y plusieurs orientations de décollage en Sud et surtout, un téléphérique ouvert qui nous garantit plus d'autonomie. On a bien essayé de contacter une structure locale mais sans succès. Personne en l'air non plus.

Les cumulus sur les crêtes ne semblent pas être trop poussés par le Nord ce qui est déjà bon signe.

Le terrain d'atterrissage à l'Ouest de Santa Maria Maggiore est un peu loin. Nous repérons quelques champs avant le pont qui mène aux télécabines qui nous permettront de récupérer plus facilement la voiture. Le temps ne s'arrête pas pour nous et nous finissons après 20 minutes d'attente de monter dans le télésiège de 14h. 

Quinze minutes après nous voilà donc à Piana di Vigezzo. 

La rampe orientée Sud-Est à la sortie du télécabine, est bien alimentée, mais c'est très cyclique et ce décollage est réservé aux deltaplanes. L'heure est bien trop tardive de toute façon... nous optons pour le décollage Sud-Ouest: Cima 2 qui est au-dessus en remontant vers l'ouest, à 15-20 minutes de marche.


La biroute est bien dans l'axe nous réconfortant. Le déco est bien dégagé. Il est là pour nous tous seuls, ainsi que le ciel d'ailleurs. 

Nous nous dépêchons à nous préparer avec un peu d'appréhension quand même. Mouky décolle et je le rejoins rapidement en prenant sa place.

Quelques grains de pluie nous accueillent tout de suite. Un thermique puissant nous happera pour nous amener à la base d'un cumulus sombre qui commence à bien mettre la vallée à l'ombre. 

Nous filons vers l'Est en direction de Locarno où nous pourrons admirer une partie du Lac Majeur.

Bibibibip.... 3050m. Quelle surprise! Nous faisons demi-tour pour éviter la TMA devant... 

Retour pour aller visiter la vallée de Domodossola. C'est une tendance Sud-Est qui nous pousse...
 
Je rattrape Mouky en passant perché au-dessus des gorges pendant qu'il surfe sur les crêtes. 


On se retrouve à l'intersection de ces deux vallées, sous le vent des thermiques et au vent du Sud-Est... Une vraie marmite! 

On se fait sérieusement découper. En voyant l'autre dominer sa voile, on en finit par croire que ces sensations parasites ne sont que subjectives... on s'accroche donc tous les deux, alors que seul, on aurait certainement fui la zone.

Le gros cumulus qui s'épaissit au-dessus finit par nous aspirer dans une ascendance hurlante à +6,8ms intégré. Cette montée est bienvenue tellement cette basse couche est désagréable.
 


Mouky est attiré par les faces OSO qui remontent au Nord. Cette option ne me plait pas car je pressens que le Sud-Est de la vallée de Vigezzo va nous emprisonner en passant derrière.

Je lui propose plutôt l'Ouest mais je me retrouve très vite contré en traversant vers Domodossola, du Sud qui remonte la vallée et semble créer un mur thermique que je n'arrive pas à percer. Je redescends aussi vite que je suis monté, en chutant de 500 mètres.

Zut!!! Il va falloir re-chevaucher le cheval fou, peur de voir les suspentes découpées, la voile exploser.
Le nuage a dégonflé mais a gardé de son énergie. Je remonte à l'abri de ce sud-est désagréable plus bas.

J'ai ma dose et il est déjà tard. Il sera difficile d'aller plus loin sans prendre le risque de tanker derrière. 

Je communique à Mouky mon intention de revenir tranquillement vers la voiture. Il revient du Nord mais bien sous le vent comme je l'avais pressenti. Un gros thermique sous la crête le sauvera...


Nous rejoignons Piana di Vigezzo qui est bien sous le vent de la brise de Locarno. 

Marre de se faire tordre, nous filons en vallée pour poser. 


Le petit champs juste en-dessous des télécabines est enclavé derrière les arbres et légèrement en pente. 

Nous choisissons plutôt le champ derrière le Supermarché Carrefour au sud du pont, le long de la voie ferrée. 
   
Il faut s'appliquer car il y a trois arbres au milieu mais il y a moins de risques de turbulences en Sud-Est. 



Nous posons tous les deux comme des fleurs.

Belle découverte que la vallée de Vigezzo. C'est un départ de beaux cross au Printemps.





Toutes les photos



Jour 2: Zermatt, le Matterhorn Glacier Paradise, vraiment?

On s'en rappellera de cette journée... tout d'abord car on sauve de nouveau une journée avec une expérience peu anodine: décoller à plus de 3800m au petit Cervin.

Après avoir passé la soirée (super resto Vikingo) et la nuit (Hôtel Internazionale) à Domodossala on pensait initialement pouvoir découvrir le Lac Majeur de plus près, mais les pluies soutenues de la nuit en ont décidé autrement.

Les webcams sont devenues un outil  très utiles dans le choix des sites de vol. Le ciel est bien encombré du côté de Lugano et Bellinzona.

Notre choix est fait, on remonte dans le Valais en reprenant le col de Simplon et si le ciel ne nous convainc pas à Fiesch, on va faire du tourisme à Zermatt avec un petit vol dans le bocal si possible.

Le Klein Matterhorn est alimenté en Nord et un vol contemplatif semble envisageable selon un pilote local.

Décoller à 3800 mètres au-dessus d'un glacier, c'est le rêve de Mouky... il a forcément l'aiguille du Midi à Chamonix en tête depuis longtemps, alors pourquoi pas commencer par le Cervin.

Les conditions semblent en effet réunies. La vallée de Zermatt semble épargnée par les sur-développements. Quand nous arrivons à Täsch, le Matterhorn est enveloppé de cumulus sur son versant Sud qui sont poussés par un Ouest bien présent.

Après avoir garé la voiture au Terminal de Täsch (on ne rentrera pas plus dans le détail du petit détour interdit qui nous aura fait perdre du temps), il nous faut prendre le train qui mène à Zermatt en un quart d'heure (8 CHF). 

S'ensuit une petite traversée de toute la ville (très touristique, on ne regardera pas les prix dans les vitrines!) pour rejoindre le téléphérique principal (à gauche en traversant le deuxième pont). D'ici, on peut rejoindre plusieurs domaines skiables (été comme hiver).

Le plus impressionnant restant le Matterhorn Glacier Paradise, l'arrivée du téléphérique se trouvant à 3883m (le tricable le plus haut du monde, mais probablement le plus cher aussi 68 CHF :-/ pour 45 minutes de montée). 

Dessous un dédale de pistes skiables est damé et quadrillé pour éviter aux imprudents de tomber dans les crevasses des glaciers.

C'est donc pour nous, le décollage le plus haut qu'il nous a été amené de gérer. Notre matériel de vol est un peu lourd pour les décollages de haute altitude.

Pour le reste on est bien équipés, vêtements chauds, chaussures montantes. On avait eu confirmation que les crampons n'étaient pas nécessaires ce jour là!
 
Le déco officiel est à gauche du téléphérique en sortant, sous les tire-fesses. Il n'est pas très engageant. Le goulet et les quelques rochers retiendraient peut-être une chute dans les crevasses du glacier, mais le doute nous est resté tout du long.



Ce décollage nécessite d'avoir un vent orienté NNE, soutenu...
Nous avons préféré le versant NO, en profitant de la piste et d'une pente moins exposée. 

A cette altitude, on est état d'hypoxie (moins d'oxygène dans l'air) et l'effort se fait rapidement sentir, d'autant plus quand on n'est pas acclimatés. Le froid n'aide pas non plus avec ces -4°C.

Quand le vent est trop léger ou de travers, l'aile perd de sa portance et il faut alors combler ce manque par une course franche et énergique, même dans la pente.

Nous avons dû prendre en considération ces éléments pour prendre la voie des airs. Longue session de gonflage en haute altitude pour tous les deux, Mouky finissant par opter pour un dos voile bien plus efficace. Un peu plus galère pour ma part avec trente minutes de suspense supplémentaire.

J'ai pu le retrouver à l'approche de Zermatt, au-dessus du Riffelberg. 

L'heure avancée et les plafonds insuffisants ne nous auront malheureusement pas permis de visiter les 4000 alentours du cirque glaciaire.

Nous nous retrouvons à poser sur l'herbe grasse des prairies au sud de Täsch (8 CHF épargnés du retour en train de Zermatt).
 
Quelle expérience! Cela nous a permis de voir la préparation nécessaire pour envisager un vol de l'Aiguille du Midi!


Le petit Cervin est-il un Matterhorn Glacier Paradise????


Je ne dirais pas ça, loin de là! 

Ce terrain montagneux, si beau dans d'autres vallées, a été défiguré par le progrès technique de l'homme pour en faire un parc d'attractions grandeur XXXL!

Sans parler de l'empreinte du réchauffement climatique qui a mis les glaciers en état de mort avancée, les câbles, les structure métalliques jalonnent les pentes, rendant ce spectacle malheureux.

J'espère un jour pouvoir repasser au Cervin, mais ce sera par la voie des airs, en cross. Ce décollage du Klein Matterhorn m'aura au moins permis de me familiariser avec ce cirque glacière géant!

Toutes les photos



Jour 3: trop fort à Fiesch, une petite tentative de plaine d'Alsace?

Au matin, les balises confirment les prévisions! ça ronfle sur les sommets à 3000, et ce, partout autour de Fiesch... 

Mouky a l'épaule souffrante et le vol de la veille l'a rempli émotionnellement, moi aussi. 

Je lui propose de rentrer et je vais faire la surprise aux copains en allant tenter la traversée de la plaine d'Alsace avec eux... 

Je dépose donc Mouky à sa voiture et je ne tarde pas pour arriver à 13h15 au Treh. Mauvaise surprise, c'est aussi très fort là aussi... et les plafs ne sont pas généreux. Les copains sont désespérés.

On aurait mieux fait de s'arrêter à Weissenstein dans le Jura Bernois, le ciel était beaucoup plus alléchant.

Quelle saison! 
Le massif des Vosges a eu son heure de gloire d'Avril à début Juin. Depuis, plus rien.. ou trop peu! 




Nous nous contenterons d'un vol dans le bocal pour finir à l'auberge du Treh (et dire que je n'y avais jamais été les années précédentes!)

Retrouvailles sympa avec Rom et Max.



Toutes les photos






Suisse (2020): entre gros glaciers et jolis sommets autour de FIesch

 Cela faisait deux ans que je n'avais pas eu l'occasion de revenir à Fiesch et cela me manquait cruellement.


Le Valais est la Mecque Suisse du vol libre au coeur des Alpes. Cette large vallée orientée Ouest-Est permet d'allonger les kilomètres faciles et ce dans un engagement tout relatif, avec des vaches confortables en tenant compte bien sûr des brises qui peuvent monter haut et rentrer fort (> 30 km/h) en milieu de journée.

Les journées de début août sont stables ou orageuses. La canicule inonde l'Europe cette année encore et la Suisse aussi!

La COVID n'arrange rien et a limité mes déplacements en Juillet. J'ai privilégié, à tort, la proximité et le massif des Vosges, qui, souvent venté n'a pas donné le meilleur qu'on lui connaît. 

Un peu frustré d'avoir loupé quelques belles journées isolées dans les Alpes du Nord, je profite cette fois du Championnat National Suisse pour rejoindre Claude, Marin, Manu en me disant que je me contenterai même d'une bonne journée pour élargir le terrain de jeu que je connais déjà un peu.

Suisse (2020): sommets prestigieux, Weisshorn, Matterhorn, Dent Blanche, à plus de 4600m (J3)

 


Il y a des journées comme celle là, où tout s'enchaîne très vite, où on a l'impression d'être emporté par sa destiné.

Cela commence par un réveil matinal... je m'attable pour le petit-déjeuner avec mes hôtes qui m'ont offert le toit. Merci à Claude, Marin et Manu pour m'avoir laissé squatter le rez-de-chaussée. 



C'est le dernier jour pour eux au Swiss Open 2020... probablement le dernier jour pour moi à Fiesch. Retour probable vers la France... 

Je ne tarde pas et les laisse dans les bras de leurs charmantes compagnes, pour rejoindre Vince à la benne pour 9h15. Le temps de laisser la voiture au parking et je le retrouve devant les caisses déjà bien encombrées de touristes qui veulent aller admirer le glacier d'Aletsch et de sportifs en tout genre (VTTistes, grimpeurs, randonneurs... et bien sûr, parapentistes) .

Forts de notre expérience d'hier, nous allons décoller sous le téléphérique cette fois encore, pour chercher la face Est et tenter de partir plus tôt. C'est dimanche et les crosseurs suisses sont au rendez-vous.

Ce petit décollage sauvage, au-dessus de l'officiel n'offre que deux places. Ici la rigueur et le respect sont de mise. On arrive donc à se retrouver tous les deux en l'air sans trop de stress.


Vince qui d'ordinaire, sort son épingle de conditions difficiles et tordues, semble être à la peine ce matin. Il est bien plus bas sous mes pieds quand j'atteins le plafond... bleu! Je retrouve une Alpina 3, la même que mon ancienne qui ne démérite pas bien au contraire. Cela doit être un local, il ne traîne pas et va là où ça monte, laissant derrière les thermiques trop faibles.

Je progresse derrière lui et son acolyte en U-turn bleue, en temporisant pour laisser à Vince la possibilité de me rattraper. Il a un thermique à refaire...

Tiens!!! le voilà, il a pris l'option vallée alors que je raccroche la crête qui longe le lac l'Oberaar vers le Sidehorn (2764m). Vince fait demi-tour avant moi et je me jette à ses trousses en vallée... 

Le peu de cumuli nous incite tous les deux à finalement bifurquer sur le Risihorn (2875m). Nous nous retrouvons quelques minutes plus tard au-dessus du Bettmerhorn (2857m) dans la mélée bien compacte des compétiteurs qui démarrent soudainement en trombe. C'est aussi le start pour nous deux. On glisse dans l'autre sens, le long de la crête qui mène à Riederalp.

Aujourd'hui, pas de gros glaciers, on veut aller plus vite pour remonter à l'ouest. La veille on s'était retrouvés bloqués par le Nord-Ouest sous le Mont-Bonvin. On aimerait arriver plus tôt pour pouvoir basculer vers Sion.

On raccroche le waggon au-dessus de Nessel avec trois autres pilotes, une Meru (UP), une Zeolite (Ozone) et une Omega Xalps (Advance). On s'entre-aide. Sous le Wiwannihorn (3001m), plus conservateurs, on accumule du retard. La Meru nous explose sur la grande transition entre le Torrenthorn (2997m) et le plateau sous le Jaggerchruz. A ce raccrochage difficile, viendront se mêler une Mentor 6 (Nova) et une XI (Advance).

La Meru trouve la meilleure ligne. La Zeolite va se mettre au vent du Nord-Ouest. 

Le reste de l'équipe opte pour un raccrochage sous le vent au Sex des Molettes. La Mentor et la XI reviennent à plat ventre ce qui n'arrivera pas me convaincre tout de suite. Vince percute plus vite et retrouve en retrait un thermique qui lui évitera quelques gouttes froides. Perché un peu plus haut je persiste à rejoindre cet angle orienté Sud-Ouest... et je signe pour un goût de défaite. 

Le Nord s'engouffre au-dessus du lac artificiel de Tseuzier et aspire tout vers le bas jusqu'à Saint-Léonard.

En repli, seuls Fabrice P. sous sa XI et moi, sommes encore dans le cirque quand les autres disparaissent vers le sud-est, et quel cirque, bien turbulent. Je pars devant en espérant trouver un thermique dans la rampe en Sud-Ouest. Rien, il est derrière et Fabrice l'a trouvé... Je fais marche arrière et ce sera un bon boulet d'une combe du Cry d'Er (2258m) qui m'extraira de ce mauvais pas.

Je rattrape Fabrice à la base du nuage qui se lance déjà pour la traversée vers le Sud en direction du Illhorn. Je connais cette transtion pour l'avoir empruntée lors de mon tout premier vol dans le Valais.
Le raccrochage est assez aisé à cette heure de la journée. Avec une tendance Nord-Ouest, encore plus facile.

Ma voile est clairement plus performante et j'optimise ma ligne. J'arrive plus haut et je sors plus vite que la XI. Je continue vers le sud en terrain lunaire. 

Je suis de nouveau seul et je ralentis mon allure en refaisant le plein à la Pointe de Tourtemagne (3080m). 

Alors que je suis sur le point de basculer dans la vallée plus à l'Est, vers le Rothorn... je vois de nouveau la XI de Fabrice sous mes pieds qui continue sans s'arrêter vers le Sud. 


Il semble savoir ce qu'il fait. Cela attire ma curiosité: "et si je continuais moi aussi??".

Je le remercie encore car je n'aurais probablement pas osé pousser la chansonnette plus loin. Avec le Nord-Ouest poussif, je n'avais pas envie de me retrouver dans la même galère, deux jours auparavant.


Impressionnant cette arrivée dans le val d'Anniviers par les Diablons. Le cirque est gigantesque, minéral. Nous ne sommes plus seuls. Il doit y avoir un déco de ce côté...

Je suis dans la contemplation la plus parfaite. La XI prend de l'avance et semble en terres connues.

L'altitude monte d'un cran. Fabrice est maintenant bien loin devant vers le Weisshorn alors que je rejoins une SWIFT (Ozone) à la tête de Milon (3693m).

Les 4000m s'allument sur mon vario et une grosse brûlure dans les poumons aussi, me rappelant l'hypoxie et le froid, que mes gants chauffants (à l'avant dans mon cockpit) devraient atténuer. Je n'en avais pas eu besoin jusque là!

Un petit air de Marmolada cette face Ouest, en beaucoup plus ouvert. Une face minérale coiffée par un manteau neigeux. Une petite montée en dynamique... j'exulte ma joie. La caméra 360 tourne à plein gaz, j'espère qu'elle fonctionnera jusqu'au bout. Je prends des photos à main nue mais je dois me raviser. Il fait vraiment trop froid.

Fabrice est parti encore au sud vers le Shalihorn (3974m). Je suis au-dessus du Weisshorn... je m'avance en vallée pour éviter de me retrouve au-dessus de 4550m... ça monte à mon grand désespoir, mais pour le bonheur de mes yeux... 4600m!

Je retiens ma respiration. La Dent Blanche, le Matterhorn derrière... Quelle ambiance!

Je cherche à m'en rapprocher en allant plus loin après Schalihorn (3974m). Je crains le vent de Nord-Ouest. Plus rien, plus de brise non plus...

Il ne me vient pas à l'idée de basculer dans la vallée de Zermatt pour aller chercher le Rimpfischhorn (4198m) et pourtant c'était possible ce jour là.

J'ai déjà mon lot d'émotions et seul compte désormais le retour. Je reviens donc sous le Weisshorn que je remonte sans enrouler. 

Je rejoins Fabrice que je finirai par quitter en contrebas au Brandjihorn (3308m) sur un thermique de nouveau bien penché en Ouest.  

De nouveau à 4300, il ne me reste plus qu'à me laisser glisser sur la crête de Gidibum où un dernier thermique m'assure de rejoindre Folluhorn.


Je capte enfin de nouveau Vince qui me dit se rapprocher de Fiesch.... les bonnes journées finissent toujours bien, en retrouvant ses compagnons de vol. Cette journée n'y dérogera pas.

Je poserai avec Vince dans un beau glide final à la lumière rasante de fin de journée... Nous serons loin d'être les derniers à poser ce jour là. 

De sacrés vols auront été déclarés, de quoi nous inciter à revenir l'année prochaine pour élargir encore la balade au-dessus de ces sommets prestigieux. 

Bien chanceux sont nos voisins helvètes d'avoir ça si près de chez eux, à quelques stations de train!


Quelques traces pour mieux comprendre...


Toutes les photos

>>>>>>> ICI <<<<<<<<