Vosges (2019): automne indien au Treh

Il est 7h. -5C ce matin au mercure. J'ai froid... et pourtant, les 20kms/h à la balise du Treh sont tentants pour un petit soaring ou même un gonflage.

A 10h, le soleil réchauffe le fond de notre vallée... les balises sont toujours au vert, ça réchauffe ma motivation.

A midi quand j'arrive au Treh, seul un biplace se prépare. Dans la demie heure qui suit, une dizaine de pilotes habitués du massif nous rejoignent.

Pierre me dit qu'il aimerait pouvoir prendre le thermique de 12h25. Amusé, je lui dis qu'il va être en retard, il est 12h21. I

l se presse et je le vois s'élancer dans une tendance Nord Ouest.

Il ne tarde pas à s'élever sous l'ancien cimetière militaire du Treh dans un bleu limpide! Impressionnant. Les autres se pressent.



C'est bien travers, je force l'allure et m'envole en saluant Ben qui déplie et enlève la naphtaline de sa Boom 11.

Pierre ne lâche pas le thermique de 12h25.

Nous sommes deux à l'accrocher aussi. Je serre le coeur assez étroit au risque de dégrader en sortie, ça marche! Je rejoins Pierre qui pressé de retrouver sa classe d'école, s'enfuie vers Fellering. Je continue jusqu'a extinction du feu.

Les copains qui ont décollé derrière ne trouveront que des restes. J'ai trop tardé à communiquer ma joie d'être ici haut. J'arriverai 50 mètres sous la crête Sud.

Deux voiles sont encore suspendues, portées par le Nord-Ouest... la combe de l'abri de Shalm ne me sauvera pas, peut-être un peu de thermique au soleil? Je rejoins le 300 en cherchant une confluence avec le Nord Ouest...

Ben a posé au 200. Des problèmes d'accélérateur?

Il me rejoindra ensuite à l'aérotec dans un calme plat. Du beau soleil, une sacré inversion, et le thermique de 12h25!

Nous laisserons nos voiles dans la boutique de Cumulus pour nous alléger la remontée au déco, où nous récupèrerons nos voitures après 1h30 sans stress et 740m D+ qui m'auront presque enlevé mon mal de tête.

Belle journée d'automne indien... l'hiver se rapproche maintenant à grands pas.

Vivement le retour de la neige!

La Vie en Vosges!


Vosges (2019): Rothen enbrumé, vol rando à la clé

Les températures ont chuté aujourd'hui et c'est tardivement que je me décide à quitter la chaleur du nid. 

Personne (un peu à l'arrache pour prévenir les copains), ni au Rothen ni au Schnepf... 


Entre NE et SE, ça ronfle en rafale! Quelques nuages bas sont poussés par du NE. 

En l'air, rien de franc... la brume s'étale par le sud. 


Je me suis décalé pour passer sous le Rainkopf et redescendre au col, mais un virage de trop pour une dernière photo et le piège se referme violemment sur moi! Le col est embrumé...

Seule fuite possible, Mittlach dont la lumière des lampadaires s'allume. Je suis haut et ça flotte. Je tire loin devant en pensant d'abord pouvoir remonter en stop. Aveugle ou presque dans la pénombre je me fais cueillir par le catabatique.

La voile pliée, je me ravise, le col du Rothen n'est pas si loin  Nous avons déjà fait cette randonnée et les 670 mètres de dénivelé s'avalent plutôt bien. Avec les 14kgs de mon aéronef, ce sera moins aisé, mais je n'ai pas le choix. Il est 17h30 quand je foule la départementale D10.6  en direction du village de Mittlach.

Objectif 20h à la voiture. Je décide de rester sur le bitume et de ne pas progresser sur le chemin de randonnée qui serpente à gauche de la rivière Kolbenfecht. Après 1h45 sur l'axe principal, je rejoins enfin le sentier qui remonte vers le col du Rothenbachkopf. Il a beaucoup plu les jours précédents et des mini cascades jonchent le sol.

Un grand chêne est venu mourrir la nuit dernière et baigne dans l'eau qui s'est accumulée autour. Je le contourne et retrouve ma piste non sans difficulté dans l'obscurité totale.

La pente se raidit, la sente se rétrécit et la terre s'assèche entre les hauts sapins.

Alors que la végétation se fait plus rase, le vent se fait de plus en plus sentir.
Il a forci depuis cet après-midi et son souffle glacé commence à pétrifier les éléments.

Je ralentis ma marche, le terrain de la remontée devenant glissant. Plus que quelques mètres pour sortir sous le col... la percée de  l'hiver de la dernière quinzaine a laissé quelques amas de neige glacée à ne pas sous-estimer ici. ça y est! Je surgis enfin du goulet et je peux rejoindre la voiture.
Le compteur affiche -3,5°C quand même.

Joli vol (ambiance surréaliste) rando (nocturne vivifiante), dans l'ordre! ça donne des idées de balades hivernales...


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Vosges (2019): entre averses et plafonds bas: la brume et le feu

Cela fait déjà trois semaines que nous sommes revenus des Dolomites et ce bel été indien qui se profilait s'est vite envolé cette année sous nos latitudes.

Le stratus bas a envahi le ciel avec sa meilleure alliée... l'humidité. Alors quand ces deux là décident d'aller voir ailleurs le temps d'une journée, nous n'hésitons pas une seconde, retour en images sur les crêtes Vosgiennes.

Le Printemps indien le temps d'une journée...

Avec la pluviométrie des derniers jours: on s'attendait à un risque d'étalement fort; avec le voile annoncé: une journée bien écourtée... rien de tout ça ou presque!

Direction le Petit Drumont où un ciel de rêve nous attend, sans le plafond céleste qui va bien avec. 
De jolies rues de nuages strient un  beau ciel bleu, l'air au sol est bien frais sous l'influence du nord. 



Probablement échaudé par ses décollages tardifs du Col de Rodella, Chris retrouve sa place de fusible à la maison en montrant la voie... à titiller les barbulles à 1700m. 

Loïc sera fidèle à son pseudo et lui emboite le pas. 

Je prends le train derrière, en écrasant d'un pied lourd la jolie Swift de Julien F. au passage qui me barrait l'envol (oouupppss, désolé).

Hervé et Pino nous rejoindrons peu après.

Plus bas, on voit deux lames qui transitent du Treh. Ben et Jéjé nous diront le soir être partis à 1400m... belle manière de tâter les basses couches!

La nébulosité est déjà importante à 1600m. Chris est parti à Rouge Gazon mais revient bredouille en rampant sous le Gusti. 

C'est champagne plus haut et les bulles font disparaître les pilotes dans les volutes.

Une première, trois milans royaux dessinent le thermique derrière l'antenne du Gustiberg. Je m'y lance avec Loïc. 
Il va falloir qu'on les reconnaisse à l'avenir car ce ne sont pas des vautours et ils sont peu partageurs. 


L'un d'eux sort le train d'atterrissage et montre clairement son intention peu amicale de nous écarter, ce que nous faisons sans broncher... en s'apercevant rapidement qu'ils disparaissent aussi dans le nuage. Garde ton cap gentil milan... 


Tout le monde se retrouve au Nord du Gusti... Chris, l'homme qui parle à l'oreille des nuages, part en traversant le cum derrière le Gusti suivi de Pino. 

L'armada suit en quinconce derrière en cherchant les meilleures lignes pour le col d'Oderen. On se retrouve plus ou moins tous au-dessus de la Ferme Auberge Felsach sauf Pino qui n'y a pas cru et a fait demi tour vers le Drumont.

Chris et Loïc trouvent les premiers la sortie mais c'est Hervé, arrivé plus bas qui en se décalant plus au Nord trouvera la meilleure affaire. Je patiente au lieu de fondre sur ce dernier. Ils partent à trois au soleil... la rue à gauche m'inspire. 

Je lâche mon ascendance moins performante avant d'atteindre le sommet et je me décale. A l'ombre, je n'ai même plus besoin d'enrouler... je rattrape mon retard.

Super ce vol de groupe tous les quatre. Les deux lames ont disparu... certainement à l'Ouest. 

Les plafonds bas ne nous ont pas vraiment convaincu... le problème c'est qu'ils le sont tout autant plus loin au Nord. 

Ca ne va pas être facile car les reliefs réduisent les marges de hauteur au Nord. On a du baume au coeur, l'émulation est là. Nous nous relayons et progressons par paire. 

Nous refaisons un peu le plein avec Loïc au-dessus du col du Bramont pendant qu'Hervé et Chris ont débusqué un missile qui glisse le long de la route des Américains sous le Rothen. Ils disparaissent haut dans le nuage. Nous ne les reverrons pas... 

Je passe le Rainkopf par l'Est pendant que Loïc reste au soleil... une bonne ligne qui me propulse vers le Hohneck où le couloir Wormspel me fera rebondir dans un thermique plus modeste au plafond qui s'allume... 

Je quitte le nuage sans y rentrer de peur de m'y perdre... Loïc le grignote et me coiffe de nouveau en passant au-dessus de la Martinswand. 


On passe très bas au-dessus de l'Auberge des 3 fours pour s'engouffrer dans le col de la Schucht. 

On arrive trop bas pour passer à l'Ouest. La crête tenouille tout juste... J'arrive à repasser au-dessus mais trop tard. L'ombre a cassé le rythme... je rejoins Loïc dans le trou et me laisse glisser au soleil au-dessus du pierrier qui est juste en dessous de l'ancien centre médical de l'Altenberg. ça remonte dans un thermique un peu contrarié... 

Je pars vers le Lac Vert que je survole bien bas et je rebondis sur les premières chaumes du Gazon du Faing. Je patiente dans un thermique faible... Loïc me rejoint mais arrive trop bas. Il glisse dans la combe du Ringbulhkopf. Les cumulus sont bien présents vers le Lac de Forlet. La face au dessus du lac est au soleil... Gaazzz!

Je longe la crête en saluant les randonneurs. Je n'ai jamais été aussi bas ici! L'envie d'y poser est grande... mais la sortie est devant. Du Sud-Est est bien présent, il devrait m'aider... ça flotte mais ça ne monte pas. Je bascule côté alsacien à chercher le thermique salvateur... je le trouve mais il m'abandonne! Arrggghhh! Je vois Loïc qui s'est sorti de son mauvais pas. Je suis 100m au-dessus de la chaume Sud... trop bas pour basculer vers le Lac Noir avec ce Sud-Est qui me mettrait sous le vent et m'enterrerait dans la cuvette. Pas envie de ça! Il y a des cums en plaine... l'aventure aussi, ces reliefs me sont complètement inconnus. Loïc a fait demi-tour vers le sud. 

Le Sud-Est se fait plus présent alors que je longe sous la crête menant au col de Weittstein. Mauvais cheminement en évitant plateaux et forêts, je me retrouve sous le vent des collines orientées Sud-Ouest. J'arrive sous le col... les thermiques sont désorganisés. Je plonge en voyant la crête s'éloigner. Impossible de rejoindre la face Sud qui me permettrait d'être au vent... il ne me reste plus qu'à trouver où poser et les options se tarissent petit à petit. 

Un grand prés sur les hauteurs de Soultzeren a attiré mon attention dans ma longue descente aux enfers... c'est le seul qui m'inspire. Après, trop de lignes, trop d'arbres, de maisons, de pentes. Il est sous le vent, mais est dégagé ce qui devrait le rendre aérologiquement sain. A l'approche deux gros chiens débouchent de la dernière rangée d'arbres, heureusement ils ont plus peur que moi... Ils restent à bonne distance quand mes pieds rejoignent le plancher des vaches.
L'herbe est grasse et verte. Les petits cumulus derrière vers Munster me narguent.

J'ai manqué un peu de réalisme sur cette fin de vol mais je suis content d'avoir été chercher plus loin... Il aurait fallu chercher plus derrière pour arriver suffisamment haut dans le col de Weittstein pour espérer en ressortir. Encore riche d'enseignement!

Je me presse de plier et descendre vers le village en contrebas... la suite? Juste une récompense et une invitation à tenter l'aventure même si les circonstances ne sont pas forcément propices. En rejoignant la départementale à la sortie de Soultezeren, je tombe sans attendre sur une première voiture qui me remonte au col de la Schlucht. Son conducteur fort sympathique me laissera à l'entrée de la route des crêtes. Entre temps j'apprends que Loïc a posé lui aussi... en contrebas de la Bresse Station.

Le doute s'installe quand après 10 minutes et 5 voitures, je suis toujours à tendre le pouce. Le drapeau retour de Loïc finit par faire son effet. Un sympathique conducteur s'arrête car il n'a pas pu lire les inscriptions... 

Il m'explique que le Col du Bramont est fermé pour cause d'incendie d'une maison sur les hauteurs de la Vologne et qu'il doit aller à Mulhouse. Son malheur fait mon bonheur... il me déposera derrière le Markstein.

Je redécolle du déco Sud du Treh à 17h10 et je glisse dans l'ombre, poussé vers le bas par du Nord-Est dégoulinant. Le voile d'altitude est arrivé plus tard que prévu pour le plus grand plaisir des copains plus réalistes qui ont réussi à boucler (merci à Chris et Pino pour avoir redescendu la voiture du Drumont). 

On se retrouve tous dans un timing parfait au wagga (Loïc assurant sa récup en 5 stops en passant par le col d'Oderen et Hervé ayant bénéficié de la restit' magique du Treh). 



Superbe journée qu'on finira en débriefant entre les bières du Wagga et les excellentes pizzas de la Marinella à Saint-Amarin.






Ambiances d'Automne, la brume et le feu


La pluie et l'humidité se déversent dans les vallées Vosgiennes depuis lors... 

Une petite éclaircie nous permet de profiter des belles ambiances de fin de journée entre le col du Brabant et le Lac des Corbeaux.

Les chaudes couleurs de l'Automne n'ont pas encore complètement envahi bois et sous-bois, mais cela ne devrait plus tarder. 

Les amanites tue-mouche bordent les sentiers. Les moutons ont été déplacés sur les versants sud.


Les volutes s'enroulent dans les fonds de vallées et sur les crêtes, le soleil qui resurgit, enflamme les prés sur les hauteurs.






Le lac des Corbeaux est encore un peu éclairé quand nous le rejoignons. Le retour par contre se fait à la lumière d'une demie lune. 


Que du bonheur!

#la Vie en Vosges


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Vosges (2019): soaring automnal au Rothen début septembre?

Il y a trois jours, les conditions semblaient encore estivales offrant de belles balades aux meilleurs qui ont ouvert la saison 2019/2020 du Championnat Régional de Distance des Vosges en fanfare (140kms quand même pour début septembre)!

Deux jours après, c'est plus la même musique, 1600 mètres d'altitude max et des lumières contrastées d'automne pour un vol en soaring au Rothen.

Arrivé à 11h30, quelques randonneurs affrontent la montée balayée par un vent de Nord Est bien rafaleux et bien frais. Pas de pilote sur les chaumes... le ciel est déjà masqué et les cumulus commencent à se goinfrer de l'humidité du sol. De bonnes rafales brassent les gentianes qui font la gueule mais qui ont survécu aux canicules de l'été.

Après une bonne heure à attendre que ma voile soit moins frénétique au sol, je lui donne l'ordre de prendre la voie des airs, ce qu'elle fera dans la seconde. C'est l'ascenseur expéditif à plusieurs centaines de mètres au-dessus du Rothenbachkopf pour un vol d'1h40 en thermo-dynamique.

En avançant dans la vallée de Mittlach 30kms/h de vent me rappellent que c'est encore bien fort. Le Rothen semble plus protégé en altitude avec un 20kms/h max.

Il en est d'une toute autre histoire au déco où je suis bien mal accueilli: tendance Nord, thermique déclenchant devant et le long de la crête qui glisse vers l'auberge de Steinwasen, bref tout pour tordre ma voile et me rappeler à la vigilance.

J'essaie de poser... 3-6, wings, je tire loin sur la chaume vers Kruth... chaque fois je remonte dans 25kms/h renforcés par l'instabilité du déco. De nouveau à 1400 sans enrouler.

Je vois deux pilotes tenter de décoller dans la pente Nord, mais malmenés, ils se replient au col.
Après 30 minutes à trouver la ligne descendante, je finis par profiter d'un creux pour enfin poser.

Pause - pendant que je reprends des forces empaqueté dans ma voile pour me réchauffer, je ne m'aperçois pas qu'un nouveau pilote s'est installé sous mes pieds. Il est monté depuis Mittlach (probablement un voisin à toi, Antho!?) par la route forestière et a laissé son 4x4 à l'auberge de Steinwasen (où il finira par poser plus tard, d'ailleurs).

Dans le même instant, je vois surgir une Cure et une sellette que je reconnais... Alan avec qui nous avons découvert les Champis la semaine dernière.

Quel hasard.... Nous voilà parti chacun pour une bonne séance de près de trois heures, à suivre chacun notre programme du jour. Vol de proximité, repose au sommet, wagga session dans la pénombre des cumulus stratifiés! ça rentre nickel les hélicos au sol, Alan!


17h, le vent est passé Nord et faiblissant, nous partons poser au col.


Le soleil est revenu plus présent entre le Rainkopf et le Rothen, glissant et étendant les ombres vers la plaine d'Alsace, moment de prédilection, d'échange avec la nature.


 Dernier regard avant de replonger versant Vosgien.

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