Vosges (2019): Treh nébuleux, Treh heureux...

Après plusieurs jours encore bien maussades, voilà une éclaircie qui nous aura procuré finalement un ciel extraordinaire, de l'étalement instable, des cumulus castellanus à plusieurs étages où il a fallu jouer à cache-cache pour ne pas se faire digérer...

Vol d'entrainement au nuage avec Chris (un peu dedans des fois) après avoir chacun travailler la condition physique avec un peu de dénivelé... mode vol rando pour lui, rando pour moi!

Toutes les photos.... 

ICI!

Alpes (2019): Bauges avec Giulia - Bones & Aravis, seul au monde ou presque...

Le vol d'hier restera gravé dans mes mémoires!!!

Pourtant je décollais déjà rageur en ayant l'impression de rater la journée. On arrive tard à l'atterrissage de Marlens avec Giulia. 10h15.

Deux guns sont à la peine et personne n'a décollé du Meruz.

On décide d'aller à la Sambuy, magnifique déco d'altitude, qui est bien plus haut à 1800... on perd du temps avec les voitures. 11h10 sur le télésiège... allez en se pressant, ça fait un deco vers 12h.

Et là une drisse de frein est vrillée sur 50 tours. C'est quoi ce délire!!! Je mets 25 minutes pour nettoyer le bordel.


Le deco est passé cul! Un gars me voit tout rouge sous mon casque et me laisse sa place, faut dire, c'est bien cul. 

J'avais en tête de refaire mon vol invalidé (faute d'avoir sous-estimer la brise de Marlens et d'avoir poser dans la plaine d'Ugine) mais en élargissant un peu plus loin...


Je décolle dos voile quand la brise arrière se calme, sans mot dire, laissant lâchement Giulia qui attend derrière en embuscade.  Même pas peur du trou devant.

12h45 les pieds dans le vide.

Sur la transition à la Dent de Cons, je m'aperçois que cela va être compliqué... le plafond dans les Aravis est bas et pas de voiles sur l'extraction de Meruz.

Il faut dire il est vraiment tard et tous les pilotes sont probablement déjà loin! Giulia ne m'a pas suivi et a aussi changé le plan de vol qu'on avait convenu.

Elle repart pour le tour des Bauges qu'elle n'avait pas réussi la veille. Je me résigne, je vais l'accompagner en tournant au large et puis si ça le fait, je tenterai les Aravis... mais sans grand espoir...


Après l'Arclusaz, je fonce sur un gros cum qui se dégonfle.

A 14h30, au-dessus de Montlambert: personne, normal à cette heure. En glissant sur les arbres, je ressors dans un thermique de 10m2 dans une petite combe bien orientée.


Allez, on se remotive!!! Je rattrape Giulia qui a galéré devant la dent de l'Arclusaz. Les conditions sont exceptionnelles.

Les cumulus castellanus ne sur-développent pas et ne s'étalent pas de trop.

Par contre le Sud-Ouest de 10km/h rend la masse d'air désagréable en basse couche et les thermiques vraiment couchés.

J'arrive finalement à refaire le plein au Colombier et cette fois ça avance un peu plus vite... au Roc des Bœufs.

 Là aussi le Sud-Ouest rend l'endroit peu agréable.

Je vois sortir une voile entre deux nuages. Joli plan... je filme. Quelle surprise de reconnaître Rom (qui avait décliné notre proposition de décollage le matin, pressé par le retour en Moselle le soir).


Euphorie générale, ça me rebooste.

Je file au Parmelan en marquant une brève pause aux dents de Lanfon pour reprendre le gaz nécessaire.

Je recommande à Giulia d'éviter ce cirque et d'essayer de boucler en rentrant par la Tournette, ce qui lui fait déjà un superbe triangle de plus de 70 kilomètres, en autonomie complète et avec une Ion (voile qui m'a laissé de très bons souvenirs il y a peu).





C'est là que ce vol tardif prend toute sa dimension... le Sud-Ouest qui m'a gêné jusque là est providentiel... il étire des rues de nuages avec quelques gros noirs dans la direction de la pointe percée. 
Je dégringole en me jetant sur l'Aiguille Vert. Je doute mais je me reprends. La combe Nord Ouest, étroite, devant, porte ses fruits... je reprends rapidement les 500 mètres que j'ai perdus, me replaçant sous le nuage.

Au Grand Bornand, choix stratégique, vers la Clusaz, deux gros congestus mettent la vallée à l'ombre. Je choisis la pointe percée plus dans la lumière qui m'allonge une bonne branche. Quand j'y arrive, la rue s'éteint. Ça sent le roussi.


Je change de rythme en regardant ma montre... 17h17, je me mets en attente sur une dalle enneigée, ça monte tout doux. Je regarde le soleil commencer à inonder la vallée de la Clusaz... c'est long 15 minutes pour espérer voir la convection reprendre, et c'est court aussi (deux jours avant j'étais resté à 80 mètres sol en soaring pendant près de trois quarts d'heure pour me jeter sur Bramefarine).

Je me laisse glisser sur les dalles de granit. Ca dégrade dans les combes même si elle flotte vraiment bien cette Alpina. Il fait encore trop sombre. Je marque de nouveau une pause en soaring... le fond est vraiment brillant à présent, ça devrait le faire sur les paravalanches de la Clusaz... BIM! Je ressors de nouveau calé sous ce gros noir qui m'a rendu vert 😉 .


La suite du bonheur... je rejoins le Charvin en me laissant happer par les volutes nuageuses qui m'entraînent à 3000.

Le clou du spectacle, une douzaine de vautours m'acceptent dans leur thermique, j'en ai sous les pieds au dessus de moi. J'ai peur, un peu. Ils me fixent de leur regard perçant!
On se dit au revoir, chacun de leur côté, j'hurle ma joie!

Dernière transition sur la Dent de Cons, pour boucler je me dis qu'une petite balise devant la Sambuy, ça pourrait être sympa avant de rejoindre Giulia qui a réussi à rentrer (69 bornes en Ion 5, elle a de l'avenir!!! Petite erreur de jeunesse elle ne se rapproche pas suffisamment du décollage pour boucler son triangle).


Mauvaise idée, y a une ZIT drone cette année. Je vois un gars très bas en approche pour l'atterrissage de Seythenex. En me lançant dans la vallée, je vois un insecte en fer briller bien plus bas sous mes pieds, je fais demi-tour direct... et vais poser à Marlens où Giulia, qui a récupéré sa voiture m'attend.

Les 150 bornes et plus étaient à portée aujourd'hui en décollant tôt. Il suffit de voir le nombre de pilotes qui ont réussi à réaliser le très classique circuit des Bauges / Parmelan / Chartreuse / Belledonne.

Finalement je sauve la journée avec une balade avec une amie dans les Bauges et une remontée vers le Nord bien plus intimiste, seul au monde dans les Bones, à survoler des chamois et enrouler avec les vautours pour finir dans les lueurs chaudes de fin de journée.

Toutes les photos


ICI!

Ardennes (2019): vent au Printemps, vols de plaine au tournant...

La météo de ce Printemps est imprévisible, les fronts dépressionnaires s'enchaînent, les anomalies barométriques aussi. Le vent est la constante depuis mars et rares sont les créneaux où il se fait oublier, rendant les grands vols de montagne inabordables surtout quand on n'est pas sur place.

Après une semaine bien difficile à Algodonales qui est sauvée par un premier cross de plaine de 83 kilomètres au départ Lucena, je découvre Létanne avec Loïc, Romain et Fred pour un vol de plaine jusqu'au sud de Reims à la mi-avril. 

Avril: ne te découvres pas d'un fil...

Les conditions sont encore hivernales avec des températures négatives au nuage et une nébulosité rendant la lecture des rues particulièrement difficile. 

A ne pas suffisamment prendre de marge aux nuages, je perds du temps à spiraler pour en sortir et Loïc (le grand gagnant du jour en posant à Sézanne après 144kms) disparait dans la nuit du jour. Puis je commets une erreur de placement en préférant la lumière à l'ombre et en négligeant le positionnement au vent du thermique. Cette erreur il va falloir la corriger!


Mai: fais presque ce qu'il te plait... 

Un mois plus tard, et après plusieurs opportunités manquées par mauvais choix de site, le vent fort persistant nous amène de nouveau à Letanne sur deux jours (15 et 16 mai) avec les habituels parapotes qui bougent.



Pour éviter le blabla ci-dessous... toutes les photos sont ici!

Le premier jour... 

... c'est encore trop fort mais nous faisons avec Max et Yoyo la bonne option en arrivant tôt. Tout le monde peut décoller et rentabiliser la journée.


Après une extraction à 1300m, je pars seul dans le bleu. Je n'ai aucune expérience dans ce type de vol et ma lecture terrain est vite limitée.

Ne trouvant rien sous le vent du village, je vais m'appuyer sur une colline qui produit un thermique découpé par un vent du Nord soutenu et qui est complètement déstructuré. Je préfère me décaler et choisir une vache sécurisée dans un vent de 25kms/h qui me renversera dans les luzernes. 


Mes compagnons viendront rapidement (Merci mille fois Yoyo) me récupérer pour un vol du soir tous ensemble (notre ami Pino se joignant à la fête), après deux heures de milieu de journée trop chimiques, dans un vent trop ronflant.

Rencontre de Fred G. sous son R12... sacrée machine!


Ce dernier vol tous ensemble? Presque de l'huile ;-). 

Le deuxième jour...

Roman et Romain sont de la partie et c'est Romain qui propose encore son carrosse confortable. Rendez-vous matinal pour être en place vers 10h. Pas de retard, nous arrivons presque les premiers.

Incroyables retrouvailles avec Guillaume (que j'ai rencontré à Annecy l'année passée) et qui a déjà fait un plouf. Moins de vent que la veille, c'est le thermique qui va donner le start aujourd'hui.

Vers 11h, il y a déjà plus de pilotes dans la place. Quelques belges qui connaissent bien le site ainsi que les locaux et quelques pilotes du grand Est que nous apprécions (Serge Z. et d'autres dont les noms m'échappent, ils m'excuseront) . Tout ce petit monde se prépare et attend la bouffe.

Nous poussons Max qui rechigne à faire le fusible... La tendance est moins Nord que la veille et il passe la ligne d'arbres.

C'est le feu vert et ça se bouscule rapidement mais amicalement au déco. Extraction directe à 11h45 mais qui nous monte péniblement à tout juste 800 mètres. Difficile de partir avec ça.

La petite dizaine de crosseurs repassent devant pour faire monter le bouchon.

La deuxième tentative ne suffit pas non plus... la troisième est la bonne.

Je suis avec la première grappe et je laisse partir Guillaume et deux autres pilotes.
Je veux voler haut sans stress aujourd'hui et essayer de faire un cross avec Romain qui est en-dessous avec le deuxième groupe.

Mes choix de ligne sont plutôt payants. Je tourne juste un peu plus au sommet pour laisser à Romain le temps de me rattraper. Il le fera en emboitant le pas de Serge mais trop bas. A la transition suivante, je dois continuer seul.

J'enroule plus tard avec un belge sympa sous une Apollo en m'appliquant à rester au plaf pendant qu'il pousse devant.

Je rattrape Serge qui avait disparu bien bas. Il remonte devant des éoliennes, mais comment fait-il? :O.

Ca a l'air de mieux monter, je quitte mon thermique (qui m'aurait probablement permis d'atteindre la masse sombre au-dessus) pour les rejoindre.

Dommage pour moi, ils fuient rapidement derrière à droite dans la dégueulante.

J'opte pour la branche de gauche... erreur. Je me retrouve rapidement sous le vent.

Une haie d'arbres au soleil produit un thermique faible et couché... je me laisse
dériver vers des monocultures infinies, loin de toute présence humaine.

Le ciel semble se refermer... Je me lance sur le village de Saint-Etienne à Arnes où je me résous finalement à poser.

A peine posé, deux chasseurs surgissent au-dessus de ma tête apportant derrière leur passage la nuit qui éteindra les espoirs des autres pilotes à 30 kilomètres à la ronde.

Romain qui a survécu à son long point bas, est un peu plus au sud 5 kilomètres plus loin. Guillaume et Serge un peu plus près de Reims, à deux thermiques.

La suite, la grande aventure de tout crosseur de plaine! Pas assez proche d'une gare et trop loin pour une récupération rapide en voiture. C'est le vol rando... il faut marcher et plus particulièrement dans les Ardennes. Des tracteurs, des poids lourds... les voitures sont rares et ne s'arrêtent pas facilement (la peur du badaud psychopathe). Romain est déjà en route vers Vouziers. Guillaume et Serge marchent.

Deux voitures m'ont évité. Je rejoins l'intersection à la sortie du village qui mène à Vouziezs... 21 kilomètres. Je couche mon sac de parapente et je salue une voiture qui s'engage vers Machault, qui est sur un axe plus fréquenté. Couple adorable originaire du coin, ils m'éviteront de sécher sur le macadam. Ils s'arrêteront même pour prendre Romain au passage et nous déposer au bar le Carnot sur la place centrale de Vouziers.

Pour Guillaume, c'est une autre histoire... 4 stops pour nous rejoindre. Il arrive cependant dans le bon timing. Anne est venue nous récupérer après 40 minutes de trajet depuis Letanne. Un grand grand merci à toi!

Elle ramène tout le monde dans l'euphorie générale. Serge a aussi survécu de son côté, le stop ne marchant pas bien sur son axe, il a trouvé une âme soeur pour venir à sa rescousse.

Nous finirons par prendre Max, Roman et Pino qui auront bataillé contre le Nord qui s'est imposé finalement dans le fer à cheval de Letanne - Direction Stenay pour la bière de fin de journée, journée avec les copains vraiment sympa.


Conclusion


Le vol de plaine est exigeant et demande de l'excellence, tant dans les conditions que dans le pilotage, la stratégie et les choix... tout un programme! Il n'y a plus qu'à y revenir s'y frotter pour corriger les erreurs et pour espérer aller plus loin.