Perigord: retour aux sources...

C'est en suivant le conseil avisé de Jean-Marie (de Parapente Périgord) que j'ai pu sortir ma voile entre Noël et le premier de l'an lors d'une visite familiale. La météo change vite dans ma région natale et permet donc de voler quasiment toute l'année même si les prévisions peuvent paraître pessimistes.

Saint-Léon sur Vézère (SSE)


Résultat: découverte de l'un des sites majeurs de la région, la Côte de Jor au-dessus du petit village médiéval de Saint-Léon sur Vézère. Le village à lui seul vaut le détour.
On emprunte une petite route qui passe entre l'aire de préparation et le décollage. Ce dernier est très pentu, ce n'est quand même pas le Mont Poupet! Le vent est de travers SSO et bien rafaleux, mais cela ne m'empêchera pas de décoller, même si la cassure et les arbres rendent l'envol un peu rodéo.
Cela tient bien sur la crête en dynamique. Les thermiques peuvent être généreux quand le soleil est présent (ce qui n'a pas été le cas lors de notre visite, vivement cet été...).



Bigarroque (SO) et le Bugue (NNO)


Voilà deux sites de moindre intérêt...


En descendant plus au sud-ouest, nous localisons le petit site de Bigarroque. Pas facile. Le chemin d'accès a été rayé de la carte par l'agriculteur du coin. La place n'est pas très fréquentée et les ronces ont repris le dessus. Le décollage est court, le dénivelé ne paraît pas très important. Le site doit être sympa en soaring l'été quand la boue ne colle pas aux pieds. Pour finir, il est réglementé par deux TMA!

Comme mentionné par Stéphane, le président du Club Périgord Parapente, le site du Bugue est privé. Il l'est tellement qu'il est bien caché... Il vaut mieux se rabattre sur le Château de la Fleunie quand les conditions aérologiques sont NNO.


Bordas (SSE, SE, SO, S)

Ce site est très près de mes origines. C'est donc un petit site que j'affectionnerai certainement à l'avenir surtout quand l'essence deviendra trop chère.

C'est la pente école de tout parapentiste dordognot. Avec un dénivelé d'une soixantaine de mètres, une orientation variée en sud, il offre de quoi jouer en dynamique quand le vent est de la partie. Il paraît même que certains arrivent à sortir du bocal pour partir en cross...



Quelques liens...


Photos







Andalucía, en el camino de la autonomía

Une petite semaine à éviter les cumulonimbus entre Almería, Jaén, Sevilla et Malaga.
Le clou du spectacle: el Yelmo!!! (seul dans les airs de la Sierra de Cazorla, au nord-est de Jaén).



On comprend pourquoi Marc Petiot y siège et que son gîte gastronomique y fait bonne recette. Ce n'est pas là pourtant que nous finirons par le rencontrer.

C'est en effet à Algodonales (SO, NO, S, E) qu'il nous invite avec son acolyte Romain Bremont à nous joindre à leur équipée le temps d'une soirée. C'est aussi là que nous retrouvons les Vosgiens de Cumulus 88 (le monde est petit!). Nous ne profiterons malheureusement pas de ce spot à la réputation internationale, étant témoins d'un accident à notre arrivée au décollage, impliquant un biplaceur français et une Américaine. Philippe, le biplaceur, un grenoblois expérimenté, paye un lourd tribut mais s'en sort. Il est d'ailleurs actuellement en convalescence :-)

La météo incertaine apporte une aérologie perturbée. Celle-ci offre cependant des possibilités de soaring intéressantes sur le petit site de Ronda la Vieja. Puis cap sur la Valle de Abdalajís (E). Nous reconnaissons les lieux pour y avoir déjà grimpé non loin de là, à Desplomilandia.
Joli vol du soir en compagnie de Thierry et de la bande à Cumulus. Le soir, grande fiesta non loin del Chorro.

Le lendemain, la dépression qui arrose déjà Algodonales va bientôt nous rattraper. Nous décidons de filer à Loja (E, SE, O, NO). Ce site est l'un des préférés de Romain, et, quand nous arrivons pour reconnaître l'atterrissage, les parapentes de Transandalusia sont déjà lancés. Une fois sur place, plus personne en vol. Le vent est de travers et ne porte guère. Le décollage est compliqué et la masse d'air n'offre que quelques minutes de plaisir.

Il est déjà temps de rentrer à Malaga où la pluie commence à se faire sentir.

Nous retiendrons quelques sites du côté d'Almería, notamment El Zarzalón (OSO) où le décollage situé au sommet du massif est à préférer au spot à mi-hauteur mentionné dans le topo.

Tout autour de Jaén, il y a aussi de quoi faire. Dans le cas d'Alcaudete (N, O, SO, S), autant avoir un 4x4; pour les autres sites, tout peut se faire en voiture économique.

A quelques kilomètres à l'est se trouve Pegalajar (N, NO), qui n'est autre qu'un départ de cross. Pas d'atterrissage, donc cela ne sert à rien d'y aller si le vent n'est pas suffisant, à moins d'aimer les oliviers!

En remontant vers le nord de Jaén, on peut profiter de la tranquillité à Chiclana de Segura (E).

Autour de Malaga, il y a aussi de quoi trouver son bonheur, mais nous avons préféré fuir les monstres sombres qui y étaient installés. Pour quelques petits sites secrets, cela vaut peut-être le coup de louer les services de Romain.

Quelques liens sympa:
  • Andalucía: le site de tourisme qui contient
    • toutes les infos pratiques ainsi que la liste des sites
    • le topo avec ses imperfections (les coordonnées GPS sont parfois imprécises, mais avec un peu de 6e sens, on s'y retrouve), mais qui aide bien!
  • Tapasoif & El Cortijo de Ramón: le gîte de Amparo et Marc que nous vous recommandons chaleureusement
  • Transandalusia: vous cherchez des guides locaux francophones (Marc & Romain), pour une semaine en itinérance bien orchestrée, d'après ce que nous avons vu, vous ne devriez pas être déçus!
  • Thermical Brothers: ballets aériens avec les vautours

Lachens: un pas de plus vers l'autonomie...


Toujours plus haut: à frôler les cimes quand on ne peut les escalader!

Pour cela, il faut arriver à dompter ce morceau de tissu qui nous permet d'atteindre le rêve d'Icare, cette voile qui a connu des progrès technologiques faramineux ces dix dernières années.

Voilà donc une première vidéo pour découvrir notre nouvelle orientation: voler en parapente.
On y verra SuperMajax (aka MysterFred) avec qui les projets pour les années à venir ne manquent pas.




Lachens (2012): un pas de plus vers l'autonomie... de Vertical Trotters sur Vimeo.

Vosges (2012): Rocher du Hohwalsch, attention aux faucons!

Direction les Vosges du Nord avec Lionel. Le choix: un petit site sans grande prétention aux cotations douces, dans un cadre mosellan aux nuances bien alsaciennes, avec une exposition bien agréable pour des températures presque printanières.

Le rocher du Hohwalsch trône au milieu d'une forêt tranquille dont l'accès se fait par une route forestière superbement bitumée.

Lionel découvre pour la première fois les galets qui font la particularité du poudingue. Pas de stress pour commencer avec cette petite dalle bien équipée. Les 12-15 mètres d'envergure ne fatiguent pas trop, sauf dans la partie de gauche un peu plus déversante, où il faut trouver le bon galet à serrer, à défaut de tout lâcher!

A jouer à cache-cache avec la pluie, on s'y frotte quand même un peu.

Nous vous recommandons ce spot pour une initiation et plus aux galets pendant les jours ensoleillés d'hiver ou certaines journées fraîches et grises d'été. Tranquillité assurée!

Par contre, l'accès n'est souvent autorisé qu'à partir du 1er juillet (à vérifier sur escalade-alsace).

Le faucon est un animal protégé des Vosges et, certaines années, il choisit la falaise du Hohwalsch pour y construire son nid, et ce généralement dans la période de février à juillet.

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Vosges du Nord: rocher du Hohwalsch, infos utiles

Superbe piton rocheux du pays de Sarrebourg, le Hohwalsch offre des voies relativement courtes et bien équipées pour une découverte du grès rouge des Vosges du Nord et du poudingue bien spécifique de la région.







Rocher

Poudingue et grès rouge

Equipement

Scellements, relais chaînés


Voies

15 mètres en moyenne, à galets, réglettes et quelques colonnettes

Quelques itinéraires intéressants:




  • Pas sages sous tes reins (5c): une belle envolée sur la fin
  • Tractosaure (6a): faut un peu tracter et cela passe
  • Sensuelle et sans sucre (6a): bien bifurquer à gauche après la première dégaine, un beau dülfer au finish

  • Orientation

    Sud (ombragé pour une partie du secteur principal)


    Topo

    «Sur les falaises de grès»

    Accès

    Voici quelques indications complémentaires au topo. En venant de Metz par l’autoroute, on traverse par la D96 le village de Walscheid. On laisse le garage Renault à droite dans le virage et 200 mètres plus loin on prend la petite route à gauche qui indique la direction de Netzenbach / Hohwalschplatz. Difficile de se tromper, on roule pendant plusieurs kilomètres et on atteint un croisement large et très dégagé avec le rocher sur la gauche. Il ne reste plus qu'à se garer et gravir la centaine de mètres qui mènent à la falaise.












    Visualiser France, Vosges du Nord en plus grand!

    Plus sur Internet









  • La liste des voies sur escalade-alsace.com
  • Vosges Palatinat: un reportage encore bien détaillé de PPDR.
  • Calanques (2012): tant désirées... ensoleillées



    La veille, nous avions fait halte à la Clape (près de Narbonne) sur le retour de Montserrat. Malgré la tempête annoncée par vent de 100 km/h, nous avions pu grimper aux Caumes, petit massif abrité des bourrasques, et faire quelques jolies voies sur un calcaire pas trop usé vu la proximité. Nous gardions confiance avec une météo qui s'annonçait enfin optimiste pour la fin de notre périple.

    En arrivant sur Marseille, nous sommes gratifiés par un beau coucher de soleil. Quand nous arrivons au camping les Cigales, Wam et Tartine ont déjà monté la tente (une halte obligatoire avec F, à l'Expé de Montpellier, pour racheter le baudrier égaré dans le parking de Barcelone nous ayant ralentis :-/). La soirée est vite bouclée.
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    Au petit matin, nous avons enfin des températures de saison avec ce petit goût de vacances bien spécifique à la Méditerranée.

    Sormiou: Melody

    F avait pour objectif de grimper en tête une jolie voie qu'il avait peu appréciée en second l'année passée. Son travail de pose des pieds à Montserrat portera ses fruits. C'est donc pour le plus grand plaisir que nous partons pour la Calanque de Sormiou. Son accès par Marseille est assez rapide pour peu que la petite route qui descend jusqu'au parking de Sormiou ne soit pas fermée (ce qui est notre cas). 
     
    La plage a moins de charme que Morgiou, mais quand on remonte la sente vers le port et le Petit Saussois, on reste quand même enchantés par les lieux. Le sentier dans le maquis qui rejoint le Dièdre Guem est assez direct. Après, il faut se laisser glisser dans la chatière pour passer côté mer. La chaine de vie a visiblement été refaite à neuf, rendant la balade plus sécurisée. Après deux rappels, nous nous retrouvons au bord de l'eau.

    Tartine engage la première longueur en 5c, suivie par F. Wam a pris un coup de chaud et souffre en silence. En zappant deux relais avec notre corde de 60 mètres, nous nous offrons une belle avance avec Tartine, nous permettant d’effleurer du regard le bleu de l'horizon et des vagues pendant de longues minutes. 
     
    La descente se fait sur la gauche du Dièdre Guem par un sentier abrupte qui nous ramène à la calanque dans une superbe ambiance lumineuse.


    Pierres tombées: traversée de la commune

    J'ai réussi à convaincre tout le monde de s'engager dans cette jolie course au fil de l'eau. Cela deviendra le projet de notre "gros"  bloqueur: Wam... rien de mieux que de ne pas s'éloigner de trop du plancher des vaches!

    En laissant la voiture sur le parking des universités de Luminy, il faut déjà compter plus d'une heure et demie, en flânant dans la calanque de Sugiton (sans trop traîner sur la plage de nudistes des Pierres tombées, faute de jolies demoiselles).

    Nous arrivons donc à l'heure où cela cogne et même moi, le sudiste du groupe, je commence à souffrir... autant dire que les Lorrains ont vite le palais sec et les batteries qui vacillent. Le casse-croûte n'arrivera pas à enrayer la chute d'énergie.

    Je pars en premier avec un démarrage au-dessus des vagues qui laissent du sel sur le rocher mais aussi dans les esprits.

    Un départ en 5c plutôt exposé malgré le coinceur psychologique! Tartine galère mais passe. Vient le tour de F qui va y laisser sérieusement des plumes. Il rejoint le relais, mais une grosse insolation semble avoir raison de lui. Je suis déjà au deuxième relais quand Tartine sonne le repli. Malheureusement, l'échappatoire semble peu propice.

    Une petite coque avec une famille à bord longe les falaises un peu plus au large. Pas beaucoup de choix: je fais le signe salvateur du "Y", que le navigateur comprend immédiatement. Il se rapproche. Après un bref topo de la situation il accepte de nous secourir. Tartine et F rejoignent rapidement le deuxième relais et tirent le rappel dans le bateau. Wam en bloqueur se délecte tellement de ce deuxième passage que nous sommes obligés de lui rappeler que nos sauveurs sont là à attendre depuis plus d'une heure...

    Quelle aventure, pas des plus glorieuses, mais quelle aventure tout de même!

    Le soir nous arpentons La Ciotat où nous espérons remercier nos secouristes. Nous retrouvons les deux fistons, alors que nous sommes attablés au "Vin 7" à blaguer avec des Ciotaden(ne)s. Ce petit resto corse très sympa donne sur le port. Nous vous recommandons les burgers! Plus tard dans la soirée, nous n'aurons malheureusement pas l'occasion de trinquer avec les deux jeunes..

    En Vau: le Pouce Intégral

    La fatigue commence à se faire sentir pour ce dernier jour à Cassis. Wam a décidé de faire la carpette. Il veut de l'eau transparente, du sable et des nanas!  Il sera servi!

    Les férus de rocher (Tartine et F) répondent toujours présents. Direction En Vau pour une voie semi-équipée, les coinceurs et friends faisant partie de la balade.

    Nous laissons Wam sur la jolie plage d'En Vau qui souffre quand même de sa surfréquentation et revenons sur nos pas pour nous attaquer au Pouce Intégral.

    La première longueur se prête bien à la pose des friends. Le petit toit se négocie sereinement. J'installe un relais juste en dessous de la plate-forme officielle, sur une plaquette et deux friends. F adore en silence!

    Je repars dans une fine fissure légèrement déversante qui commence à laisser des traces. Après quelques mètres, elle dévie sur la droite dans une jolie inversée. En décalant au-dessus de mon camalot 0.75, mon pied pas suffisamment posé dévisse... F enraye la chute en passant au-dessus du relais pendant que je viens m'écraser lourdement de côté, les pieds en l'air dans un hurlement plus de rage que de douleur! Mon premier vol sur coinceurs... comme quoi cela tient! C'est aussi nouveau pour F qui est encore tout remué.

    La suite est plus abordable et partiellement équipée. En deux relais, nous nous retrouvons tous les trois bien serrés sur le haut du Pouce Intégral... Nous redescendons dans la cavité pour finir.

    Une jolie voie ouverte par H. Joubard et G. Rébuffat (6a, 6a, 4c+, 5b), dont l'équipement partiel n'attire pas les foules et garantit ainsi une excellente qualité de rocher.

    Seul regret: ne voir la grande bleue qu'au sommet où nous apercevons Wam en train de remonter vers le parking. Nous lui signifions que nous tentons notre chance en longeant la côte qui passe par la calanque de Port Pin et Port Miou. Jolie balade et alternative intéressante pour rejoindre la calanque d'En Vau depuis Cassis.

    Nous retrouvons un copain de boulot de Tartine, qui nous récupère à Port Miou et nous ramène au camping. Je le remercie d'ailleurs pour son bleu de congélo très efficace pour contenir les ecchymoses.

    Dernière soirée entre potes... il est temps de rentrer en Moselle pour une longue traversée... commune! Celle des Pierres tombées, on s'est promis de revenir la terminer!
     

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    Calanques (2012): infos utiles


    C'est la Mecque de l'escalade pour son rocher excellent et sa vue magnifique sur la méditerranée. 

    L'affluence a été telle ces derniers vingt ans que des politiques de restriction ont vu le jour pour faire des Calanques de Marseille et de Cassis une réserve intégrale.

    L'association "Des Calanques et des hommes" a défendu les intérêts des grimpeurs, son implication et son combat amenant à l'ouverture d'un parc donnant encore l'accès à bon nombre de falaises.

    Alors n'oubliez jamais de respecter la nature lorsque vous y grimperez!!!

    Rocher

    Calcaire blanc et gris excellent

    Equipement

    Du sportif au terrain d'aventure.
    De nombreuses voies ont été ré-équipées.

    Voies

    Il y a de tout. Nous avons parcouru les itinéraires suivants:


    Orientation

    On trouve aussi toutes les orientations dans les Calanques.

    Topos

    Les Calanques FFME

    Le topo élaboré avec la collaboration de la FFME.
    On peut le trouver dans toutes les bonnes boutiques d'escalade ou le commander à partir du site:

    http://www.topo-calanques.com


    VTOPO ROC Calanques Escalade
    Un topo assez récent signé VTOPO.


    Plus sur Internet


      Accès


      Voir France: Calanques en plus grand!

      Montserrat: prières et gros galets

      Nous n'avons probablement pas assez prié... Le mauvais temps nous a chassé de Valence (dans la Drôme) et nous a fait passé la frontière espagnole. La situation météorologique n'est pas non plus des meilleures de l'autre côté (les Catalans n'ont pas connu pire situation). Quand nous rejoignons le monastère de Montserrat par la petite route qui serpente dans la montagne, les nuages nous plongent un peu plus dans la pénombre.

      Le camping est fermé et, heureusement, l'hôtel Cel les Abat Marcet, situé dans l'enceinte fortifiée, a encore des appartements disponibles. Ce petit meublé de deux chambres nous aura au moins permis de dormir au sec et au chaud pendant deux nuits.

      Le lendemain matin, Tartine, Wam et F sont prêts à en découdre avec ces curiosités géologiques cimentées de plusieurs centaines de mètres, où des milliers de voies ont été équipées. Le funiculaire St Joan amène rapidement aux Gorros, où nous avons décidé de commencer notre séjour grandes voies.

      Pendant que Tartine et F s'envolent dans Del Carles, une voie fraîchement rééquipée, Wam et moi optons pour Magic Line qui n'a de magie que de vieux spits rouillés en 8 à peine visibles et un engagement tout relatif. La chute n'est pas envisageable, et nous nous faisons tout légers aux relais.
      Wam se crispe un peu lorsque l'objectif se braque sur lui, mais il arrive sans trop de peine en haut de cette voie d'une centaine de mètres. Nous faisons tous les quatre notre croix métal au sommet.

      Premières sensations... une dalle cimentée de gros galets ronds, pas de quoi emballer F dont la préférence va aux prises franches.

      La descente raide nous ramène rapidement au sentier d'approche qui passe devant la Magdalena Inferior. Il est tard, mais le défi de grimper ses 90 mètres avant la nuit arrive à convaincre toute la troupe.

      Les 60 mètres de corde à double optimisent les longueurs et nous permettent avec Wam d'engloutir les trois longueurs en deux. Tartine nous rejoint suivi de près par F. Il est grand temps! Le vent chasse violemment la brume, et les températures ont bien chuté. Nous redescendons à la frontale au monastère dans une ambiance disco.

      Le lendemain, cap vers le refuge de San Benet. Le topo nous induit en erreur et la marche d'approche d'une vingtaine de minutes depuis le funiculaire se transforme en randonnée de 2 heures, tous bardés du matériel technique mais aussi du couchage pour la nuit.

      La petite chapelle de San Benet a été aménagée grossièrement en refuge. Ici, la logistique est minimale. L'eau potable provient des pluies, il faut aller faire des trous dans le jardin pour y poser son engrais et les matelas pour la nuit s'empilent dans un coin poussiéreux.

      Cependant, tout cela à son charme. Après nous être séparés de nos affaires pour la nuit, Wam et F optent pour un petit site de couennes (Bimba), alors que Tartine, irréductible grimpeuse de grandes voies, ne peut refuser l'excursion dans la voie normale de la Momieta. Les cotations de ce versant sont sévères, et nous en faisons rapidement les frais. Dur dur le 4c ici! L'équipement donne parfois le vertige. En dépit de cela, Tartine s'est bien illustrée malgré le point de renvoi négligemment oublié sur la deuxième longueur.

      La dernière longueur propose une envolée de plus de 50 mètres, où quelques sangles et camalots permettront de mieux apprécier la balade.

      Enfin, pour peu d'avoir une corde à double en 60, on peut tirer un rappel aérien, en fil d'araignée, jusqu'au départ de la voie.

      La gardienne du refuge nous a concocté un petit repas simple mais efficace. Nous finissons la soirée avec elle et un ami mexicain.

      Le lendemain, l'humidité a repris ses droits. La brume a du mal à se dissiper. Nous nous replions vers le monastère et décidons finalement de reprendre la route pour Barcelone, itinéraire culturel, en attendant que l'été pointe son nez et que nous mettions le cap vers les Calanques.


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