En avril, découvre-toi presque d'un fil!


C'est parti! Il est 6h passé, le vendredi 16 avril, quand nous prenons la route avec Steeven. Nous partons pour une grosse semaine, laissant femmes et enfants derrière nous.
La destination est lointaine, et il y aurait encore un siècle il nous aurait fallu des jours pour y arriver. Il nous en coûtera une bonne journée de route, avec une petite pause à Lyon, un chèque-cadeau Vieux Campeur à épuiser, qui se fait d'ailleurs de plus en plus vieux et de moins en moins convivial au passage!

Destination: l'Aude. Ce petit département à quelques encablures des Pyrénées
offre aussi de belles destinations verticales.

MG est passée devant et nous la retrouvons donc à Quillan le soir même. Nous sommes là, tous les trois, pour notre formation d'initiateur. Le moins qu'on puisse dire, c'est que nous n'aurons pas fait le déplacement pour rien! Une semaine presque estivale nous a récompensés durant tout le séjour, offrant ainsi un cadre de pratique idéal et de surplus avec une excellente instructrice. Merci encore Laurence.

Nous avons donc beaucoup apprécié la région de Quillan et des Pyrénées Orientales.



Puis comme nous avions encore quelques jours, pendant que MG filait sur Millau pour gonfler sa voile de parapente, nous avons écouté les conseils de Laurence et avons parcouru l'Echine du Diable dans les Gorges de Pierre-Lys. Beau voyage!

Puis nous sommes remontés sur Saint-Guilhem le Désert, destination recommandée par Syl20, l'ex-Normand du groupe. Malheureusement, la pluie nous chasse dès le matin, mais nous nous promettons d'y revenir un jour.


Nous décidons finalement de repousser nos envies d'escalade dans les Calanques à plus tard et nous mettons les voiles sur Omblèze. Quelle belle barre rocheuse! Nous y tirons quelques couennes au secteur Stativarius.

Par manque de logis, nous poussons finalement jusqu'à Presles.

Belle découverte et, pour les fans de grandes voies que nous sommes, nous en revenons comblés. Il y a de tout (école, sportif, terrain d'av), et ce dans un cadre grandiose.




Alors, avec beaucoup de chance, nous avons pu nous découvrir un peu plus d'un fil...









À vous d'en juger:




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Isère (2010): Presles, douceur du Printemps

Il est déjà tard quand nous remontons la petite route qui serpente depuis Pont-en-Royans, mais heureusement pas encore trop pour éviter les écueils nocturnes du vide qui borde cette petite route de montagne.

Nous sommes occis par notre journée. Le matin à Saint-Guilhem-le-Désert, l'après-midi à Omblèze et, après un peu moins d'une heure de route, nous voilà donc arrivés dans le petit village de Presles. Depuis son QG, Mayou nous a dégoté deux lits au refuge de Presles et un repas à l'auberge d'Ezio. Un bonheur! La salle baigne dans une lumière tamisée. La déco et l'agencement sont chaleureux: petites étagères chargées de topos et de revues d'escalade, photos de montagne et portraits souriants, tables éparses orientées vers une petite scène où trône le saxo du maestro, et tout cela dans une atmosphère très jazz avec la projection d’un concert en fond.

À notre arrivée, Ezio nous accueille avec cet accent italien qui franchit toutes les frontières. Même un sourd tomberait à genou. Tout en nous cédant le topo de Presles, il nous fait de beaux éloges sur notre chef logistique.
Il nous installe à une table. Ainsi posés, nous commençons à discerner les autres convives: point difficile de deviner que nous sommes tombés dans un nid de grimpeurs. Certains arborent les tenues complètes des sponsors de l’extrême. D'autres, plus discrets, montrent les stigmates du rocher, silhouettes longilignes, doigts déformés, teints burinés. Les discours verticaux vont bon train.

C'est avec appétit que nous accueillons donc les lasagnes de la mama.
Puis vient le moment des conseils pour le lendemain. Ezio nous recommande une voie bien équipée pour commencer: «Même pas peur» au secteur du Fond du cirque. À une tablée proche: Peter, un Suisse qui est là depuis une semaine, entre dans le débat.
Il a fait «Super Crack du Dessert» dans l’après-midi et nous recommande vivement cette ligne. Une autre tablée relance avec «Digitibus».

Quelques conseils sur l'accès et nous prenons congé de nos compagnons d’une soirée. Nous aménageons la chambre du refuge et, après une bonne douche, ne tardons pas à nous assoupir, «Super Crack» déjà dans nos rêves.

Pas besoin du carillonnement du réveil, nous sommes déjà tout émoustillés par ce qui nous attend.
Après un petit déjeuner copieux et tonitruant chez Ezio, et quelques derniers conseils pour la marche d’approche, nous nous retrouvons rapidement sur la sente qui mène au rappel de Torquemada.



Le topo laissé dans la voiture, l'empressement aidant, une mauvaise lecture du balisage nous détourne de notre objectif au profit du secteur «Daladom». En remontant vers l’intersection manquée, nous croisons Bernard Gravier qui nous donnera des conseils millimétrés. Certaines personnes rayonnent par l’essence de leur passion, et seuls quelques mots suffisent pour nous en convaincre. Il fait partie de ceux-là.

Après 20 minutes d’une randonnée agréable, nous trouvons assez facilement le rappel de Torquemada. Une cordée est en train d’y caler sa corde. Après séchage des t-shirts au soleil, 4 belles longueurs aériennes ramènent sur le plancher des vaches.

«Super Crack» est un peu plus en contrebas, et c’est assez tard, finalement, que nous nous y attaquons. La voie est progressive, avec 2 premières longueurs pas franchement plaisantes. Après, le voyage s’illumine franchement, pour finir dans une belle dalle verticale.
On accélère la cadence sur le haut, le vent apportant son lot de mauvaises nouvelles (bonnes pour certains): la pluie pourrait bien s’inviter d’un moment à l’autre.
Finalement, que nenni, en une vingtaine de minutes, nous rejoignons au sec la voiture par un chemin au balisage, là encore, 5 étoiles.

Steeven doit encore contenir son estomac qui se plaint du déjeuner torpillé. Nous descendons au petit village de Pont-en-Royans pour profiter du samedi afin de faire quelques courses souvenirs. Un joli village bien animé où on peut trouver plein de produits locaux bio.

Retour à l’auberge d’Ezio. Fraîchement douchés, nous retrouvons autour de la tablée la cordée suisse. Peter nous raconte ses expériences de bivouac en Argentine. Épique!
Vient alors le tour d’Ezio qui nous détaille les piliers de l’escalade moderne qui, selon lui, permettent à un grimpeur moyen d’atteindre le septograal sans se blesser.

Cette chaleureuse soirée restera gravée dans nos mémoires. Si vous allez grimper à Presles, allez manger et dormir (s’il y a de la place) à l’auberge. Rencontre avec Ezio inoubliable!



Dimanche, et nous devons déjà reprendre la route pour le grand Est. Mais ce serait dommage de quitter les lieux sans profiter une dernière fois de ce joli caillou. Quand on arrive au pied du secteur «Daladom», la lumière matinale réchauffe tout juste les renonculacées endormies. Notre orientation encore perfectible nous fait rater l’inscription en rouge de la voie que nous a recommandée Peter la veille. Après un bon quart d’heure de reconnaissance, nous sommes prêts pour cette petite grande voie de 6 longueurs, et j’ouvre donc la marche dans «Cosmos». La première longueur réveille doucement un peu les muscles dans un court 5c. Steeven prend le relais dans un beau 6a louvoyant. Puis vient la longueur la plus rude: un 6b (possible de sortir en A0) un peu à doigts, un peu plus raide. Steeven est encore affamé, et je lui fais cadeau de cette belle longueur qu’il va négocier tout en technicité. La suite est plus tranquille, sauf la traversée finale qui se redresse violemment et demande un peu plus de réflexion. Un bel itinéraire avec une courte marche d’approche. On peut combiner cela avec quelques couennes dans le même secteur.

Impressions de Presles


Ambiance, du gaz verdonesque à revendre, c'est beau, très beau!

Rocher


Du calcaire de toute sorte

Equipement


Sportif et terrain d'aventure, mais les 2 voies qu'on a parcourues étaient équipées école.

Accès


Par le haut, c'est bien car pas besoin de tirer de rappel ou faire deux fois la descente. C'est mieux en fin de journée.

Topo







  • Escalades à Presles







  • Les plus belles voies de Presles: une sélection très détaillée et bien décrite des voies majeures à Presles


  • Sur Internet:





  • Topo HotRoc
  • Une sélection de voies de Christophe Estrade


  • Liens


    Hébergement:





  • Auberge de Presles (Ezio)
  • Commune de Presles


  • Escalade:





  • Promo Grimpe


  • Vidéos:





  • Reportage Télé Grenoble





  • Agrandir en plein écran le diaporama!

    Drome (2010): Omblèze, pas de pipe, pas de logis!

    Passage fulgurant, histoire de se frotter à quelques voies du secteur Strativarius.

    Le matin même nous étions encore à Saint-Guilhem le désert, petit village au nord de Monptellier. Syl20, notre compagnon de cordée d'une semaine, lors de cet incontournable stage initiateur à Quillan, nous avait recommandé le cirque du bout du monde et pour cause.

    Malheureusement, l'humidité lèche déjà le paysage en ce vendredi matin et nous chasse vers le nord, direction le Vercors.

    Là, le topo papier en poche (excellent par ailleurs), nous décidons de faire un crochet à Omblèze.

    Pas de place au moulin de la pipe! Son agréable tenancière nous recommande le gîte rural de Bruno, mais celui-ci est complet. Vendredi et concert de rock québecois au moulin obligent!

    Les gorges d'Omblèze ne sont pas une première pour moi, car nous y étions passés en 2008 avec May. Visite guidée donc pour Steeven.

    Je lui propose la face ouest qui nous offrira une luminosité plus tardive surtout avec ce ciel laiteux.

    En taillant à travers le petit pierrier au pied de la falaise, nous débouchons sur le secteur Stativarius qui plait tout de suite à Steeven.



    Particularité: les strates et la purge!


    Le temps nous manque, il faudra donc s'échauffer dans les premiers mètres.
    Steeven décolle donc tout de suite dans Fort et Coincé (6b+) et cela coince dès les premiers pas. Départ un peu rock & roll et lecture difficile. Il sort en haut mais pas sans difficulté.
    Au passage, il nettoiera un peu la voie, mettant le topo à rude épreuve!
    Alors, ATTENTION!!! Assureurs, à vos casques, ici bas!

    Je lui emboîte le pas dans Bayou la Fourche (6b+) un peu plus à gauche.
    Deux gros mouvements posent problème et me font renoncer à enchaîner cette voie.
    Je sors le pas de dalle au-dessus du bombé avec un quart externe pied-main, augmentant dans ma tête le tympo. La suite est une formalité.

    Steeven, bien décidé à remettre les pendules à l'heure se lance vaillament à ma suite.
    Pas plus simple... les deux passages durs lui poseront les même questionnements. Il passe finalement tout en compression.

    On plie rapidement et comme nous n'avons pas trouver de lits pour la nuit à Omblèze, nous décidons de filer sur Presles...


    Pas de pipe, pas de logis!



    Quelques questions?










  • Omblèze c'est où? C'est !
  • Les gorges d'Omblèze: un petit dépliant intéressant


  • L'hébergement










  • Le moulin de la Pipe
  • Juste la Drome



  • Le topo

    Rares sont les topos bien faits... celui-ci l'est! Vous pouvez presque l'acheter les yeux fermés... au Moulin de la Pipe ou sur internet(Promo Grimpe..)!



    D'autres aventures, d'autres liens...









  • L'excellent article de Grimper
  • Un été dans le Vercors (Belclimb)



  • Et maintenant, place aux photos...


    de 2010:





    Pyrénées (2010): Gorges Pierre-Lys: l'échine du Diable

    Ce matin, nous n'avons pas eu trop de mal à nous réveiller malgré la semaine bien remplie de notre stage initiateur.

    C'est le jour du départ et des au revoir avec MG qui veut se frotter au vent de Millau pour étirer sa voile de parapente. Avec Steeven, on a décidé de suivre les recommandations de Laurence et de visiter d'un peu plus près les gorges de Pierre-Lys. Nous filons donc en ce matin un peu mielleux sur l'échine du Diable.

    Laurence nous a gentiment fait cadeau de son vieux topo qui est apparemment difficile à se procurer. Il nous a bien servi, nous permettant de débusquer assez facilement l'attaque de cette grande voie d'ambiance.

    Après deux premières longueurs qui ont tout pour réchauffer (mais loin des difficultés annoncées), nous nous retrouvons, deux longueurs plus aisées plus haut, sur le premier gendarme.

    Steeven, tout assoiffé, relance dans une longueur plus technique avec un court passage en 6b. La suivante, en 5c, nous offre une belle remontée d'ampleur au fil de l'arête. Enfin, à peine moins difficile, Steeven nous emmène à la pointe de la crête.

    De là, une traversée s'impose sur la gauche pour embrayer sur "le Diable Henri encore". Le relais intermédiaire nous a un peu induits en erreur, nous faisant envisager une remontée dans le couloir peu avenant.

    Heureusement, les plaquettes bien brillantes nous remettent dans le droit chemin.

    Les belles envolées aisées (dans le 5) qui suivent nous offrent une fin de voyage bien agréable.


    La descente l'est par contre beaucoup moins, rappelant qu'il est parfois préférable de tirer des rappels, au risque de devoir remonter chercher sa corde coinçée, que de chercher la sente de descente.

    Nous avons joyeusement galéré pour rejoindre l'ancienne voie ferrée.
    En fait, le balisage bleu disparaît rapidement en descendant sur la gauche.
    Nous avons alors traversé trois pierriers, les deux premiers nous amenant dans des culs-de-sac épineux, le dernier nous ouvrant la voie sur les Desseims du Pasteur.


    Conseil donc, il est préférable de descendre en rappel jusqu'au premier gendarme. De là, il est facile de rejoindre le tunnel à pied.

    Il est un peu plus de 17 heures quand nous rejoignons la voiture. Le ciel gris nous invite à quitter les gorges de Pierre-Lys, qui doivent être bien raffraîchissantes l'été.

    Direction: Saint-Guilhem le Désert.

    Escalade en Languedoc-Roussillon



    Et maintenant, place aux photos...


    C'est ICI!


    Pyrénées (2010): Quillan, la porte des Pyrénées Orientales

    Nous voilà trois Lorrains (MG étant la seule véritable, Steeven étant malgache et moi périgordin) à nous retrouver le vendredi soir au camping de la Sapinette à Quillan.

    Les premières impressions sont bonnes: une vallée magnifique, un village sympathique, un chalet confortable et une météo déjà bien clémente. Nous terminons la journée (assez longue: 12 heures de voyage avec un arrêt shopping à Lyon) à la pizzéria des Platanes.

    Le lendemain, nous avons rendez-vous à la base nautique de la Forge avec Laurence Combes (BE et instructrice de l’Aude) et d’autres stagiaires pour une formation d’initiateur falaise sur 5 jours.
    Surprise! Les casques à pointe, que nous représentons, auraient-ils effrayé les valeureux Roussillon

    nais? Peu de chance, mais les désistements de dernière minute (seul un jovial et cultivé Carcassonnais normand, Syl20, défend les couleurs de la région) offriront à notre petit groupe un cours particulier 5 étoiles.

    Epaulé par son ami BE, Jean-Luc, durant le week-end, Laurence aura animé un stage tout en progression, mêlant pédagogie et mise en pratique des techniques de sauvetage.

    Pleine d’improvisation et de créativité, elle nous aura permis d’apprendre dans des conditions exceptionnelles, d’évoluer dans des cadres bucoliques et des enfants de Ribambelle sur une petite tour en grès partiellement équipée et déjeuner au centre).
    situations peu communes (encadrement des
    La cerise sur le gâteau: une évaluation de fin de stage, à travers un itinéraire de via-ferrata/canyoning, propice aux mises en situation et aux manœuvres les plus complexes. On ne pouvait rêver mieux! Encore BRAVO Laurence et à très bientôt!

    Elle nous aura aussi permis de découvrir le caillou autour de Quillan et un peu plus loin dans les PO (Pyrénées Orientales). Un terrain de jeu vertical immense à toutes les saisons!

    Alors, en résumant:



    Autour de Quillan:




  • Cardou: un beau petit site calcaire (dalle, vertical…) dans des cotations faciles (6c+ max), adéquat pour l’initiation
  • Gorges de Pierre-Lys: de tout, du site école aux grandes voies équipées, nous y avons gravi l’«Échine du Diable» avec Steeven le lendemain du stage…




  • Plus loin:




  • Maury: à 45 minutes de Quillan, dans la vallée du Fenouillèdes, vue grandiose sur les Pyrénées


  • D’après Laurence, un nouveau topo devrait bientôt voir le jour mettant en avant de nombreux sites entre l’Aude et les Pyrénées Orientales.

    Et maintenant, place aux photos...


    C'est ICI!