South Africa (2020): Porterville, porte vers Citrusdal et Clanwilliam

Porterville: beaucoup de sud-africains ne connaissent pas cette petit bourgade au Nord de Cape Town.

L'endroit est bien plus connu de la plupart des parapentistes qui ont l'occasion de venir voler en Afrique du Sud, et pour cause.

Cette plaine de Porterville est encadrée 
- à l'Est par l'épine dorsale qui remonte de Cape Town
- à l'Ouest par la montagne de Piketberg
pour se rejoindre au Nord et donner accès à un terrain semi-montagneux et désertique basculant vers Citrusdal, Clanwilliam et le désert du Petit Karoo (à l'Est).

Autant dire que le terrain de jeu est juste énorme, mais avec ses contraintes au demeurant.

Les particularités aérologiques, notamment avec ses rentrées de brises pouvant être violentes, rendent les conseils d'un guide local plus qu'appréciables. 

Alors, autant suivre ceux d'un des meilleurs experts en la matière: Patrice Hartmann ;-).






Sur cette grosse quinzaine, Patrice nous aura proposé plusieurs circuits intéressants au départ des différents décollages à disposition:

  • Piketberg (E, SE)
  • Dasklip Pass (O, NO)
  • Pampoenfontein (O, SO)
  • Piekernierskloof (O, SO)
  • Spritkopf (O)
A l'Est de Porterville: 
  • Elandskloof (O, SO)


Voici donc en résumé ce que nous avons pu découvrir en vol, majoritairement groupé et guidé.


Une richesse d'itinéraires avec leurs difficultés associés: vols de plaine, de montagne, dans des conditions variées: ciel bleu ou franchement baché, peu de plafs, bien aéré!

Bref un beau programme de progression...

15.01: de Pampoenfontein à Eendekuil

Un vol découverte avec une incursion dans la plaine vers Eendekuil.


16.01: de Dasklip Pass, Porterville à Piketberg

Tentative de triangle en plaine. On bute sur la traversée vers Piketberg avec l'Ouest qui est rentré plus tôt que prévu.





17.01: de Piekernierskloof Pass à Clamwilliam

Cheminement par le Nord avec une première transition groupée par le sommet du Zwartberg. Atterrissage en marche arrière pour presque tout le monde... ambiance!




20.01: tentatives du jour, Piketberg & Piekernierkloof Pass (Spritkopf)

Un premier vol de Piketberg avec de l'Ouest qui arrive un peu trop vite. Deuxième vol au départ de Spritkopf... trop fort! Déco scabreux!





21.01: de Porterville à Clanwilliam par Winterhoek mountain & Citrusdal

Enfin des cums, presque un peu trop avec un étalement qui créera un gros piège au sud du lac de Clanwilliam. Il fallait être soit rapide et/ou haut, soit patient et attendre le retour du soleil! Belle découverte de la vallée de Citrusdal. On arrive trop tard pour continuer vers le Nord, la brise en Ouest est déjà bien présente sur le stadium de Clanwilliam.



22.01: entre Piekernierskloof pass et Clanwilliam & Petit Karoo

Objectif Clanwilliam et direction le Petit Karoo vers Calvinia. Les voiles d'altitude et surtout un ONO bien fort va compliquer la tâche. 

Seuls Patrice et les frères Castella, arriveront à basculer au pied du Petit Karoo mais dans des conditions un peu engagées. Pour ma part je perds le groupe sur la transition vers le Zwartberg et j'arrive tant bien que mal à rejoindre Clanwilliam par le sud.





23.01: de Piketberg au Petit Karoo

La brise en Ouest s'annonce particulièrement forte et tôt dans la journée. L'idée est de partir vers Clanwilliam et profiter de la tendance N qui devrait remplacer le SE vers 14h pour redescendre vers Porterville.

Belle visite du massif de Piketberg avec Nico, puis trop de SE avec Loïc pour espérer revenir... Je profite d'un bon thermique à 2400 pour faire un glide final vers Klawer, vue sur le petit Karoo!!






27.01: de Pompoenfontein à Graafwater

Nouvel objectif de 100k+ vers le Nord. Direction Graafwater, puis Klawer... l'Ouest et les plafs peu généreux nous handicaperont de nouveau mais nous arriverons presque tous à aller poser à Graafwater avec l'accueil de reception qui va bien. 

Sybe sera encore très efficace côté récup malgré les problèmes mécaniques qu'il devra gérer.




29.01: tentative d'Elandskloof pass vers le Nord

Pour s'éviter la stabilité en basse couche de la vallée de Porterville, Patrice propose cette fois une vallée parallèle à celle de Citrusdal.

Nous rejoindront Vincent et Marc. Le déco sous le col d'Elandskloof est sauvage mais plutôt abordable. 

La suite, qui devait être une formalité, va nous occuper pendant un moment, un flux de brise en Nord-Ouest nous mettant sous le vent des transitions. 

Après deux verrous débloqués, les conditions se renforcent rapidement et Patrice préfère mettre le groupe en sécurité en milieu de vallée au Nord de Citrusdal. Un vol court mais bien technique!





30.01: de Pampoenfontein à Eendekuil en solo

Pour ce gros briefing avec les copains niçois, Patrice propose deux options, une descente au Sud après Saron pour revenir poussé par le vent de Sud, ou un triangle de plaine vers Piketberg toujours avec le Sud! 

Le Sud (voire Sud-Est même) est là, bien plus tôt que prévu. Résultat, l'hécatombe, tout le monde ou presque s'enterre devant la réserve de Waterval. 

Je me retrouve seul avec Lolive après une demie-heure de vol...  changement de programme: on fuit vers le Nord, poussés par le Sud. J'essaierai de rejoindre Piketberg (en posant finalement au-dessus d'Eendkuil) où Patrice est parti récupérer nos affaires... retour vers Cape Town en soirée. Journée aquarando et piscine pour les autres à la fameuse réserve privée de Watervalle.






01.02: dernière excursion groupée dans la plaine de Porterville

Petit triangle de plaine au départ de Porterville... et tout ça dans le bleu. Une fin partagée avec Loïc. Il semble bien loin le temps des gentils vautours :(( !


La vallée de Porterville


La vallée de Porterville permet des vols d'un engagement modéré. Une récupération est un luxe bien appréciable quand il fait plus de 30°C.

Il y a bien quelques zones où il est fortement déconseillé de se poser comme le pénitencier de Voorberg, une zone avec peu d'accès au sud de Piekenierskloof pass, le parc Eolien...

Dans tous les cas, il faut se rapprocher au mieux des axes routiers et si possible avec un peu d'ombrage. Les propriétés sont souvent clôturées.

Côté faune, rien de bien dangereux dans la région: les léopards sont dans les vallées plus isolées à l'Est de Citrusdal et se cachent de l'homme qui les a longtemps persécutés (un programme de préservation a été lancé avec les fermiers locaux). Il faut quand même se méfier des quelques babouins qu'on peut rencontrer.

En atterrissant près des villes, les enfants font souvent partie du comité d'accueil. Ils ont l'habitude des parapentistes qui font le spectacle du moment. Ils parlent le plus souvent l'Afrikaan.

Vers Clanwilliam


Au nord de Petoriuskran, le terrain est plus hostile: semi-montagnard et désertique. Il va falloir s'attendre à marcher plusieurs heures afin de rallier un axe routier. Dans tous les cas, il est bien d'avoir au moins 4L d'eau.

La transition entre le Petoriuskran et le Zwartberg m'a souvent posé problème!

Les thermiques sont souvent couchés, et il n'est pas rare de se retrouver sous le vent d'un relief bien bas. Une vraie marmite bien turbulente!!!

Côté Citrusdal, c'est plus large et ouvert.
Le plateau à l'Est du lac de Clanwilliam est bordé de piste accessibles.

Le massif de Cedelberg semble plus engagé. Nous n'avons pas eu l'occasion de le survoler, des plafonds trop bas, des brises trop fortes pour s'y risquer.


Porterville est aussi la porte sur:



















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South Africa (2020): entre Cape Town et Hermanus, pas que du tourisme


Cape Town, la capitale provinciale du Cap Occidental. Elle est balnéaire, elle est touristique.

C'est aussi le point de départ de ce périple parapentesque en Afrique du Sud.

Cape!

Le paradis des surfeurs, des kiteurs! Mais aussi des parapentistes, surtout des biplaceurs pro. C'est un peu la Mecque ici aussi... plusieurs décollages leur permettent de proposer des baptêmes aux nombreux touristes qui veulent découvrir la ville par la voie des airs, pour aller poser près de la mer.

Pour nous, Cape Town a été l'occasion de recharger les batteries entre les gros vols de Porterville et de voler en local quand les conditions n'offraient pas mieux ailleurs. L'aérologie est particulière et très changeante. 

Le vent peut rentrer fort soudainement et il n'est pas rare non plus de voir la baie envahie par ces cumulus salins. 

Le mieux est de toujours surveiller les biplaceurs et ne pas hésiter à leur poser des questions au décollage.


Nous avons pu décoller de Signal Hill et Lion's Head pour des vols contemplatifs.

Il y a un très beau cross (The Kommetje Run) au départ de Signal Hill qu'a réalisé Clive, je suis arrivé trop tard et j'ai pris la pluie sur les contreforts de Table Mountain m'imposant de poser sur la plage. Cette balade est assez unique dans son genre et offre un panorama exceptionnel entre océan et montagne.

Sillonner vers le sud en descendant vers le Cap de Bonne Espérance... ouahhhh!


Cap de Bonne Espérance (Good Hope)

Le vent est parfois beaucoup trop fort... la visite du Cap de Bonne Espérance est donc incontournable. 

En descendant à l'extrémité de la péninsule, vous serez amenés à longer toute la côte et à admirer la Baie False. 

Une petite halte à Boulder's beach pour observer les pingouins? 

La réserve du Cap de Bonne Espérance est payante. Vous pourrez alors profiter d'une belle randonnée au-dessus des superbes falaises du Cap. 

Ambiance aérée! Prévoir trois bonnes heures pour en profiter pleinement.


On peut y croiser quelques babouins qu'on prendra le soin de ne pas nourrir.  Ceux qu'on a rencontrés n'ont pas montré d'agressivité mais il faut rester cependant vigilant.


Retour recommandé par la route atlantique qui remonte par la baie Hout pour rejoindre le centre de Cape Town en passant par Misty Cliffs, Long Beach, en longeant Table Moutain et Signal Hill.






Hermanus, sous la grisaille...

Au Sud-Est du Cap de Bonne Espérance, la petite ville d'Hermanus est aussi connue pour sa vue sur l'Océan Atlantique Sud depuis de petites falaises où on peut décoller quand le vent d'Est n'est pas trop fort. 

Il a tendance à rapidement le devenir dans la journée.


Nous profitons du départ avancé des frérots suisses pour aller visiter l'endroit. La météo bien maussade ne nous permettra pas de réaliser le petit cross vers l'Est

Belle découverte cependant et bon moment partagé avec la bande des niçois.


Pas très loin, au Nord, Sir Lowry Pass ouvre la porte sur des vols de distance bien plus conséquents... 

Toutes les photos...

 















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Alpes (2019): Mont Blanc, du rêve à la réalité

Déjà 6 mois, un vol inoubliable!

Difficile de revenir sur ces images (pas toujours filmées comme on le voudrait!), tellement l'événement accapare l'attention...

Il y a 7 ans, Stéphane Boulenger avait fait rêver de nombreux libéristes avec la superbe vidéo de son ascension et atterrissage au sommet du Mont-Blanc, le 19 août 2012.


Depuis lors, difficile de se (re-)hisser au-dessus du toit d'Europe occidentale dans de telles conditions: une bonne canicule avec peu de vent (rendant ce vol technique très abordable *** sujet polémique d'ailleurs tant certains pilotes non préparés se retrouvaient perchés là-haut ***), se produisant plus facilement pendant la période estivale soumise à une interdiction de survol du massif, tant côté français qu'italien.

Alors quand, fin juin, une semaine de canicule est annoncée, il fallait se rendre disponible en croisant les doigts pour que le vent de Nord veuille un peu se calmer. Les absents ont toujours tort... mais nous étions nombreux à présentir l'ouverture...

C'est donc le 26 juin 2019, que nous nous retrouvons avec Chris, les Vosgiens du MAW ainsi que de nombreux pilotes de France, de Navarre et du monde à Plan Praz. 300 individus regroupés c'est peu mais en l'air ce n'est pas commun.

On se râte sur le départ et je ne ferai qu'un aller-retour aux Aiguilles Rouges. Ce sera pour une prochaine fois le tour du massif en faces Est.

Je retrouve Chris au-dessus de l'arête de Bionnassay dans un thermique virulent. Puis, après une montée lente par l'arête je le rejoins sous le cumulus qui trône au-dessus du sommet du Mont Blanc. Epique!

Avec l'hypoxie, l'euphorie. Chris me réveillera en me proposant un petit tour du massif par les faces Ouest. Je ne le remercierai jamais assez car c'est la suite de ce voyage qui restera à jamais gravée dans mes mémoires!

Grandes Jorasses, Aiguilles d'Argentières, Aiguilles Vertes et ses Drus pour finir avec l'Aiguille du Midi. Tant d'endroits mytiques de l'Alpinisme!

Pour finir, nous constaterons avec tristesse l'état désastreux des glaciers que vous retrouverez dans ces images.

Plus de 5h de rêve devenu réalité... un vol d'une vie!




Tout d'abord Merci à vous Manu Bonte. Carole Fossard et Thierry Bohé pour votre aide en juillet 2013 et vos mots qui résonnent encore dans le creux de mon oreille. Je vous dédie ce vol!

Merci à toi, mon ami, Julien Fontbonne qui aura été présent quand il fallait, qui m'aura encouragé toutes ces dernières années... pour que ce rêve devienne réalité.

Une petite idée de ce vol... tellement contemplatif!