South Africa (2020): de Porterville vers Robertson, la vallée verdoyante de Tulbagh

Rendez-vous avec Sybe à Koppikoffi pour le café, où la coupure d'électricité du matin (de 4h à 8h30), rationnement à l'échelle de la ville oblige, impliquant un accès limité au data GSM aussi, ne m'a pas permis de faire mon point météo et de confirmer mon plan de vol de la veille. 

Patrice me vient à la rescousse (depuis son QG de Cape Town) en me conseillant de refaire le vol vers Robertson, la brise ne rentrant normalement que plus tard et supposée moins forte dans la vallée de Worcester. 
Sybe pense aussi que c'est une bonne option.

Nous prenons le chemin du déco de  Pampoenfontein à 9h30. Nous sommes les premiers sur place, pour ne pas changer des habitudes de notre équipe Franco-Suisse guidée par Patrice quinze jours avant.

Nous avions décollé de Dasklip Pass,  déco Nord-Ouest. 

Cette fois, c'est une tendance Sud-Ouest qui est prévue pour la journée. Je suis rapidement rejoint par les crosseurs du moment sur Porterville, anglais, danois, roumains et quelques français fraichement arrivés. Je me prépare dans le silence. 

Sybe me recommande d'attendre encore, les hirondelles sont encore au niveau du déco. 
Deux voiles se mettent en l'air et zonent encore un bon quart d'heure de plus devant les avant-reliefs.


Et puis les premières vraies ascendances sonnent le start! La course est lancée...

Une Omega Xalps, une Zeno montent déjà à gauche! Je me lance derrière une Sigma 10 orange, poursuivie par une M6 violette!

On se retrouve assez rapidement à passer tous les cinq au-dessus du pénitencier et à rallier la crête sud de Porterville. 

Je suis plutôt bien perché quand je rejoins les deux guns roumano-danois. Ils sont en train de centrer un bon thermique que je n'arrive pas à récupérer sur mon passage. 

Tant pis, je devrais bien trouver à la mesure de la journée, un peu plus loin sur la pointe. Je m'avance, rien... demi-tour. La M6 et la Sigma 10 qui étaient derrière moi montent fort à leur tour, alors que je me retrouve sous la crête! 

Voilà comment perdre bêtement son avance! Pas grave, je ne suis pas à la course, mais je rage quand même de ne pas avoir suivi le train des deux autres qui sont déjà à Saron.

La bulle est étroite et nerveuse, je la visse... mais je m'impatiente à partir en transition! Feu!!!

Je me ravise cependant après une centaine de mètres et je me dis qu'il vaut mieux être haut et seul que bas et posé! Je dévie subrepticement sur le relief derrière Saron, ce que nous avions fait la première fois avec Patrice.

C'est sous le vent du Sud-Ouest, bien moins agréable et particulièrement turbulent que je lutte pour m'extraire du sommet. 

La M6 est en difficulté bien plus bas sous mes pieds! La Sigma 10 survit aussi sur la première crête de Saron!

J'avais trouvé une bonne ligne quinze jours avant... je devrais bien arriver à la retrouver! Bingo! Je ne vois plus la M6, elle a dû poser.
La Sigma 10 semble partie vers la réserve de buffles plein sud.

Je bute à 1700m au-dessus de Saron! Je vois mes prédécesseurs avec l'Omega X-alps et la Zeno de l'autre côté de la vallée de Tulbagh. Ils semblent vraiment bas 200 mètres sol tout au plus!

Ce peu de plaf, ne m'inspire pas à tenter le raccourci par la plaine. 


Tant pis, ce sera plus long. Je reprends l'itinéraire connu vers le Klein-Winterhoekpiek. En plus, lors de notre vol de groupe je n'avais pas d'images de ces impressionnantes faces et tours de basaltes!
Ambiance!!! Ma GoPro me joue de nouveau un tour vous privant des passages les plus engagés du cheminement! Il faudra y revenir ;-) 

Priorité progression... je rejoins le fond du cirque en moins de vingt minutes et je joue maintenant du barreau pour avancer sur cette longue crête entre Tulbagh et Wolseley.

Cette vallée de Tulbagh est sublime!

Les plafonds sont bien moins généreux aujourd'hui par contre. J'ai l'impression d'apercevoir la Sigma 10 quitter la crête qui mène à Wellington et basculer par le Bailey's peak à l'Est! Le Sud-Ouest rentrerait-il plus fort? 

Sybe me confirme à la radio qu'il n'y a pas de vent au sol dans la vallée! Etonnant!

Je retrouve en bout de crête, au-dessus des Waverley Hills, la même confluence qu'à notre premier passage avec Loïc et j'optimise la laisse de chien (qui avait vu poser les frères suisses dans le venturi du Mitchell's Pass) pour me retrouver bien haut devant Mostertshoek Twins.

Même pas besoin de batailler dans le chaudron, une catapulte thermique me projette au-dessus du sommet à 2000 mètres d'altitude. La transition sur le Sybasberg est une formalité.


Je continue plus bas et remonte sur le dos du Camel, pour rejoindre le Rooiberg dans un cheminement sans encombres!

Pas de confluence en Nord me mettant sous le vent, de toute façon je suis très haut à cet endroit!

Et toujours pas de vent au sol sur Worcester. Je sens un plaisir partagé avec Sybe.

Je glisse vers le Fairy Glen Dam, petit lac superficiel d'altitude en forme de V.

Je me félicite déjà d'être à Worcester une heure avant notre dernier vol de groupe. La réalité me ramène à la raison. 

Je m'attends à remonter facilement le long de la crête sous Audenberg... horreur je suis sous de la brise dans une tendance plus Sud. La masse d'air est bien moisie... je fuis devant en espérant une meilleure orientation. C'est pas folichon mais la pente plus loin semble plus porteuse.


Les cultures d'arbres fruitiers quelques centaines de mètres plus bas me rappelle le manque de vaches louables! Je m'applique à rester dans ce thermique torturé pour finalement ressortir en son sommet. Pffooouuuu!

Passé ce petit coup de chaud, je reprends mes esprits, la fin ne sera visiblement pas si facile. Je traverse pour rejoindre la crête de Keeromsberg, puis Rablesberg où je croise l'Omega X-Alps qui repart au Nord. 


Ne devrais-je pas aussi rebroussé chemin, poussé par le Sud? Les prévisions annoncent pourtant de la brise bien plus forte vers Tulbagh...

Je continue et je passe le verrou qui m'avait privé du dernier thermique voyant Loïc et Patrice continuer vers Robertson.

Le vent se renforce (23kms/h)et cela ne monte guère au-dessus du relief. De plus je sens la fatigue me gagner. Les pré-reliefs sont piègeux (Patrice nous avait mis en garde) et je n'ai pas envie de finir dans le creux... Lutter contre le vent pour rajouter quelques kilomètres, bof bof, surtout vu le progamme des deux prochains jours.

J'annonce donc à Sybe mon intention de me rapprocher de la piste qui borde les pré-reliefs. Si un dernier thermique me sourit, je pousserai plus loin la chansonnette, sinon... sinon je poserai avant que la brise donne un autre tempo entre les cultures, les buissons ardents et les clôtures!

Il faudra revenir en Afrique du Sud pour rallier Robertson!

Alors que je finis de plier, Sybe est déjà là, et la brise de finalement se manifester... Nous rentrerons à 21h à Porterville, pour un rendez-vous très matinal le lendemain... direction: le désert du Karoo.

Cette traversée de la vallée de Tulbagh au départ de Porterville est un MUST lors d'un séjour cross au Cap Occidental.

Quel plaisir à survoler ces faces basaltiques, ces tours de grès chaotiques balayées par de fortes confluences thermiques qui s'échappent des fonds de vallée. Le contraste est sublime, du sableux à l'ocre, du bleu au vert...

Même si le plaisir de l'exploration n'était pas au rendez-vous aujourd'hui, j'ai pu retrouver, à travers ce vol en solitaire, toute l'intimité avec le sauvage (aigle noirs, babouins, grysboks) que j'affectionne. 

Que cette planète est belle!

Quelques traces, histoire de... mieux comprendre!


Toutes les photos...























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South Africa (2020): de Ceres à Clanwilliam

La veille de ma traversée de la vallée de Tulbagh en solitaire, j'ai rejoint les copains de  Gréolières (fine équipe de 7 pilotes expérimentés originaires de l'arrière pays niçois) à Ceres, la vallée parallèle à l'Est.

Ils ont loué l''expertise de Patrice qui leur envoie le détail météo, ainsi que les meilleurs sites et plans de vol de la journée.


Pour Ceres, il aurait fallu arriver à décoller et se mettre en l'air pour voir si le plan de vol vers Clanwilliam était réalisable ce jour là.

Le déco sauvage au bord de l'aire de repos Gydopas, orienté Sud-Est, est bien dégradé (petits buissons hauts) et ressemble à une décharge, ici aussi la Nature pâtit du manque de respect de l'humanité! 


Il ne nous inspire pas et nous essayons de trouver l'alternative décrite sur Paragliding Map

Elle aurait pu être intéressante car située plus haut, au-dessus de la route. Nous avons été à la rencontre du propriétaire du terrain (riche industriel agricole) qui a laissé un de ces employés (fort sympathique) nous guider sur les lieux.
Des arbustes ont malheureusement envahi l'espace rendant l'envol impossible.

Plus au sud, une belle ligne de crête nous a aussi tentée... seul accès, descendre dans la ravine et remonter la pente abrupte. Trop tard pour ça! 

Il faut impérativement être en l'air avant que le vent de Sud-Ouest s'engouffre dans la vallée vers 12h30 et la montre joue contre nous, l'activité thermique encore absente, et ce probablement en raison du voile d'altitude qui recouvre une grosse partie de la région.

Nous sommes donc revenus à l'aire de pique-nique, ses kékés, sa ligne électrique. Après une cascade de Lolive dans les buissons, nous décidons tous d'abandonner et de reprendre la route. 

Nous nous quittons à Op Die Berg, petite commune sans charme.

Eux vers Wilderness, moi vers Porterville, en passant par Citrusdal et la piste (dirty road) déserte R303.

Pas grand monde dans cette vallée, dommage qu'on n'ait pas pu la survoler!



C'est donc assez tôt que j'arrive à Porterville.
J'ai le temps de me jeter dans la piscine du Koppikoffi, histoire de faire un peu descendre la température, qui malgré la grisaille avoisine les 36°C. 





Je profite de la fin de journée pour préparer tranquillement le vol du lendemain devant une succulente pizza Koppikoffi cuite au feu de bois.











Sybe a accepté de m'assister pour la journée... 










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South Africa (2020): Patrice et XC Paragliding South Africa


Alors? Que dire de Patrice (Hartmann)?


Objectif premier: voler!

C'est une agence tou(t)ris(ti)que à lui tout seul ;-)! Son objectif premier, est de voler un maximum en faisant voler ses clients, un maximum, ce que recherche la plupart des pilotes qui le contacte.




Patrice est très accommodant et s'adapte à n'importe quel groupe et n'importe quelle situation, le sourire et la motivation toujours de mise.


Professionnel & grand connaisseur du Cap Occidental

Il connaît bien l'Afrique du Sud et plus particulièrement le Cap Occidental pour y être depuis plus de vingt ans, en tant qu'entrepreneur et professionnel de Kite, puis plus récemment, en tant que biplaceur pro et guide de cross en parapente.


Analyse météo & aérologique

De part sa solide formation scientifique, il a un sens de l'analyse très poussé et arrive à optimiser les journées, en fonction de la météo et de l'aérologie, en choisissant les bons départs et les meilleurs cheminements et scénarii de vol (qu'il partage très clairement avant de décoller). 

Il partage d'ailleurs ses analyses de vols sur sa page Facebook: XC Paragliding South Africa.

L'aérologie n'est d'ailleurs pas à sous-estimée au Cap Occidental. Des brises continentales fortes peuvent se mettre en place dans l'après-midi et il faut savoir poser rapidement et dans les temps avant que les premiers signes apparaissent. Des inversions importantes nécessitent un bon choix de déco. Les influences océaniques brouillent aussi le jeu de cartes.

Le terrain demande impérativement de l'expérience et du vécu. Patrice a sillonné de nombreuses heures les crêtes, survolé les plus hauts sommets et traversé les vallées variées entre Cape Town et le Petit Karoo.

Engagement

La notion d'engagement, il la connaît aussi avec quelques beaux vols dans le désert (Karoo), sans réseau téléphonique (où le GPS satellitaire ne devient plus une option), par chaleurs dangereusement accablantes.

Il propose donc plusieurs formules de guide, allant de la découverte locale aux expéditions plus soutenues pour parcourir de grandes distances. 


Personal Best!

Chaque pilote revient souvent à la maison avec son "personal best", pour ma part, 174kms de Franschhoek à Citrusdal, le dernier jour d'encadrement.


Vol de groupe

Il met l'accent sur le vol de groupe et assure avec brio l'intendance et la direction. 

Il lui arrive souvent de faire les oreilles ou de descendre en 360 engagés pour aider un pilote en difficulté. Sans être démonstratif, il repasse alors devant lui pour ne pas perdre de temps et pour aller chercher le prochain thermique.

Il m'est arrivé une paire de fois de voir Patrice tomber du ciel pour me pousser devant vers des ascendances plus toniques ;-). Il a une sensibilité en vol assez peu commune, à savoir qu'il vole sans vario sonore...


Adaptation

Il s'adapte au niveau et aux envies du groupe, en cherchant à varier le type de vol, cheminement de crêtes VS plaine, triangle VS ligne droite, toujours dans l'idée d'exploiter au maximum le potentiel de la journée... et ça marche même si souvent, il est le seul à être vraiment en mesure d'arriver à compléter l'objectif du jour.



Prévision & itinéraire

Pour des pilotes qui ne souhaitent pas d'accompagnement, qui n'apprécient pas les vols de groupe et qui préfèrent la découverte par eux même, il offre aussi la possibilité de faire un point météo journalier et de proposer des itinéraires en fonction de la localisation pendant leur séjour.


En résumé

C'est donc un guide français complet, connaissant sur le bout des plumes le Cap Occidental, très professionnel, chasseur de kilomètres incontournable en Afrique du Sud (il suffit de voir son palmarès sur Xcontest) mais aussi dans les Alpes du Sud.

Quelques informations pratiques



Vous n'êtes toujours pas convaincu(e)? Vous pouvez toujours relire cette incroyable expérience sud-africaine en compagnie de Patrice et regarder ce petit teaser bien plus explicite encore!

Encore Merci à toi Patoche!



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