Oman (2016): à la découverte de l'Hajar


Des déserts arides, des palmeraies verdoyantes, des dromadaires par-ci et des chèvres par-là, des enfants en djellaba au regard rieur, les mélodies de l'Adhan ponctuant les journées... ce sont ces images et ambiances qui caractérisent le plus souvent le Moyen-Orient.


Le Sultanat d'Oman offre aussi des montagnes majestueuses (jabal) et de profonds canyons (wadi) qui invitent à l'exploration pour peu qu'on ait l'âme grimpante et un appétit certain pour l'aventure.


Aussi, quand Toni, qui nous avait emmenés au Mali, me contacte, je n'hésite pas longtemps. Six années ont déjà passé, un peu d'expérience en terrain d'aventure accumulée, mais aussi quelques fragilités... 

Ces destinations lointaines ne laissent pas de place au hasard. Aussi, un guide de haute montagne apporte tout son savoir-faire à une expédition et participe grandement à son succès. Encore un grand merci à Toni qui aura su nous guider, nous conseiller, surmonter les difficultés et faire de ce voyage une nouvelle aventure avec un grand A.


Il est tard quand j'arrive à Mascate, après une halte à Dubaï. Après les démarches administratives un peu longues, Toni m'accueille à la sortie de l'aéroport dans une chaleur un peu pesante mais vivifiante.

Mes deux nouveaux compagnons de cordée (qui ont déjà deux jours de grimpe à leur actif) comptent déjà les moutons au BnB qu'il est difficile de rejoindre dans la pénombre de la nuit.

A l'instar de nombreuses villes omanaises, le développement effréné du pays voit de nombreux quartiers pousser sans que la signalisation et la géolocalisation suivent.

Mes rêves m'emportent rapidement vers ces falaises de l'Hajar qui nous attendent tous les quatre...

  • Wadi Mayh
  • Wadi Suwayh
  • Wadi Tiwi: Blinde Dattel, Juliette Jauffret
  • Plateau Salmah et gouffre Majlis al Jinn (...)
  • Al Wasil: coucher de soleil sur les dunes (...)
  • Des dunes à Wadi Ghul (...)
  • Wadi Nakhar (...)
  • Jabal Misht (...)

Voici la roadmap et un petit condensé photographique (en 130 clichés) qui résument notre périple.

Oman (2016): Wadi Tiwi, Blinde Dattel, le fond de l'eau est frais...

 L'écume des vagues nous a bercés toute la nuit... Rien de plus agréable que cette vue sur le golf d'Oman et de savoir que les hauteurs pakistanaises sont à quelques brasses en face.

Réveil très matinal pour ce 2 janvier 2016... Mes compagnons de cordée commencent à peine à s'étirer quand je fais des essais nocturnes avec mon petit compact qui couvrira tout notre séjour.

Le programme de la journée s'annonce relevé avec une première grande voie dans le Wadi Tiwi. Il est déjà 7h30 quand nous arrivons à Mibam,
dernier village à l'entrée de la gorge. Les enfants sont déjà réveillés et nous accueillent avec le sourire.

Sans perdre de temps, nous traversons les ruelles assez désertes. Là encore, le falaj nous fait cheminer entre les jardins et les bassins de rétention d'eau. Quelques secondes précieuses à chercher le cliché me font perdre de vue mes coéquipiers.


Des cairns qui s'égarent sur les hauteurs m'induisent en erreur et rallongent le retard. Après un peu d'orientation entre les blocs polis par l'eau, je retrouve la troupe dans le secteur qui porte un nom prémonitoire: "Tiwi by Night". Toni est déjà à l'attaque de Blinde Dattel (400m, 6a max, 5c oblig).

Il fait parler sa perceuse et rajoute un goujon dans la première longueur afin de sécuriser le départ bien lisse pour Anne qui prend la tête de notre cordée.

A partir de là, nous alternons avec deux longueurs au-dessus des flots pour reprendre ensuite de la hauteur.

L'escalade est très variée (dièdre, fissure, dalle, traversée) avec une formation calcaire incroyable qui rappelle étonnamment les tafonis de Corse.


La difficulté est assez homogène dans un 5b/c, ponctué par quelques pas de 6a(+) dans les 3 dernières longueurs qui apporteront à chaque leader des souvenirs.

La descente en rappel est préférée au retour par la via-ferrata Omani, et c'est efficacement que nous redescendons tous les quatre, grâce à Toni, au bord de l'eau avant que la pénombre ne règne complètement sur le canyon. Les années passent et ne se ressemblent pas et le niveau de l'eau aussi.

Au genou, à la taille, aux épaules, impliquant une réescalade, une traversée en water soloing (pas trop deep) et une petite baignade où Toni aura sacrifié ses affaires personnelles pour sauver les nôtres et le matériel collectif (cordes incluses).

Le fond de l'eau est frais!


Rincés, fatigués, nous nous rechaussons rapidement pour nous engouffrer dans la nuit qui a pris ses droits. Le retour n'est pas aisé, mais Toni nous montre là encore ses talents de pisteur. Nous retrouvons la voiture après un peu plus d'une heure de marche.

L'aire de séchage des dattes du village que nous convoitions pour notre bivouac nous a été refusée par deux villageois. L'alternative, quelques mètres plus loin, a nourri le débat sur le programme du lendemain et a renforcé le groupe dans la conciliation.


Frayeur du jour: Toni / bobo au mollet
Précédent: Wadi Suwayh, en attendant la révélation
Suite: Plateau Salmah et gouffre Majlis al Jinn (bientôt...)


Et maintenant, place aux images...


C'est ICI!


Oman (2016): Wadi Suwayh, en attendant la révélation...


Photos satellites en main, Anne assure magistralement comme
copilote pendant que Toni nous mène sur les pistes poussiéreuses qui s'enfoncent dans les contreforts de l'Hajar. Nous débouchons sur le Wadi al Arbeieen par une sente raide. 

Après une petite embardée 4x4 lors d'un large passage de rivière et la traversée du joli petit village d'Hail al Quasim, nous aboutissons à notre destination de la journée, sur les hauteurs du village de Suwayh.

Avant d'installer notre bivouac, Toni nous propose une balade pour profiter des lumières ocres de fin de journée et une baignade dans les piscines naturelles afin... de se détendre et de se laver.
Je ne sais plus où poser mes yeux... et mon compact crépite en solitaire.

Plus tard, quand l'ombre nocturne enveloppe les hautes falaises qui nous entourent, ce sont les yeux plein d'étoiles que nous quittons prématurément (réveil matinal oblige) cette année 2015...



1er de l'an 2016: en attendant la révélation!


"En attendant la révélation": belle voie de 250 mètres pour débuter doucement cette année! La marche d'approche le long des falajs demande un peu d'orientation et d'instinct. Toni est déjà venu, c'est sa mémoire qui fait le boulot...
Après une petite heure en alternant entre jardins et canaux, nous
remontons les cairns qui nous emmènent au pied de la voie. La face est à l'ombre.

Toni et Serge ouvrent la danse, Anne prend la tête de notre cordée et me laisse m'acclimater pour la journée.

Très jolie voie (ponctuée par un petit passage plus physique en 6a qui a fait sonner la poudre) qui nous a permis de nous mettre tous en confiance.

Premier vol du séjour: Anne / écaille de 50 kg / pas de bobos






Précédent: Wadi Mayh

Et maintenant, place à toutes les images...




Suwayh


Oman (2016): Wadi Mayh, le temps d'un pique-nique


Ca y est, c'est parti!... Anne et Serge ont déjà goûté goulûment au calcaire omanais dans le Snake Canyon et les tours d'al Hamra les deux jours précédant mon arrivée. Le trajet entre Mascate et Daghmar nous permet de faire plus ample connaissance.

Des contrastes de modernité (avec des infrastructures routières surdimensionnées) et de traditionnel (petits villages) nous amènent à l'entrée du Wadi Mayh, mais non sans difficulté (absence signalétique?).



Le secteur Scorpion Buttress expose une face de 170 m sur un rocher qui semble avoir été brossé par le sable durant des siècles.

Nous n'y frotterons pas nos chaussons, mais profiterons de cette halte pour partager notre premier pique-nique.








Et maintenant, place à toutes les images...


c'est ICI: