Oman (2016): Wadi Tiwi, Blinde Dattel, le fond de l'eau est frais...

 L'écume des vagues nous a bercés toute la nuit... Rien de plus agréable que cette vue sur le golf d'Oman et de savoir que les hauteurs pakistanaises sont à quelques brasses en face.

Réveil très matinal pour ce 2 janvier 2016... Mes compagnons de cordée commencent à peine à s'étirer quand je fais des essais nocturnes avec mon petit compact qui couvrira tout notre séjour.

Le programme de la journée s'annonce relevé avec une première grande voie dans le Wadi Tiwi. Il est déjà 7h30 quand nous arrivons à Mibam,
dernier village à l'entrée de la gorge. Les enfants sont déjà réveillés et nous accueillent avec le sourire.

Sans perdre de temps, nous traversons les ruelles assez désertes. Là encore, le falaj nous fait cheminer entre les jardins et les bassins de rétention d'eau. Quelques secondes précieuses à chercher le cliché me font perdre de vue mes coéquipiers.


Des cairns qui s'égarent sur les hauteurs m'induisent en erreur et rallongent le retard. Après un peu d'orientation entre les blocs polis par l'eau, je retrouve la troupe dans le secteur qui porte un nom prémonitoire: "Tiwi by Night". Toni est déjà à l'attaque de Blinde Dattel (400m, 6a max, 5c oblig).

Il fait parler sa perceuse et rajoute un goujon dans la première longueur afin de sécuriser le départ bien lisse pour Anne qui prend la tête de notre cordée.

A partir de là, nous alternons avec deux longueurs au-dessus des flots pour reprendre ensuite de la hauteur.

L'escalade est très variée (dièdre, fissure, dalle, traversée) avec une formation calcaire incroyable qui rappelle étonnamment les tafonis de Corse.


La difficulté est assez homogène dans un 5b/c, ponctué par quelques pas de 6a(+) dans les 3 dernières longueurs qui apporteront à chaque leader des souvenirs.

La descente en rappel est préférée au retour par la via-ferrata Omani, et c'est efficacement que nous redescendons tous les quatre, grâce à Toni, au bord de l'eau avant que la pénombre ne règne complètement sur le canyon. Les années passent et ne se ressemblent pas et le niveau de l'eau aussi.

Au genou, à la taille, aux épaules, impliquant une réescalade, une traversée en water soloing (pas trop deep) et une petite baignade où Toni aura sacrifié ses affaires personnelles pour sauver les nôtres et le matériel collectif (cordes incluses).

Le fond de l'eau est frais!


Rincés, fatigués, nous nous rechaussons rapidement pour nous engouffrer dans la nuit qui a pris ses droits. Le retour n'est pas aisé, mais Toni nous montre là encore ses talents de pisteur. Nous retrouvons la voiture après un peu plus d'une heure de marche.

L'aire de séchage des dattes du village que nous convoitions pour notre bivouac nous a été refusée par deux villageois. L'alternative, quelques mètres plus loin, a nourri le débat sur le programme du lendemain et a renforcé le groupe dans la conciliation.


Frayeur du jour: Toni / bobo au mollet
Précédent: Wadi Suwayh, en attendant la révélation
Suite: Plateau Salmah et gouffre Majlis al Jinn (bientôt...)


Et maintenant, place aux images...


C'est ICI!