Suisse (2020): de Fiesch, exploration vers Balmhorn

La veille, je posais malheureux dans la vallée de Vologne... la veille, excédé par ces conditions bien trop écourtées de mon massif vosgien, j'ai décidé de m'enfuir quelques jours loin, très loin, pour me changer les idées.

Il est 0h30 quand je m'effondre sur mon lit à Fiesch après 4h30 de route. Au petit matin, je retrouve donc Gaetan que nous avions rencontré à l'atterrissage avec Vince quelques semaines auparavant. Il me présente son compère Claude-Albert aux télécabines. Ils sont venus en voiture pour cette fois. 

L'an prochain, je ferai comme eux, je prendrai plus le train... c'est tellement pratique en Suisse!
Des gares partout, jusqu'au pied des téléphériques! ça donne des perspectives de balades bien plus étendues, moins exigeantes à devoir boucler pour récupérer la voiture, mais plus à explorer les grosses montagnes et les vallées parallèles.

Pour l'heure, nous nous concertons sur le plan de vol devant un petit café croissant en attendant de voir les voiles qui se battent devant le téléphérique prendre un peu plus de hauteur.

Les journées sont plus courtes ici aussi et il faut prévoir de ne pas aller trop loin sous peine de devoir rentrer en train. On reste sur une base assez classique, Grimsel, Sierre, traversée en cherchant plus au sud et retour.

Je décolle derrière Claude-Albert que je perds en me décalant derrière pour rejoindre Gaëtan. Nous ne le reverrons que le soir à l'atterrissage.

L'aller vers Grimselpass se fait assez rapidement... On se retrouve donc tous les deux à Sidelhorn à flirter avec les rochers lunaires. Le retour me parait laborieux et lent, légèrement contrés par du Sud-Ouest.

L'activité thermique me parait chaotique aujourd'hui et ça chemine au raz du caillou. On arrive cependant à passer sur les hauteurs en rejoignant le Kleines Wannenhorn. 

C'est pas les plafs de folie mais on s'en contentera. Gaëtan hésite pour la traversée du glacier Aletsch. J'y suis rodé et en plus une voile ressort de l'autre côté.

Toujours ce spectacle pour les yeux. Je ne m'en lasse pas. J'optimise la vitesse car je connais les raccrochages maintenant. Une Omega Xalps ne traîne pas devant nous. On la prend en chasse...

Nous rejoignons ainsi le Breithorn. L'Omega bascule derrière... dans la vallée étroite du Lötschental. Elle est surplombée par un grand plateau glacière Gaëtan a entendu parlé de cette transition. 


Quelques cumuli nous incitent à l'expérimenter. Et puis nous avons toujours notre fusible... 

On le voit s'écarter vers une combe en contrebas alors qu'une belle barbulle fleurit vers le Birghorn. Il remonte frénétiquement. Nous le laissons derrière nous.


Superbe vue sur Doldenhorn, derrière la vallée de Kander qui rejoint celle d'Adelboden. Au loin, on devine  d'ailleurs Interlaken. Les pièces du Puzzle s'assemblent... Il faudra un jour flâner de ce côté là aussi.

On continue à longer cette longue crête en rejoignant le Hockenhorn.
Surprise, notre Omega Xalps sous nos pieds. Etrange cheminement tout de même... en fait c'est en consultant Xcontest le soir qu'on s'apercevra qu'il y avait trois Omega Xalps ce jour là sur notre trajet. Un plan secret pour nous embrouiller? :-P.

Je me lance au-dessus de lui vers le célèbre Balmhorn. Un beau cumulus trône à l'horizon sur le Rinderhorn... il m'attire comme un aimant. Le col glacière entre le Balmhorn et le Ferdenrothorn est impressionnant. 

Je n'ai aucun doute. L'arête est sculptée au couteau et le Sud-Ouest va me permettre de glisser sur ces dalles lisses jusqu'au col de la Gemmi. Ambiance tout de même!

Gaëtan m'indique qu'il ne me suit pas et préfère assurer le retour en se dirigeant vers le Höhgleifen.

Le nuage au-dessus du Rinderhorn m'aspire. Quelle ambiance géologique là encore: ces tours stratifiées entourant le lac Daubensee! 

Il est bien tentant de rallier la pointe du Schwarzhorn mais il est déjà tard (15h50) et je me suis basé sur une fin de convection vers 17h30, 18h dans le meilleur des cas.

Demi-tour... en assurant le thermique biscornu de Torrenthorn, puis en glissant sur les faces Ouest en aval du Höhgleifen. L'endroit qui me paraissait évident ne l'est pas. Trop près du caillou? Une activité thermique décroisssante? 200 mètres au-dessus... je me jette sur le Schwarzhorn (y en a plein des sommets noirs, celui-ci trône au-dessus de Raron). L'Omega Xalps m'a rattrapé :O 

La fatigue se fait sentir... je galère de nouveau à sortir. Allez, hop une petite compote... histoire de rebooster l'organisme! Je m'applique au Wiwannihorn en faisant abstraction de l'Omega qui file déjà vers le Gidibum. En reprenant mes esprits, j'ai repris de la hauteur aussi à 3600m.

Je traverse donc vers les antennes... Personne en face! Mauvais augure. En fait, c'est plus stable en basse couche, ce qui explique pourquoi sous les 2600m, la remontée est laborieuse.

Pas un frémissement dans les combes devant les antennes. Je glisse sur la crête... toujours rien. 

Pas d'autre choix que de basculer vers le Fülhorn où je retrouve un vario moins anémique. La combe du Glishorn ne donne rien, je passe 100 mètres sous le sommet, pour cette longue transition vers le Folluhorn.

Il va falloir passer en mode plaine et s'accrocher dans du petit... je lâche ma Delta et l'encourage à me trouver un souffle. 

Je reprends 150 mètres devant Rosswald, suffisamment pour rejoindre l'énorme combe sous le Folluhorn. Deux huit et le thermique puissant bien connu me redonne le sourire.

Derrière moi, un pilote est arrivé un peu plus bas, prisonnier des basses couches.
Il ne me reste plus qu'à glisser vers Fiesch où je retrouve finalement Gaëtan.

Après s'être quittés, il a été visité la frontière italienne en passant au sud-est du Folluhorn et en rejoignant le Monte Cervandonne. Encore une vallée isolée qui mérite d'être explorée!

Merci Gaëtan pour ce beau partage.

Quelques traces pour mieux comprendre...

Ce jour là, une autre trace intéressante met en avant les erreurs à corriger:


Toutes les photos

>>>>>> ICI <<<<<<