Suisse (2020): de Fiesch, exploration vers Balmhorn

La veille, je posais malheureux dans la vallée de Vologne... la veille, excédé par ces conditions bien trop écourtées de mon massif vosgien, j'ai décidé de m'enfuir quelques jours loin, très loin, pour me changer les idées.

Il est 0h30 quand je m'effondre sur mon lit à Fiesch après 4h30 de route. Au petit matin, je retrouve donc Gaetan que nous avions rencontré à l'atterrissage avec Vince quelques semaines auparavant. Il me présente son compère Claude-Albert aux télécabines. Ils sont venus en voiture pour cette fois. 

L'an prochain, je ferai comme eux, je prendrai plus le train... c'est tellement pratique en Suisse!
Des gares partout, jusqu'au pied des téléphériques! ça donne des perspectives de balades bien plus étendues, moins exigeantes à devoir boucler pour récupérer la voiture, mais plus à explorer les grosses montagnes et les vallées parallèles.

Pour l'heure, nous nous concertons sur le plan de vol devant un petit café croissant en attendant de voir les voiles qui se battent devant le téléphérique prendre un peu plus de hauteur.

Les journées sont plus courtes ici aussi et il faut prévoir de ne pas aller trop loin sous peine de devoir rentrer en train. On reste sur une base assez classique, Grimsel, Sierre, traversée en cherchant plus au sud et retour.

Je décolle derrière Claude-Albert que je perds en me décalant derrière pour rejoindre Gaëtan. Nous ne le reverrons que le soir à l'atterrissage.

L'aller vers Grimselpass se fait assez rapidement... On se retrouve donc tous les deux à Sidelhorn à flirter avec les rochers lunaires. Le retour me parait laborieux et lent, légèrement contrés par du Sud-Ouest.

L'activité thermique me parait chaotique aujourd'hui et ça chemine au raz du caillou. On arrive cependant à passer sur les hauteurs en rejoignant le Kleines Wannenhorn. 

C'est pas les plafs de folie mais on s'en contentera. Gaëtan hésite pour la traversée du glacier Aletsch. J'y suis rodé et en plus une voile ressort de l'autre côté.

Toujours ce spectacle pour les yeux. Je ne m'en lasse pas. J'optimise la vitesse car je connais les raccrochages maintenant. Une Omega Xalps ne traîne pas devant nous. On la prend en chasse...

Nous rejoignons ainsi le Breithorn. L'Omega bascule derrière... dans la vallée étroite du Lötschental. Elle est surplombée par un grand plateau glacière Gaëtan a entendu parlé de cette transition. 


Quelques cumuli nous incitent à l'expérimenter. Et puis nous avons toujours notre fusible... 

On le voit s'écarter vers une combe en contrebas alors qu'une belle barbulle fleurit vers le Birghorn. Il remonte frénétiquement. Nous le laissons derrière nous.


Superbe vue sur Doldenhorn, derrière la vallée de Kander qui rejoint celle d'Adelboden. Au loin, on devine  d'ailleurs Interlaken. Les pièces du Puzzle s'assemblent... Il faudra un jour flâner de ce côté là aussi.

On continue à longer cette longue crête en rejoignant le Hockenhorn.
Surprise, notre Omega Xalps sous nos pieds. Etrange cheminement tout de même... en fait c'est en consultant Xcontest le soir qu'on s'apercevra qu'il y avait trois Omega Xalps ce jour là sur notre trajet. Un plan secret pour nous embrouiller? :-P.

Je me lance au-dessus de lui vers le célèbre Balmhorn. Un beau cumulus trône à l'horizon sur le Rinderhorn... il m'attire comme un aimant. Le col glacière entre le Balmhorn et le Ferdenrothorn est impressionnant. 

Je n'ai aucun doute. L'arête est sculptée au couteau et le Sud-Ouest va me permettre de glisser sur ces dalles lisses jusqu'au col de la Gemmi. Ambiance tout de même!

Gaëtan m'indique qu'il ne me suit pas et préfère assurer le retour en se dirigeant vers le Höhgleifen.

Le nuage au-dessus du Rinderhorn m'aspire. Quelle ambiance géologique là encore: ces tours stratifiées entourant le lac Daubensee! 

Il est bien tentant de rallier la pointe du Schwarzhorn mais il est déjà tard (15h50) et je me suis basé sur une fin de convection vers 17h30, 18h dans le meilleur des cas.

Demi-tour... en assurant le thermique biscornu de Torrenthorn, puis en glissant sur les faces Ouest en aval du Höhgleifen. L'endroit qui me paraissait évident ne l'est pas. Trop près du caillou? Une activité thermique décroisssante? 200 mètres au-dessus... je me jette sur le Schwarzhorn (y en a plein des sommets noirs, celui-ci trône au-dessus de Raron). L'Omega Xalps m'a rattrapé :O 

La fatigue se fait sentir... je galère de nouveau à sortir. Allez, hop une petite compote... histoire de rebooster l'organisme! Je m'applique au Wiwannihorn en faisant abstraction de l'Omega qui file déjà vers le Gidibum. En reprenant mes esprits, j'ai repris de la hauteur aussi à 3600m.

Je traverse donc vers les antennes... Personne en face! Mauvais augure. En fait, c'est plus stable en basse couche, ce qui explique pourquoi sous les 2600m, la remontée est laborieuse.

Pas un frémissement dans les combes devant les antennes. Je glisse sur la crête... toujours rien. 

Pas d'autre choix que de basculer vers le Fülhorn où je retrouve un vario moins anémique. La combe du Glishorn ne donne rien, je passe 100 mètres sous le sommet, pour cette longue transition vers le Folluhorn.

Il va falloir passer en mode plaine et s'accrocher dans du petit... je lâche ma Delta et l'encourage à me trouver un souffle. 

Je reprends 150 mètres devant Rosswald, suffisamment pour rejoindre l'énorme combe sous le Folluhorn. Deux huit et le thermique puissant bien connu me redonne le sourire.

Derrière moi, un pilote est arrivé un peu plus bas, prisonnier des basses couches.
Il ne me reste plus qu'à glisser vers Fiesch où je retrouve finalement Gaëtan.

Après s'être quittés, il a été visité la frontière italienne en passant au sud-est du Folluhorn et en rejoignant le Monte Cervandonne. Encore une vallée isolée qui mérite d'être explorée!

Merci Gaëtan pour ce beau partage.

Quelques traces pour mieux comprendre...

Ce jour là, une autre trace intéressante met en avant les erreurs à corriger:


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Alpes (2020): exploration entre Domodossola et Zermatt


Les prévisions étaient appétissantes sur le papier et le retour à Fiesch m'enchantait surtout en voyant les conditions annoncées à partir du jeudi 3. 

Malgré la pluie et la neige de ces derniers jours, j'arrive à convaincre Mouky, qui n'a de toute façon que trois jours de disponibilité.

Nous partons donc le lundi soir pour rejoindre le Valais. Nous prenons la pluie tout le long du trajet en passant par Lucerne. En arrivant à 22h à Realp, le prochain furka (train qui traverse la montagne pour rejoindre Obergorms, seul moyen quand le col de la Furka est enneigé et fermé) est annoncé pour le lendemain 6h. 

On commence à surveiller le thermomètre de la voiture qui affiche 7°C. Y aura-t'il de la neige là-haut??
Elle sera bien présente au col mais heureusement ne tient pas sur la route. On commence à se poser des questions pour le lendemain... difficile de croire que les modèles prennent en compte l'hydrométrie des jours passés!

En basculant dans le Valais, plus de tempête, le macadam est bien moins dégoulinant. Nous arrivons à Fiesch et l'air est aussi bien plus sec. On verra bien...

Jour 1: en route vers le soleil, au sud de Fiesch, le Piémont


A 7h30, le constat est sans appel... les nuages nordistes glissent dans la vallée glacière et envahissent l'Aletsch Arena. La station n'est pas visible. Nous prenons notre temps en espérant une amélioration.

La journée de jeudi s'annonçant fumante, je propose alors à Mouky de partir au soleil et de basculer au sud en Italie. Il faut un peu plus d'une heure pour rejoindre l'autre côté (enfin, un peu plus, si on ne prend pas le furka qui fait gagner trente minutes, compter 26 CHF).

Nous quittons donc Fiesch en empruntant la route panoramique passant par le col de Simplon, vue imprenable sur le Weissmies (4017m), Simplon Breithorn (3438m) et Fletschhorn (3993m). Il y a bien quelques cumulus enrobant les sommets mais le ciel est ici beaucoup plus accueillant. 

Nous rejoignons ainsi enchantés la vallée de Domodossola dans le nord du Piémont. Pas de parapentes en l'air au-dessus de la ville. Nous optons alors pour la vallée de Vigezzo vers Locarno, à l'Est.

Il a y plusieurs orientations de décollage en Sud et surtout, un téléphérique ouvert qui nous garantit plus d'autonomie. On a bien essayé de contacter une structure locale mais sans succès. Personne en l'air non plus.

Les cumulus sur les crêtes ne semblent pas être trop poussés par le Nord ce qui est déjà bon signe.

Le terrain d'atterrissage à l'Ouest de Santa Maria Maggiore est un peu loin. Nous repérons quelques champs avant le pont qui mène aux télécabines qui nous permettront de récupérer plus facilement la voiture. Le temps ne s'arrête pas pour nous et nous finissons après 20 minutes d'attente de monter dans le télésiège de 14h. 

Quinze minutes après nous voilà donc à Piana di Vigezzo. 

La rampe orientée Sud-Est à la sortie du télécabine, est bien alimentée, mais c'est très cyclique et ce décollage est réservé aux deltaplanes. L'heure est bien trop tardive de toute façon... nous optons pour le décollage Sud-Ouest: Cima 2 qui est au-dessus en remontant vers l'ouest, à 15-20 minutes de marche.


La biroute est bien dans l'axe nous réconfortant. Le déco est bien dégagé. Il est là pour nous tous seuls, ainsi que le ciel d'ailleurs. 

Nous nous dépêchons à nous préparer avec un peu d'appréhension quand même. Mouky décolle et je le rejoins rapidement en prenant sa place.

Quelques grains de pluie nous accueillent tout de suite. Un thermique puissant nous happera pour nous amener à la base d'un cumulus sombre qui commence à bien mettre la vallée à l'ombre. 

Nous filons vers l'Est en direction de Locarno où nous pourrons admirer une partie du Lac Majeur.

Bibibibip.... 3050m. Quelle surprise! Nous faisons demi-tour pour éviter la TMA devant... 

Retour pour aller visiter la vallée de Domodossola. C'est une tendance Sud-Est qui nous pousse...
 
Je rattrape Mouky en passant perché au-dessus des gorges pendant qu'il surfe sur les crêtes. 


On se retrouve à l'intersection de ces deux vallées, sous le vent des thermiques et au vent du Sud-Est... Une vraie marmite! 

On se fait sérieusement découper. En voyant l'autre dominer sa voile, on en finit par croire que ces sensations parasites ne sont que subjectives... on s'accroche donc tous les deux, alors que seul, on aurait certainement fui la zone.

Le gros cumulus qui s'épaissit au-dessus finit par nous aspirer dans une ascendance hurlante à +6,8ms intégré. Cette montée est bienvenue tellement cette basse couche est désagréable.
 


Mouky est attiré par les faces OSO qui remontent au Nord. Cette option ne me plait pas car je pressens que le Sud-Est de la vallée de Vigezzo va nous emprisonner en passant derrière.

Je lui propose plutôt l'Ouest mais je me retrouve très vite contré en traversant vers Domodossola, du Sud qui remonte la vallée et semble créer un mur thermique que je n'arrive pas à percer. Je redescends aussi vite que je suis monté, en chutant de 500 mètres.

Zut!!! Il va falloir re-chevaucher le cheval fou, peur de voir les suspentes découpées, la voile exploser.
Le nuage a dégonflé mais a gardé de son énergie. Je remonte à l'abri de ce sud-est désagréable plus bas.

J'ai ma dose et il est déjà tard. Il sera difficile d'aller plus loin sans prendre le risque de tanker derrière. 

Je communique à Mouky mon intention de revenir tranquillement vers la voiture. Il revient du Nord mais bien sous le vent comme je l'avais pressenti. Un gros thermique sous la crête le sauvera...


Nous rejoignons Piana di Vigezzo qui est bien sous le vent de la brise de Locarno. 

Marre de se faire tordre, nous filons en vallée pour poser. 


Le petit champs juste en-dessous des télécabines est enclavé derrière les arbres et légèrement en pente. 

Nous choisissons plutôt le champ derrière le Supermarché Carrefour au sud du pont, le long de la voie ferrée. 
   
Il faut s'appliquer car il y a trois arbres au milieu mais il y a moins de risques de turbulences en Sud-Est. 



Nous posons tous les deux comme des fleurs.

Belle découverte que la vallée de Vigezzo. C'est un départ de beaux cross au Printemps.





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Jour 2: Zermatt, le Matterhorn Glacier Paradise, vraiment?

On s'en rappellera de cette journée... tout d'abord car on sauve de nouveau une journée avec une expérience peu anodine: décoller à plus de 3800m au petit Cervin.

Après avoir passé la soirée (super resto Vikingo) et la nuit (Hôtel Internazionale) à Domodossala on pensait initialement pouvoir découvrir le Lac Majeur de plus près, mais les pluies soutenues de la nuit en ont décidé autrement.

Les webcams sont devenues un outil  très utiles dans le choix des sites de vol. Le ciel est bien encombré du côté de Lugano et Bellinzona.

Notre choix est fait, on remonte dans le Valais en reprenant le col de Simplon et si le ciel ne nous convainc pas à Fiesch, on va faire du tourisme à Zermatt avec un petit vol dans le bocal si possible.

Le Klein Matterhorn est alimenté en Nord et un vol contemplatif semble envisageable selon un pilote local.

Décoller à 3800 mètres au-dessus d'un glacier, c'est le rêve de Mouky... il a forcément l'aiguille du Midi à Chamonix en tête depuis longtemps, alors pourquoi pas commencer par le Cervin.

Les conditions semblent en effet réunies. La vallée de Zermatt semble épargnée par les sur-développements. Quand nous arrivons à Täsch, le Matterhorn est enveloppé de cumulus sur son versant Sud qui sont poussés par un Ouest bien présent.

Après avoir garé la voiture au Terminal de Täsch (on ne rentrera pas plus dans le détail du petit détour interdit qui nous aura fait perdre du temps), il nous faut prendre le train qui mène à Zermatt en un quart d'heure (8 CHF). 

S'ensuit une petite traversée de toute la ville (très touristique, on ne regardera pas les prix dans les vitrines!) pour rejoindre le téléphérique principal (à gauche en traversant le deuxième pont). D'ici, on peut rejoindre plusieurs domaines skiables (été comme hiver).

Le plus impressionnant restant le Matterhorn Glacier Paradise, l'arrivée du téléphérique se trouvant à 3883m (le tricable le plus haut du monde, mais probablement le plus cher aussi 68 CHF :-/ pour 45 minutes de montée). 

Dessous un dédale de pistes skiables est damé et quadrillé pour éviter aux imprudents de tomber dans les crevasses des glaciers.

C'est donc pour nous, le décollage le plus haut qu'il nous a été amené de gérer. Notre matériel de vol est un peu lourd pour les décollages de haute altitude.

Pour le reste on est bien équipés, vêtements chauds, chaussures montantes. On avait eu confirmation que les crampons n'étaient pas nécessaires ce jour là!
 
Le déco officiel est à gauche du téléphérique en sortant, sous les tire-fesses. Il n'est pas très engageant. Le goulet et les quelques rochers retiendraient peut-être une chute dans les crevasses du glacier, mais le doute nous est resté tout du long.



Ce décollage nécessite d'avoir un vent orienté NNE, soutenu...
Nous avons préféré le versant NO, en profitant de la piste et d'une pente moins exposée. 

A cette altitude, on est état d'hypoxie (moins d'oxygène dans l'air) et l'effort se fait rapidement sentir, d'autant plus quand on n'est pas acclimatés. Le froid n'aide pas non plus avec ces -4°C.

Quand le vent est trop léger ou de travers, l'aile perd de sa portance et il faut alors combler ce manque par une course franche et énergique, même dans la pente.

Nous avons dû prendre en considération ces éléments pour prendre la voie des airs. Longue session de gonflage en haute altitude pour tous les deux, Mouky finissant par opter pour un dos voile bien plus efficace. Un peu plus galère pour ma part avec trente minutes de suspense supplémentaire.

J'ai pu le retrouver à l'approche de Zermatt, au-dessus du Riffelberg. 

L'heure avancée et les plafonds insuffisants ne nous auront malheureusement pas permis de visiter les 4000 alentours du cirque glaciaire.

Nous nous retrouvons à poser sur l'herbe grasse des prairies au sud de Täsch (8 CHF épargnés du retour en train de Zermatt).
 
Quelle expérience! Cela nous a permis de voir la préparation nécessaire pour envisager un vol de l'Aiguille du Midi!


Le petit Cervin est-il un Matterhorn Glacier Paradise????


Je ne dirais pas ça, loin de là! 

Ce terrain montagneux, si beau dans d'autres vallées, a été défiguré par le progrès technique de l'homme pour en faire un parc d'attractions grandeur XXXL!

Sans parler de l'empreinte du réchauffement climatique qui a mis les glaciers en état de mort avancée, les câbles, les structure métalliques jalonnent les pentes, rendant ce spectacle malheureux.

J'espère un jour pouvoir repasser au Cervin, mais ce sera par la voie des airs, en cross. Ce décollage du Klein Matterhorn m'aura au moins permis de me familiariser avec ce cirque glacière géant!

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Jour 3: trop fort à Fiesch, une petite tentative de plaine d'Alsace?

Au matin, les balises confirment les prévisions! ça ronfle sur les sommets à 3000, et ce, partout autour de Fiesch... 

Mouky a l'épaule souffrante et le vol de la veille l'a rempli émotionnellement, moi aussi. 

Je lui propose de rentrer et je vais faire la surprise aux copains en allant tenter la traversée de la plaine d'Alsace avec eux... 

Je dépose donc Mouky à sa voiture et je ne tarde pas pour arriver à 13h15 au Treh. Mauvaise surprise, c'est aussi très fort là aussi... et les plafs ne sont pas généreux. Les copains sont désespérés.

On aurait mieux fait de s'arrêter à Weissenstein dans le Jura Bernois, le ciel était beaucoup plus alléchant.

Quelle saison! 
Le massif des Vosges a eu son heure de gloire d'Avril à début Juin. Depuis, plus rien.. ou trop peu! 




Nous nous contenterons d'un vol dans le bocal pour finir à l'auberge du Treh (et dire que je n'y avais jamais été les années précédentes!)

Retrouvailles sympa avec Rom et Max.



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Vosges (2020): traversée de la plaine d'Alsace entre deux orages, découverte du Kandel


Les prévisions étaient unanimes pour cette journée, cellule orageuse assez tôt avec pour épicentre les lacs autour du Col de la Schlucht. 

J'avais en tête de remonter le plus rapidement au Nord et contourner par l'Ouest au plus tard à 13h, le gros méchant noir qui devait s'étendre sur le massif pour essayer de rentrer par Remiremont sachant que la vallée de Thann resterait épargnée.

Le scénario ne s'est pas vraiment déroulé ainsi...

Au déco, on ne s'est pas vraiment concertés avec les copains. 

Vers 11h30, je décolle avec Chris, qui me laisse prendre de l'avance sous cette belle rue de nuages, un peu avare en plafond (tout juste 2050m).

Je perds un peu de temps à sortir du Col de la Schlucht. L'ombre commence déjà à s'étaler au sol et les cumuli débutent un peu leur expansion verticale. 

Chris est repassé devant et fait demi-tour au lac du Forlet. Je continue vers le Nord et je le vois bifurquer dans mon rétroviseur. On sera toujours plus forts à deux.

Le Lac blanc passe au noir entre les tâches de soleil... derrière ça semble se refermer. Les cumuli semblent se scinder, le mordor vient de se réveiller. 13h15: nous sommes au Grand Brézouard. 

Quinze minutes de retard sur mon plan initial. Le col du Bonhomme semble être passé du côté obscur. Un premier rideau de pluie s'abat déjà au loin sur le lac du Forlet.


On est poussés par un Sud-Ouest plus marqué qui nous entraîne au soleil vers Aubure. Ce moment d'hésitation nous fait perdre un temps précieux. 

La porte de l'Ouest par Sainte-Marie aux Mines se referme. Impossible d'y passer, la zone aérienne nous ferait perdre trop de temps à contourner.

Le rideau vaporeux a progressé et est déjà en train d'avaler le Lac Blanc... Pas besoin de radio (de toute façon celle de Chris ne répond pas), on sait tous les deux qu'il nous faut nous éloigner au plus vite en plaine... 

On écrase tous les deux l'accélérateur de nos machines, la Peak 4 de Chris prenant les devants au-dessus du Koenigssthul.


La barrière de pluie balaye à présent Surcenord. Derrière le coeur du monstre semble avoir été crevé, sanguinolent de lumière... cela me rassure un peu, mais nous ne devons pas trainer.

Nous avons pris la crête pour mieux flotter et éviter de nous jeter dans les pieds de vigne de Riquewihr.


Nous atteignons le Chêne de la Chapelle au-dessus de Kaysberg et un bon thermique nous invite à reprendre un peu notre souffle pour aller chercher plus loin un terrain sans piquets sans lignes.

Je cherche juste le minimum qui me rapprochera d'un champ dégagé... derrière Chris s'attarde.

Le monstre a repris des forces. Il cherche à nous rattraper et les couleurs orangées de la Peak tranchent avec la noirceur des ténèbres. 

Je m'inquiète en le voyant se zébrer et envoie un message sur Messenger en suppliant à Chris de ne plus enrouler... 

Encore un petit thermique après Bennwihr, il y a maintenant plus de champs favorables à poser dans du vent fort si cette cellule orageuse se décidait à aspirer les environs. 

Nous sommes maintenant au soleil... nous arrivons en approche de l'aéroport de Colmar que nous contournons par le Sud-Ouest à 1500m sol.

La cellule enveloppe tout le centre du massif à présent.

Si il n'y avait pas la TMA de Bâle, les petits cumuli qui fleurissent au sud me donnerait presque envie de rentrer par la vallée de Thann.
Ces derniers semblent clignoter.


Nous sommes à présent à l'Est de Colmar, sereins!
Et si on tentait la traversée de la plaine. 12 km/h de Sud devait nous permettre de craber.

Je me rapproche de Chris et lui communique l'idée en hurlant dans mon casque... Je soulève la visière... c'est mieux! Il répond par l'affirmative... 

Comme à notre première tentative en juillet avec Thib et Thomas, il y a un énorme trou bleu entre Colmar et Artzenheim, où on avait d'ailleurs tous les trois posés en arrivant trop tard, dans un beau hors cycle.

Je me lance plus au sud de Colmar où clignote un cumulus. Il doit déclencher dans cette clairière au sud de Widensolen. Le sol se rapproche. La tension monte. Je suis sûr, ça va sortir par là, sous le vent du Sud. Biiimmmm, un thermique bien couché me décale horizontalement. Je m'accroche, la peur au ventre. 

Celui-là je le visse jusqu'au bout, me dis-je! Je m'y applique en effet, tout en observant le meilleur cheminement pour la suite... le Kaiserstuhl. 

Se faisant, je ne m'aperçois pas que mon instrument de vol est en alerte. Je viens de pénétrer la TMA de Bâle. 

Pour récupérer ce thermique salvateur nous sommes descendus 400 mètres trop au sud en bordure de zone aérienne. 

Chris gesticule et hurle à côté, mais je ne le comprends pas... satanée radio! Il abandonne l'idée de communiquer et nous quittons enfin l'ascendance à 2100m. L'amère surprise ne tombera que le soir en revoyant ma trace!


Le Rhin défile sous nos pieds bien bas. Le fleuve est d'un beau bleu turquoise. Beaucoup de bateaux y circulent.

Nous rejoignons assez rapidement le fer à cheval bien accueillant de Kaiserstuhl mais bordé là encore de vignes. Haaaa!!! L'Alsace et son vignoble!


Pas de stress, ça remonte. Par contre le plafond est plus bas ici. Je suis un peu perdu. Je cherche le plan de vol vieux d'un mois. Je ne le trouve pas. Chris a bifurqué vers Fribourg.

Y a un cylindre à ne pas traverser... Ma main se lève... peine perdue, je suis déjà dans son dos. Tant pis, je tangente à l'Ouest.


Il s'aperçoit rapidement de mon changement de cap et me recolle au train.

Les vignobles s'espacent, de petits bois encerclent des champs et des villages. Le relief remonte, mais pas les plafs encore. Pas de thermique d'ailleurs...


Il va falloir trouver quelque chose maintenant. Un angle de bois, un village devant, du contraste, ça doit monter ici bas... Comme souvent c'est sous le vent que ça monte le mieux. 

Mon vario commence à se refaire entendre en passant derrière le village de Reute. Je commence à enrouler mais la masse d'air est désordonnée. 

Chris vient s'accrocher à la bouée de sauvetage. Il me repasse au-dessus, et je sens mon aile s'enfoncer. J'expulse ma colère... Tout ne peut pas s'arrêter là. Au pied des contreforts de la Forêt Noire!

J'avais initialement visé l'angle de la forêt. Nous devons être entre deux déclenchements pour jouer le manège désenchanté de la sorte. Le cumulus au-dessus de la forêt semble s'effondrer... il ne faut pas rester là. Je me décale sur vers la forêt, c'est faible, le Sud-Ouest me fait dériver... 300m sol. Allez! ça suffit pour traverser et chercher vers la ville de Wasser derrière. Si je ne trouve rien, il y a de quoi poser confortablement. 

Un son mollasson sort de mon vario. Concentration absolue! Je suis à 160m sol. Je laisse ma Delta 4 se faire aspirer par le flux qui m'amène vers les premières habitations. 200m sol. Les habitations se redressent, il y a des immeubles derrière... mais je suis en bordure de ville et je peux fuir vers des champs si besoin en contrebas. 300m sol, à verticale des immeubles, ambiance, le son du vario commence à s'exprimer plus vigoureusement.  4m/s!!! Je suis déjà à 1000m sol en sortant de Wasser.

J'ai bien failli prendre l'eau ici! Je ne vois plus Chris... il est resté dans la nasse de Reute!
Je m'accroche donc jusqu'au bout dans ce joli thermique régulier qui me ramène au Graal à 1950m d'altitude.

ça y est les contreforts de la forêt Noire sont à portée. C'est un vent d'Ouest qui me pousse vers Vogelestein. 

Je ne vois pas l'horizon, il est là aussi écrasé par une cellule orageuse, loin derrière sur le plateau. Les avant-reliefs où se trouve d'ailleurs le célèbre site du Kandel sont au soleil et les tours nuageuses se décomposent... juste pour moi? ;-)

Je transite assez logiquement sur la crête qui mêne au Täfelbühl d'où je vois revenir un parapente et un delta. Je me rends vite à l'évidence que remonter la vallée vers le Nord Est ne va pas m'amener bien loin. 

Au loin, le ciel se lézarde d'une activité électrique qui ne met plait pas, là aussi. 

De plus, un peu de grain me rappelle à la réalité. 

Je repars devant au soleil en remontant la crête du Elmlesberg pour rejoindre la cuvette du Kandel où 4 voiles font du soaring.

Retour vers l'Est pour faciliter la récupération. La vallée de Frisbourg est dans l'ombre aussi. Je pars vers la lumière d'où je viens... 

C'est dans l'aspiration lointaine du monstre qui éclatera bien plus tard dans la nuit que je poserai à Sexau.

Pour la récup, un grand merci à ma moitié qui m'aura récupéré dans un timing parfait. En la quittant le matin, je l'avais prévenue que j'aurais peut-être besoin de son aide au vu des conditions de la journée, mais je n'avais pas prévu que ce serait Outre-Rhin.

Une belle découverte d'un petit bout de Forêt Noire... l'équivalent des Vosges? 

Allez, un peu de chauvinisme... moins de charme quand même!

Mais pour s'en faire une meilleure idée, il faudra y revenir, dans d'autres conditions...


La trace pour mieux comprendre:


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