Les températures ont chuté aujourd'hui
et c'est tardivement que je me décide à quitter la chaleur du nid.
Personne (un peu à l'arrache pour prévenir les copains), ni au Rothen ni au Schnepf...

Entre NE et SE, ça ronfle
en rafale! Quelques nuages bas sont poussés par du NE.
En l'air, rien
de franc... la brume s'étale par le sud.
![]()
![]()
Je me suis décalé pour passer
sous le Rainkopf et redescendre au col, mais un virage de trop pour une
dernière photo et le piège se referme violemment sur moi! Le col est
embrumé...
Seule fuite possible, Mittlach dont la lumière des
lampadaires s'allume. Je suis haut et ça flotte. Je tire loin devant en pensant d'abord pouvoir remonter en stop. Aveugle ou presque dans la pénombre je me fais cueillir par le catabatique.
La voile pliée, je me ravise, le col du Rothen n'est pas si loin Nous avons déjà fait cette randonnée et les 670 mètres de dénivelé s'avalent plutôt bien. Avec les 14kgs de mon aéronef, ce sera moins aisé, mais je n'ai pas le choix. Il est 17h30 quand je foule la départementale D10.6 en direction du village de Mittlach.
Objectif 20h à la voiture. Je décide de rester sur le bitume et de ne pas progresser sur le chemin de randonnée qui serpente à gauche de la rivière Kolbenfecht. Après 1h45 sur l'axe principal, je rejoins enfin le sentier qui remonte vers le col du Rothenbachkopf. Il a beaucoup plu les jours précédents et des mini cascades jonchent le sol.
Un grand chêne est venu mourrir la nuit dernière et baigne dans l'eau qui s'est accumulée autour. Je le contourne et retrouve ma piste non sans difficulté dans l'obscurité totale.
La pente se raidit, la sente se rétrécit et la terre s'assèche entre les hauts sapins.
Alors que la végétation se fait plus rase, le vent se fait de plus en plus sentir.
Il a forci depuis cet après-midi et son souffle glacé commence à pétrifier les éléments.
Je ralentis ma marche, le terrain de la remontée devenant glissant. Plus que quelques mètres pour sortir sous le col... la percée de l'hiver de la dernière quinzaine a laissé quelques amas de neige glacée à ne pas sous-estimer ici. ça y est! Je surgis enfin du goulet et je peux rejoindre la voiture.
Le compteur affiche -3,5°C quand même.
Joli vol (ambiance surréaliste) rando (nocturne vivifiante), dans l'ordre! ça donne des idées de balades hivernales...
Vosges (2019): Rothen enbrumé, vol rando à la clé
Andalousie (2019): le petit tour du Lac Zahara - El Gastor pour finir...
Les températures remontent enfin sur Algodonales et ce petit matin nous permet enfin de déjeuner en terrasse en t-shirt. Quel luxe!
Comme tous les derniers matins, je monte avec mes compatriotes suisses sur ce haut plateau qui s’étale au-dessus du village. Je suis pris dans mes rêves...
Lijar est éclairé par le soleil en Sud-Est et le vent vient déjà y pousser les bouffes thermiques.
Le déco est déjà envahi par des hordes de parapentistes assoiffés.
C’est le dernier jour pour beaucoup, le lendemain étant réservé au retour hebdomadaire.
Je retrouve Titi qui est seul aujourd’hui, toute l’équipe de Cumulus (y compris René) étant rentrée dans les Vosges.
Je flâne sur le belvédère à contempler ce joli lac artificiel qui illumine Zahara de la Sierra de ses reflets turquoises. Un signe?
Les copains arrivent. J’en profite pour remarcher dans mes pas à la recherche de ma précieuse protection thermique. Rien... les autres sont déjà prêts, je me résigne. Je me satisferai de mon coupe vent. De toute façon il fait franchement plus chaud, ça devrait suffire.
Carlos m’annonce que je suis le dernier... une fois n’est pas coutume ;-) J’ai perdu mon avance du matin mais aucune voile ne semble être partie au loin vers Ronda! Le plafond est encore bien bas.
Je ne tarde pas à rejoindre Loïc et Titof à la Ladina.
La masse d’air est plus instable que la veille mais est bien désorganisée par de l’Est. Les thermiques sont petits et virils. Pas un seul petit mouton blanc dans le ciel.
On se décale derrière vers la Casa de las Viboras, attirés par une grappe de vautours.
Titof suit son instinct derrière deux pilotes qui remontent au dessus des petits canyons vers Olivera. On le revoit alors qui rebondit sur las Vivarias.
Titof revient vers nous et semble avoir une bonne ligne et devrait faire la jonction avec Loïc qui enroule maintenant la colonne au-dessus du trou. Je suis à la traine.
J’hésite à le rejoindre car je suis plus bas. Je me décale au soleil sur les petites bosses de Campo Huerta. C’est mou, mais ça ne descend plus.
Je ne vois plus Loïc, ni Titof d’ailleurs (son retour trop bas à las Columnas lui aura été fatal)! Trois voiles m’ont dépassé. Je reprends enfin mes esprits et surtout je retrouve le plafond. Allez, on se reconcentre...
Je me fais catapulter au-dessus de Tajo del Algarin, et longe la crête pour me retrouver au-dessus de la Graja. Loïc semble batailler en-dessous.
Trois voiles flottent vers la Sierra de Malaver, derrière Montecorto. Elles sont assez basses. Elles basculent sur le versant Est. Une, trop basse va s'enterrer en contrebas.
Je les rejoins en face Ouest sans trouver aucune ascendance. Sous le vent, c’est pas plaisant. Je me fais rappeler à l’ordre.
Les deux voiles qui ont survécu, remontent dans le couloir du Moral avec quelques vautours.
Je m’y jette à mon tour... c’est costaud et turbulent. Je me décale de nouveau vers la ravine qui m’avait sauvé en début de semaine, oubliant définitivement l'option de Ronda (personne au loin, pas un vautour, tout bleu, très bas!).
Je vois quelques pilotes dont Loïc ressortir derrière El Gastor à las Grajas.
Je contourne le rocher et m’applique à retrouver le plafond. Je prends le dernier wagon semblerait-il.
Je bute 200 mètres en dessous.... quand je vois Loic qui semble propulsé sur les contreforts de los Espartales, de l’autre côté du Lac.
Je m’encourage... je le sens bien. Et au pire, j’irais poser au bord du lac!
Ma transition se déroule bien et, moi aussi, je remonte dans un thermique de confluence en face Nord, oui, oui en face Nord! Difficile de tout comprendre ici bas!
Cette fois l’ascendance me catapulte bien au-dessus de la crête, ce qui me permet de rejoindre sans encombre un groupe de vautours en face Nord-Ouest derrière Coros (1328m).
Je suis étonné de voir Loïc et un autre pilote lutter sous l’arête Sud-Est de las Cumbres. La tendance Sud-Est, ressentie lors de la traversée du lac, doit rabattre les thermiques qui prennent leur source en Sud-Ouest dans le lac de Fresnill, plus bas.
Je passe le col de las Palomas très haut et je fonds sur l’énorme combe de las Lomas.
J’y suis accueilli comme espéré par un thermique bien puissant. Là, par contre, le Sud (voire même Sud-Ouest) est plus présent et l'envie de partir vers la mer me passe rapidement quand j'atteinds le plafond à 1976m.
Sous mes pieds je vois Loïc qui semble s’être jeté dans la combe après avoir pu s’élever d’une centaine de mètres.
Parallaxe?! En attendant, je trouve ça bien couillu de sa part. Le chaudron est certes large, mais les ravines en-dessous le sont beaucoup moins.
Je l’attends, il me rejoint. Les autres pilotes ont rebroussé chemin vers le lac. Alors que Loïc me recoiffe sous le vent du col, je prends l’initiative et même si plus bas, je me lance vers Zahara. Les gorges ensoleillées devraient nous livrer les secrets de leurs ascendances thermiques.
Le col de los Acebuches fonctionne à merveille et me permet récupérer mon retard d’altitude sur Loïc. Ce dernier a repéré un groupe de vautours qui s’élèvent au creux du pic de Cambronero.
Je laisse mon ascendance avant son sommet pensant faire la bonne affaire. On ne gagne pas à tous les coups!
Les gorges de Pilones sont profondes (pas de mauvaise interprétation!). Ambiance! Les vautours ne font pas mieux et certains s’emmêlent même un peu les pédales.
Nous sommes rejoints par deux pilotes Advance qui sans aucune pause se laissent glisser vers los Albarrannes au Nord-Ouest.
Nous continuons à suivre nos vautours en cherchant à reprendre de l’altitude au-dessus de Breña Chica. Cela ralentit un peu notre descente vers le plancher des vaches.
Dernier espoir, les combes orientées Ouest / Nord-Ouest de la Sierra. Loïc s’y lance en éclaireur. Je lui emboîte le pas mais je m’arrête au col de la Breña dans un soubresaut de mon aile. Rien, Loïc disparaît dans le fond.
Le petit surplus me permet de tenter la crête du Parralejo, plus au Nord-Ouest.
Je n’aurai pas plus de succès. Je glisse vers le fond en survolant les bosses d’El Alamo et je finis par poser au bord de Cordel de Arcos de la Frontera, à côté des deux Suisses allemands qui nous ont précédés.
Je rejoins pour ma part le reste de l’équipe qui a fait plusieurs vols entre l’Est et l’Ouest d'Algodonales.
On attend tranquillement Loïc qui clôturera cette belle semaine de vol à Algodonales par un dernier plouf du soir.
On finira bien sûr tout ça le soir en mettant le feu sur la place d’Algo, à fêter l’âge avancé de Yoyo (pour la rime).
Très bonne ambiance avec une équipe vraiment sympa.
Encore merci à Hervé pour l’organisation sur place et les bons plans resto le soir.
Toutes les photos...
ICI!!!Andalousie (2019): tendance NO bleue pour revoler avec Titof!
Il y avait longtemps... qu’on se disait avec Tifof qu’on revolerait bien ensemble.
Par manque de place dans la navette, je me retrouve avec le groupe suisse allemand avec qui la communication reste assez limitée.
Carlos nous monte au décollage Nord-Ouest pendant que Manu se dirige avec Titof et les copains à l’Ouest.
Le déco est bien alimenté... quelques sketchs freinent certains pilotes.
Je prends le bon créneau en croisant Loïc qui arrive de Poniente, avec Nono et Titof. On ratisse la crête et le plateau derrière. La tendance est clairement Nord.
La masse d’air est plutôt stable, les thermiques petits et teigneux. On se jette sur les grappes de vautours qui nous aident bien.
Nono et Titof se lancent vers le Nord-Ouest pendant qu’on met le cap avec Loïc vers la Mulleta.
Repli: Nono pose dans un petit champs sur le chemin de montée, Titof va brasser le fond de vallée et comme à l’accoutumé ressortira en glissant sur les arbres, quant à Loïc, prudent, il raccroche la crête au Nord-Ouest.
Pour ma part, j’enroule le thermique bien pourri de la Mulleta, je pars derrière l’atterrissage Ouest.
La prudence paye et je reviens bien que bas sous le Poniente le vent de Nord-Ouest m’aidant à rejoindre mes deux compères.
On est tous les trois dans le vol contemplatif. Qu’il est beau ce lac de Zahara.
Petit séance de 360 synchro avec Loïc, avec des images pas super cadrées (lol).
A ce petit jeu, on ne s’aperçoit pas que le Nord-Ouest se renforce... on se rapproche trop de la crête d’Algo oû Titof reprend le thermique du bout qui ne donne plus rien.
On se retrouve tous les trois sous le vent, à dégringoler sous le déco.
Les pilotes spectateurs doivent bien se marrer et parier qui rentrera ou pas au terrain... C’est chaud!
J’enroule un thermique balayé par le Nord-Ouest... que je quitte en voyant Titof, en restant plaqué au relief.
Je reprends une bulle dans un trou... je vois Loïc en finale.
Ca va le faire ;-) Feu!
Derrière Titof prend la mauvaise option de tirer tout droit... il passe ric-rac le fond du terrain d’’atterrissage.
Trois heures de prises... ce sera une autre fois pour le cross du siècle avec toi l’ami Titof.
On rallongera tous la journée en faisant un plouf du soir avec de belles lumières d’automne.




























