Andalousie (2019): le petit tour du Lac Zahara - El Gastor pour finir...


Les températures remontent enfin sur Algodonales et ce petit matin nous permet enfin de déjeuner en terrasse en t-shirt. Quel luxe!

Comme tous les derniers matins, je monte avec mes compatriotes suisses sur ce haut plateau qui s’étale au-dessus du village. Je suis pris dans mes rêves...


Lijar est éclairé par le soleil en Sud-Est et le vent vient déjà y pousser les bouffes thermiques.

Le déco est déjà envahi par des hordes de parapentistes assoiffés.



C’est le dernier jour pour beaucoup, le lendemain étant réservé au retour hebdomadaire.

Je retrouve Titi qui est seul aujourd’hui, toute l’équipe de Cumulus (y compris René) étant rentrée dans les Vosges.

Je flâne sur le belvédère à contempler ce joli lac artificiel qui illumine Zahara de la Sierra de ses reflets turquoises. Un signe?



Les premières voiles tiennent au niveau du déco. Je m’en vais me préparer. Mais où est donc ma doudoune?!

Les copains arrivent. J’en profite pour remarcher dans mes pas à la recherche de ma précieuse protection thermique. Rien... les autres sont déjà prêts, je me résigne. Je me satisferai de mon coupe vent. De toute façon il fait franchement plus chaud, ça devrait suffire.


Carlos m’annonce que je suis le dernier... une fois n’est pas coutume ;-) J’ai perdu mon avance du matin mais aucune voile ne semble être partie au loin vers Ronda! Le plafond est encore bien bas.


Je ne tarde pas à rejoindre Loïc et Titof à la Ladina.

La masse d’air est plus instable que la veille mais est bien désorganisée par de l’Est. Les thermiques sont petits et virils. Pas un seul petit mouton blanc dans le ciel.

On se décale derrière vers la Casa de las Viboras, attirés par une grappe de vautours.

Titof suit son instinct derrière deux pilotes qui remontent au dessus des petits canyons vers Olivera. On le revoit alors qui rebondit sur las Vivarias.

Pendant ce temps, on se ré-avance avec hésitation vers Las Columnas avec Loïc.

Il est 14h30. Je signale au groupe qu’il va falloir rester haut, l’activité thermique semble s’affaiblir...

Titof revient vers nous et semble avoir une bonne ligne et devrait faire la jonction avec Loïc qui enroule maintenant la colonne au-dessus du trou. Je suis à la traine.

J’hésite à le rejoindre car je suis plus bas. Je me décale au soleil sur les petites bosses de Campo Huerta. C’est mou, mais ça ne descend plus.

Loïc, imperturbable, glisse sur El Jaral... et remonte. Je reste dans mon traintrain... alors que des pilotes remontent plus vite à mes côtés! La sieste est finie! Je dois me réveiller! Un vrai cauchemar, je me décale pour aller voler un peu de vigueur à mes voisins... c’est mieux, mais cela ne me satisfait pas.

Je ne vois plus Loïc, ni Titof d’ailleurs (son retour trop bas à las Columnas lui aura été fatal)! Trois voiles m’ont dépassé. Je reprends enfin mes esprits et surtout je retrouve le plafond. Allez, on se reconcentre...

Je me fais catapulter au-dessus de Tajo del Algarin, et longe la crête pour me retrouver au-dessus de la Graja. Loïc semble batailler en-dessous.

Trois voiles flottent vers la Sierra de Malaver, derrière Montecorto. Elles sont assez basses. Elles basculent sur le versant Est. Une, trop basse va s'enterrer en contrebas.

Je les rejoins en face Ouest sans trouver aucune ascendance. Sous le vent, c’est pas plaisant. Je me fais rappeler à l’ordre.

Les deux voiles qui ont survécu, remontent dans le couloir du Moral avec quelques vautours.

Je m’y jette à mon tour... c’est costaud et turbulent. Je me décale de nouveau vers la ravine qui m’avait sauvé en début de semaine, oubliant définitivement l'option de Ronda (personne au loin, pas un vautour, tout bleu, très bas!).

Je vois quelques pilotes dont Loïc ressortir derrière El Gastor à las Grajas.
Je contourne le rocher et m’applique à retrouver le plafond. Je prends le dernier wagon semblerait-il.

Je bute 200 mètres en dessous.... quand je vois Loic qui semble propulsé sur les contreforts de los Espartales, de l’autre côté du Lac.

Je m’encourage... je le sens bien. Et au pire, j’irais poser au bord du lac!
Ma transition se déroule bien et, moi aussi, je remonte dans un thermique de confluence en face Nord, oui, oui en face Nord! Difficile de tout comprendre ici bas!

Cette fois l’ascendance me catapulte bien au-dessus de la crête, ce qui me permet de rejoindre sans encombre un groupe de vautours en face Nord-Ouest derrière Coros (1328m).



Je suis étonné de voir Loïc et un autre pilote lutter sous l’arête Sud-Est de las Cumbres. La tendance Sud-Est, ressentie lors de la traversée du lac, doit rabattre les thermiques qui prennent leur source en Sud-Ouest dans le lac de Fresnill, plus bas.

Je passe le col de las Palomas très haut et je fonds sur l’énorme combe de las Lomas.

J’y suis accueilli comme espéré par un thermique bien puissant. Là, par contre, le Sud (voire même Sud-Ouest) est plus présent et l'envie de partir vers la mer me passe rapidement quand j'atteinds le plafond à 1976m.


Sous mes pieds je vois Loïc qui semble s’être jeté dans la combe après avoir pu s’élever d’une centaine de mètres.

Parallaxe?! En attendant, je trouve ça bien couillu de sa part. Le chaudron est certes large, mais les ravines en-dessous le sont beaucoup moins.

Je l’attends, il me rejoint. Les autres pilotes ont rebroussé chemin vers le lac. Alors que Loïc me recoiffe sous le vent du col, je prends l’initiative et même si plus bas, je me lance vers Zahara. Les gorges ensoleillées devraient nous livrer les secrets de leurs ascendances thermiques.

Le col de los Acebuches fonctionne à merveille et me permet récupérer mon retard d’altitude sur Loïc. Ce dernier a repéré un groupe de vautours qui s’élèvent au creux du pic de Cambronero.

Je laisse mon ascendance avant son sommet pensant faire la bonne affaire. On ne gagne pas à tous les coups!

Les gorges de Pilones sont profondes (pas de mauvaise interprétation!). Ambiance! Les vautours ne font pas mieux et certains s’emmêlent même un peu les pédales.

Nous sommes rejoints par deux pilotes Advance qui sans aucune pause se laissent glisser vers los Albarrannes au Nord-Ouest.

Nous continuons à suivre nos vautours en cherchant à reprendre de l’altitude au-dessus de Breña Chica. Cela ralentit un peu notre descente vers le plancher des vaches.

Dernier espoir, les combes orientées Ouest / Nord-Ouest de la Sierra. Loïc s’y lance en éclaireur. Je lui emboîte le pas mais je m’arrête au col de la Breña dans un soubresaut de mon aile. Rien, Loïc disparaît dans le fond.

Le petit surplus me permet de tenter la crête du Parralejo, plus au Nord-Ouest.
Je n’aurai pas plus de succès. Je glisse vers le fond en survolant les bosses d’El Alamo et je finis par poser au bord de Cordel de Arcos de la Frontera, à côté des deux Suisses allemands qui nous ont précédés.

Je me presse de plier car ils me proposent de me ramener à l’atterrissage d’Algodonales. On cherche Loïc qui n’arrive pas à transmettre ses coordonnées GPS. On le retrouve juste sous Zahara. Il a aussi été récupéré par une école locale qui le remontera jusqu’à El Poniente pour un dernier vol du soir.


Je rejoins pour ma part le reste de l’équipe qui a fait plusieurs vols entre l’Est et l’Ouest d'Algodonales.



On attend tranquillement Loïc qui clôturera cette belle semaine de vol à Algodonales par un dernier plouf du soir.

 On finira bien sûr tout ça le soir en mettant le feu sur la place d’Algo, à fêter l’âge avancé de Yoyo (pour la rime).

Très bonne ambiance avec une équipe vraiment sympa.

Encore merci à Hervé pour l’organisation sur place et les bons plans resto le soir.






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