Andalousie (2019): première grosse journée Al Bosque

Cette première journée dominicale s’annonce peu volable. Du vent de Nord Ouest est annoncé forcissant... direction El Bosque.

Le site donne sur la plaine et est abrité par le massif.


Des hordes de parapentistes ont déferlé au petit décollage d’où seulement deux voiles peuvent s’extraire.



Nous attendons près d’une heure et demie avant de pouvoir étaler nos voiles ce qui me laissera de faire quelques images au drone.

L’humidité de la veille est bien présente au sol... en l’air aussi. Quand nous rejoignons la voies des airs les étalements sont déjà présents au dessus du pueblo « El Bosque ».


Pour ne pas changer, je suis le dernier du groupe à m’extraire, merci à Carlos (fils ainé de Gerhardo) pour la régulation optimisée. Loic est déjà loin vers l’Ouest.


Je dois contourner une énorme tour qui s’édifie devant moi et balancer quelques 360 à 1800m pour revoir la lumière du jour.


Je repasse derrière la crête, que Manu (fils cadet de Gerhardo) nous a vivement déconseillé de franchir vers l’Est... direction le sud et ses superbes lacs (Embalse de Hurones). Le vent est bien moins fort qu’annoncé... pour notre plus grand plaisir.

Cette canaille de René qu’on n’aura pas croisé, sera rentré par la voie des airs à Algodonales. Bravo!


Je rate une transition et reviens à plat ventre sous le déco.

L’ombre a éteint l’activité thermique.

C’est la débandade et certaines voiles prennent déjà la direction de l’atterrissage. Je m’accroche aux morceaux de rochers qui donnent encore...
puis me jette sur la combe qui reprend la lumière... ça remonte!

Quelques voiles qui montent mieux que moi dans l’ombre partent encore à l’Ouest.

Je les suis... je vois Loic apparaître dessous, enfin! Il a eu le temps de faire le tour du propriétaire au dessus de Prado del Rey. J’ai bien envie de continuer vers le lac de Bornos.

Étape 1, la colline aux antennes. Le thermique ne monte plus guère mais nous ne sommes plus si loin. Les 200 mètres que j’ai pris à Loïc ne suffiront malheureusement pas.

Je vois les antennes descendre dans mon champs de vision au fur et à mesure que le village passe derrière moi. 22 kms/h de vent d’Ouest me giflent comme si canalisé dans le goulet et s’enfilant dans le col du village...

Il va manquer de la hauteur, autant dire que la mission va être encore plus compliquée pour Loïc.

Je ne passerai pas et je fais demi-tour vers le village. Mon compagnon est bien bas... je le vois se jeter vers un champs en virgule alors qu’un thermique salvateur me décale vers le col.

Choix cornélien, je m’accroche dans ce rien pour espérer rentrer avec le risque de passer derrière la colline sous le vent, ou je rejoins le plancher des vaches par solidarité en optimisant ainsi le retour à El Bosque.

Demain devrait être meilleur... j’opte pour la deuxième option et retrouve Loïc à démêler comme lui mes suspentes de ces petites racines qui parsèment le champs où je l’ai rejoint.

On n’a pas le temps de plier que Manu nous a rejoint et nous ramène à l’atterrissage pour récupérer le reste du groupe.

En l’air reste Titof et Yoyo. Les autres se sont déjà enracinés au Landing Bar et n’auront pas le courage de remonter.


Manu nous remonte avec Loïc, Carlos nous assurant une restit’ exceptionnelle au déco.

Le graal, nous sommes en plus seuls à étaler nos voiles.


La douce lumière ocre vient nous embrasser et nous nous envolons tous les deux pour dans un frémissement accueillant.


Il n’est pas aisé de rejoindre la crête car les thermiques semblent s’endormir sur les arbres plus bas.



Le petit morceau de rocher dans la combe nous sauvera et nous permettra de flotter ensuite dans un air doux et apaisé jusqu’aux lueurs de la nuit. Superbe coucher de soleil avec Yoyo et Loïc.



Quelques photos avec Albator aussi: Loïc a sorti un beau drapeau de corsaire pour l’occasion et souhaite partager ce moment avec ses deux petits pirates qui l’attendent à la maison.






Quand nous rejoignons la terre ferme, il fait nuit... petite appréhension à sentir défiler à toute vitesse le sol qu’on distingue à peine.

Nous plions dans la lumière des phares du camion Ganterfly!



Il est tard, merci les copains pour votre patience à l’atterrissage. On retrouvera René et les copains de Cumulus plus tard à Algodonales pour palabrer sur cette belle journée.

Toutes les photos...

ICI!

Andalousie (2019): Algodonales & Ganterfly

Il y a trois semaines mon ami et compagnon de cross de plaine Loïc me mettait dans un petit coin de mon oreille une proposition de dernière minute que j’ai finie par considérer.

L’été indien est très vite changeant (à l’image de cette année 2019), le meilleur comme le pire... et le pire, ça fait deux semaines qu’il nous tombe dessus chargé de pluies glacées et nuages bas dans les fonds de vallées.


Je remonte en Moselle pour rejoindre la bande de joyeux fêtards Lorrains qui vont faire leur pèlerinage d’une semaine à Algodonales chez Gerhard(o) sous sa petite structure familiale: Ganterfly.

Ce dernier s’est installé dans cette petite ville bien connue du vol libre depuis près de 35 ans.

Il s’applique à amener les pilotes du monde entier sur les meilleurs spots du jour.

Ses deux fils Carlilto et Manu l’épaulent. La relève est assurée!
Le groupe étant déjà complet avec 8 personnes il faudra s’accommoder de ne pas être tout le temps (principalement le matin) avec les copains dans les navettes.

Seuls Marie et Nono me sont vraiment inconnus.



J’ai croisé une ou deux fois Lurdes et Claude dans les Vosges (Houeville) et Volme.

Ça fait aussi longtemps que je n’avais pas revu Hervé ni Yoyo d’ailleurs.

Enfin pour finir les présentations, c’est avec une grande joie qu’on va pouvoir revoler ensemble avec Titof pour (notre dernier cross remonte à 2017).

Une tribu helvète de 14 pilotes fait aussi partie de la fête, du moins des navettes... La barrière de la langue n’aidera pas au rapprochement franco-suisse cette fois et on en restera à des salutations amicales en l’air et le matin lors du ramassage.

Nous sommes hébergés dans la maison de Gerhardo et quand je rallie Algodonales sous une pluie battante dans la nuit noire, tout le monde a rejoint ses quartiers...

Et c'est parti pour le programme de la semaine:


Vosges (2019): entre averses et plafonds bas: la brume et le feu

Cela fait déjà trois semaines que nous sommes revenus des Dolomites et ce bel été indien qui se profilait s'est vite envolé cette année sous nos latitudes.

Le stratus bas a envahi le ciel avec sa meilleure alliée... l'humidité. Alors quand ces deux là décident d'aller voir ailleurs le temps d'une journée, nous n'hésitons pas une seconde, retour en images sur les crêtes Vosgiennes.

Le Printemps indien le temps d'une journée...

Avec la pluviométrie des derniers jours: on s'attendait à un risque d'étalement fort; avec le voile annoncé: une journée bien écourtée... rien de tout ça ou presque!

Direction le Petit Drumont où un ciel de rêve nous attend, sans le plafond céleste qui va bien avec. 
De jolies rues de nuages strient un  beau ciel bleu, l'air au sol est bien frais sous l'influence du nord. 



Probablement échaudé par ses décollages tardifs du Col de Rodella, Chris retrouve sa place de fusible à la maison en montrant la voie... à titiller les barbulles à 1700m. 

Loïc sera fidèle à son pseudo et lui emboite le pas. 

Je prends le train derrière, en écrasant d'un pied lourd la jolie Swift de Julien F. au passage qui me barrait l'envol (oouupppss, désolé).

Hervé et Pino nous rejoindrons peu après.

Plus bas, on voit deux lames qui transitent du Treh. Ben et Jéjé nous diront le soir être partis à 1400m... belle manière de tâter les basses couches!

La nébulosité est déjà importante à 1600m. Chris est parti à Rouge Gazon mais revient bredouille en rampant sous le Gusti. 

C'est champagne plus haut et les bulles font disparaître les pilotes dans les volutes.

Une première, trois milans royaux dessinent le thermique derrière l'antenne du Gustiberg. Je m'y lance avec Loïc. 
Il va falloir qu'on les reconnaisse à l'avenir car ce ne sont pas des vautours et ils sont peu partageurs. 


L'un d'eux sort le train d'atterrissage et montre clairement son intention peu amicale de nous écarter, ce que nous faisons sans broncher... en s'apercevant rapidement qu'ils disparaissent aussi dans le nuage. Garde ton cap gentil milan... 


Tout le monde se retrouve au Nord du Gusti... Chris, l'homme qui parle à l'oreille des nuages, part en traversant le cum derrière le Gusti suivi de Pino. 

L'armada suit en quinconce derrière en cherchant les meilleures lignes pour le col d'Oderen. On se retrouve plus ou moins tous au-dessus de la Ferme Auberge Felsach sauf Pino qui n'y a pas cru et a fait demi tour vers le Drumont.

Chris et Loïc trouvent les premiers la sortie mais c'est Hervé, arrivé plus bas qui en se décalant plus au Nord trouvera la meilleure affaire. Je patiente au lieu de fondre sur ce dernier. Ils partent à trois au soleil... la rue à gauche m'inspire. 

Je lâche mon ascendance moins performante avant d'atteindre le sommet et je me décale. A l'ombre, je n'ai même plus besoin d'enrouler... je rattrape mon retard.

Super ce vol de groupe tous les quatre. Les deux lames ont disparu... certainement à l'Ouest. 

Les plafonds bas ne nous ont pas vraiment convaincu... le problème c'est qu'ils le sont tout autant plus loin au Nord. 

Ca ne va pas être facile car les reliefs réduisent les marges de hauteur au Nord. On a du baume au coeur, l'émulation est là. Nous nous relayons et progressons par paire. 

Nous refaisons un peu le plein avec Loïc au-dessus du col du Bramont pendant qu'Hervé et Chris ont débusqué un missile qui glisse le long de la route des Américains sous le Rothen. Ils disparaissent haut dans le nuage. Nous ne les reverrons pas... 

Je passe le Rainkopf par l'Est pendant que Loïc reste au soleil... une bonne ligne qui me propulse vers le Hohneck où le couloir Wormspel me fera rebondir dans un thermique plus modeste au plafond qui s'allume... 

Je quitte le nuage sans y rentrer de peur de m'y perdre... Loïc le grignote et me coiffe de nouveau en passant au-dessus de la Martinswand. 


On passe très bas au-dessus de l'Auberge des 3 fours pour s'engouffrer dans le col de la Schucht. 

On arrive trop bas pour passer à l'Ouest. La crête tenouille tout juste... J'arrive à repasser au-dessus mais trop tard. L'ombre a cassé le rythme... je rejoins Loïc dans le trou et me laisse glisser au soleil au-dessus du pierrier qui est juste en dessous de l'ancien centre médical de l'Altenberg. ça remonte dans un thermique un peu contrarié... 

Je pars vers le Lac Vert que je survole bien bas et je rebondis sur les premières chaumes du Gazon du Faing. Je patiente dans un thermique faible... Loïc me rejoint mais arrive trop bas. Il glisse dans la combe du Ringbulhkopf. Les cumulus sont bien présents vers le Lac de Forlet. La face au dessus du lac est au soleil... Gaazzz!

Je longe la crête en saluant les randonneurs. Je n'ai jamais été aussi bas ici! L'envie d'y poser est grande... mais la sortie est devant. Du Sud-Est est bien présent, il devrait m'aider... ça flotte mais ça ne monte pas. Je bascule côté alsacien à chercher le thermique salvateur... je le trouve mais il m'abandonne! Arrggghhh! Je vois Loïc qui s'est sorti de son mauvais pas. Je suis 100m au-dessus de la chaume Sud... trop bas pour basculer vers le Lac Noir avec ce Sud-Est qui me mettrait sous le vent et m'enterrerait dans la cuvette. Pas envie de ça! Il y a des cums en plaine... l'aventure aussi, ces reliefs me sont complètement inconnus. Loïc a fait demi-tour vers le sud. 

Le Sud-Est se fait plus présent alors que je longe sous la crête menant au col de Weittstein. Mauvais cheminement en évitant plateaux et forêts, je me retrouve sous le vent des collines orientées Sud-Ouest. J'arrive sous le col... les thermiques sont désorganisés. Je plonge en voyant la crête s'éloigner. Impossible de rejoindre la face Sud qui me permettrait d'être au vent... il ne me reste plus qu'à trouver où poser et les options se tarissent petit à petit. 

Un grand prés sur les hauteurs de Soultzeren a attiré mon attention dans ma longue descente aux enfers... c'est le seul qui m'inspire. Après, trop de lignes, trop d'arbres, de maisons, de pentes. Il est sous le vent, mais est dégagé ce qui devrait le rendre aérologiquement sain. A l'approche deux gros chiens débouchent de la dernière rangée d'arbres, heureusement ils ont plus peur que moi... Ils restent à bonne distance quand mes pieds rejoignent le plancher des vaches.
L'herbe est grasse et verte. Les petits cumulus derrière vers Munster me narguent.

J'ai manqué un peu de réalisme sur cette fin de vol mais je suis content d'avoir été chercher plus loin... Il aurait fallu chercher plus derrière pour arriver suffisamment haut dans le col de Weittstein pour espérer en ressortir. Encore riche d'enseignement!

Je me presse de plier et descendre vers le village en contrebas... la suite? Juste une récompense et une invitation à tenter l'aventure même si les circonstances ne sont pas forcément propices. En rejoignant la départementale à la sortie de Soultezeren, je tombe sans attendre sur une première voiture qui me remonte au col de la Schlucht. Son conducteur fort sympathique me laissera à l'entrée de la route des crêtes. Entre temps j'apprends que Loïc a posé lui aussi... en contrebas de la Bresse Station.

Le doute s'installe quand après 10 minutes et 5 voitures, je suis toujours à tendre le pouce. Le drapeau retour de Loïc finit par faire son effet. Un sympathique conducteur s'arrête car il n'a pas pu lire les inscriptions... 

Il m'explique que le Col du Bramont est fermé pour cause d'incendie d'une maison sur les hauteurs de la Vologne et qu'il doit aller à Mulhouse. Son malheur fait mon bonheur... il me déposera derrière le Markstein.

Je redécolle du déco Sud du Treh à 17h10 et je glisse dans l'ombre, poussé vers le bas par du Nord-Est dégoulinant. Le voile d'altitude est arrivé plus tard que prévu pour le plus grand plaisir des copains plus réalistes qui ont réussi à boucler (merci à Chris et Pino pour avoir redescendu la voiture du Drumont). 

On se retrouve tous dans un timing parfait au wagga (Loïc assurant sa récup en 5 stops en passant par le col d'Oderen et Hervé ayant bénéficié de la restit' magique du Treh). 



Superbe journée qu'on finira en débriefant entre les bières du Wagga et les excellentes pizzas de la Marinella à Saint-Amarin.






Ambiances d'Automne, la brume et le feu


La pluie et l'humidité se déversent dans les vallées Vosgiennes depuis lors... 

Une petite éclaircie nous permet de profiter des belles ambiances de fin de journée entre le col du Brabant et le Lac des Corbeaux.

Les chaudes couleurs de l'Automne n'ont pas encore complètement envahi bois et sous-bois, mais cela ne devrait plus tarder. 

Les amanites tue-mouche bordent les sentiers. Les moutons ont été déplacés sur les versants sud.


Les volutes s'enroulent dans les fonds de vallées et sur les crêtes, le soleil qui resurgit, enflamme les prés sur les hauteurs.






Le lac des Corbeaux est encore un peu éclairé quand nous le rejoignons. Le retour par contre se fait à la lumière d'une demie lune. 


Que du bonheur!

#la Vie en Vosges


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