Allemagne (2009): le Palatinat, point de frayeurs, sortez les coinceurs!




Ces deux derniers week-ends, la météo est capricieuse et les virées initialement programmées en Suisse doivent être abandonnées (désolé Steeven :-().


Profitant de deux belles journées estivales, notre choix se porte sur des terres que nous n'avons pas encore foulées, au-delà de la frontière alsacienne des Vosges du Nord.

Nous partons donc entre Pirmasens et Landau, dans le célèbre Parc Naturel du Palatinat que connaît bien Flo pour y avoir travaillé pendant plus de trois ans.

Quel guide de choix! Sa maîtrise parfaite de la langue de Goethe nous permettra de déchiffrer les explications incontournables de son topo (bien fourni par ailleurs) sur la Pfalz et nous recommandera judicieusement dans le choix des menus le soir venu.



Quelle surprise! La région est splendide et le rocher au grès rougeoyant vivifiant.

Alors sans plus attendre, voici donc:




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Allemagne (2009): Dahn, Hochstein

Rebelote! Orages annoncés pour le week-end. A l'arrache, avec Flo, on s'arrange chacun de notre côté et on part ce vendredi matin, à la fraîche, après avoir déposé May à la gare, cette dernière n'ayant pas pu se libérer. Deux bonnes heures de route nous amènent à notre destination, la voiture commençant à connaître le trajet.

Flo a proposé le Hochstein! Dix minutes à pied à travers champs et une falaise d'une cinquantaine de mètres s'élève derrière la chapelle St-Michael et son cimetière accueillant. Oui, oui... c'est un beau jardin naturel avec des petites briques en grès portant le nom des locataires. Loin de ce que l'on connaît chez nous.

A l'arrivée, on tombe sur la face nord du Hochstein. Sa belle ligne de faiblesse impressionne.
La sortie tout en grand écart doit être terrible. Nous filons en face sud où le soleil matinal arrose un beau grès rouge.

La tour est vertigineuse et la voie normale n'attend que nous.

Nous avons déjà appris à nous méfier des cotations allemandes et là encore cela se confirme. Le niveau 3 est largement sous-estimé. Par contre, l'engagement avec son E1 est bien mérité.

Le départ sableux est difficilement protégeable surtout si l'on s'engage dans la fissure béante.
Tous les grimpeurs locaux qui ont défilé après nous sont passés sur la gauche, parfois sans aucune protection. Les Rhénaniens engagent!

Ensuite, de grosses marches aisées amènent au premier anneau avec une fissure évidente qui ne demande qu'à y jeter des camalots 2 couplés ou un gros hexagonal que je n'avais pas.
Puis arrive le crux en 5a/b très exposé de la voie avec un retour fatal sur une large vire.

Après un long temps de réflexion, j'opte pour la sagesse en longeant la fissure sale et moussue qui s'échappe à droite en dessous d'un arbuste. Je relance alors à gauche une fois le surplomb passé pour reprendre le tracé initial. Ces larges assiettes de grès auraient certainement fait monter ma température interne avec les pieds dans le vide. Flo attestera de la difficulté de l'épreuve en me rejoignant.

Vient alors la série d'écartèlements unique, avec vue sur le cimetière, Dahn plus au fond et avec en prime le vent dans le dos.

Il faut ensuite s'élancer au-dessus du deuxième et dernier anneau pour continuer sur le bloc sommital et terminer avec quelques beaux aplats.
Cette voie classique (1918), de près de 45 mètres, reste incontournable si vous venez au Hochstein.

Flo me rejoint en s'ajoutant un peu de piment dans la traversée imposée par ma déviation.
Encore une surprise au sommet. Une petite boîte aux lettres contient un livre d'or abondamment signé depuis 2006. Pas mal de fréquentation finalement, la dernière cordée ayant laissé un mot la veille. En redescendant, on a rapidement compris qu'on ne retrouverait pas la tranquillité d'Hauenstein ici. D'autres cordées se lancent rapidement dans la Normale.

Comme nous avions tiré le rappel dans «Herr Der Ringe» (7b), retapé par le déjeuner, je me lance malgré la chaleur écrasante, en moulinette dans son départ en 6b/c («Direkter Erich Honecker Gedächtnisweg», 7+). Le soleil a tourné quand j'arrive au crux final... la réglette me défie, mais je tire sur la corde pour finir les pas exigeants mais moins violents. Il faudra revenir bien plus armé pour enchaîner ces 45 mètres engagés.

Pendant qu'à son tour, Flo ne démérite pas en atteignant le premier toit de la Direkter, j'assiste à un cours d'escalade outre-rhin. Un local, visiblement de bon niveau, s'échauffe dans la Normale. Il colle un seul coinceur sur les premiers 20 mètres et autant dans la partie suivante. Il eut suffit d'une glissade et nous aurions pu assister à un autre spectacle... mais c'est une autre histoire que j'espère ne jamais relater.

Petite pause et nous filons sur le massif «Linker Teil». Là encore de nombreuses voies filent dans les fissures évidentes. Nous passons à «Dornenriss» (5). Encore une belle voie *** dans un niveau abordable offrant ainsi une véritable école d'escalade traditionnelle.
Flo semble aussi apprécier cette balade tout en dièdre.

Puis je me lance dans «Eichenriss» (6-), du dulfer à une belle sortie de toit, cette voie plus courte mérite aussi ses 3 étoiles. La pose des coinceurs est plus efficace, la confiance monte et les mouvements sont alors plus fluides.

Flo manquant de pêche, on décide de terminer dans une voie plus facile en 4+ dans le pur style traditionnel. Je lui protège même une belle traversée à coup de 0.3. Elle me rejoint sur le belvédère pour assister au coucher de soleil.

Avec près de 70 voies, ce site est un bon début pour apprécier l'escalade traditionnelle dans le Palatinat. Par contre, vu la fréquentation en semaine, il y a de fortes chances qu'il ressemble à Berdorf les week-ends.


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Allemagne (2009): Hauenstein, Hülsenfelsen & Backelstein

En ce samedi matin de 1er août, le soleil chaleureux de l'été nous invite à nous évader un peu plus à l'Est. Flo est de la partie, et au volant de son A3 nerveuse, elle nous emmène en deux bonnes heures à Hauenstein.
Cette petite commune, connue pour ses magasins de chaussures d'usine, compte près de huit sites répartis tout autour.
Ces monumentales tours de grès rouge surgissent de la coulée sombre et envahissante de persistants.

Hülsenfelsen

Pour notre première, nous avons opté pour le Hülsenfelsen, privilégiant son nombre de voies faciles dans le 5 (UIAA) au tracé manquant des voies du topo.
Ici, l'escalade traditionnelle est reine, et il vaut mieux revoir ses prétentions à la baisse, pose des coinçeurs oblige!
Après une petite marche d'orientation à travers champs et sapins, nous déboulons sur un massif sauvage, peu entretenu. Nous faisons le tour complet, et Flo nous propose une voie en 4+ (Östlicher Südriss), qu'on avait pris initialement pour une 3+, au pied d'un arbre facilement identifiable perché à flanc de rocher.

Démarrage déversant, prises sableuses! Rien de tel pour mettre dans l'ambiance!
Le petit réta sur bombés demande un peu de réflexion, mais la suite offre une belle balade à protéger jusqu'à la plate-forme sommitale. Flo apprécie les passages techniques et s'offre son baptême de récupération de coinçeurs.
May a droit à la voie de droite qui s'avère beaucoup plus ardue. Après revue du topo, elle ne démérite pas avec un 6+ copieux: «Linsensuppe». Départ bloc et réta sur aplats fuyants en haut. Bravo!


Après un déjeuner tardif à apprécier le paysage, on se décale sur la vire et j'attaque une voie qui me paraît plus simple: Mittlerer Südriss (5+).
Les deux anneaux, même aussi espacés, me rassurent au point que je complète, très détendu, avec quelques camalots et sangles. May semble moins à l'aise, sa première performance l'ayant probablement entamée. Vient le tour de Flo qui attaque assez facilement le pas de bloc de la Linsensuppe (6+) pour ouvrir une variante directe dans le toit qui s'avère un peu trop délité pour sortir le tout en libre. Quelques pédales sont nécessaires pour nous rejoindre, ce qui nous vaudra une bonne crise de rires.

Nous décidons de réserver la belle 6+ (Südostwand) équipée (8 anneaux) qui nous tend les bras, pour une prochaine visite. Nous quittons les lieux pour le Backelstein.


Backelstein
Situé à 5 minutes de la piscine municipale, cette falaise vaut vraiment le détour.
Une tour d'une soixantaine de mètres offre des voies essentiellement dans le 6, qui se méritent, car elles sont exposées (au minimum E1) pour la plupart.
Cette face est vraiment impressionnante et, du bas, le gaz est déjà palpable.
La voie «Grosse Südverschneidung***» (5+/E1) me défie avec ses 47 mètres de dièdre.
La fissure béante me refroidit un peu car mon camalot 4 semble bien dérisoire d'en bas. Les quatre anneaux de sa soeurette de gauche («Tabu», 7+) m'encouragent à me lancer.

La première difficulté me semble tellement loin d'un 5c que je cravate la vire de peur que mon camalot 3 n'arrive pas à contenir un vol probable. La fissure est évasée et les faces sont lisses, faisant apparaître un galet par-ci, un galet par-là.
Au moment où j'adresse à Flo: «C'est un 5??? Il doit bien y avoir un bac quelque part dans cette fissure! Sinon je renonce... trop flippant ce retour sur vire!», une oblique saillante, située juste au-dessus de mon friend, me redonne le moral. Je me lâche et j'enchaîne un mouvement très direct en opposition, qui me relance en pointe sur un galet tremplin à gauche pour un bac salvateur.
Je dois me reconcentrer pour la suite car aucune protection n'est envisageable.
Je décide d'utiliser le premier scellement de «Tabu» pour récupérer mon 3 et enlever la sangle qui procure déjà du tirage.

La suite n'est pas gagnée car la fissure s'ouvre... Pas de tabou à se servir de «Tabu»... Là encore, je limite les risques même si je dois enquiller avant de pouvoir poser mon plus gros camalot (4). La fissure est encore trop large, et je sens ce dernier fébrile, nerveux. Je me hâte de monter pour enchaîner et poser mon camalot 3 plus protecteur.
Ces grands écarts de gymnaste, spécifiques à l'escalade en dièdre, commencent à se faire sentir. Les adducteurs en feu, je me pose sur le dernier scellement de «Tabu». Choix judicieux car je récupère mon camalot 4 que je peux alors pousser vers le haut, jusqu'à ce que la fissure m'offre une taille plus appropriée pour mes plus petits «amis»...
La suite devient plus agréable avec un beau finish dans un bombé rond. Le stress tombe. Le bruit des baigneurs a laissé place à la tranquillité des lieux. Il est tard et le long rappel nous fait quitter la place vers 20h30.

Par temps caniculaire, on peut profiter du splendide rocher de Backelstein le matin et finir la journée dans la piscine histoire de refaire tomber la pression.


Le Palatinat: point de frayeurs, sortez les coinceurs

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