Allemagne (2009): Hauenstein, Hülsenfelsen & Backelstein

En ce samedi matin de 1er août, le soleil chaleureux de l'été nous invite à nous évader un peu plus à l'Est. Flo est de la partie, et au volant de son A3 nerveuse, elle nous emmène en deux bonnes heures à Hauenstein.
Cette petite commune, connue pour ses magasins de chaussures d'usine, compte près de huit sites répartis tout autour.
Ces monumentales tours de grès rouge surgissent de la coulée sombre et envahissante de persistants.

Hülsenfelsen

Pour notre première, nous avons opté pour le Hülsenfelsen, privilégiant son nombre de voies faciles dans le 5 (UIAA) au tracé manquant des voies du topo.
Ici, l'escalade traditionnelle est reine, et il vaut mieux revoir ses prétentions à la baisse, pose des coinçeurs oblige!
Après une petite marche d'orientation à travers champs et sapins, nous déboulons sur un massif sauvage, peu entretenu. Nous faisons le tour complet, et Flo nous propose une voie en 4+ (Östlicher Südriss), qu'on avait pris initialement pour une 3+, au pied d'un arbre facilement identifiable perché à flanc de rocher.

Démarrage déversant, prises sableuses! Rien de tel pour mettre dans l'ambiance!
Le petit réta sur bombés demande un peu de réflexion, mais la suite offre une belle balade à protéger jusqu'à la plate-forme sommitale. Flo apprécie les passages techniques et s'offre son baptême de récupération de coinçeurs.
May a droit à la voie de droite qui s'avère beaucoup plus ardue. Après revue du topo, elle ne démérite pas avec un 6+ copieux: «Linsensuppe». Départ bloc et réta sur aplats fuyants en haut. Bravo!


Après un déjeuner tardif à apprécier le paysage, on se décale sur la vire et j'attaque une voie qui me paraît plus simple: Mittlerer Südriss (5+).
Les deux anneaux, même aussi espacés, me rassurent au point que je complète, très détendu, avec quelques camalots et sangles. May semble moins à l'aise, sa première performance l'ayant probablement entamée. Vient le tour de Flo qui attaque assez facilement le pas de bloc de la Linsensuppe (6+) pour ouvrir une variante directe dans le toit qui s'avère un peu trop délité pour sortir le tout en libre. Quelques pédales sont nécessaires pour nous rejoindre, ce qui nous vaudra une bonne crise de rires.

Nous décidons de réserver la belle 6+ (Südostwand) équipée (8 anneaux) qui nous tend les bras, pour une prochaine visite. Nous quittons les lieux pour le Backelstein.


Backelstein
Situé à 5 minutes de la piscine municipale, cette falaise vaut vraiment le détour.
Une tour d'une soixantaine de mètres offre des voies essentiellement dans le 6, qui se méritent, car elles sont exposées (au minimum E1) pour la plupart.
Cette face est vraiment impressionnante et, du bas, le gaz est déjà palpable.
La voie «Grosse Südverschneidung***» (5+/E1) me défie avec ses 47 mètres de dièdre.
La fissure béante me refroidit un peu car mon camalot 4 semble bien dérisoire d'en bas. Les quatre anneaux de sa soeurette de gauche («Tabu», 7+) m'encouragent à me lancer.

La première difficulté me semble tellement loin d'un 5c que je cravate la vire de peur que mon camalot 3 n'arrive pas à contenir un vol probable. La fissure est évasée et les faces sont lisses, faisant apparaître un galet par-ci, un galet par-là.
Au moment où j'adresse à Flo: «C'est un 5??? Il doit bien y avoir un bac quelque part dans cette fissure! Sinon je renonce... trop flippant ce retour sur vire!», une oblique saillante, située juste au-dessus de mon friend, me redonne le moral. Je me lâche et j'enchaîne un mouvement très direct en opposition, qui me relance en pointe sur un galet tremplin à gauche pour un bac salvateur.
Je dois me reconcentrer pour la suite car aucune protection n'est envisageable.
Je décide d'utiliser le premier scellement de «Tabu» pour récupérer mon 3 et enlever la sangle qui procure déjà du tirage.

La suite n'est pas gagnée car la fissure s'ouvre... Pas de tabou à se servir de «Tabu»... Là encore, je limite les risques même si je dois enquiller avant de pouvoir poser mon plus gros camalot (4). La fissure est encore trop large, et je sens ce dernier fébrile, nerveux. Je me hâte de monter pour enchaîner et poser mon camalot 3 plus protecteur.
Ces grands écarts de gymnaste, spécifiques à l'escalade en dièdre, commencent à se faire sentir. Les adducteurs en feu, je me pose sur le dernier scellement de «Tabu». Choix judicieux car je récupère mon camalot 4 que je peux alors pousser vers le haut, jusqu'à ce que la fissure m'offre une taille plus appropriée pour mes plus petits «amis»...
La suite devient plus agréable avec un beau finish dans un bombé rond. Le stress tombe. Le bruit des baigneurs a laissé place à la tranquillité des lieux. Il est tard et le long rappel nous fait quitter la place vers 20h30.

Par temps caniculaire, on peut profiter du splendide rocher de Backelstein le matin et finir la journée dans la piscine histoire de refaire tomber la pression.


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