Allemagne (2009): Dahn, Hochstein

Rebelote! Orages annoncés pour le week-end. A l'arrache, avec Flo, on s'arrange chacun de notre côté et on part ce vendredi matin, à la fraîche, après avoir déposé May à la gare, cette dernière n'ayant pas pu se libérer. Deux bonnes heures de route nous amènent à notre destination, la voiture commençant à connaître le trajet.

Flo a proposé le Hochstein! Dix minutes à pied à travers champs et une falaise d'une cinquantaine de mètres s'élève derrière la chapelle St-Michael et son cimetière accueillant. Oui, oui... c'est un beau jardin naturel avec des petites briques en grès portant le nom des locataires. Loin de ce que l'on connaît chez nous.

A l'arrivée, on tombe sur la face nord du Hochstein. Sa belle ligne de faiblesse impressionne.
La sortie tout en grand écart doit être terrible. Nous filons en face sud où le soleil matinal arrose un beau grès rouge.

La tour est vertigineuse et la voie normale n'attend que nous.

Nous avons déjà appris à nous méfier des cotations allemandes et là encore cela se confirme. Le niveau 3 est largement sous-estimé. Par contre, l'engagement avec son E1 est bien mérité.

Le départ sableux est difficilement protégeable surtout si l'on s'engage dans la fissure béante.
Tous les grimpeurs locaux qui ont défilé après nous sont passés sur la gauche, parfois sans aucune protection. Les Rhénaniens engagent!

Ensuite, de grosses marches aisées amènent au premier anneau avec une fissure évidente qui ne demande qu'à y jeter des camalots 2 couplés ou un gros hexagonal que je n'avais pas.
Puis arrive le crux en 5a/b très exposé de la voie avec un retour fatal sur une large vire.

Après un long temps de réflexion, j'opte pour la sagesse en longeant la fissure sale et moussue qui s'échappe à droite en dessous d'un arbuste. Je relance alors à gauche une fois le surplomb passé pour reprendre le tracé initial. Ces larges assiettes de grès auraient certainement fait monter ma température interne avec les pieds dans le vide. Flo attestera de la difficulté de l'épreuve en me rejoignant.

Vient alors la série d'écartèlements unique, avec vue sur le cimetière, Dahn plus au fond et avec en prime le vent dans le dos.

Il faut ensuite s'élancer au-dessus du deuxième et dernier anneau pour continuer sur le bloc sommital et terminer avec quelques beaux aplats.
Cette voie classique (1918), de près de 45 mètres, reste incontournable si vous venez au Hochstein.

Flo me rejoint en s'ajoutant un peu de piment dans la traversée imposée par ma déviation.
Encore une surprise au sommet. Une petite boîte aux lettres contient un livre d'or abondamment signé depuis 2006. Pas mal de fréquentation finalement, la dernière cordée ayant laissé un mot la veille. En redescendant, on a rapidement compris qu'on ne retrouverait pas la tranquillité d'Hauenstein ici. D'autres cordées se lancent rapidement dans la Normale.

Comme nous avions tiré le rappel dans «Herr Der Ringe» (7b), retapé par le déjeuner, je me lance malgré la chaleur écrasante, en moulinette dans son départ en 6b/c («Direkter Erich Honecker Gedächtnisweg», 7+). Le soleil a tourné quand j'arrive au crux final... la réglette me défie, mais je tire sur la corde pour finir les pas exigeants mais moins violents. Il faudra revenir bien plus armé pour enchaîner ces 45 mètres engagés.

Pendant qu'à son tour, Flo ne démérite pas en atteignant le premier toit de la Direkter, j'assiste à un cours d'escalade outre-rhin. Un local, visiblement de bon niveau, s'échauffe dans la Normale. Il colle un seul coinceur sur les premiers 20 mètres et autant dans la partie suivante. Il eut suffit d'une glissade et nous aurions pu assister à un autre spectacle... mais c'est une autre histoire que j'espère ne jamais relater.

Petite pause et nous filons sur le massif «Linker Teil». Là encore de nombreuses voies filent dans les fissures évidentes. Nous passons à «Dornenriss» (5). Encore une belle voie *** dans un niveau abordable offrant ainsi une véritable école d'escalade traditionnelle.
Flo semble aussi apprécier cette balade tout en dièdre.

Puis je me lance dans «Eichenriss» (6-), du dulfer à une belle sortie de toit, cette voie plus courte mérite aussi ses 3 étoiles. La pose des coinceurs est plus efficace, la confiance monte et les mouvements sont alors plus fluides.

Flo manquant de pêche, on décide de terminer dans une voie plus facile en 4+ dans le pur style traditionnel. Je lui protège même une belle traversée à coup de 0.3. Elle me rejoint sur le belvédère pour assister au coucher de soleil.

Avec près de 70 voies, ce site est un bon début pour apprécier l'escalade traditionnelle dans le Palatinat. Par contre, vu la fréquentation en semaine, il y a de fortes chances qu'il ressemble à Berdorf les week-ends.


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