Quel beau mois de mai! Malgré une météo assez capricieuse et des estimations souvent pessimistes, le soleil nous a poussés presque tous les week-ends vers de nouvelles découvertes, à tel point que le blog est resté en friches. Pourtant, des mises à jour majeures sont sur la chaîne, avec notamment notre virée à Kalymnos au mois d'avril et les stages terrain d'av' en Ardèche... J'y reviendrai donc bientôt avec la pluie qui semble s'installer en Lorraine.
Mais place aux nouvelles fraîches...
Pour ce long week-end de Pentecôte, le soleil est prévu partout sur la France et les pays limitrophes. Le jeudi soir, au mur, Flo me nargue en me parlant de Chambéry où elle va rejoindre un copain. Varappe et via au programme! Nous, rien, car May a contracté une petite infection qui nécessite sagesse et repos.
Pourtant, cela fait quelques jours que je potasse les topos sur la Suisse récemment commandés sur internet.
L'appel de la montagne est trop fort, et je propose à Steeven, pour sa deuxième sortie, de faire le grand vol.
Seulement âgé de 22 printemps, il a commencé l'escalade, adolescent, en même temps que nous, il y a 6 ans. Sa ténacité dans les gros dévers de la salle lui a forgé une belle endurance et une technique qui n'attend qu'à être révélée à l'air libre. Après un premier week-end ensemble sur le grès alsacien, son engagement, son sérieux et son calme m'ont convaincu que je ne prenais pas de gros risques en lui proposant une course en montagne.
C'est donc le samedi soir, vers 20h, que nous avons mis le cap sur la Suisse, avec une petite nuit de transit à Mulhouse-Bâle. Excitation ou confort trop spartiate du Formule 1? La nuit sera vraiment très courte!
Au petit matin, nous traversons la frontière en nous acquittant de la vignette, cru 2009, que nous espérons encore amortir avec d'autres périples. Mais pour lors, c'est direction le sud de Fribourg, dans la région de Gruyère, vers le massif des Gastlosen, que notre destin nous attend...
Suisse (2009): en mai, fait ce qu'il te plaît!
Suisse (2009): découverte des Gastlosen
Nous arrivons assez tardivement à Jaun le dimanche matin (10h30), après quelques bévues avec l'itinéraire imprimé de viamichelin.fr (rien ne vaut une bonne carte que nous nous procurons finalement dans une station essence).
L'air est vivifiant et, après une petite halte à l'épicerie centrale où nous y trouvons une baguette sans saveur et une carte 1/25 000 de la région, nous filons sur le flanc sud des Gastlosen.
Le massif des Gastlosen se dresse au-dessus sur une quinzaine de kilomètres de longueur à une altitude maximale de 2 200 mètres. Autant dire que l'air peut y être frais. Ne lésinez pas sur une polaire chaude et un bon coupe-vent.
Au programme du week-end
Accès
L'accès aux falaises est finalement assez simple. Dans le cas de nos objectifs du week-end, du centre de Jaun, continuer vers Jaunpass, tourner à droite en direction d'Ablündschen. Après, traverser ledit village et continuer à monter sur la gauche en direction des parcs III ou V.Plus de précision ici!
Hébergement
Pour un séjour court, nous avions vraiment apprécié l'Hôtel Cascade, bon accueil, chambres confortables et repas montagnards.
Il est aussi possible de loger dans les chalets d'altitude pour un séjour plus long en fonction des falaises sélectionnées.
Réservez à l'avance et n'oubliez pas qu'il faut souvent marcher pour y accéder!
- Chalet du soldat
- Cabane Grubenberg
- Chalet Grat
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Suisse
Suisse (2009): Gastlosen, Pfadflue Sud
Après un peu de perte de temps dans le repérage sur la route de Jaun-Ablündschen, nous arrivons enfin au parc Oberi Bire, et là quelle n'est pas notre surprise de voir le parking bondé de voitures et plusieurs groupes de grimpeurs sur le point de se diriger vers la Pfadflue.
La vérification du matériel faite, nous filons à travers les pâturages sur une sente encore humide mais très agréable. 25 minutes après, on se retrouve devant notre objectif.
De nombreuses cordées sont sur la face, mais la plupart sont concentrées dans les voies faciles: Hallo Marco, Salü Jan, Bilbo.
Heureusement "Bienvenue à Céline" est disponible et seule une cordée semble y évoluer, lentement d'ailleurs.
Cela relève un peu le défi... pour un baptême en montagne, Steeven va devoir gérer l'ambiance et quatre longueurs en 6a. Pour moi, c'est aussi une première dans ce niveau de continuité, mais nous sommes en réversible, ce qui change la donne.
Malgré l'heure tardive, 12h30, on décide de ne pas traîner et de reporter à plus tard le déjeuner. A la sortie d'un premier 4b, Steeven passe son premier test de relais avec brio, le lavage de cerveau dans la voiture ayant porté ses fruits.
Les voies suivantes vont rapidement nous éclairer sur le style d'escalade.
Dalles peu inclinées à verticales sur cannelures. Le rocher y est excellent, voire presque abrasif. Un petit temps d'acclimatation est nécessaire pour être à l'aise dans le placement des pieds.
A la sortie de la première 6a, verticale et gazeuse, la cordée qui nous précédait me tombe dessus. Ils sont italiens, père et fils probablement. Le jeune m'explique dans un anglais chantant que les deux 6a qui suivent sont dures et qu'avec le temps orageux ils préfèrent redescendre. Il est vrai que le ciel s'est noirci rapidement et même quelques gouttes nous rappellent que le temps peut très vite changer en montagne. Le vent est aussi de la partie.
Steeven repart devant dans une voie qui se réincline favorablement.
Plus à l'aise que dans la première, je ferme la première séquence de 6a dans de beaux mouvements amples sur de gros bacs, laissant à Steeven le plaisir de finir la dernière 6a, en toute beauté, au sommet!
Entre-temps, des longueurs plus faciles mais variées s'enchaînent. Nous sortons au sommet aux alentours de 19h, accueillis par le soleil. Quel plaisir!!!
Nous prenons quelques photos, engloutissons nos dernières barres énergétiques et nous préparons pour la descente, de longs rappels de près de 50 mètres bien indiqués.
A 21h22, j'appelle May tout en dévalant le pierrier du retour qui nous ramène au parking. On aurait pu renommer la voie "Bienvenue à Steeven", mais on ne refait pas l'histoire et le lendemain une autre ligne nous attend à la Dent de Ruth.
Nous avions réservé une chambre (compter 100 CHF pour la nuit) à l'Hôtel de la Cascade à Jaun. Premier avantage par rapport aux chalets d'altitude, pas de marche d'approche; deuxième avantage, la propriétaire a le coeur sur la main. Elle fermait à 21h et, quand nous sommes arrivés à 22h10, elle nous a quand même accueillis à bras ouverts, et en plus elle nous a même offert un rapide dîner qu'on a bien apprécié. Les chambres et les lits sont confortables.
Et maintenant, place aux photos...
C'est ICI!




