Suisse (2009): Gastlosen, Pfadflue Sud

Après un peu de perte de temps dans le repérage sur la route de Jaun-Ablündschen, nous arrivons enfin au parc Oberi Bire, et là quelle n'est pas notre surprise de voir le parking bondé de voitures et plusieurs groupes de grimpeurs sur le point de se diriger vers la Pfadflue.

Après 480 bornes pour arriver là, c'est peu de chose. Cela n'effrite donc en rien notre motivation d'autant que le paysage est absolument fantastique.
La vérification du matériel faite, nous filons à travers les pâturages sur une sente encore humide mais très agréable. 25 minutes après, on se retrouve devant notre objectif.

De nombreuses cordées sont sur la face, mais la plupart sont concentrées dans les voies faciles: Hallo Marco, Salü Jan, Bilbo.

Heureusement "Bienvenue à Céline" est disponible et seule une cordée semble y évoluer, lentement d'ailleurs.

Cela relève un peu le défi... pour un baptême en montagne, Steeven va devoir gérer l'ambiance et quatre longueurs en 6a. Pour moi, c'est aussi une première dans ce niveau de continuité, mais nous sommes en réversible, ce qui change la donne.

Malgré l'heure tardive, 12h30, on décide de ne pas traîner et de reporter à plus tard le déjeuner. A la sortie d'un premier 4b, Steeven passe son premier test de relais avec brio, le lavage de cerveau dans la voiture ayant porté ses fruits.

Les voies suivantes vont rapidement nous éclairer sur le style d'escalade.
Dalles peu inclinées à verticales sur cannelures. Le rocher y est excellent, voire presque abrasif. Un petit temps d'acclimatation est nécessaire pour être à l'aise dans le placement des pieds.

A la sortie de la première 6a, verticale et gazeuse, la cordée qui nous précédait me tombe dessus. Ils sont italiens, père et fils probablement. Le jeune m'explique dans un anglais chantant que les deux 6a qui suivent sont dures et qu'avec le temps orageux ils préfèrent redescendre. Il est vrai que le ciel s'est noirci rapidement et même quelques gouttes nous rappellent que le temps peut très vite changer en montagne. Le vent est aussi de la partie.

Steeven repart devant dans une voie qui se réincline favorablement.
Plus à l'aise que dans la première, je ferme la première séquence de 6a dans de beaux mouvements amples sur de gros bacs, laissant à Steeven le plaisir de finir la dernière 6a, en toute beauté, au sommet!


Entre-temps, des longueurs plus faciles mais variées s'enchaînent. Nous sortons au sommet aux alentours de 19h, accueillis par le soleil. Quel plaisir!!!

Nous prenons quelques photos, engloutissons nos dernières barres énergétiques et nous préparons pour la descente, de longs rappels de près de 50 mètres bien indiqués.

A 21h22, j'appelle May tout en dévalant le pierrier du retour qui nous ramène au parking. On aurait pu renommer la voie "Bienvenue à Steeven", mais on ne refait pas l'histoire et le lendemain une autre ligne nous attend à la Dent de Ruth.

Nous avions réservé une chambre (compter 100 CHF pour la nuit) à l'Hôtel de la Cascade à Jaun. Premier avantage par rapport aux chalets d'altitude, pas de marche d'approche; deuxième avantage, la propriétaire a le coeur sur la main. Elle fermait à 21h et, quand nous sommes arrivés à 22h10, elle nous a quand même accueillis à bras ouverts, et en plus elle nous a même offert un rapide dîner qu'on a bien apprécié. Les chambres et les lits sont confortables.

 Et maintenant, place aux photos...


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