Suisse, Räterichsbodensee et Gerstenegg: de la dalle avec un grand "D"

Après les 400 mètres de Salü Jan dans les Gastlosen, toute l'équipe n'est pas au plus haut de sa forme. Aussi, en se couchant à 2h du mat, il est difficile d'envisager un départ au pied d'une voie à la fraîche le jour même.

Un petit déjeuner continental au Wadhotel à Interlaken, et hop, nous partons pour le Räterichsbodensee, un lac artificiel bien... glauque.



A notre arrivée, nous remarquons rapidement que les voies que nous convoyons se trouvent sous des névés ou dans l'axe de ruissellement. Il nous faut trouver un autre projet.


Mon œil est attiré par des tâches colorées bien plus haut dans le ciel... mais cela vole ici! La vue doit être grandiose de là-haut. En mon fond intérieur, je me fais la promesse de revenir l'année prochaine avec les parapotes.

Mais revenons sur terre. Nous décidons de partir à l'assaut d'une énorme dalle granitique dans le secteur Cross du Gerstenegg.

Le topo est mal foutu, nous perdons un peu de temps à trouver le parking qui est juste en dessous.

Finalement, ce n'est peut-être pas le topo ;-). Dans la sente qui mène à la falaise, nous bifurquons à gauche avant la passerelle et nous nous rallongeons de plusieurs centaines de mètres, rendant ainsi visite au superbe pont vénitien en amont.

Finalement, nous revenons sur nos pas pour nous retrouver cette fois au démarrage de la voie à une heure presque aussi tardive que la veille... Fliegender (5a max, 4c oblg.) ou Krümel (5a max, 4c oblg)? On choisira plus haut.


Malgré son aversion bien connue pour la dalle, F se lance dans les premières longueurs et ouvre la danse avec un passage qui lui met un peu le cerveau à l'envers.


Il se reprend et enchaîne les 3 longueurs suivantes en corde tendue et opte pour Krümel. Les longueurs suivantes en 4b, 4c vont lui paraître impossibles, et c'est à quatre pattes qu'il atteint le relais.

Il est toujours plus facile de rigoler dans des dalles quand on est en moulinette!

On tape des runs chronométrés avec Vivien, améliorant ainsi notre vitesse de progression.

Je prends la suite en traçant dans une longueur en 3b. Le passage suivant se redresse et, malgré une cotation bien modeste en 5a, je passe finalement le relais à Vivien qui se fera un plaisir de caler les pas plus difficiles de la voie et tout cela en peu de temps.

Résultat, nous arrivons en haut de ces 270 mètres après seulement 2 heures d'escalade.

En nous enfonçant dans les buissons, nous retrouvons la descente. Superbe spectacle géologique! Nous redescendons entre rimaille et blocs de granite.

La prochaine fois, il faudra sortir au sommet de la Strada du secteur Dom en cumulant ainsi 670 mètres de dénivelé.




Le Gerstenegg, en étant à quelques pas du parking, offre une belle ambiance et une expérience unique de la dalle avec un grand "D". Ici, vos chaussons asymétriques et techniques seront un handicap. Plus ils seront souples et mous, plus vous vous sentirez à l'aise.

Il est à peine 17h30 quand nous rejoignons la voiture. Nous décidons de remonter la route qui mène à Gimselpass, qui ne nous déçoit pas, sauf peut-être les rues de lignes haute tension qui salissent la pureté minérale des vallées adjacentes.

Nous redescendons sur Interlaken que nous pourrons visiter de jour, aujourd'hui.


Topo & commodités

Nous avons navigué avec la version précédente du Plaisir West pour arriver au pied des voies et cela n'a pas été toujours facile. Un bon topo cependant qu'on peut retrouver sur le site de l'éditeur Filidor ou commander en ligne dans plusieurs boutiques (voici un lien par exemple!).


Côté hébergement, nous étions basés à Interlaken mais il y a moyen de trouver plus près du côté de Meiringen.





Accès 

 


 
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Suisse, Gastlosen: retour à la Pfadflue



Il y a cinq ans déjà, nous avions découvert avec Steeven ce massif pré-alpin des Gastlosen, ces faces de calcaire compact gris surplombant ces alpages verdoyants. Une révélation!

Après une nuit à Mulhouse, nous filons directement avec F et Vivien vers Jaunpass. Nous perdons un peu de temps en évitant un énorme bouchon au sud de Berne. En passant par Bâle, il est préférable de descendre directement sur Fribourg et d'éviter Berne, surtout les jours d'affluence et de longs week-ends qui voient des hordes germaniques s'exiler sur les hauteurs alpines.


Nous laissons la voiture au parking Oberberg alors que, lors notre venue avec Steeven, nous avions privilégié l'approche par Oberi Bire. Le sentier d'Oberberg reste à l'ombre de grands conifères, mais n'offre pas le joli panorama sur les Gastolsen et massifs alentours. A éviter donc pour les prochaines visites.

Nous sommes en retard, plusieurs cordées tirent déjà les rappels dans la face de la Pfandflue.

Il est 14h30 et nous avons 400 mètres à gravir.

Notre choix se porte sur Bilbo (5c+ max, 5c oblg) et nous tenons l'itinéraire jusqu'à la troisième longueur où Vivien, en reprenant les commandes de la cordée, va trop plonger sur la gauche et raccrocher Salü Jan dans une traversée herbeuse et engagée.


Bonne leçon pour F qui apprendra sous mes grognements qu'il est toujours important de ne pas oublier le dernier de cordée et de lui clipper les points pour lui éviter ainsi un pendulaire (im)probable ;-).


En résulte une escalade sur de jolies cannelures entrecoupées bien malheureusement par des vires herbeuses qui dégradent la beauté et l'intérêt de la voie. Après 5h, nous arrivons au sommet, talonnés par deux cordées germaniques.

Il est tard et la descente s'annonce longue. Au moins 6 rappels à tirer! Nous nous associons au quatre grimpeurs teutons et descendons à tour de rôle sur nos cordes. Après une bonne heure d'une descente européenne, nous retouchons le sol.

Quand nous foulons le sentier de descente, la nuit vient de tomber et nos frontales dansent jusqu'au parking où les bivouacs sont encore éclairés. A notre arrivée à la voiture en contrebas, nous avons droit à l'accueil de réception local. Vivien et F écartent le troupeau d'évolènes qui nous barre la route.

Nous mettons le cap sur Interlaken où notre hôte du Waldhotel aura la gentillesse de nous ouvrir les portes une heure plus tard. Nous vous conseillons le café-restaurant Runft qui est ouvert jusqu'à 3h du mat. On a apprécié les spaghettis bolo salvatrices de minuit :-).
La suite au prochain épisode...





Accès et commodités


Pour l'accès et les commodités, rien n'a vraiment changé depuis 2009, excepté que le village de Jaun etait en train de rénover son réseau routier lorsque nous sommes passés et que c'était un peu Beyrouth à la traversée.

Retrouvez donc tous les infos ici et les cartes !




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Arco (2014): 430 mètres pour commencer...


C'est impressionnant ce qu'un Bavarois, pour peu qu'il soit un peu grimpeur, a comme choix au départ de Munich. Cela fait quelques années que je n'ai pas revu mon copain tchèque Tom, et, en si peu, il a fait du chemin, à commencer par se dégoter un job dans la capitale bavaroise. Résultat, il a lui aussi accès à un nombre infini de terrains de jeu. Wilden Kaiser étant à 1h de chez lui, c'est la première proposition qui lui est venue à l'esprit. Malheureusement, la météo clémente de ces derniers jours s'est dégradée juste avant mon arrivée.

Quand il a suggéré Arco, cela m'a rappelé de bons souvenirs, mais je me suis dit: "c'est loin"... et non, pas tant que cela en fait. Quatre heures de route, c'est rien pour aller se dorer la pilule et tâter du beau caillou dans un cadre idyllique. De la Lorraine, il faut rajouter deux heures pour atteindre le même genre de Graal.


Afin de trouver un logement avant minuit, nous faisons une halte à Gries am Brenner, dans un petit hôtel montagnard situé juste à côté de l'autoroute. Le lendemain, un vent frais et de la neige nous réveillent et n'augurent rien de bon pour la journée. Le temps est bien à la dépression. Le passage par les Dolomites reste toujours aussi poignant. Il va falloir y revenir, avec une corde ou une voile ;-) ... oui! il faudra impérativement y revenir!


Les nuages commencent à s'étioler en de belles trouées bleues quand nous arrivons à Arco. Le centre n'a pas changé, avec tous ses petits magasins de grimpe qui mobilisent toujours autant nos sens de consommateurs verticaux. Tom n'a pas touché le rocher depuis l'an dernier, et une excitation compulsive se fait sentir au gré des minutes qui passent. Mauvaise reconnaissance, nous n'arrivons pas à mettre la main sur le site sportif situé au sud de Riva del Garda. Nous n'aurions probablement pas pu y grimper tant le vent était rafaleux et costaud (un bon 80km/h).

Je lui propose alors d'essayer un site que nous avions remarqué en redescendant de la via-ferrata Colodri quelques années auparavant. L'accès est assez simple si on trouve de la place pour se garer près de la chapelle du village de Laghel. Sinon, il faut marcher un peu plus longtemps en laissant sa voiture dans le parking floral au pied du château...

Le site est agréable et malgré une foule non négligeable de cordées austro-allemandes et de grimpeurs plus à l'est encore, nous arrivons à nous mettre en place sans devoir nous battre. Tom se fait plaisir. Je suis tellement dans le coltar que je limite ma participation à l'assurage (mes chaussons n'ayant finalement pas franchi la porte de l'hôtel). Bonne session de remise en forme pour Tom qui boucle sur une jolie 6b.

Le lendemain, en ouvrant la fenêtre, le soleil se montre déjà généreux. Cette journée semble déjà bien partie, et ce pressentiment va se confirmer. Nous avons choisi une "petite" voie de 180 mètres pour se rôder l'un et l'autre (nous avons répété les manips de relais seulement la veille) dans la face "Parete di San Paolo".

Les cotations piquent un peu et, même si nous perdons un peu de temps dans les premières longueurs, notre progression s'améliore au fur et à mesure. Je reprends du mental et les derniers pas sont plus fluides sur ce calcaire, qui malgré un équipement récent (2012), est parfois bien poli. Il faut dire que cette surfréquentation non négligeable s'explique par: un accès minimaliste (10 min) et une vue mémorable sur Arco. Belle première voie donc, il ne reste plus qu'à concrétiser.


Après un repas bien mérité au restaurant très accueillant La Lanterna, nous réitérons l'aventure au cours de l'après-midi.

Nous décidons de pousser jusqu'à Sarche, à une quinzaine de kilomètres au nord.

Nous avons porté notre dévolu sur la Parete della centrale, la face surplombant une centrale hydraulique. En arrivant au parking, nous rencontrons une jeune cordée autrichienne qui a parcouru Moon Bears dans la matinée.
Apparemment, plusieurs groupes étaient au rendez-vous rendant l'escalade plus compliquée surtout pour les retardataires.

Notre arrivée tardive nous permettra finalement une découverte en toute intimité. La dernière cordée du matin est déjà au milieu de la grande face.


Par précaution, nous choisissons Amazzonia qui démarre plus à gauche. Afin de gagner du temps, nous profitons de la corde à double de 60 mètres achetée par Tom la veille pour zapper quelques relais.

Le parcours s'avère homogène et régulier, riche d'une escalade en dalle et dièdre, sans stress avec un équipement tout à fait sécurisé et sans surprise. Nous sortons au sommet tardivement, mais sans devoir sortir la frontale. Retour au parking pour finalement se réfugier dans un petit resto indien italien de Sarche. Merci encore pour m'avoir laissé terminer les longueurs les plus difficiles de la voie. "Ca vient bon" ;-)

Le dimanche matin, dur dur. Le sommeil n'a pas été des plus prolifiques et la fatigue musculaire se fait sentir. Nous optons pour un secteur moins haut afin d'assurer un retour pas trop tardif sur Munich.
Direction Croce di Ceniga, à quelques encablures d'Arco. La marche d'approche est laborieuse dans un bois peu accueillant.

Après avoir traversé pierriers et escamoté buissons, nous retrouvons finalement le chemin pentu qui descend à Palma, une voie de 150 mètres au démarrage bien feuillu. C'est Tom qui s'y colle et autant dire que les premiers mètres vont lui coûter cher.

Cette fissure peu accueillante en 5c envoie du lourd. Quand il atteint le relais confectionné de deux anneaux de sangles, il est bien sonné... l'horloge aussi.

Après l'avoir rejoint, nous décidons d'arrêter là l'aventure et de tirer un rappel sur l'arbre relais en prenant bien soin d'éviter de bloquer sa corde toute neuve dans les obstacles potentiels de la descente. Il faudra quand même y mettre tout notre poids pour faire redescendre les deux brins... Un but instructeur!

Conclusion: un bon moment passé avec Tom autour d'Arco et une ouverture des compteurs grandes voies à 430 mètres en un jour. Reste plus qu'à caler une nouvelle date pour aller faire un tour du côté de Wilden Kaiser...  n'est-ce pas? Tom?

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