Arco (2014): 430 mètres pour commencer...


C'est impressionnant ce qu'un Bavarois, pour peu qu'il soit un peu grimpeur, a comme choix au départ de Munich. Cela fait quelques années que je n'ai pas revu mon copain tchèque Tom, et, en si peu, il a fait du chemin, à commencer par se dégoter un job dans la capitale bavaroise. Résultat, il a lui aussi accès à un nombre infini de terrains de jeu. Wilden Kaiser étant à 1h de chez lui, c'est la première proposition qui lui est venue à l'esprit. Malheureusement, la météo clémente de ces derniers jours s'est dégradée juste avant mon arrivée.

Quand il a suggéré Arco, cela m'a rappelé de bons souvenirs, mais je me suis dit: "c'est loin"... et non, pas tant que cela en fait. Quatre heures de route, c'est rien pour aller se dorer la pilule et tâter du beau caillou dans un cadre idyllique. De la Lorraine, il faut rajouter deux heures pour atteindre le même genre de Graal.


Afin de trouver un logement avant minuit, nous faisons une halte à Gries am Brenner, dans un petit hôtel montagnard situé juste à côté de l'autoroute. Le lendemain, un vent frais et de la neige nous réveillent et n'augurent rien de bon pour la journée. Le temps est bien à la dépression. Le passage par les Dolomites reste toujours aussi poignant. Il va falloir y revenir, avec une corde ou une voile ;-) ... oui! il faudra impérativement y revenir!


Les nuages commencent à s'étioler en de belles trouées bleues quand nous arrivons à Arco. Le centre n'a pas changé, avec tous ses petits magasins de grimpe qui mobilisent toujours autant nos sens de consommateurs verticaux. Tom n'a pas touché le rocher depuis l'an dernier, et une excitation compulsive se fait sentir au gré des minutes qui passent. Mauvaise reconnaissance, nous n'arrivons pas à mettre la main sur le site sportif situé au sud de Riva del Garda. Nous n'aurions probablement pas pu y grimper tant le vent était rafaleux et costaud (un bon 80km/h).

Je lui propose alors d'essayer un site que nous avions remarqué en redescendant de la via-ferrata Colodri quelques années auparavant. L'accès est assez simple si on trouve de la place pour se garer près de la chapelle du village de Laghel. Sinon, il faut marcher un peu plus longtemps en laissant sa voiture dans le parking floral au pied du château...

Le site est agréable et malgré une foule non négligeable de cordées austro-allemandes et de grimpeurs plus à l'est encore, nous arrivons à nous mettre en place sans devoir nous battre. Tom se fait plaisir. Je suis tellement dans le coltar que je limite ma participation à l'assurage (mes chaussons n'ayant finalement pas franchi la porte de l'hôtel). Bonne session de remise en forme pour Tom qui boucle sur une jolie 6b.

Le lendemain, en ouvrant la fenêtre, le soleil se montre déjà généreux. Cette journée semble déjà bien partie, et ce pressentiment va se confirmer. Nous avons choisi une "petite" voie de 180 mètres pour se rôder l'un et l'autre (nous avons répété les manips de relais seulement la veille) dans la face "Parete di San Paolo".

Les cotations piquent un peu et, même si nous perdons un peu de temps dans les premières longueurs, notre progression s'améliore au fur et à mesure. Je reprends du mental et les derniers pas sont plus fluides sur ce calcaire, qui malgré un équipement récent (2012), est parfois bien poli. Il faut dire que cette surfréquentation non négligeable s'explique par: un accès minimaliste (10 min) et une vue mémorable sur Arco. Belle première voie donc, il ne reste plus qu'à concrétiser.


Après un repas bien mérité au restaurant très accueillant La Lanterna, nous réitérons l'aventure au cours de l'après-midi.

Nous décidons de pousser jusqu'à Sarche, à une quinzaine de kilomètres au nord.

Nous avons porté notre dévolu sur la Parete della centrale, la face surplombant une centrale hydraulique. En arrivant au parking, nous rencontrons une jeune cordée autrichienne qui a parcouru Moon Bears dans la matinée.
Apparemment, plusieurs groupes étaient au rendez-vous rendant l'escalade plus compliquée surtout pour les retardataires.

Notre arrivée tardive nous permettra finalement une découverte en toute intimité. La dernière cordée du matin est déjà au milieu de la grande face.


Par précaution, nous choisissons Amazzonia qui démarre plus à gauche. Afin de gagner du temps, nous profitons de la corde à double de 60 mètres achetée par Tom la veille pour zapper quelques relais.

Le parcours s'avère homogène et régulier, riche d'une escalade en dalle et dièdre, sans stress avec un équipement tout à fait sécurisé et sans surprise. Nous sortons au sommet tardivement, mais sans devoir sortir la frontale. Retour au parking pour finalement se réfugier dans un petit resto indien italien de Sarche. Merci encore pour m'avoir laissé terminer les longueurs les plus difficiles de la voie. "Ca vient bon" ;-)

Le dimanche matin, dur dur. Le sommeil n'a pas été des plus prolifiques et la fatigue musculaire se fait sentir. Nous optons pour un secteur moins haut afin d'assurer un retour pas trop tardif sur Munich.
Direction Croce di Ceniga, à quelques encablures d'Arco. La marche d'approche est laborieuse dans un bois peu accueillant.

Après avoir traversé pierriers et escamoté buissons, nous retrouvons finalement le chemin pentu qui descend à Palma, une voie de 150 mètres au démarrage bien feuillu. C'est Tom qui s'y colle et autant dire que les premiers mètres vont lui coûter cher.

Cette fissure peu accueillante en 5c envoie du lourd. Quand il atteint le relais confectionné de deux anneaux de sangles, il est bien sonné... l'horloge aussi.

Après l'avoir rejoint, nous décidons d'arrêter là l'aventure et de tirer un rappel sur l'arbre relais en prenant bien soin d'éviter de bloquer sa corde toute neuve dans les obstacles potentiels de la descente. Il faudra quand même y mettre tout notre poids pour faire redescendre les deux brins... Un but instructeur!

Conclusion: un bon moment passé avec Tom autour d'Arco et une ouverture des compteurs grandes voies à 430 mètres en un jour. Reste plus qu'à caler une nouvelle date pour aller faire un tour du côté de Wilden Kaiser...  n'est-ce pas? Tom?

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