Calanques (2012): tant désirées... ensoleillées



La veille, nous avions fait halte à la Clape (près de Narbonne) sur le retour de Montserrat. Malgré la tempête annoncée par vent de 100 km/h, nous avions pu grimper aux Caumes, petit massif abrité des bourrasques, et faire quelques jolies voies sur un calcaire pas trop usé vu la proximité. Nous gardions confiance avec une météo qui s'annonçait enfin optimiste pour la fin de notre périple.

En arrivant sur Marseille, nous sommes gratifiés par un beau coucher de soleil. Quand nous arrivons au camping les Cigales, Wam et Tartine ont déjà monté la tente (une halte obligatoire avec F, à l'Expé de Montpellier, pour racheter le baudrier égaré dans le parking de Barcelone nous ayant ralentis :-/). La soirée est vite bouclée.
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Au petit matin, nous avons enfin des températures de saison avec ce petit goût de vacances bien spécifique à la Méditerranée.

Sormiou: Melody

F avait pour objectif de grimper en tête une jolie voie qu'il avait peu appréciée en second l'année passée. Son travail de pose des pieds à Montserrat portera ses fruits. C'est donc pour le plus grand plaisir que nous partons pour la Calanque de Sormiou. Son accès par Marseille est assez rapide pour peu que la petite route qui descend jusqu'au parking de Sormiou ne soit pas fermée (ce qui est notre cas). 
 
La plage a moins de charme que Morgiou, mais quand on remonte la sente vers le port et le Petit Saussois, on reste quand même enchantés par les lieux. Le sentier dans le maquis qui rejoint le Dièdre Guem est assez direct. Après, il faut se laisser glisser dans la chatière pour passer côté mer. La chaine de vie a visiblement été refaite à neuf, rendant la balade plus sécurisée. Après deux rappels, nous nous retrouvons au bord de l'eau.

Tartine engage la première longueur en 5c, suivie par F. Wam a pris un coup de chaud et souffre en silence. En zappant deux relais avec notre corde de 60 mètres, nous nous offrons une belle avance avec Tartine, nous permettant d’effleurer du regard le bleu de l'horizon et des vagues pendant de longues minutes. 
 
La descente se fait sur la gauche du Dièdre Guem par un sentier abrupte qui nous ramène à la calanque dans une superbe ambiance lumineuse.


Pierres tombées: traversée de la commune

J'ai réussi à convaincre tout le monde de s'engager dans cette jolie course au fil de l'eau. Cela deviendra le projet de notre "gros"  bloqueur: Wam... rien de mieux que de ne pas s'éloigner de trop du plancher des vaches!

En laissant la voiture sur le parking des universités de Luminy, il faut déjà compter plus d'une heure et demie, en flânant dans la calanque de Sugiton (sans trop traîner sur la plage de nudistes des Pierres tombées, faute de jolies demoiselles).

Nous arrivons donc à l'heure où cela cogne et même moi, le sudiste du groupe, je commence à souffrir... autant dire que les Lorrains ont vite le palais sec et les batteries qui vacillent. Le casse-croûte n'arrivera pas à enrayer la chute d'énergie.

Je pars en premier avec un démarrage au-dessus des vagues qui laissent du sel sur le rocher mais aussi dans les esprits.

Un départ en 5c plutôt exposé malgré le coinceur psychologique! Tartine galère mais passe. Vient le tour de F qui va y laisser sérieusement des plumes. Il rejoint le relais, mais une grosse insolation semble avoir raison de lui. Je suis déjà au deuxième relais quand Tartine sonne le repli. Malheureusement, l'échappatoire semble peu propice.

Une petite coque avec une famille à bord longe les falaises un peu plus au large. Pas beaucoup de choix: je fais le signe salvateur du "Y", que le navigateur comprend immédiatement. Il se rapproche. Après un bref topo de la situation il accepte de nous secourir. Tartine et F rejoignent rapidement le deuxième relais et tirent le rappel dans le bateau. Wam en bloqueur se délecte tellement de ce deuxième passage que nous sommes obligés de lui rappeler que nos sauveurs sont là à attendre depuis plus d'une heure...

Quelle aventure, pas des plus glorieuses, mais quelle aventure tout de même!

Le soir nous arpentons La Ciotat où nous espérons remercier nos secouristes. Nous retrouvons les deux fistons, alors que nous sommes attablés au "Vin 7" à blaguer avec des Ciotaden(ne)s. Ce petit resto corse très sympa donne sur le port. Nous vous recommandons les burgers! Plus tard dans la soirée, nous n'aurons malheureusement pas l'occasion de trinquer avec les deux jeunes..

En Vau: le Pouce Intégral

La fatigue commence à se faire sentir pour ce dernier jour à Cassis. Wam a décidé de faire la carpette. Il veut de l'eau transparente, du sable et des nanas!  Il sera servi!

Les férus de rocher (Tartine et F) répondent toujours présents. Direction En Vau pour une voie semi-équipée, les coinceurs et friends faisant partie de la balade.

Nous laissons Wam sur la jolie plage d'En Vau qui souffre quand même de sa surfréquentation et revenons sur nos pas pour nous attaquer au Pouce Intégral.

La première longueur se prête bien à la pose des friends. Le petit toit se négocie sereinement. J'installe un relais juste en dessous de la plate-forme officielle, sur une plaquette et deux friends. F adore en silence!

Je repars dans une fine fissure légèrement déversante qui commence à laisser des traces. Après quelques mètres, elle dévie sur la droite dans une jolie inversée. En décalant au-dessus de mon camalot 0.75, mon pied pas suffisamment posé dévisse... F enraye la chute en passant au-dessus du relais pendant que je viens m'écraser lourdement de côté, les pieds en l'air dans un hurlement plus de rage que de douleur! Mon premier vol sur coinceurs... comme quoi cela tient! C'est aussi nouveau pour F qui est encore tout remué.

La suite est plus abordable et partiellement équipée. En deux relais, nous nous retrouvons tous les trois bien serrés sur le haut du Pouce Intégral... Nous redescendons dans la cavité pour finir.

Une jolie voie ouverte par H. Joubard et G. Rébuffat (6a, 6a, 4c+, 5b), dont l'équipement partiel n'attire pas les foules et garantit ainsi une excellente qualité de rocher.

Seul regret: ne voir la grande bleue qu'au sommet où nous apercevons Wam en train de remonter vers le parking. Nous lui signifions que nous tentons notre chance en longeant la côte qui passe par la calanque de Port Pin et Port Miou. Jolie balade et alternative intéressante pour rejoindre la calanque d'En Vau depuis Cassis.

Nous retrouvons un copain de boulot de Tartine, qui nous récupère à Port Miou et nous ramène au camping. Je le remercie d'ailleurs pour son bleu de congélo très efficace pour contenir les ecchymoses.

Dernière soirée entre potes... il est temps de rentrer en Moselle pour une longue traversée... commune! Celle des Pierres tombées, on s'est promis de revenir la terminer!
 

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Calanques (2012): infos utiles


C'est la Mecque de l'escalade pour son rocher excellent et sa vue magnifique sur la méditerranée. 

L'affluence a été telle ces derniers vingt ans que des politiques de restriction ont vu le jour pour faire des Calanques de Marseille et de Cassis une réserve intégrale.

L'association "Des Calanques et des hommes" a défendu les intérêts des grimpeurs, son implication et son combat amenant à l'ouverture d'un parc donnant encore l'accès à bon nombre de falaises.

Alors n'oubliez jamais de respecter la nature lorsque vous y grimperez!!!

Rocher

Calcaire blanc et gris excellent

Equipement

Du sportif au terrain d'aventure.
De nombreuses voies ont été ré-équipées.

Voies

Il y a de tout. Nous avons parcouru les itinéraires suivants:


Orientation

On trouve aussi toutes les orientations dans les Calanques.

Topos

Les Calanques FFME

Le topo élaboré avec la collaboration de la FFME.
On peut le trouver dans toutes les bonnes boutiques d'escalade ou le commander à partir du site:

http://www.topo-calanques.com


VTOPO ROC Calanques Escalade
Un topo assez récent signé VTOPO.


Plus sur Internet



    Montserrat: prières et gros galets

    Nous n'avons probablement pas assez prié... Le mauvais temps nous a chassé de Valence (dans la Drôme) et nous a fait passé la frontière espagnole. La situation météorologique n'est pas non plus des meilleures de l'autre côté (les Catalans n'ont pas connu pire situation). Quand nous rejoignons le monastère de Montserrat par la petite route qui serpente dans la montagne, les nuages nous plongent un peu plus dans la pénombre.

    Le camping est fermé et, heureusement, l'hôtel Cel les Abat Marcet, situé dans l'enceinte fortifiée, a encore des appartements disponibles. Ce petit meublé de deux chambres nous aura au moins permis de dormir au sec et au chaud pendant deux nuits.

    Le lendemain matin, Tartine, Wam et F sont prêts à en découdre avec ces curiosités géologiques cimentées de plusieurs centaines de mètres, où des milliers de voies ont été équipées. Le funiculaire St Joan amène rapidement aux Gorros, où nous avons décidé de commencer notre séjour grandes voies.

    Pendant que Tartine et F s'envolent dans Del Carles, une voie fraîchement rééquipée, Wam et moi optons pour Magic Line qui n'a de magie que de vieux spits rouillés en 8 à peine visibles et un engagement tout relatif. La chute n'est pas envisageable, et nous nous faisons tout légers aux relais.
    Wam se crispe un peu lorsque l'objectif se braque sur lui, mais il arrive sans trop de peine en haut de cette voie d'une centaine de mètres. Nous faisons tous les quatre notre croix métal au sommet.

    Premières sensations... une dalle cimentée de gros galets ronds, pas de quoi emballer F dont la préférence va aux prises franches.

    La descente raide nous ramène rapidement au sentier d'approche qui passe devant la Magdalena Inferior. Il est tard, mais le défi de grimper ses 90 mètres avant la nuit arrive à convaincre toute la troupe.

    Les 60 mètres de corde à double optimisent les longueurs et nous permettent avec Wam d'engloutir les trois longueurs en deux. Tartine nous rejoint suivi de près par F. Il est grand temps! Le vent chasse violemment la brume, et les températures ont bien chuté. Nous redescendons à la frontale au monastère dans une ambiance disco.

    Le lendemain, cap vers le refuge de San Benet. Le topo nous induit en erreur et la marche d'approche d'une vingtaine de minutes depuis le funiculaire se transforme en randonnée de 2 heures, tous bardés du matériel technique mais aussi du couchage pour la nuit.

    La petite chapelle de San Benet a été aménagée grossièrement en refuge. Ici, la logistique est minimale. L'eau potable provient des pluies, il faut aller faire des trous dans le jardin pour y poser son engrais et les matelas pour la nuit s'empilent dans un coin poussiéreux.

    Cependant, tout cela à son charme. Après nous être séparés de nos affaires pour la nuit, Wam et F optent pour un petit site de couennes (Bimba), alors que Tartine, irréductible grimpeuse de grandes voies, ne peut refuser l'excursion dans la voie normale de la Momieta. Les cotations de ce versant sont sévères, et nous en faisons rapidement les frais. Dur dur le 4c ici! L'équipement donne parfois le vertige. En dépit de cela, Tartine s'est bien illustrée malgré le point de renvoi négligemment oublié sur la deuxième longueur.

    La dernière longueur propose une envolée de plus de 50 mètres, où quelques sangles et camalots permettront de mieux apprécier la balade.

    Enfin, pour peu d'avoir une corde à double en 60, on peut tirer un rappel aérien, en fil d'araignée, jusqu'au départ de la voie.

    La gardienne du refuge nous a concocté un petit repas simple mais efficace. Nous finissons la soirée avec elle et un ami mexicain.

    Le lendemain, l'humidité a repris ses droits. La brume a du mal à se dissiper. Nous nous replions vers le monastère et décidons finalement de reprendre la route pour Barcelone, itinéraire culturel, en attendant que l'été pointe son nez et que nous mettions le cap vers les Calanques.


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