Montserrat: prières et gros galets

Nous n'avons probablement pas assez prié... Le mauvais temps nous a chassé de Valence (dans la Drôme) et nous a fait passé la frontière espagnole. La situation météorologique n'est pas non plus des meilleures de l'autre côté (les Catalans n'ont pas connu pire situation). Quand nous rejoignons le monastère de Montserrat par la petite route qui serpente dans la montagne, les nuages nous plongent un peu plus dans la pénombre.

Le camping est fermé et, heureusement, l'hôtel Cel les Abat Marcet, situé dans l'enceinte fortifiée, a encore des appartements disponibles. Ce petit meublé de deux chambres nous aura au moins permis de dormir au sec et au chaud pendant deux nuits.

Le lendemain matin, Tartine, Wam et F sont prêts à en découdre avec ces curiosités géologiques cimentées de plusieurs centaines de mètres, où des milliers de voies ont été équipées. Le funiculaire St Joan amène rapidement aux Gorros, où nous avons décidé de commencer notre séjour grandes voies.

Pendant que Tartine et F s'envolent dans Del Carles, une voie fraîchement rééquipée, Wam et moi optons pour Magic Line qui n'a de magie que de vieux spits rouillés en 8 à peine visibles et un engagement tout relatif. La chute n'est pas envisageable, et nous nous faisons tout légers aux relais.
Wam se crispe un peu lorsque l'objectif se braque sur lui, mais il arrive sans trop de peine en haut de cette voie d'une centaine de mètres. Nous faisons tous les quatre notre croix métal au sommet.

Premières sensations... une dalle cimentée de gros galets ronds, pas de quoi emballer F dont la préférence va aux prises franches.

La descente raide nous ramène rapidement au sentier d'approche qui passe devant la Magdalena Inferior. Il est tard, mais le défi de grimper ses 90 mètres avant la nuit arrive à convaincre toute la troupe.

Les 60 mètres de corde à double optimisent les longueurs et nous permettent avec Wam d'engloutir les trois longueurs en deux. Tartine nous rejoint suivi de près par F. Il est grand temps! Le vent chasse violemment la brume, et les températures ont bien chuté. Nous redescendons à la frontale au monastère dans une ambiance disco.

Le lendemain, cap vers le refuge de San Benet. Le topo nous induit en erreur et la marche d'approche d'une vingtaine de minutes depuis le funiculaire se transforme en randonnée de 2 heures, tous bardés du matériel technique mais aussi du couchage pour la nuit.

La petite chapelle de San Benet a été aménagée grossièrement en refuge. Ici, la logistique est minimale. L'eau potable provient des pluies, il faut aller faire des trous dans le jardin pour y poser son engrais et les matelas pour la nuit s'empilent dans un coin poussiéreux.

Cependant, tout cela à son charme. Après nous être séparés de nos affaires pour la nuit, Wam et F optent pour un petit site de couennes (Bimba), alors que Tartine, irréductible grimpeuse de grandes voies, ne peut refuser l'excursion dans la voie normale de la Momieta. Les cotations de ce versant sont sévères, et nous en faisons rapidement les frais. Dur dur le 4c ici! L'équipement donne parfois le vertige. En dépit de cela, Tartine s'est bien illustrée malgré le point de renvoi négligemment oublié sur la deuxième longueur.

La dernière longueur propose une envolée de plus de 50 mètres, où quelques sangles et camalots permettront de mieux apprécier la balade.

Enfin, pour peu d'avoir une corde à double en 60, on peut tirer un rappel aérien, en fil d'araignée, jusqu'au départ de la voie.

La gardienne du refuge nous a concocté un petit repas simple mais efficace. Nous finissons la soirée avec elle et un ami mexicain.

Le lendemain, l'humidité a repris ses droits. La brume a du mal à se dissiper. Nous nous replions vers le monastère et décidons finalement de reprendre la route pour Barcelone, itinéraire culturel, en attendant que l'été pointe son nez et que nous mettions le cap vers les Calanques.


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