Vosges (2023): petite incursion hivernale de décembre

Après un mois de Novembre historiquement pluvieux (tous les jours du mois), une petite incursion hivernale sera venue nous donner de l'espoir... un Noël blanc? au soleil?

Rien n'est sûr avec le redoux annoncé, mais nous avons pu au moins profité de quatre journées en ce début de mois pour nous aérer (les ailes un peu aussi) et faire briller nos rétines aux couchers de soleil somptueux que seule la nature est capable nous offrir, avec une superbe vue sur les Alpes (comme si on y était).



De belles ambiances glaciales (-10°C dans la matinée) le 3 décembre au Treh...


et avec plus de vent et une mer de nuages bien épaisse le 16 décembre au Kastelberg...



Vosges (2023): vols partagés entre LBVL & Counailles

Météo bien difficile ce printemps et cet été 2023.

Entre sur-développements, stabilité, conditions automnales, une journée exceptionnelle et quelques créneaux au mois de juin (où il fallait y croire) nous ont congratulés de quelques bonnes surprises.

Ce court, préparé pour les AGs de fin d'année, met en avant trois vols au départ des sites à proximité de la Bresse que sont les Champis et le Rainkopf/Rothen.

Fiefs des clubs vosgiens La Bressaude Vol Libre (LBVL) et les Counailles, ces décollages (moins fréquentés) offrent une très bonne rentabilité thermique tôt le matin et un grand choix d'itinéraires. 

Il ne reste plus qu'à choisir le bon et se décider sur un objectif commun... et la magie opère souvent, avec des petits tours de passe-passe, qui permettent de se retrouver dans la pénombre de fin de journée ou d'étalements nuageux trop gourmands cette saison. 

Belle dynamique inter-clubs (ça aide dans le bleu ;-)).


  
Lieux survolés en activant les sous-titres français


Quelques traces pour mieux comprendre...

Quoi de neuf: de Février à Mai 2023!


22-30.05.2023: le Valais à l'abri des orages


Instabilité entre les gouttes froides, on continue avec beaucoup d'humidité sur cette deuxième quinzaine de mai. Les alpes françaises étant très aléatoires, mon abonnement de train Suisse est rentabilisé.

Une petite frayeur avec Gaët (qui voulait absolument découvrir son parachute de secours) vite oubliée (il a un gros gros mental), l'équipe est plus ou moins la même pour élargir un peu plus le terrain de jeu avec une visite éclair en compagnie de Thib & Guillaume lors d'une journée avec un vent d'Est bien fort qu'on aura réussi à dompter en restant solidaires presque jusqu'au bout.

14.05.2023: un petit Rothen entre deux averses


Mois de mai, fais ce qu'il te plaît ou ........ pas!
Du vent bien sûr, de l'humidité surtout et beaucoup d'instabilité. Il fallait un peu y croire avec des balises bien ventilées et les webcams bien embrumées.

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18.04.2023: entre ombre et lumière, Tessin et Val Grande


Une découverte épique avec des légendes... un gros potentiel dans le Tessin, direction Mornera où l'ascension en funiculaire aura donné le ton de la journée: rebondissements entre ombre et lumière...

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05.04.2023:  un peu plus près du Haut Koenisbourg

La fermeture de l'aéroport de Strasbourg pour travaux a permis de négocier un relèvement temporaire des planchers des zones aériennes à 2100m autour de Sainte-Marie aux Mines.

Je me dis que pour une reprise sur le massif, ça pourrait être intéressant de profiter de l'occasion pour essayer de voir d'un peu plus près le château du Haut Koensibourg.

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22.03.2023: retrouvailles blitz à Riederalp


Une petite reprise blitz à Riederalp sur deux jours. Les potentiels prévus pour la journée ne sont pas extraordinaires mais les chances de voler plus de 2 heures seront toujours plus grandes que dans les Vosges. Et puis c'est l'occasion de revoir Gaëtan. 

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11.03.2023: un Treh bien perturbé en attendant le Printemps

  


Ce début de mois de mars s'annonce bien perturbé avec un petit retour de l'hiver ce matin. Les tâches de soleil n'auront pas été suffisantes pour nous pousser plus haut dans le ciel.

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04.03.2023: p'tit cross de reprise entre le Drumont et le Ballon d'Alsace


Alertes en Suisse et dans les Alpes du Sud, 3 belles journées sont annoncées avant un front dépressionnaire poussif derrière... mon petit ange m'aura ramené à la raison en privilégiant une reprise avec les copains sur le massif et une belle aventure entre le Drumont et le Ballon d'Alsace avec Alan et Thomas.

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03.03.2023: Rothen BHF

Besoin de prendre l'air après trois semaines emprisonné. La neige a quasi disparu sur le massif mais la route des Américains est encore fermée. Pour optimiser le timing de la journée, montée en VTTAE (pas trop sportif)... pour un petit Bike, Hike & Fly.

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09.02.2023: un petit Treh bien printanier


Journée parfaite pour tester le matos pour le Printemps... direction le Treh. Bien printanier, des bons thermiques, Vz 5,4ms max et un plaf généreux, 1900 max. Direction le Grand Ballon avec un demi-tour au Storkenkopf.

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Vosges (2023): petit Rothen entre deux averses

Mois de mai, fais ce qu'il te plaît ou pas!

Du vent bien sûr, de l'humidité surtout et beaucoup d'instabilité. Il fallait un peu y croire avec des balises bien ventilées et les webcams bien embrumées. Finalement, je me décide.

Au col il y a déjà trois biplaceurs qui slaloment dans les voluptes humides qui remontent de la vallée de Mittlach. 
ça ronfle, business is business... 

En débouchant au sommet, l'humidité au sol et dans l'air semble s'être déjà bien évaporée. Il y a un troupeau de touristes sur la chaume. Je reste à l'écart un peu plus haut et j'attends un peu de voir le vent baisser. Une voile d'accro remonte du col.

Moins de rafales, les biplaces ont du mal à repasser sur la chaume maintenant... 

Allez, feu! 

C'est bien instable, ça s'assombrit vite un peu partout. ça monte sur les cassures dans les combes du bas. Au rocher, ça ne tient plus. Il faut trouver les zones ascendantes sous peine de passer sous le col... 

Les petites tâches de soleil rendent la masse d'air bien teigneuse. 
Faut piloter! Aujourd'hui on passera pour une séance de soaring peinard. C'est up 'nd down!


Down down, je vois Thomas qui monte au sommet du Rothen alors que je commence déjà à calculer mon approche pour poser dans le col. Zuuttt, allez, je me force pour remonter. 

Je le retrouve quelques minutes après sur la chaume.
Le temps d'échanger un peu et il n'aura pas le temps de sortir sa voile... c'est un peu trop sombre et il pleut derrière à la Bresse. 

Il pourra quand même quitter le plancher des vaches en faisant le sac de patates avec Bastien pour redescendre au col, un brin d'air en attendant des conditions tant attendues qui nous permettront de profiter un peu plus de ce Printemps.

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Alpes (2023): entre ombre et lumière, Tessin et Val Grande

Une découverte épique avec des légendes!

Les potentiels sont dans le rouge et pour cause: grosse grosse instabilité. Nous retrouvons Gaët la veille à la gare de Bellinzona à bord du monster truck de Wainer. Dîner bien sympathique au restaurant du peuple, un peu guindé d'ailleurs pour son nom.




Funiculaire de Mornera, jamais assez tôt pour 1200m de dénivelé

Réveil à 6h00 après un sommeil un peu chahuté par le bruit de la rivière qui dévale le canyon Cugnasco où nous nous sommes parqués. Nous rejoignons Gaëtan (qui a dormi en ville) au funiculaire de Mornera à 7h15 pétantes, fiers de notre ponctualité. Nous allons vite déchanter en arrivant devant la machine automatique. Il ne reste plus qu'une place pour la benne de 7h30 et plus rien après... Nous pensions qu'il n'était pas possible de réserver avant l'ouverture officielle de 9h. C'est faisable mais en allant sur la page italienne.

Un pilote est déjà là à attendre. On espère des désistements. Quelques pilotes arrivent suivis de 3 personnes qui, on comprendra ensuite, faisaient partie de l'équipe technique qui monte à l'arrêt intermédiaire à 7h45. La confusion s'installe. Je suggère l'alternative de Gana, mais rapidement mise de côté pour sa logistique de fin de journée plus compliquée...

Le pilote germano-suisse qui était là à notre arrivée, voyant notre désarroi, vient céder le ticket d'un copain probablement absent ou en retard à Wainer. Gaëtan réagit vite et va prendre le dernier ticket disponible du distributeur. Il nous manque une place. Je suis figé en refaisant le compte. Wainer me donne son ticket et se propose de monter à pied, cela ne fait que 1200m de dénivelé, sa balade matinale habituelle selon lui. Je suis mal à l'aise quand même!

On n'a plus le temps pour réfléchir, on prend son sac et on passe le tourniquet... Là, une dame peu agréable, nous voyant avec un parapente supplémentaire, nous lance: "Je vous cède ma place." On rentre dans l'oeuf bien spacieux du coup, nous ne sommes que 6. Wainer aurait pu être avec nous!!! Colère... fatalité! Cette "charmante" personne faisait aussi partie de l'équipe technique!

Dans la montée, nous ouvrons la discussion avec le copain qui a rejoint le pilote germano-suisse plutôt discret. Nous parlons du triangle FAI classique de 220K+ et il nous explique quelques spécificités techniques. Nous partageons aussi nos craintes de nous retrouver tôt face à des surdéveloppements et ondées localisés à l'ouest et rapidement au nord de Domodossala.

A l'arrivée de la cabine, nous échangeons nos prénoms. Urs et xxx... je n'ai pas compris celui de notre sauveur. Ils disparaissent tous les deux dans la pente qui mène au déco. Gaëtan pense que c'est Urs Haari, un pilote de très haut niveau connu en Suisse, qui vole désormais en catégorie B tout en faisant des vols légendaires.

Nous rappelons Wainer pour lui proposer de nous retrouver directement au décollage en contrebas. Toujours dans son élan de sacrifice, il nous propose de lui laisser ses affaires dans un coin et de décoller dès que possible. Cette fois, c'est non négociable... nous l'attendrons pour décoller ensemble. 

Arrivés sur place, Gaëtan jouant au sherpa dans les passages étroits, nous nous installons derrière le déco et préparons la Zeolite GT de Wainer. Il y a déjà une dizaine de pilotes qui s'affairent dans le peu d'espace. 

Alors que nous terminons notre propre prévol avec Gaëtan, qui voilà... Wainer!
Il a enquillé les 1200m en 1h20! 


9h20: Urs ouvre la voie et se met en l'air... Il est temps d'en faire autant, ça commence à grouiller un peu partout et certains pilotes sans scrupules se préparent même sur la moquette. 

Nous perdons l'avantage de notre arrivée tôt le matin, et ça joue un peu des coudes pour se positionner sur le déco. Un pilote m'étale ma voile sur la moquette, je suis tellement stressé que j'en oublie de le remercier (mais je me souviens de son visage, je ne manquerai pas de me rattraper quand on se recroisera un jour). Gaëtan et Wainer sont derrière un autre pilote qui me succédait... On devrait pouvoir vite se retrouver ensemble.

9h40:
enfin en apesanteur... direction la crête de droite où 3 voiles font des spaghettis dans un thermique qui semble se réveiller au-dessus des chalets. Je leur laisse la place en trouvant le coeur et en me projetant derrière. Les copains ne sont toujours pas sortis. 

2300m, j'arrive sous la barebule qui se forme. Je les vois enfin... Plus de 10 minutes après, alors qu'ils étaient juste derrière moi!

J'annonce que je pars devant... les connaissant, ils me rattraperont. 

Domodossola, une formalité ou presque...

Entre bons thermiques, que je quitte avant le sommet, et mauvaises transitions (pas toutes), j'arrive bien accompagné jusqu'à la frontière italienne en moins d'une heure. Il faut dire, c'est un ciel de rêve. Par contre, plus loin à l'ouest, c'est déjà bien sombre et quelques rideaux zèbrent l'obscurité. Les copains sont pas loin derrière... 

Je passe Santa Maria Maggiore découverte il y a deux ans dans des conditions bien différentes sans même voir le village. Domodossala est déjà devant moi sans faire un virage, je suis deux ailes qui traversent. 

De l'autre côté de la vallée, il y a des rideaux de pluie à gauche et à droite dans les vallées derrière. Plus au nord, cela commence aussi à bien s'obscurcir. L'éperon rocheux de Moncucco est au soleil. Ca remonte. Mes deux nouveaux compagnons filent vers Testa del Rossi, je les seconde en me positionnant correctement jusqu'à ce que je plonge aussi derrière eux. Repli en arrière très bas sur la face sud de Moncucco. 


Le piège se referme. La vallée de Santa Maria Maggiore est maintenant totalement dans l'ombre. Plus le choix, il va falloir passer au sud. Je vois une aile qui transite sur la face NO de la Testa del Parise. Je fais le pari qu'elle va ressortir, mais je patiente en cherchant le sommet de mon thermique. Elle semble remonter malgré l'ombre bien présente. Je suis à 2800m et je me lance sur Pizza Colla Bassa en me disant que, si ça ne remonte pas, il ne me restera plus qu'à glisser au sud, ensoleillé. 

Parc national du Val Grande!

Mon instrument de vol m'alerte que je suis à proximité d'une zone de protection de la faune sauvage. C'est une zone tampon de la réserve intégrale du Parc national de Val Grande. J'essaie de m'élever pour passer au-dessus mais, en surveillant l'aile de Martina H. qui m'a précédé, j'ai l'impression qu'elle ne semble pas être très haut. Peut-être que cette zone n'est pas stricte. L'ombre grandit dans la vallée. Je lâche mon ascendance molle pour passer en face sud sans tarder. 

Le relief est rocailleux et sec. Aucune trace de vie identifiable sous mes pieds. 

En basculant sur le versant sud du Pizzo Lacina, je ne tarde pas à trouver une ascendance qui me permet de reprendre enfin de la hauteur.



Le chemin est tout tracé avec de beaux cumuli entre la Punta della Rossola et la Teisa... la route vers le lac Majeur! 

Je refais le point pour savoir où sont Wainer et Gaëtan. Le premier s'est fait rattrapé par la pénombre qui a bien grignoté la vallée, le second semble être devant moi un peu plus à l'est au sein de la réserve (non convaincu par la traversée de Domodossala, il aura finalement pris l'option du soleil mais en mode engagement XXL, en réalisant le survol de la réserve intégrale en respectant les 500m sol, chapeau Gaët!). 

Je l'aperçois d'ailleurs qui s'élève avec prestance, à une portée de thermique. Oufff ffffouuu... le relief sous les pieds est sculpté de vallées étroites. Si l'on veut avoir une chance de basculer au nord vers les grosses montagnes, il va falloir raccourcir, quitte à survoler un paysage plus hostile ici. Je coupe donc derrière Torrione di Bettola, direction la crête est de Cima Sasso où j'aperçois une voile bien reconnaissable, la Photon rouge de Beni que nous avons rencontré la veille à Cavallaria. Il remonte mieux que moi et s'enfonce lui aussi dans le parc. Au lieu de rallier la Cima Cugnacorta directement, je serpente inefficacement pour me retrouver plus au sud.

13h30:
c'est l'heure de la bataille! 
L'endroit est sec! Les thermiques commencent à être vraiment musclés, à tel point que je suis obligé de les enrouler aux arrières pour pouvoir accéder à mes commandes sans risquer de me prendre la voile sur la tête.

Monte Vadà et hop voilà... y a un peu de sud-est maintenant, rendant les thermiques beaucoup moins agréables.

J'aperçois Gaëtan au-dessus de Monte Zuccaro; sous lui, la Photon de Beni semble taper dans du dur. Je mets le cap vers cet ascenseur que visiblement 4 planeurs de compét abordent aussi frénétiquement sur la tranche. J'ai le temps d'assister à la sortie de tout ce petit monde. 

Après une longue transition, c'est mon tour. La Volt cabre violemment et j'ai juste le temps de l'accompagner aux arrières. La montée est assez effrayante. Mon cardio s'envole... Impossible de rattraper mes commandes. Je continue aux arrières. Je me fais chahuter... le sang abonde dans mes tempes. Le thermique est biscornu... je prends la dégueulante de l'espace, je viens de le perdre. Je pousse l'accélérateur... je ne suis pas bas. Je quitte Zuccaro... loin d'être du sucre!

Monte Faierone, bienvenue... je chute du ciel, dans un effet bagnard imposé par du sud-est bien présent. De la peine à avancer. Je me rapproche du sommet... 

Le voile d'altitude en provenance de l'ouest vient maintenant conquérir l'est du parc sous mes yeux... mais pas que! Locarno semble aussi rentrer dans la nuit. Gaëtan plus efficace dans la précédente sucrerie a déjà rebondi là-bas. Plus de nouvelles de lui depuis un bon moment sur Zello. 

Dans la nuit de Locarno

Je tire le frein à main au-dessus de Monte Faierone où une tâche de soleil brille encore. Je glisse au Cruit en laissant la place à Wainer et son "troupeau" (une autre Zeolite GT et une M7) qui s'annonce à la radio.

14h10: Je perce la barebule à 2800 et je descends la crête vers Locarno qui est maintenant aussi à l'ombre. J'essaie de ralentir la descente sous Cimetta. Le soleil refait un timide retour dans la vallée de Bellinzona.

Je vois Gaëtan sous la Cimetta, à dessiner des spaghettis pour éviter l'inévitable...

Je m'applique à suivre la ligne de relief en espérant optimiser ma finesse. Le résultat n'est pas bien convaincant et Wainer, qui passera plus à droite, viendra me dépasser et me coiffer sous Cardada.

Entre-temps, le peu de soleil qui crée des tâches redémarre la machine à thermiques. Gaëtan ressort au-dessus de Cimetta, conservant ainsi son thermique d'avance.
 
14h48: Tout le monde passe à côté de l'inévitable de Locarno. Les flancs de Gana sont ensoleillés. 

15h15: On continue donc en horde entre ombre et lumière et on rejoint rapidement le déco. Pfff... on est rentrés! 

Partout autour, c'est sombre, il pleut de l'autre côté de la vallée. Malgré quelques flocons de neige, ça monte encore jusqu'au sommet occidental d'Erbea dans de bons varios. 

Plus à l'est...

Nous perdons la M7 qui semble partir vers l'atterrissage. Gaëtan a traversé la vallée de Ribiera sous le pic de Molinera, suivi par la Zeolite GT qui finit par se replier sur Bellinzona. On se retrouve donc tous les trois attirés par le soleil oriental qui vient éclairer la vallée de Roveredo. 

16h20: Gaëtan est toujours un thermique devant. Wainer me dépose dans la transition sur la Cima Grande et sur l'extraction. La fatigue se fait sentir... Je ne le lâche pas même si je me retrouve 200m plus bas. 



En raccrochant sous la gencive du Pic Croch, qui passe à l'ombre et en voyant mon ami remonter en dynamique plus haut, alors que je sombre derrière, je me dis d'ailleurs que c'était peut-être une erreur.
Je me bats dans un thermique torturé pour reprendre un peu mon souffle.



Gaëtan a temporisé en allant chercher le pic d'Arsa à la frontière italienne, mais le boss reprend les commandes. Il a le temps de survoler le Pizzo di Padion et d'y revenir avec moi en me voyant sortir de la crête nord du Cantone di Strem bien ensoleillée. 




17h00:
 Nous nous retrouvons donc tous les trois ensemble à la frontière au-dessus du Pizzo du Padion. La vue est exceptionnelle sur l'autoroute qui remonte dans les Grisons. Nous savons que traverser côté italien ne nous permettra pas de rentrer. 


Une tentative plus au nord pour élargir la marque? C'est bien à l'ombre et il neige où nous sommes. Allez, il est temps de rentrer. Nous reprenons notre ordre de bataille... et le timing est parfait! Le soleil nous ouvre la voie.

Un petit écart vers la Cima del Stagn mettra Gaëtan en difficulté sous le vent de la brise en ouest de Bellinzona, sur le raccrochage de Cadolcia. Nous reprenons pour la première fois depuis un moment les devants, avec Wainer qui poussera sa Zeolite GT dans la dernière ligne droite en traversant vers Mornera.



18h00: retour sur Bellinzona
Cette brise nous aura tous joué un vilain tour à l'atterrissage, en détruisant de manière spectaculaire notre finesse et en garantissant un beau gradient au poser.



Quelle aventure incroyable! 

Un vrai casse-tête pour ne pas tomber dans les pièges du puzzle imposé par les surdéveloppements. Nous aurons volé chacun de notre côté pendant une grande partie du vol, pour finalement nous retrouver ensemble. Quelle équipe!

On l'a appris après, encore un grand merci pour le ticket de funiculaire à une autre légende:  Toni Brügger


Photos

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Traces

Les traces pour mieux comprendre:
  • Beni (en provenance de Cavallaria)



Vosges (2023): un peu plus près du Haut Koenisbourg

Depuis deux trois jours, les potentiels de distance semblent s'envoler sur le massif. Le mois de mars a été avare en belles journées mettant sous silence les réseaux sociaux qui s'affolent désormais.

La fermeture de l'aéroport de Strasbourg pour travaux permet à Marin, un pilote qui travaille à la tour de contrôle d'Entzeim, de négocier avec son supérieur un relèvement des planchers des zones aériennes à 2100m entre Saint-Dié et Sainte-Marie aux Mines, nous donnant ainsi plus de marge pour évoluer au-dessus des arbres de ce côté.

Je me dis que pour une reprise sur le massif, ça pourrait être intéressant de profiter de l'occasion pour essayer de voir d'un peu plus près le château du Haut Koensibourg.

Les prévisions, par contre, sont sérieusement revues à la baisse le matin, avec toujours une tendance nord bien marquée et des températures glaciales.

Rendez-vous chez Ben, et direction le Drumont.. j'aurais été plus tenté par un Rainkopf mais la route des Américains est encore fermée. Nous arrivons en haut vers 11h. Il n'y a que trois pilotes dont Flavio.

Alors que nous nous préparons, les plaineux de Belfort et Nancy débarquent en force. Ils sont, comme nous tous, résolus à en découdre... les gunners sont rapidement en l'air et pour une fois je ne traine pas trop derrière. 

Avec Rick et sa flambante Zeno2, nous retrouvons d'ailleurs Ben et Michou sous leur Boom12 au Grand Ventron.

NovaKiki nous passe sous les pieds et semble faire demi-tour. La masse d'air n'est pas très établie, les thermiques sont petits et teigneux, les dégueulantes longues face au vent de Nord qui contourne la chaume en NO au-dessus de la vallée de Xulces, en NE dans la vallée de Kruth.

Après avoir assuré les plafs au-dessus de la Vieille Montagne, je ne suis pas super convaincu par l'option des Champis empruntée par Rick, je file à l'Est. ça monte sur la Tourbière de Machais, puis derrière le Rainkopf. 

Je glisse sur le Kastelberg où je croise l'équipe qui a décollé avec Djordje du Hohneck.

On est trois mais on a tous du mal à sortir au-dessus du sommet rond. ça s'allume plus à l'Ouest... feu sur Balveurche, cueilli bas au collet sous le NO. ça remonte en étant patient... 

La crête au nord du Col de la Schlucht commence à s'allumer. Je choisis de rester côté chaumes par sécurité mais ce n'est pas la bonne option. Le NO pousse les thermiques vers les lacs et la plaine d'Alsace. Je perds encore du temps... à enrouler pour ne pas être à plat ventre sur les crêtes. 

Lac Blanc ébouriffé par une belle brise, sous le vent de la tête des Immerlins, sous le Grand Brezouard... je suis seul depuis un moment déjà... 

Alors? Il est où ce château? Il est au nord d'Aubure. Mon instrument de vol râle. Je viens de pénétrer dans la TMA Strasbourg 1. Je l'ignore. 


Alors que je ressors sous le vent du Schelmenkopf dans un thermique certes salvateur mais anémique, Djordje me fond dessus avec sa nouvelle Zeno 2. Il m'a rattrapé... des lignes pures, des thermiques efficaces. Il y a vraiment de quoi apprendre de ce top pilote. Il fait trois tours dans mon thermique enfin plus tonique et m'ouvre la voie vers le Haut Koenisbourg.

Il y a bien de quoi poser à Thannenkirch mais ça ressemble à un plateau et c'est enclavé d'arbres. Je vois Djordje au niveau du château qui semble faire la visite des tourelles, des créneaux...  Tant pis, je me contenterai de l'observer de plus loin, vissant là encore un thermique un peu mou.

Djordje me rattrape de nouveau et nous faisons quelques tours ensemble au-dessus d'Adelspach poussé par le Nord. Il repasse une nouvelle fois devant avec une efficacité presque déconcertante. L'activité thermique est clairement au meilleur de la journée. Je ne dois plus contenté de la périphérie des ascendances. 


Je m'applique et raccroche la ligne que je connais bien entre le Grand Brézouard et le col du Bonhomme...
Djordje a disparu dans les rayons de fin de journée plus à l'Ouest.

J'ai des nouvelles de Ben qui a malheureusement posé à Saint-Léonard au retour du Donon. Il a trouvé une bonne âme pour le ramener vers la Bresse.

Je laisse derrière moi la grande combe au nord du Valtin, peut-être à tort, il y avait un beau cum au-dessus... Je passe le col du sifflet à 1400m mais je me trouve bien bas. Le NO m'accueille comme il se doit. Je me bats car je ne veux pas me retrouver enterré dans une des plus belles vallées du massif. Le thermique à la bienvenue douteuse me remonte de 300m et me fait dériver au centre de la vallée. 

Col de la Schlucht en vue... gaz! Je sens les signes de la fatigue oeuvrer. Je n'ai bu que deux gorgées il y déjà un bon moment, mon camelbag a gelé. Mes gants chauffants commencent à clignoter et ne vont pas tarder à me lâcher. ça y est, c'est fait à droite, le froid commence à me mordre le bout des doigts.

J'ai encore une paire de gants dans mon cockpit mais je réalise que j'ai oublié de connecter les batteries. Ben essaie de me contacter sur Zello... il va devoir attendre un peu, désolé. Une fois collé au nuage je commence l'échange précieux en laissant ma voile me guider sur la tranche de l'énorme étalement qui met dans l'obscurité quasi complète le Hohneck et la vallée de Kruth derrière.

J'arrive enfin à retrouver de la chaleur en rejoignant le col de Cornimont. Ben m'apprend qu'il a récupéré ma voiture au pont du Bramont et met le cap vers le wagga pour me récupérer. Il y a encore du soleil dans la vallée de Xulces... Je devrais pouvoir rentrer au Drumont et peut-être élargir au sud. 

Aucun souci, ça monte dans le noir. Une tâche de soleil à la tête du chat sauvage, le thermique me dérive vers le wagga. Il y a aussi quelques tâches sous le Treh. Je traverse en me disant qu'un Grand Ballon élargirait encore la balade... Manque de lucidité... J'aurais plus gagné à aller chercher Rouge Gazon et le Belacker. Pas un frémissement... je repars dans la vallée d'Urbes, dans le noir mais sans aucune chance de repose au Drumont. Faudra soigner les fins de vol pour réduire notre empreinte carbone. Merci pour la récup Ben.

Une belle première journée sur le massif, même si difficile à cause du froid et de la privation d'eau et de nourriture.

Toutes les photos

Retrouvez toutes les photos (plus de batterie sur le retour du Col du Bonhomme)  >>> ICI

Les traces

Les traces pour mieux comprendre:


Alpes (2023): retrouvailles blitz à Riederalp

La météo et le climat reflètent l'état de notre société.. perturbés! Un front humide et venteux est toujours là pour remplacer le précédent. Il y a bien quelques occasions mais il faut partir beaucoup plus au sud (Bassano, la mecque de mars par exemple).

Indisponible, je finis par craquer et décide de faire un blitz à Riederalp sur deux jours. Les potentiels prévus pour la journée ne sont pas extraordinaires mais les chances de voler plus de 2 heures seront toujours plus grandes que dans les Vosges. Et puis c'est l'occasion de revoir Gaëtan. 

Nous avions discuté la possibilité de se faire quelques séances de pilotage dans une ou deux stations mais l'hiver, qui nous a paru long à tous les deux, n'a pas été propice pour ça.

J'ai maintenant mes habitudes, départ de Bâle en train, nuit à Brig, vol dans la journée et retour en train le soir du vol. Merci aux transports en commun suisses... ça change de la France.

Nous nous retrouvons donc à la gare de Brig au petit matin, à 8h32. 

De la stabilité est annoncée mais nous montons dans la benne de 9h04. Nous avons appris que les prévisions sont là pour être contredites. Aucun parapentiste à l'horizon. 

Nous décidons de temporiser en nous rassasiant autour de quelques viennoiseries suisses (loin, très loin de l'excellence de l'horlogerie helvétique).

La neige manque cruellement là aussi même si elle tapisse une partie du premier décollage. Nous faisons un saut au deuxième déco plus à l'ouest. Il y a déjà des pilotes. Nous rebroussons chemin, le déco étant plus petit et enneigé. Autant prendre nos aises plus bas.

Nous venons tout juste de poser nos sacs, une première voile s'envole (la X-one de Chrigel Maurer?). Elle est suivie quelques minutes après par 3 autres pilotes. Ils se battent pour s'extraire mais nous passent finalement au-dessus de la tête alors que nous nous apprêtons à nous installer dans nos sellettes.

Gaëtan se lance et je le suis dans la foulée. Il est 10h50. 

Le plan est simple, nous laisser poussés par la tendance SO du jour vers les Grisons soit en passant par le Tessin (col de Nufenen) soit par l'Engadine (col de Furka), plan de replis, on reste sur un Aller/Retour entre les Goms et la vallée du Rhône.

L'extraction n'est pas si simple mais nous nous retrouvons au-dessus du Riederhorn, direction Fiesch. 

Une formalité, feu sur les Goms... 

Je manque l'ascenseur fulgurant des paravalanches et fuis plus à l'Est pour me rattraper. Gaët me coiffe alors et prend les devants.

En arrivant à Oberwald, il me communique que l'option Tessin semble compromise, de nombreux cumuli s'étalent sur les crêtes au sud. Difficile de basculer  sereinement avec des cols à 2400m et un plaf à 2800. 

Il se lance sous le Hohhoren en quête du Furka. Il y est cueilli par de l'E qui le ramène à une réalité plus inquiétante, la route sous ses pieds dans la vallée est fermée et enneigée, pas de traces d'activité.

Quand je le rejoins poussé derrière Grimselpass par du SO soutenu, il rentre à plat ventre. 

Tant pis, les Grisons, ce sera pour une prochaine fois. Nous nous rabattons sur le plan classique même si nous sommes bien en retard pour ce type de vol. Il est déjà 12h45. 

Mais finalement, c'est la reprise et nous sommes là pour prendre nos repères (je n'ai eu droit qu'à un mini-cross depuis septembre).

Nous faisons donc le retour jusqu'à Fiesch poulie-poulie, plume dans plume. Deux Volt4 rouges, blanches et un peu de bleu, pour être fidèles à nos couleurs nationales ;-).

Première rêvasserie au-dessus de Bettermalp, je m'écarte sur la crête pour voir un peu mieux le glacier d'Aletsch qui cache sa misère dessous une fine pellicule blanche. Quelle tristesse! 

Gaëtan qui a l'art de débusquer les gros boulets et de ne s'arrêter que dans ceux là, reprend de la hauteur pendant que je me rabats sur les avant-reliefs. Il gardera ce thermique d'avance jusqu'à Leukerbad et je lui courrais derrière jusque là-bas.

De nouveau tous les deux, je l'encourage à continuer une crête plus loin au Vaneralp avant de faire demi-tour. Nous nous décidons alors de rentrer, il est 15h45. 

La bonne nouvelle c'est que les nuages d'altitude sont encore bien loin au NO, la mauvaise, le SO s'est transformé en un O, NO qui nous met sous le vent de tous les reliefs sur notre retour.

Gaëtan prend 200 mètres avec une précision d'horloger dans la combe ouest de Vaneralp et à raison, ne s'attarde pas dans la turbulence. 

Le temps que je m'en aperçoive et il a déjà disparu en rebondissant sur le relief suivant. J'oublie l'idée de raccrocher le wagon. Le plus important est maintenant de boucler en ne boudant pas les ascensions moins dynamiques. 

Je me laisse glisser jusqu'au-dessus de Brig en espérant être protégé au-dessus de Naters et c'est le cas.

Qui voilà??? Gaëtan, bien sûr, qui négocie encore efficacement le thermique sur la crête du Riederhorn. Arrivé plus bas, je remonte laborieusement et plus loin vers le sommet. 

La transition vers le Folluhorn est plus longue et j'arrive de nouveau plus bas, cueilli par du S.
 
Alors que je dessine mes premiers spaghettis, je vois mon ami suisse quitter le sommet pour aller poser à Brig. 

Je stagne 600 mètres dessous, et quelques mouvements plus violents de ma voile me rappelle que la fatigue est maintenant bien installée. Je lâche l'affaire... 

Je rejoins Gaëtan sur le plancher des vaches 15 minutes plus tard, non sans mal.
Quand le S rentre par Rothwald, cela semble créer une zone de convergence avec la brise en O, rendant le poser un peu aléatoire sous Brei.

Quelles retrouvailles! Cette journée m'aura fait le plus grand bien après un hiver plutôt famélique sur le massif vosgien.

Cette petite reprise (pas si petite finalement 😉) nous aura permis de partager encore une belle aventure

  • dans de belles ambiances (de fin de Printemps, de part un déficit neigeux bien visible :O) 
  • dans des conditions bien sèches (pas un cum) avec quelques belles Vz mais pas effrayantes non plus et des thermiques pas si larges
  • pour finir autour de nos pizzas favorites au restaurant italien Commerce en débriefant des réglages tant en comm, plan et cheminement de vol à mettre en place pour les prochains vols
  • pour célébrer quelques moments clé (hein Gaëtan? 😊) comme l'arrivée du Printemps aussi

Toutes les photos

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Les traces

Pour mieux comprendre les cheminements...


Abbreviations

  • E: Est
  • S: Sud
  • O: Ouest
  • N: Nord