Vosges (2023): un peu plus près du Haut Koenisbourg

Depuis deux trois jours, les potentiels de distance semblent s'envoler sur le massif. Le mois de mars a été avare en belles journées mettant sous silence les réseaux sociaux qui s'affolent désormais.

La fermeture de l'aéroport de Strasbourg pour travaux permet à Marin, un pilote qui travaille à la tour de contrôle d'Entzeim, de négocier avec son supérieur un relèvement des planchers des zones aériennes à 2100m entre Saint-Dié et Sainte-Marie aux Mines, nous donnant ainsi plus de marge pour évoluer au-dessus des arbres de ce côté.

Je me dis que pour une reprise sur le massif, ça pourrait être intéressant de profiter de l'occasion pour essayer de voir d'un peu plus près le château du Haut Koensibourg.

Les prévisions, par contre, sont sérieusement revues à la baisse le matin, avec toujours une tendance nord bien marquée et des températures glaciales.

Rendez-vous chez Ben, et direction le Drumont.. j'aurais été plus tenté par un Rainkopf mais la route des Américains est encore fermée. Nous arrivons en haut vers 11h. Il n'y a que trois pilotes dont Flavio.

Alors que nous nous préparons, les plaineux de Belfort et Nancy débarquent en force. Ils sont, comme nous tous, résolus à en découdre... les gunners sont rapidement en l'air et pour une fois je ne traine pas trop derrière. 

Avec Rick et sa flambante Zeno2, nous retrouvons d'ailleurs Ben et Michou sous leur Boom12 au Grand Ventron.

NovaKiki nous passe sous les pieds et semble faire demi-tour. La masse d'air n'est pas très établie, les thermiques sont petits et teigneux, les dégueulantes longues face au vent de Nord qui contourne la chaume en NO au-dessus de la vallée de Xulces, en NE dans la vallée de Kruth.

Après avoir assuré les plafs au-dessus de la Vieille Montagne, je ne suis pas super convaincu par l'option des Champis empruntée par Rick, je file à l'Est. ça monte sur la Tourbière de Machais, puis derrière le Rainkopf. 

Je glisse sur le Kastelberg où je croise l'équipe qui a décollé avec Djordje du Hohneck.

On est trois mais on a tous du mal à sortir au-dessus du sommet rond. ça s'allume plus à l'Ouest... feu sur Balveurche, cueilli bas au collet sous le NO. ça remonte en étant patient... 

La crête au nord du Col de la Schlucht commence à s'allumer. Je choisis de rester côté chaumes par sécurité mais ce n'est pas la bonne option. Le NO pousse les thermiques vers les lacs et la plaine d'Alsace. Je perds encore du temps... à enrouler pour ne pas être à plat ventre sur les crêtes. 

Lac Blanc ébouriffé par une belle brise, sous le vent de la tête des Immerlins, sous le Grand Brezouard... je suis seul depuis un moment déjà... 

Alors? Il est où ce château? Il est au nord d'Aubure. Mon instrument de vol râle. Je viens de pénétrer dans la TMA Strasbourg 1. Je l'ignore. 


Alors que je ressors sous le vent du Schelmenkopf dans un thermique certes salvateur mais anémique, Djordje me fond dessus avec sa nouvelle Zeno 2. Il m'a rattrapé... des lignes pures, des thermiques efficaces. Il y a vraiment de quoi apprendre de ce top pilote. Il fait trois tours dans mon thermique enfin plus tonique et m'ouvre la voie vers le Haut Koenisbourg.

Il y a bien de quoi poser à Thannenkirch mais ça ressemble à un plateau et c'est enclavé d'arbres. Je vois Djordje au niveau du château qui semble faire la visite des tourelles, des créneaux...  Tant pis, je me contenterai de l'observer de plus loin, vissant là encore un thermique un peu mou.

Djordje me rattrape de nouveau et nous faisons quelques tours ensemble au-dessus d'Adelspach poussé par le Nord. Il repasse une nouvelle fois devant avec une efficacité presque déconcertante. L'activité thermique est clairement au meilleur de la journée. Je ne dois plus contenté de la périphérie des ascendances. 


Je m'applique et raccroche la ligne que je connais bien entre le Grand Brézouard et le col du Bonhomme...
Djordje a disparu dans les rayons de fin de journée plus à l'Ouest.

J'ai des nouvelles de Ben qui a malheureusement posé à Saint-Léonard au retour du Donon. Il a trouvé une bonne âme pour le ramener vers la Bresse.

Je laisse derrière moi la grande combe au nord du Valtin, peut-être à tort, il y avait un beau cum au-dessus... Je passe le col du sifflet à 1400m mais je me trouve bien bas. Le NO m'accueille comme il se doit. Je me bats car je ne veux pas me retrouver enterré dans une des plus belles vallées du massif. Le thermique à la bienvenue douteuse me remonte de 300m et me fait dériver au centre de la vallée. 

Col de la Schlucht en vue... gaz! Je sens les signes de la fatigue oeuvrer. Je n'ai bu que deux gorgées il y déjà un bon moment, mon camelbag a gelé. Mes gants chauffants commencent à clignoter et ne vont pas tarder à me lâcher. ça y est, c'est fait à droite, le froid commence à me mordre le bout des doigts.

J'ai encore une paire de gants dans mon cockpit mais je réalise que j'ai oublié de connecter les batteries. Ben essaie de me contacter sur Zello... il va devoir attendre un peu, désolé. Une fois collé au nuage je commence l'échange précieux en laissant ma voile me guider sur la tranche de l'énorme étalement qui met dans l'obscurité quasi complète le Hohneck et la vallée de Kruth derrière.

J'arrive enfin à retrouver de la chaleur en rejoignant le col de Cornimont. Ben m'apprend qu'il a récupéré ma voiture au pont du Bramont et met le cap vers le wagga pour me récupérer. Il y a encore du soleil dans la vallée de Xulces... Je devrais pouvoir rentrer au Drumont et peut-être élargir au sud. 

Aucun souci, ça monte dans le noir. Une tâche de soleil à la tête du chat sauvage, le thermique me dérive vers le wagga. Il y a aussi quelques tâches sous le Treh. Je traverse en me disant qu'un Grand Ballon élargirait encore la balade... Manque de lucidité... J'aurais plus gagné à aller chercher Rouge Gazon et le Belacker. Pas un frémissement... je repars dans la vallée d'Urbes, dans le noir mais sans aucune chance de repose au Drumont. Faudra soigner les fins de vol pour réduire notre empreinte carbone. Merci pour la récup Ben.

Une belle première journée sur le massif, même si difficile à cause du froid et de la privation d'eau et de nourriture.

Toutes les photos

Retrouvez toutes les photos (plus de batterie sur le retour du Col du Bonhomme)  >>> ICI

Les traces

Les traces pour mieux comprendre:


Alpes (2023): retrouvailles blitz à Riederalp

La météo et le climat reflètent l'état de notre société.. perturbés! Un front humide et venteux est toujours là pour remplacer le précédent. Il y a bien quelques occasions mais il faut partir beaucoup plus au sud (Bassano, la mecque de mars par exemple).

Indisponible, je finis par craquer et décide de faire un blitz à Riederalp sur deux jours. Les potentiels prévus pour la journée ne sont pas extraordinaires mais les chances de voler plus de 2 heures seront toujours plus grandes que dans les Vosges. Et puis c'est l'occasion de revoir Gaëtan. 

Nous avions discuté la possibilité de se faire quelques séances de pilotage dans une ou deux stations mais l'hiver, qui nous a paru long à tous les deux, n'a pas été propice pour ça.

J'ai maintenant mes habitudes, départ de Bâle en train, nuit à Brig, vol dans la journée et retour en train le soir du vol. Merci aux transports en commun suisses... ça change de la France.

Nous nous retrouvons donc à la gare de Brig au petit matin, à 8h32. 

De la stabilité est annoncée mais nous montons dans la benne de 9h04. Nous avons appris que les prévisions sont là pour être contredites. Aucun parapentiste à l'horizon. 

Nous décidons de temporiser en nous rassasiant autour de quelques viennoiseries suisses (loin, très loin de l'excellence de l'horlogerie helvétique).

La neige manque cruellement là aussi même si elle tapisse une partie du premier décollage. Nous faisons un saut au deuxième déco plus à l'ouest. Il y a déjà des pilotes. Nous rebroussons chemin, le déco étant plus petit et enneigé. Autant prendre nos aises plus bas.

Nous venons tout juste de poser nos sacs, une première voile s'envole (la X-one de Chrigel Maurer?). Elle est suivie quelques minutes après par 3 autres pilotes. Ils se battent pour s'extraire mais nous passent finalement au-dessus de la tête alors que nous nous apprêtons à nous installer dans nos sellettes.

Gaëtan se lance et je le suis dans la foulée. Il est 10h50. 

Le plan est simple, nous laisser poussés par la tendance SO du jour vers les Grisons soit en passant par le Tessin (col de Nufenen) soit par l'Engadine (col de Furka), plan de replis, on reste sur un Aller/Retour entre les Goms et la vallée du Rhône.

L'extraction n'est pas si simple mais nous nous retrouvons au-dessus du Riederhorn, direction Fiesch. 

Une formalité, feu sur les Goms... 

Je manque l'ascenseur fulgurant des paravalanches et fuis plus à l'Est pour me rattraper. Gaët me coiffe alors et prend les devants.

En arrivant à Oberwald, il me communique que l'option Tessin semble compromise, de nombreux cumuli s'étalent sur les crêtes au sud. Difficile de basculer  sereinement avec des cols à 2400m et un plaf à 2800. 

Il se lance sous le Hohhoren en quête du Furka. Il y est cueilli par de l'E qui le ramène à une réalité plus inquiétante, la route sous ses pieds dans la vallée est fermée et enneigée, pas de traces d'activité.

Quand je le rejoins poussé derrière Grimselpass par du SO soutenu, il rentre à plat ventre. 

Tant pis, les Grisons, ce sera pour une prochaine fois. Nous nous rabattons sur le plan classique même si nous sommes bien en retard pour ce type de vol. Il est déjà 12h45. 

Mais finalement, c'est la reprise et nous sommes là pour prendre nos repères (je n'ai eu droit qu'à un mini-cross depuis septembre).

Nous faisons donc le retour jusqu'à Fiesch poulie-poulie, plume dans plume. Deux Volt4 rouges, blanches et un peu de bleu, pour être fidèles à nos couleurs nationales ;-).

Première rêvasserie au-dessus de Bettermalp, je m'écarte sur la crête pour voir un peu mieux le glacier d'Aletsch qui cache sa misère dessous une fine pellicule blanche. Quelle tristesse! 

Gaëtan qui a l'art de débusquer les gros boulets et de ne s'arrêter que dans ceux là, reprend de la hauteur pendant que je me rabats sur les avant-reliefs. Il gardera ce thermique d'avance jusqu'à Leukerbad et je lui courrais derrière jusque là-bas.

De nouveau tous les deux, je l'encourage à continuer une crête plus loin au Vaneralp avant de faire demi-tour. Nous nous décidons alors de rentrer, il est 15h45. 

La bonne nouvelle c'est que les nuages d'altitude sont encore bien loin au NO, la mauvaise, le SO s'est transformé en un O, NO qui nous met sous le vent de tous les reliefs sur notre retour.

Gaëtan prend 200 mètres avec une précision d'horloger dans la combe ouest de Vaneralp et à raison, ne s'attarde pas dans la turbulence. 

Le temps que je m'en aperçoive et il a déjà disparu en rebondissant sur le relief suivant. J'oublie l'idée de raccrocher le wagon. Le plus important est maintenant de boucler en ne boudant pas les ascensions moins dynamiques. 

Je me laisse glisser jusqu'au-dessus de Brig en espérant être protégé au-dessus de Naters et c'est le cas.

Qui voilà??? Gaëtan, bien sûr, qui négocie encore efficacement le thermique sur la crête du Riederhorn. Arrivé plus bas, je remonte laborieusement et plus loin vers le sommet. 

La transition vers le Folluhorn est plus longue et j'arrive de nouveau plus bas, cueilli par du S.
 
Alors que je dessine mes premiers spaghettis, je vois mon ami suisse quitter le sommet pour aller poser à Brig. 

Je stagne 600 mètres dessous, et quelques mouvements plus violents de ma voile me rappelle que la fatigue est maintenant bien installée. Je lâche l'affaire... 

Je rejoins Gaëtan sur le plancher des vaches 15 minutes plus tard, non sans mal.
Quand le S rentre par Rothwald, cela semble créer une zone de convergence avec la brise en O, rendant le poser un peu aléatoire sous Brei.

Quelles retrouvailles! Cette journée m'aura fait le plus grand bien après un hiver plutôt famélique sur le massif vosgien.

Cette petite reprise (pas si petite finalement 😉) nous aura permis de partager encore une belle aventure

  • dans de belles ambiances (de fin de Printemps, de part un déficit neigeux bien visible :O) 
  • dans des conditions bien sèches (pas un cum) avec quelques belles Vz mais pas effrayantes non plus et des thermiques pas si larges
  • pour finir autour de nos pizzas favorites au restaurant italien Commerce en débriefant des réglages tant en comm, plan et cheminement de vol à mettre en place pour les prochains vols
  • pour célébrer quelques moments clé (hein Gaëtan? 😊) comme l'arrivée du Printemps aussi

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Les traces

Pour mieux comprendre les cheminements...


Abbreviations

  • E: Est
  • S: Sud
  • O: Ouest
  • N: Nord

Vosges (2023): Treh bien perturbé en attendant le Printemps

Ce début de mois de mars s'annonce bien perturbé avec un petit retour de l'hiver ce matin. Le vent marque une petite trêve mais l'humidité des derniers jours est bien présente. 



Les tâches de soleil n'auront pas été suffisantes pour nous pousser plus haut dans le ciel... à défaut nous aurons eu droit à un beau spectacle de lumière avec Dom et Tom, partagé...



Une après-midi parfaite pour encore faire du réglage matos dans du petit, très petit, en mode survie. 

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