Alpes (2022): J3 - entre Queyras et Baronnies, Ecrins et Devoluy, Diois et Embrunais, juste un vol de folie…


Saint-Jean en Maurienne, 5h15, il fait encore sombre, le réveil m'éclabousse d'un "Save me", les yeux piquent. J'entends la sonnerie de Wainer qui fait écho à côté. On ne tarde pas. L'organisation commence à être bien rodée pour ce troisième jour.
A 6h05 on sort du parking souterrain qui est sous ce petit studio tout équipé qu'on ne pourra que recommander... direction le col du Galibier, Briançon et le col d'Izoard.

Le point de rendez-vous communiqué par Dams la veille est fixé à 8h15.

On arrive à 8h20 et un van floqué Supair attire notre attention sur le parking, ou plutôt un terrain vague entouré de barrières de travaux. On se gare à côté. Clément Latour, Damien Lacaze et un autre pilote dont je n'ai pas capté le nom, nous accueillent le temps de brèves présentations.

Damien nous donne immédiatement quelques conseils. Ils vont décoller sur les hauteurs du col dans la pierraille, 3 voiles à peine pouvant y être étalées. En marchant une demie-heure, il est possible de passer la crête et rejoindre une chaume plus accueillante. 

On n'hésite pas longtemps... Ils nous quittent rapidement pour aller se positionner, "Voile posée, place réservée" nous lâche Clément en souriant. Les autres chasseurs de kilomètres ne devraient plus tarder, et alors que je laisse Wainer à ses dernières préparations intimes, Melissa, Fabian et probablement Flavien d'ailleurs sont déjà là (je laisserai à Wainer le plaisir de raconter ses retrouvailles avec Melissa ;-)). Il me rattrape vite sur la petite sente qui contourne le Clot la Cime (va falloir bosser un peu plus la condition physique cet automne).

Nous arrivons donc vers 9h15 sur une chaume herbeuse bien accueillante. Nous faisons tous les deux tomber nos t-shirts trempés par la montée un peu raide, le temps de notre préparation.

Vers 9h45, les Enzo3 de Clément et Damien sont déjà à pied d'oeuvre sous nos pieds. Nous les voyons s'extraire. Nous nous pressons. Alors que nous sommes tous les deux installés dans nos sellettes, c'est la Boom 12 de Timo Léonetti qui sort, sur la tranche. Nous nous regardons, feu... à 10h.

A gauche, il y a du monde qui vient du col. Nous cherchons tout de suite à droite dans la combe. On ne tarde pas à trouver la pompe. On est cinq à s'extirper devant le Clos de Cime, deux Zeno, une Peak 5.

Ca ne chaume pas...  Pic de Beauduis, de Chalanches, du Haut Mouniare. Ca vole fort et les Zeno et la Peak 5 passent déjà devant. 

On se décale sur la Roche de Moutière avec Wainer en s'interrogeant en radio sur le plan de vol. Initialement, j'avais proposé de passer par la barre des Ecrins pour faire du tourisme, traverser ensuite les Ecrins pour remonter vers Grenoble et redescendre sur la blanche pour faire un point au sud de l'Estrop avant de rentrer (un tracé inspiré d'un vol précédent de Flavien).

A voir nos nouveaux compagnons de vol filer plein Ouest, on commence à se demander si nous ne devrions pas profiter de l'occasion et tenter l'aventure avec eux. On a une idée du plan de vol. Il a été répété depuis plusieurs jours par Edouard Pottel et Timo Léonetti dans l'espoir de casser le record de FAI, ce que fera le premier en bouclant 348 kilomètres.

On hésite encore en se jetant sous la tête de la Lauzière. Wainer me répète qu'il n'est pas pressé de voir la Barre des Ecrins. On finit donc par bifurquer sous la tête des Raisins d'où on voit les premiers s'extirper. Allez, c'est parti... Pour l'instant, on les a en visuel mais cela ne devrait pas durer.

Deux autres top pilotes en CCC viennent de nous rattraper à la pointe des Rougnoux. Les vallées sous nos pieds sont sauvages. On est trop concentrés sur notre progression pour s'en soucier et on finit par rapidement sortir des Ecrins par le Champsaur. La ligne est marquée par nos prédécesseurs. J'ai toujours eu horreur du petit train, de jouer aux suceurs de bords de fuite comme dit Simon... mais bon! ça ne va pas durer ;-) On est bien trop lents.

Je profite de la transition sur le Dévoluy pour tracer notre plan B (qu'on n'avait pas prévu, une leçon à retenir encore). Je reprends la trace d'Edouard de la veille avec FlyXCApp, je réduis les points de contournement pour chercher un 240 (des fois que, sur un malentendu...), sachant que le dernier tiers de l'itinéraire m'est plus familier. J'envoie le plan de vol à Wainer en raccrochant juste Coste Folie... la folie ;-)

Les autres ont déjà rebondi plus à l'ouest vers le Pic de Bure, très haut... Le thermique qui nous accueille est un peu tordu et violent (ils commencent à tous l'être d'ailleurs). On s'entraide et on finit par trouver le plafond. Aucune barbulle, la masse d'air est encore bien sèche. Je ne vois plus les avions de chasse devant... par contre, une armada de deltas tangentant le Pic de Bure par le Nord, nous fonce dessus. 

Le sud rentre fort! Wainer se fait reculer dans un thermique monstrueux, à l'approche du sommet de la Plane. Je m'applique dans une ascendance plus régulière et rectiligne que je ne lâche pas. Wainer qui se retrouve bien décalé maintenant, repasse sous mes pieds avec difficulté. 

Le pic de Bure est juste devant, impressionnant... La lumière est brutale et réfléchit sur ces combes toutes minérales vêtues. Je m'attends au pire... Wainer ne semble pas être malmené. 
Je suis tendu, mais tout se passe bien.
Je repasse devant...  direction Aspres. 

Wainer reprend la tête à la Cime de Pignerole et débusque un boulet au Saint-Apotre... Alors que je passe à une cinquantaine de mètres à côté, ravi de pouvoir déjà bénéficier de cet ascenseur ****, rien de rien!!! 

Je me retrouve à racler les fonds de tiroir sans rien trouver, même sur les avant-reliefs. Je finis par me raviser en me disant qu'Aspres se mérite et que c'est l'occasion d'aller rendre visite aux compétiteurs du championnat de France de deltaplane. Ici aucun parapente d'ailleurs!

Je vois deux ailes affutées sortir derrière le déco... je fonce vers la Longeagne. ça remonte enfin franchement.

Pendant ce temps, une Zeno 2 a fondu dans le trou de Thuoux devant Wainer. Ca doit être un local pour partir si bas... il faut avoir la foi. Il ressort à ras les pâquerettes en montrant la voie à Wainer. Quand je rejoins la même crête, ce dernier est déjà parti vers le sud en suivant le plan avec une confortable avance. 

Je ne suis pas certain de le revoir si tout se passe bien pour lui. Je repasse en mode solo et je décide d'aller un peu plus loin vers la Montagne de Maraysse, d'autant que j'aperçois les lames revenir de leur point de contournement Ouest, sur cette longue crête bien orientée sud.

Je retrouve donc la Peak 5 orange/noire et la Zeno rouge/orange du début. Ce n'est que le surlendemain en regardant les traces que j'ai découvert que c'etait Henri Charrier et Charles Costel... Quelle coïncidence incroyable! 

Nous avions eu l'occasion de voler ensemble avec Charles il y a quelques années, au-dessus de chez lui à Montgellafrey. Il m'avait aussi donné de précieux conseils sur quelques vols.


Nous partageons donc quelques thermiques entre l'Arambre et le Malaup où on rattrape Wainer qui semble en galère avec le pilote "connaisseur du coin" et sa la Zeno 2, sur la crête boisée de la Blachère. 

Les pilotes derrière semblent aussi être sur le qui-vive. Les cumuli bourgeonnent un peu partout. Les ascenseurs sont cycliques. Je tire le frein à main au-dessus du Ravin de la Combe au sud de la Pointe d'Eyrolle. Il faut impérativement que j'atteigne la base du nuage où s'appliquent un planeur et un delta, pour pouvoir continuer plus sereinement.

Après, la progression à l'Est devrait être plus aisée, la masse d'air étant bien matérialisée par quelques beaux cumuli bien dodus.  Il va d'ailleurs falloir bien se placer car la blanche semble être passée sérieusement à l'ombre ainsi que l'Estrop.

Wainer qui a eu son moment d'intimité avec la Zeno 2, m'indique en radio qu'il a survécu et qu'il est juste derrière moi. J'ai l'impression qu'on a tous pris un gros hors cycle dans la zone... j'ai juste préféré être à ma place...  


Cool! On va pouvoir de nouveau se serrer les coudes pour la suite des aventures. Je glisse jusqu'au Marzenc sans m'arrêter au Clos Ginoux, puis, collé au nuage je rebondis au Brayeul... plus loin devant, je reconnais la vallée de la Javie et Digne. Pas encore prêt pour y revenir... 


Cheval Blanc a l'air bien allumé. Il est 17h, les pieds du Tromas sont de nouveau au chaud. Je n'ai aucune idée du temps pour remonter au Col d'Izoard, et je ne connais pas la branche entre le Morgon et le Pic du Clocher. On optimisera un peu plus la prochaine fois.



On rallie donc le Tromas, puis l'Aiguillette où on recollera nos stabilos, ainsi que ceux de la Zeno Verte et Blanche de Lucas. On fait le retour avec lui en espérant qu'il connaît bien la fin... 

Au final on aurait pu s'éviter le passage par le Morgon en coupant plus court. 


En enroulant deux thermiques en milieu de vallée, on s'évitera un passage par la crête du Lauzet ainsi que le pic Haut pour aller chercher directement les Croix et ne même pas s'arrêter sur le Pic du Clocher. 



La suite je connais, pour avoir fait un peu de reconnaissance au mois de Juillet. Avec la brise d'Embrun, les avant-reliefs au-dessus de Mont Dauphin délivrent déjà une belle ascendance qui remonte jusqu'aux Ourgières. 

Je la quitte avant pour longer le Prachaval et je glisse vers le Nord sur la crête. La dernière fois, ça montait bien vers la Platte. Je ne trouve rien, je suis assez haut et je passe derrière avec Lucas et Wainer qui ne nous lâche pas le train.


Je sais que ça ne va pas être si simple sous le Pic du Béal Traversier pour y avoir galéré avec Damien Pattou la dernière fois. Il ne faut pas avoir peur de se laisser pousser vers le Pic de Clapouse pour mieux ressortir dans le prolongement du Pic des Esparges fines.



Le Clot de Cime est en vue... Lucas est passé devant, Wainer plus bas. Il y a beaucoup d'ombre un peu partout autour. Le temps nous est-il compté??

Wainer m'indique en radio, qu'il va soit essayer de reposer au déco puis redescendre à pied, soit tenter de poser au col. Le terrain vague et les barrières de chantier ne m'emballent pas des masses mais il pense que la brise dans le venturi du col devrait faciliter les choses. Je fais le plaf sans mal au-dessus du col et j'observe ses circonvolutions descendantes en-dessous.

Wainer vient de poser au col près de la voiture, mais sans vent, un peu fort... Je lui demande si il ne voit pas d'inconvénients à ce que je pose en fond de vallée un peu plus tard, ça a l'air de monter un peu partout (malgré la pénombre presque générale sur les versants sud) et le Pic de Rochebrune est à portée de main.

J'y prends d'ailleurs une belle ascendance, poussé vers le sommet du Grand Vallon. Lucas en me voyant sortir, reviendra d'ailleurs sur ses pas pour grignoter quelques kilomètres de plus... 

Je me laisse glisser vers le Pic de Fond Queyras en lorgnant mon compteur... faut aller le chercher ce 240 inespéré... allez 600 mètres de plus pour être sûr de ne pas tomber dans les erreurs de calcul et je fais demi-tour. 

Il fait nuit dans le Queyras. La lumière baigne encore côté nord. J'aurais pu aller plus loin... en revenant au col, je reprends de bons varios et quelle surprise de revoir la Zeno 2 jaune et bleue.

Il a sorti son dragchute et cherche à descendre... J'en fais autant mais sans.

Maintenant ça monte partout... je vais prospecter les dégueulantes, un comble!

Wainer a fini de plier et descend à Brunissard. Je vois la Volvo sous mes pieds. Il m'indique un peu l'environnement de fond de vallée que j'ai de la peine à discerner dans le contre-jour des derniers rayons en d'altitude. 

Des lignes, pas de vent, des arbres, des arroseurs, bref je finis par changer de point d'aboutissement et par poser dans le champs devant chez Marius face à une belle brise descendante.

Wainer vient à peine de me rejoindre... je me jète dans ses bras. Quelle journée! Inoubliable!!! "Tre !!!"

Encore un vol où notre collaboration aura payé. Difficile d'envisager un tel vol seul tellement nous avons eu d'inconnues à gérer. On a eu nos petits moments de galère mais on aura temporisé aux bons moments nous donnant ainsi la chance de finir ce voyage ensemble!

Au-delà de la performance, on en a pris plein les yeux... la barre des Ecrins attendra... on le refera ensemble ce plan de vol initial!!!  ;-)

Entre temps, je n'ai même pas vu arriver le pilote de la Zeno 2 dans mon dos! Il a posé un peu vite, gêné par son dragchute un peu rebelle. Incroyable Fred A., le pilote local d'Aspres! XD.

L'euphorie de ces vols finis dans la pénombre de la nuit naissante est à son comble.

Nous remontons tous les trois au col pour récupérer la voiture de Fred. On y verra Timo faire quelques wingover pour atterrir à 21h23. Tous les cadors boucleront cette journée! Quelle journée!!!

On ne s'arrête pas là... demain est un autre jour et le Col Vert nous attend. Fred est bien bouillant d'ailleurs. 

Direction Briançon où Wainer nous a trouvé une chambre pour la nuit.. On aura la chance de faire la fermeture d'un bon resto italien pour débriefer du vol mais surtout pour préparer le suivant... 

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Traces


Quelques traces pour mieux comprendre la progression qui nous reste devant, loin devant ;-)



Alpes (2022): J2 - un AR vers Grenoble et plus... (Bauges, Chartreuse, Aravis)

La veille, encore dans l'euphorie du vol, alors que nous rentrions sur Berne en train, j'encourageais Wainer à oublier la journée et à nous concentrer sur la nouvelle.

C'est tard le soir en arrivant chez lui (au sud de Genève) qu'il confirmait le point de rendez-vous avec Thibault V. et ses copains Stéph et Geoff, à 8h15 à Talloires. Pas de grasse mat donc... 

L'équipe du jour est fraîche et très motivée pour descendre sur Grenoble et rentrer le soir par les Aravis.

Après un bref arrêt à Faverges où nous faisons rapidement connaissance, nous montons vers le col du Tamié pour laisser une voiture à l'atterrissage de Pré Bollay. Finalement nous y laissons les trois, la navette gratuite en provenance de Doussard passant dans 10 minutes.

Nous nous retrouvons donc tous les cinq au décollage de la Sambuy Seythenex à nous préparer. Le ton est donné... 

Quand je décolle cinq minutes derrière Wainer, tout le monde a disparu. Je les rattrape déjà en train d'enrouler au-dessus des avants reliefs du Parc du Mouton. On sent déjà la tendance Nord du jour.

Alors que Thibault et Geoff préfèrent être au-dessus des crêtes, avec Stéph et Wainer on va se mettre dessous à l'abri. On se retrouve vite tous les cinq à la Dent d'Arclusaz. Geoff plus haut sort en deux temps laissant Thibault sombrer avec nous. 

On travaille bien à trois les cycles un peu désorganisés et poussés dans la vallée pour laisser Stéph à la peine qui finira par rejoindre Montlambert alors que nous rebondirons sur le Mont Morbié pour rejoindre la crête de la Galopaz. 

Geoff est devant et conservera son avance tout au long du vol.

Au Pic de la Sauge, là encore un bon travail d'équipe nous permet de ne pas perdre de temps. Wainer plus bas passe devant et nous débusquera un bon thermique à la Savoyarde que nous ne dénigrerons pas.

C'est parti pour la transition sur la Chartreuse. Une première pour moi... confort vu le petit thermique bonus. Merci Wainer ;-) 

On est très mal accueillis de l'autre côté, la Chartreuse a décidé de montrer les crocs. On se fait découper, sous le vent du Nord. 



Plusieurs stratégies dans le groupe: 

  • Wainer fait tout de suite le plein dans un thermique rageur que je quitte pour aller me mettre à l'abri et refaire le plein plus loin. Nous traverserons tous les deux la Chartreuse perchés au-dessus de 2000m jusqu'à Grenoble centre. 

  • Thibault et Stéph vont rester sur les avant reliefs du Grésivaudan en passant par le bas avec l'envie de nous rattraper
Finalement, nous nous retrouvons un peu tous les quatre au Granier, après avoir tous sués dans une masse d'air très agressive voire brutale, plus ou moins dans le même timing.

On fera bien attention de ne pas pénétrer la TMA de Lyon et, confiants des 2800m d'altitude, nous pensons tous que la transition retour sur les Bauges sera une conformité. Que nenni, la laisse de chien, bordel!!! 

J'arrive en premier tout juste en-dessous de la Savoyarde! Vitesse horizontale très faible... et hop c'est parti pour une séance gymkhana pour refaire suffisamment le plein afin de se jeter sur le Pic des Sauges.

Là encore on travaille bien avec Wainer et Stéph. Thibault qui a fait demi-tour avant n'est pas loin devant.

On ne s'attarde pas au Pic des Sauges, tous les trois cisaillés par le Nord de la brise de Chambery et du Sud Ouest. On glisse jusqu'à la Galop. C'est fort. On ne s'attarde pas non plus au Mont de la Buffaz.

Alors qu'on s'apprête à transiter sur le rocher de la Bade, un boulet de canon, nous happe avec Wainer... on pose Stéph incrédule sous nos pieds. Il rejoindra Thibault au Colombier pour continuer le vol avec lui. Les vieux (que nous sommes avec Wainer) préfèreront rester perchés pour le restant du circuit.
Il faut dire les plafs du jour sont astronomiques. 3200 au Colombier, tout autant au Charbon. 

Alors que Wainer doit faire un détour par Montmin (où il fera un beau 3000m expéditif) pour s'être égaré vers le Roc des Boeufs, je m'attarde au Nord de la Tournette ce qui me vaudra un bel hors cycle et un départ pour la Montagne de Sullens à 2600m seulement. J'y trouve tout de suite l'ascenseur ce qui me permettra de recoller à Wainer qui est repassé devant. 

Les djeuns continuent leur progression par le bas (on ne les envie pas ;-))... ils sont juste derrière.

Objectif Pointe Percée... Au col des Aravis, les premiers signes d'un voile pouvant jouer les troubles fêtes apparaissent... mais pas de stress pour l'instant.

Bonne progression - on arrive à notre point de contournement. Alors que nous avons fait demi-tour, je demande à Wainer ce que son instrument de vol lui indique... 214kms si on arrive à rentrer.

Le Mordor semble prendre ses droits. Le retour s'annonce tendu pour tous les quatre. Gros cheminement pour ne pas perdre de temps en enroulant le moins possible. 

A l'Etale, l'ombre s'étale jusqu'au Charvin désormais. On prend le temps de reprendre de la hauteur pour s'assurer de passer le col de Tulle au pied du Mont Charvin, dernière barrière inquiétante pour rejoindre la vallée de Faverge. C'est la course... On se retrouve sous le Charvin avec Stéph et Wainer... un dernier thermique au soleil qu'on va enrouler à plus soif. Du pur plaisir tous les trois.

S'ensuit une glissade vers la Dent de Cons. D'expérience je sais qu'il faut suivre la ligne des petits reliefs au-dessus de Marlens et ne pas se jeter de suite dans la traversée... La ligne magique est bien là... alors que l'ombre a recouvert toute la place. Mes collègues sombrent à côté de moi.

Une fois bien avancé, je bifurque sur la Dent de Cons... Stéph a refait suffisamment le plein pour rejoindre l'atterrissage. Je quitte le relief à 2200 pour me rapprocher de la station de Sambuy Seythenex mais je n'ai aucun doute pour la suite. Le Nord-Ouest devrait m'accueillir dans sa dégueulante en me rapprochant de la station... C'est donc fini, je coule et me rabats dans la vallée pour rejoindre Stéph. 

Wainer qui veut boucler son deuxième 200 de manière parfaite a quitté le thermique de la Dent de Cons à 2900. Il va donc chercher le déco, pour se faire descendre dans la dégueulante du soir. 

Thibault a survécu lui aussi derrière à la nuit... 

Nous nous retrouvons donc tous les quatre heureux à l'atterrissage de Pré Bollay dans une brise qui s'est renforcée. Geoff a lui aussi bouclé mais est rentré déjà chez lui depuis un moment (trop rapide!). Quelle belle journée là encore!!!

Juste le temps d'aller boire un coup avec Thibault et Stéph... et nous essayons d'oublier la journée avec Wainer... demain est un autre jour et c'est au Col d'Izoard que tout va se jouer.

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Alpes (2022): J1 - A/R Ouest-Est dans l'Oberland (Suisse) depuis Niesen

Rendez-vous à l'hôtel Bahnhof Zollikofen (au nord de Bern) samedi soir, pour y laisser la Volvo et la récupérer le lendemain soir pour rentrer vers Annecy pour la suite des aventures. 

Moins de fatigue routière (et moins de CO2) et on peut arriver par le train pas trop tard à Mülenen pour le premier téléphérique de 8h30.

Nous sommes donc plutôt frais avec Wainer ce dimanche matin en arrivant sous cette grande face minérale où est perché l'un des nids de l'aigle (Chrigel Maurer qui sera là d'ailleurs) et ce, malgré une nuit bien chaude et un peu courte.

Gaëtan doit nous rejoindre par le funiculaire suivant. Il ramènera avec lui de nombreux pilotes prêts à en découdre, dont Serena R. Les biroutes au sommet dansent soit en NE, soit en SE ce qui nous annonce un décollage délicat. Kari Eisenhut nous fait une belle démonstration de gonflage en Nord. Personne ne le suivra. Nous tentons tous les trois notre chance dans la pente Sud. Alors que nous nous préparons, Chrigel dans la plus grande discretion prendra aussi la voie des airs à nos côtés.

Je suis un peu tendu car je n'ai pas encore décollé dos voile avec la Volt 4 et cette incidence de pente me fait peur (pas un bon souvenir de l'an dernier avec la Delta 4). Après un premier essai que je stoppe car trop travers à mon goût, je me lance à nouveau après qu'un pilote m'ait remis la voile en place (encore un grand merci à lui). Je rejoins assez rapidement mes deux compères sous le cumulus bien large qui surplombe le funiculaire de Niesen (très impressionnant d'ailleurs).

Gaëtan est en forme et tire la caravane... J'essaie un peu d'optimiser ma cadence Mc Cready pour repasser devant... mais chaque fois lui et Wainer me coiffent d'une cinquantaine de mètres. Je ne trouve pas la solution, je dois encore persévérer, ils sont juste meilleurs... les kilomètres défilent bien. 

Sur la transition de Staldenhorn, Gaëtan prend une fermeture asymétrique de 60% suivie d'une belle frontale, il en ressort sans grande difficulté mais avec quelques émotions en plus...

On rejoint tous les deux Wainer au-dessus de la tête de Clé. Puis direction le Mont d'Or où nous faisons demi-tour. Gaëtan a de mauvais souvenirs de Leysin et des ses basses couches peu accueillantes d'un vol deux semaines auparavant. Ce sera pour une autre fois la Tour d'Ai.

Le retour est un chassé croisé avec de nombreux pilotes qui ont décollé après nous. Quel trafic libériste!

Et puis, une coïncidence de plus... je vois au livetracking Seb de Gap. On s'hurle des salutations en vol en se croisant. On enroule deux thermiques ensemble entre le lac d'Arnen et le Lauenenhore, et puis je le perds de vue, comme Gaëtan d'ailleurs qui fait des petits lacets par le Nord pour revenir sur la crête qui ramène à Niesen. 

Wainer a eu son temps de doutes aussi. Je temporise pour le laisser me rattraper avant la traversée du lac de Thoune. 

Exploration vers l'Est inconnu

Gaëtan agrandira l'écart avec nous jusqu'à presque 10 kilomètres mais en arrivant trop tôt au-dessus de Strick, il fera demi-tour voyant la crête suivante, à l'Est de Flühli, complètement dans l'ombre.

Nous le croisons dans le thermique puissant de Türstehäupti et nos communications radio n'arriveront pas à le convaincre de continuer à trois l'aventure vers le Nord, le soleil semblant faire une réapparition timidde. 

Nous transitons donc avec Wainer pour raccrocher ces jolis rochers au-dessus de Flühli. ça porte encore doucement... on ne s'arrête pas, le soleil réapparait devant. Nous cheminons jusqu'à ce que notre instrument de vol (Air 3) nous indique que la barre tant convoitée des 200 kilomètres est atteinte si on assure le retour. Quelques centaines de mètres en plus pour ne pas avoir de surprise, et nous rebroussons tous les deux chemins. 

Le soleil est plus installé, les ascendances plus franches. Nous sommes tous les deux conscients qu'il va falloir assurer le plafond pour retraverser la vallée afin de ne pas nous retrouver trop bas derrière la crête du Strick , sous le vent du NO cette fois bien présent. 

Nous nous appliquons avec une M7 violette et bleue sur la face SO du Rüchiloch mais on prend tous les trois un gros hors-cycle que nous devons remonter. 

Nous finissons par perdre patience, la M7 en partant droit dans le venturi, et nous, optant pour la vallée en passant au sud de Flühli. 

Une X-One me passe sous les pieds alors que j'enroule trois tours. C'est Chrigel... il nous montre la voie... merci! Raccrochage dans une combe orientée Ouest, puis on glisse sur la face ensoleillée... Le temps de prendre un peu d'altitude, il n'est déjà plus là.

Je prends ensuite les devants en coupant en vallée pour rejoindre le Wysschrüzgrat (quel nom!) et on finit par se retrouver devant le lac de Thoune avec Wainer pour un dernier thermique qui nous fera glisser sous Niesen pour boucler. 


Nous ne pourrons plus ensuite rejoindre Gaëtan qui a posé à l'atterrissage officiel mais la raison était légitime pour Wainer... son premier 200! Gongats man! On se rattrape bientôt Gaët.



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