Nous sommes seuls en arrivant au déco. L'idée de Philippe est de monter jusqu'à Allevard, et redescendre à La Mure afin d'organiser la récup de sa voiture restée aux Richards.
Quelques bouffes et Alex ouvre la marche comme à l'habitude, Philippe lui emboitant le pas. Michel ne tarde pas non plus mais part dans un cycle qui semble moins porteur à droite.
J'attends un peu que le déco s'alimente de nouveau. Ca monte tout de suite devant mais repassé au-dessus du déco je fais l'erreur de tirer vers le pierrier pour prendre le cheminement habituel... Rien ne porte. Retour au déco où Michel s'applique déjà à travailler le thermique. Je lui emboite le pas plus lentement.
Philippe et Alex sont déjà loin devant. Silence radio (quelques conversations des copains de Prelenfrey), même Michel ne répond pas à quelques centaines de mètres.
Je passe au-dessus du Sanctuaire de la Salette et transite sur cet éperon minéral bien particulier qu'est le Gargas.

La suite est vallonnée et ne m'inspire pas... je travaille ma montée au plaf dans un air encore bien sec (du bleu encore du bleu) qui me permettra de partir dans le Valbonnais (le fief de Michel), direction le fameux Coiro sans difficulté (ça porte).
La tendance sud m'invite à partir vers le Nord. Je reconnais la vallée de Chantelouve où nous avons grimpé l'an dernier avec Lolo.
Un plein au Grand Armet et un planeur sur le Taillefer me réconfortent sur mon choix de cheminement. Le planeur fait l'essuie-glace mais n'arrive pas à sortir au-dessus. Un vautour me montre la pompe et je centre le thermique de la crête de Dréveta au nez du libériste.
A 3000 mètres j'aurais pu basculer vers Chamrousse en basculant par le rocher du Sabet, du Chatelard mais de mon point de vue, je ne vois que des arbres, une ligne THT effrayante et un relief qui me semble plus plat derrière. Je préfère partir au nord pour essayer de transiter sur Chamrousse.
En rejoignant l'altisurface des lacs Fourchus, les choses se compliquent.
La gorge de la Romanche est encaissée. J'essaie de refaire le plein mais je m'enterre sous la Pointe de l'Aiguille. Il me faut un long moment pour ressortir à 2400 mètres et ces derniers me paraissent insuffisants pour passer en direct par la Dent d'Alexandre afin de plonger sur Chamrousse.
Trois vautours me montrent une ligne porteuse vers le Petit Taillefer. Je jette l'éponge et décide de les suivre vers l'atterrissage que m'indiquent mes instruments en direction de Vizille.C'est stable en dessous de la Morte, m'obligeant à gratter les feuillus... quand soudain, deux voiles sortent des arbres. Sans le savoir je viens de rejoindre le décollage de Laffrey. Je me sens moins seul pour le coup.
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