Vosges (2020): un petit Remir, et plus si affinités!

Ce 2 juin (qui marque une nouvelle étape vers plus de liberté en France) s'annonce bien meilleure à la mise à jour des modèles météo au petit matin... la tendance plutôt forte E, NE est par contre confirmée mais devrait s'épuiser dans l'après-midi et plus rapidement à l'Ouest.

Drumont



Feu au Drumont avec une équipe encore bien motivée... Ben, Thib, Claude. Chris est là aussi... en bon masochiste qu'il est, car il ne pourra pas voler avec nous, il a un rendez-vous dans l'après-midi et doit partir tôt!

En arrivant au déco, il y a du monde, mais plus personne en l'air, c'est bien ventilé.
Un peu de tension car l'instabilité est bien là... les thermiques vont être monstrueusement découpés.

Nous nous lançons tard, vers midi, Franck P. et Ben P. jouant les éclaireurs avec leur fusée. ça dérive bien fort!!!

J'emboite le pas à Thibault et je trouve assez rapidement la sortie dans l'antre de Godzilla. Benoît me coiffe tout juste et se lance déjà derrière.

Thib qui m'a vu sortir se rapproche mais n'est pas dans le bon timing et l'étage supérieur se referme. Il repart devant pour une nouvelle tentative.

Bussang & Rupt-sur-Moselle


Je me décale derrière vers Bussang. Une bulle mollassonne m'invite à y stationner... ça laissera à mes compères le temps de me rejoindre et ça me permettra de juger l'évolution de la Boom 11 de Ben vers Remiremont.

Parfait, ma lente montée et le vent ENE me poussent vers les pistes de Bussang sans stress. Thib me rejoint, pendant que Franck P. avec sa nouvelle voile de compet (une Opera de la marque Da Vinci) ressort avec efficacité vers le Ventron après avoir sombré dramatiquement dans la vallée. Il prend déjà en chasse la Boom! Quelle vitesse!

Les conditions thermiques sont clairement au rendez-vous avec de bonnes Vz! 2300, jusqu'au Ménil.

ça s'allume vers Rupt-sur-Moselle, mais aussi vers Thiéfosse. On opte pour l'Ouest... pas la meilleure ligne, avec ce vent d'Est. Du coup on dégringole...  Je plane mieux que Thib et je rejoins la trouée ascendante de Rupt la tête hors de l'eau! C'est pas son cas et il se retrouve en pleine séance d'apnée au-dessus des sapins.

Il se décale sans frémir pour reprendre un boulet qui lui permettra de me rejoindre à la base du nuage! Il ne tient pas son surnom de Thermal Monkey pour rien, et la Rise 4 (Air Design) est un vrai petit vélo dans les ascendances étroites et tordues! Je repars devant vers Vécoux.

Remiremont - vers Plombières-les-bains


Claude a pris la branche Est de Thiéfosse plus rentable, qui lui permettra de nous rattraper sur Vécoux. 18kms/h de NE... ça m'inquiète pour la suite.

Les cumuli de l'autre côté de la vallée sont attirants, ceux vers Epinal plus chaotiques. Nous optons pour le Sud-Est de Remiremont, dans le flux du vent vers Plombières-les-bains...

Petite incompréhension à la radio avec Thib, un aller-retour pour rien... Il est déjà 14h, et si on veut pouvoir aller au Nord et rentrer (fin de convection prévue à 19h), il ne faut pas tarder ici.

Du coup, je me retrouve un peu plus bas que mes deux compères que je vois déjà fondre, pied au plancher pour survoler Remiremont. J'ai toujours du Nord au vario.

Refaire un plein, rester en bordure de nuage, au vent et faire une laisse de chien par l'Est en visant la carrière qui produit le monstre thermique de Remir'.

Je refais mon retard sans déguster les bas-fonds sous le vent du Saint-Mont! On se retrouve tous les trois au plaf, pas avec la même dose d'adrénaline dans le sang, direction Gérardmer.

Gérardmer

Nous prenons des cheminements différents, Thib par le Nord du lac (une ligne qui m'a laissé de mauvais souvenirs) et avec Claude, par le Sud.

Ce dernier prend peur au-dessus de Gérardmer, sa finesse moins bonne que la mienne le poussant à se jeter dans la vallée de Liézey.

Ce passage est toujours impressionnant. L'urbanisation galopante autour du lac a cannibalisé les coteaux rendant le poser difficile voire impossible. Il faut prendre de la marge.

Il ressortira du trou mais on le perdra pour le reste de la balade. Je rejoins Thib dans le chaudron de Xonrupt-Longemer...

C'est toujours bouillant, vivant cet endroit! Jamais envie de lâcher les commandes ici et aujourd'hui encore plus.



La route des crêtes est lavée de tout nuage. Benoît aime la plaine, il est près de Saint-Dié. Une belle rue de nuages remonte plus au Nord. Si il la raccroche, les kilomètres vont défiler car le vent s'est volatilisé et pour notre plus grand plaisir, les plafonds sont montés d'un cran.


Sainte-Marie aux Mines


Thibault s'enflamme à la radio: "allez, les gars, c'est bleu, mais feu sur Sainte-Marie aux Mines". Quelques nuelles clignotent à Xonrupt, je m'y dirige, rebond sur un Sorceneux allumé, je fais juste des tours pour voir la progression de mon alsacien.

Un dernier rebond dans la vallée du Valtin où on ressert les rangs et hop, Thib' qui a mieux négocié la sortie de thermique, se lance vers le Haycot dans un ciel lavé de tout soupçon.

Je cherche une ligne qui me ramènera à sa hauteur... que nenni. Une très longue transition de plus de 7 kilomètres où nous sommes à peine chatouillés par quelques frémissements.

Le col du Haycot se rapproche toujours plus bas... Je suis 100 mètres dessous Thibault et je sens que le raccrochage va être tendu. Il passe la crête et je le vois catapulté...
Allez, allez... ça va le faire!

Je suis un peu plus bas, c'est moins expéditif... Je laisse ma fidèle Alpina me recentrer tout ça et après quelques tours je retrouve enfin une montée plus déterminée, laissant  à Thibault le temps de s'échapper. Je passe au-dessus du Grand Brézouard et me lance à sa poursuite. Il fait déjà demi-tour comprenant que chaque minute passée ici nous prive de boucler le circuit, ou d'envisager la branche finale au Grand Ballon.

Je me rallie donc à cette décision dans un lent virage afin de d'optimiser la portance!

De nouveaux encouragements à la radio. Le Nord-Est plus présent nous convainc de redescendre par la tête des Faux sans nous enfoncer en plaine d'Alsace et en cherchant sur la route des crêtes une confluence Est-Ouest.

On s'arrête à la tête des Immerlins mais on quitte rapidement l'ascendance qui s'éssoufle à 2200m. Les repères sont rapidement biaisés quand les références changent.

Avec des altitudes à 3000m, on se sent vraiment bas à 2200m alors qu'il nous arrive souvent de rejoindre le Col du Bonhomme à ce plafond maximum. On le sait... on s'écarte Thib plus vers la crête, moi plus en vallée... même si ma recommandation initiale reste la confluence possible en bordure.

Je me laisse happer par ce cumulus qui semble trôner au-dessus de la combe du Gazon du Faing.

Le Nord-Est appuie ma descente... les varios négatifs commencent sérieusement à me rapprocher du sol. Je me retourne vers Thibault qui enroule plus haut sur la crête. Quel idiot suis-je!

Pourquoi ne pas être resté groupé ?!!

Manque nutritionnel (compôtes pressées et barres énergétiques oubliées à la maison) > fatigue > perte de concentration!

La radio crachote et m'ordonne de rejoindre cette belle ascendance. Trop tard, l'horizon disparait sous la crête! Le Valtin, le fameux Valtin est au soleil... Va falloir se sortir les doigts... maintenant!


Valtin



J'écrase le barreau... plus haut je serai, plus de chance j'aurai d'en sortir.

Je m'étais retrouvé, l'an dernier, dans cette jolie combe boisée. J'avais bataillé 40 minutes dans une aérologie peu fréquentable, j'avais fini par y poser. Bon! les conditions étaient différentes en Ouest fort.

Mais en Nord-Est je m'attends à rien de bon non plus. J'arrive à 200m sol au-dessus de Rudlin... ROYAL :-/. C'est trop mou! Allez, va pour le fond du chaudron, là où c'est le plus ensoleillé en OSO!

Thibault m'encourage à la radio. J'entends plus mon vario, j'éteins la radio!

Concentration maximum... Tous mes sens sont en alerte, je suis juste au contact, l'Alpina fait le reste... puis le vario se fait plus bruyant, je reserre sur la tranche, je vais côtoyer le coeur! Catapulté à presque 2900. Dernier thermique de l'espace de la journée!

Des cums devant moi maintenant, mais qui n'ont pas l'air en forme. Direction la Bresse avec une option Longemer.


La Bresse

Plus rien... tout s'effondre dans le coin. Je passe au-dessus du Grand Valtin sans m'arrêter.
Longemer est à l'ombre. Les sur-devéloppements sont sur la fin mais l'ombre a visiblement annihiler la puissance de convection!

Je me décale vers Retournemer qui est au soleil et c'est la Belle Roche qui donne tout son potentiel merveilleux!



Mon téléphone vibre... un message de Ben! Il a posé juste derrière! Arrgghh! ça s'est joué à moins une! ça m'attriste... Je me force à me reconcentrer!

Je rallume la radio. Mais qui voilà?!!! Thibault encore bien perché qui enroule à plus soif!

Il est tout euphorique et n'en revient pas de me voir là. Il m'invite à le rejoindre...
Je ne veux pas perdre de temps à me décaler et enrouler. Je transite à 2600m vers le col du Bramont.

Est-ce que cette ligne que j'ai expérimentée lors de notre dernier vol avec Chris va aussi bien fonctionner??




La vallée de la Bresse-Hohneck peut être généreuse à cette heure de la journée... et ça tombe bien elle est complètement ensoleillée.

La masse noire qui met le Windstein à l'ombre va me permettre de court-circuité le Batteriekopf où se lance Thibault catapulté à 3000m.





Grand Ballon et plus?



La stratégie de Thib est de passer au cordeau pour rallier le Grand Ballon, derrière la rue de nuages de nouveau au soleil.

J'opte quant à moi pour un cheminement au sud de cette même rue, sur les faces ensoleillées du Markstein.

Je retrouve Denis de Cumulus sur cet itinéraire... ça porte bien, je me permets même d'accélérer.


Je vois Thibault qui arrive avant mais à une hauteur sol qui commence à me faire craindre pour son retour au Treh! Il a pris toute la dégueulante de la rue et passe sous le Grand Ballon. Il s'enfonce dans le trou...

Je ne dis plus rien à la radio. Il est plein de ressources, il va bien s'en sortir (ce qu'il fera d'ailleurs avec brio, il fallait bien un peu de rebondissements dans son vol à lui aussi!)!

Je reprends 300 mètres devant le Grand Ballon, ça semble s'essouffler... je quitte l'ascendance en me jetant en direction du Beckerkopf où trône encore un nuage qui enfle!

Pour mon grand désespoir, il s'éteint dans ma progression... Nous sommes arrivés trop tard avec une convection trop courte. Le 140 FAI voire plus? Ce ne sera pas pour aujourd'hui... Mais quel vol!

A 1900 je fais demi-tour, en espérant reprendre une bulle pour espérer reposer au Drumont pour récupérer la voiture. Rien, de l'huile.



Même Denis qui est rentré par les crêtes ne semble avoir rien cueilli jusqu'au retour à Fellering.
Je reviens vers le Drumont trop bas en me laissant glisser à moins de 3 kilomètres pour espérer le fameux bonus (juste pour l'honneur ;-)).

Puis demi-tour au wagga où Claude aura aussi posé un peu plus tôt en réalisant ainsi son premier 100 kilomètres.

Je retrouve donc finalement toute l'équipe dans la pénombre de la vallée d'Oderen.

Quelques gouttelettes s'invitent même à la fête.

Ben est aussi là, il a décroché la récup de sa vie, surtout dans ce contexte pandémique, avec un généreux automobiliste qui l'aura ramené directement à l'aérotec (on ne remerciera jamais autant toutes ces personnes qui ont le coeur sur la main!).

Un très beau vol d'équipe avec Thib' qui nous laissera un record perso sur le massif et de superbes souvenirs tant par les rebondissements que les ambiances encore bien singulières aux Vosges.

Quelques traces pour mieux comprendre...


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Petite vidéo souvenir!




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