Alpes (2016): Dévoluy, départ de cross au col des Faisses



 Premier contact avec le massif de Dévoluy avec un décollage connu essentiellement des locaux et des crosseurs: le Col des Faisses.


Il a la particularité de donner accès à la face Est de l'Obiou permettant ainsi de descendre vers le sud (Alex l'a fait en groupe de 8 le mois passé).
en direction d'Aspres tôt dans la journée afin de transiter par le Pic de Bure vers le parc national des Ecrins (Orcières), remonter vers le Nord pouvant ainsi réaliser un triangle de plus de 100kms (

C'est donc au Payas (près de Pellafol)  où nous avons rendez-vous avec quelques membres du club Envol Sud Isère (plus grand nombre de licenciés de France) pour covoiturer au Col des Faisses à 1520m d'altitude.

Je me retrouve donc à préparer ma voile avec Phil (Delta 2), Alex (Cure), José (Rook 2), Michel (Sigma 8), Jean-Seb (Sigma 8), Moogly (Sigma 8) et 2 autres Briançonnais (Delta 2 et Iota).

Le décollage a une particularité de taille: un créneau obligatoire. Après 11h30, quand les faces Est commencent à suffisamment donner, une brise descendante interdit le vol pour le restant de la journée.


Nous sommes dans le bon timing... C'est José qui s'envole roues au vent avec le soutien d'Alex et Jean-Seb. Ce pilote hors pair ressort à gauche.

Tout le monde suit car les minutes sont comptées.
Direction le Chatel pour un premier point de contournement et nous nous jetons dans la ravine du Cros des Cassés sur la face impressionnante de l'Obiou.

Le plafond est encore bas et s'arrête à 2600. Il faudrait 200 mètres de plus pour pouvoir marsouiner sur les pics.

Les voiles rapides sont déjà parties en éclaireurs.

Je peine à sortir des dents à droite de la combe de la Fuvelle en pensant pouvoir transiter sur les crètes comme la Iota semble le faire. Je me ravise rapidement en la voyant s'enterrer dans une belle vasque... J'apprendrai par la suite qu'elle s'appelle la Combe de la Prison.


Les conditions ne sont pas aussi généreuses que prévues et il est difficile de s'extraire. Je m'impatiente et je fuis devant en cherchant à rattraper mes compagnons.


Un premier point bas sur la crête de la Clape dont nous nous sortons avec José et Michel, chacun à sa façon.


Alors que José transite par la crète des Grépoux et que Michel prend une ligne descendante pour le rejoindre, je préfère garder un cheminement en aval qui semble mieux porter.

J'arrive au Grand Ferrand certes plus haut que Michel mais trop bas, beaucoup trop bas pour remonter aisément. La brise en sud nous met sous le vent et les thermiques du vallon du Grand Villard sont petits.

José qui est arrivé 100 mètres au-dessus se refait sur le Pas de l'Etoile et va pouvoir continuer beaucoup plus sereinement.

Je lutte mais cette veine du massif de Devoluy est étroite et austère. La tension monte avec ma plume qui claque. Je vois Michel qui cherche mieux devant... Je sais qu'il faut que je trouve ici mais je n'y arrive pas. Je devrais peut-être revenir en arrière mais je ne vois que des arbres pour poser en aval... Je craque et je pars devant.


Le relief s’aplatit, se redresse même. Michel passe... J'essaie de récupérer une ascendance dans le torrent des Adroits mais,  j'échoue.

Je commence à me demander si je ne vais pas poser sur ce plateau... Tant pis, j'avance en me faisant contrer par la brise du sud en gardant en tête mon plan de repli vers la vallée. Je ne passerai pas l'angle du rocher Rond.

Je me laisse glisser dans la combe des Buissons où je n'arriverai pas à tenir un thermique petit mais probablement salvateur. Je pose au pied de Lachaup alors que Michel semble avoir réussi à survivre... malheureusement ce sera de courte durée.

Pour la récupération, il est en fait préférable de poser à Agnières, l'axe est plus fréquenté. Cela m'aura valu un peu de rando pendant laquelle j'apprends à la radio qu'Alex, Phil (par solidarité avec son fils) et Pascal ont posé au Col de Festre, contrés par un vent d'Est bien trop prononcé pour rallier le pic de Bure.

José arrive à revenir sur ses pas. Il atterrira au col pour récupérer sa voiture secondé par un trialiste de 86 ans en combi rose que nous croiserons dans la poussière en remontant récupérer la voiture de Phil. Enorme!

Quelle journée avec une super équipe, riche en expérience, qui se finit au lac de Drac à la Mûre en compagnie de Iona!



Photos

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