Bruchweiler Geierstein: la falaise des faucons

Première pour Jess... un peu de terrain d'av sur les belles tours de grès rouge du Palatinat.

C'est une découverte bien agréable avec une barre rocheuse d'une quarantaine de mètres de haut, orientée sud-nord, que nous faisons à Bruchweiler Geierstein.

L'approche est simple si vous garez votre voiture sur le petit parking ombragé qui longe à gauche la route menant à Bruchweiler. Nous, nous avons choisi un peu de repérage avec une grimpette bien raide pour rejoindre la falaise.


Quand nous avons émergé des arbres, c'est sur la voie de référence du site que nous tombons: "Superlative". Cette face n'en manque pas... de superlatifs, encore faut-il être dans le niveau (7a/b) et avoir du cœur à l'ouvrage (cela engage dans la partie "facile").

Bien entendu, nous sommes là pour relever des défis mais ces derniers attendrons. Après un rapide coup d’œil à la section nord, nous nous réfugions au soleil qui, pour notre plus grand plaisir, joue à cache-cache avec les nuages.

Pour se mettre en jambe, une petite 3 (Drachenkamin) à protéger intégralement tout au long de son itinéraire. Je dévie un peu trop à droite et tombe dans du 5 sableux qui me convainc de revenir vers l'itinéraire original. Jess est un peu tendue pour sa première même si le relais est solide. Le sable palatinien?


Petite frayeur à la descente: l'énorme anneau qui permet de tirer le rappel n'est pas fermé. Le brin s'échappe... Le deuxième point dans lequel nous avons glissé la corde est là pour nous rassurer.
On ne cessera de répéter que les rappels se font toujours sur deux ancrages!

La deuxième voie, "Mittelturmweg", est un beau voyage qui traverse en strates vers le secteur de droite de Sudwand. Une fissure surplombante amène à un relais béton... un arbre. Jess prend ses marques dans la récupération des coinceurs.

Pour changer, nous sortons sa vieille corde bien raide pour tirer une couenne un peu plus relevée.

La Niemandsland (6a+) propose un départ commun à la
Drachenkamin, puis s'envole sur la droite dans un léger dévers à réglettes. Plus besoin de coinceurs, 3 anneaux protègent la deuxième partie. En ne traînant pas, cela sort sans trop crisper. Le détour dans cet itinéraire en vaut la chandelle.

Pour terminer la journée, pourquoi ne pas essayer la DAV-Weg (6a). La voie est bien protégée avec 9 rings, et son profil louvoyant a l'air bien alléchant. Cependant, la fatigue se fait sentir et nous optons finalement pour plus simple mais aussi plus engagé: Schartenweg (5), E1. 
 
La première partie offre une escalade facile jusqu'à une petite dalle qu'il ne vaut mieux pas emprunter par la droite sous peine de tomber dans la Zwillingsweg (6b - E2). Les pas dalleux me poussent vers la belle fissure surplombante. Après une progression de 2 mètres, difficile de se replier, il faut continuer. Heureusement, cette section se protège bien. Je charge sur un mini-galet en me contorsionnant dans un quart externe tout en sensation afin de rejoindre la Schartenweg.

En sortant du surplomb, une ombre gigantesque s'écrase sur mon casque, et un souffle puissant me projette presque dans le vide.

Je comprends vite en voyant un nid et deux œufs nacrés que nous bouleversons là un couple de rapaces, probablement des faucons. Situation d'urgence, je tire un rappel sur un gros ring centenaire qui me tend les bras pendant que Jess évalue la situation. Le mâle est parti pendant que la femelle tourne au-dessus en émettant des cris bien peu accueillants. Nous faisons au plus vite pour quitter le bas de la voie et laisser tranquille la nature et son espace de vie.

Nous croisons un groupe de grimpeurs teutons et les avisons de la situation. Pas sûr qu'ils feront circuler l'information que les voies dans ce secteur devraient être interdites jusqu'à la fin de la nidification (évaluée au début de juillet en Alsace).

Nous quittons les lieux enchantés par la situation calme et rafraîchissante...  Un site recommandé pour l'été.

Vous trouverez plus d'info: ici!

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