Verdon (2009): mythique et incontournable

Quelques souvenirs d’enfance me restaient de ce canyon atypique, aux belvédères plongeant sur une rivière au tintamarre rafraîchissant. Tout est remonté d’un coup quand je me suis penché le premier jour par-dessus la balustrade: ces longues parois aux couleurs bigarrées, les vautours fauves qui, dans de larges spirales, gardent les jardins en aval, et le vide, le vide? Oui, ce célèbre vertige enivrant qui fait la réputation du Verdon!

Le point de chute pour tout grimpeur qui va arpenter les gorges est bien entendu La Palud-sur-Verdon. C’est là que nous nous sommes retrouvés, en ce samedi soir du 22 août, après une pénible journée à traverser le pays: Carole, Bachir et Nico au départ de Thionville et moi en provenance de mon Périgord natal.

Avant tout, je tiens à remercier May de m'avoir laissé filer dans cette superbe région sans elle. La prochaine fois, on y revient tous les deux, c'est sûr! Et enfin, merci pour son travail de fourmi, à corriger tout ce texte que j'ai eu plaisir à écrire. J'espère que vous en aurez autant à le lire.

Donc, c'est ici que l'aventure commence...




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1 commentaires :

Bachir a dit…

DIRECTION LE SUD…

Voilà et merci, Éric! Un bien joli compte rendu de cette virée épique, de ce joli mois d’août, où les aventures imprévues comme tu l’as relaté se sont succédé les unes après les autres et venaient ainsi pimenter ces sorties et rapprocher humainement les acteurs de ces péripéties, liés comme les doigts de la main fermée du boxeur.
Nous nous sommes lancés dans ce rêve tant attendu et qui, maintenant, nous accueille les bras grands ouverts…

Lorsque Carole, Nico et moi sommes descendus «tranquilles» vers le sud, nous nous sommes permis quelques arrêts en particulier pour manger et nous dérouiller du voyage, et, là, Nico, l’incorrigible Nico devrais-je dire, nous a menés en un endroit retiré du monde, où il a fallu marcher, escalader, suer vers les hauteurs par des chemins impraticables, les sacs et la glacière remplie à la main (c’est lui qui la portait… heureusement). Nous remarquions, au fur et à mesure que nous grimpions, qu’effectivement l’endroit était superbe, mais nous continuions à grimper et à grimper encore, ne sachant pas où nous allions nous arrêter.
À ce moment, l’histoire du petit garçon demandant à son père: «Dis, papa, c’est encore loin l’Amérique?», et le papa de répondre: «Tais-toi et nage», me traversa l’esprit… Je continuai donc à grimper serrant la mâchoire, songeant à cet endroit enchanteur décrit par Nicolas.

Après 15 minutes de montée, nous avons enfin atteint notre but… Nico, nous te pardonnons tout… une merveille, nous touchions les cieux! Une immense montagne de rochers gigantesques s’est écroulée là… et nous étions à ses pieds sur d’immenses rochers formant un site apocalyptique nous faisant oublier l’envie de manger, mais non celle de tourner la tête à 360° pour admirer ces paysages, quitte à attraper le pire des torticolis...
Comme des cabris, nous avons ensuite sauté de rocher en rocher, admiré un cours d’eau qui serpentait au loin, le ciel bleu azur, le silence, et fait des photos pour prouver que cet endroit existait bien…

À force de tourner et de sauter d’un rocher à l’autre, j’ai remarqué quelque chose caché dans une fissure. Je me suis approché et j’ai vu un sac. Étonnant… nous étions les seuls par ici, loin de tout. Je me suis avancé et j’ai regardé dans le sac: du matériel de grimpeur et tous les papiers d’identité d’un homme… J’ai appelé Carole et Nico. Après expertise et réflexions, cet homme n’avait-il pas eu un accident? Carole a alors décidé de laisser un mot à cette personne la priant de la rappeler dès qu’elle lirait ce message…

Nous sommes redescendus après avoir mangé et, là, plus bas, nous avons vu un jeune homme au loin sautant de rocher en rocher et se dirigeant vers l’endroit où nous étions… À tous les coups, c’était notre homme!
N’étant pas sur sa trajectoire, nous nous sommes croisés sans l’approcher. Nous avons attendu son coup de fil… en vain.
Est-ce parce que Carole lui avait écrit que nous venions de Lorraine??? Ou peut-être faisait-il partie d’un monde coloré de rose bonbon et aurait-il préféré que cela soit un Frédéric ou un Jacques qui lui laisse son numéro de portable…