Vosges & Jura Suisse (2018): Avril ne te découvre pas d'un fil surtout à la base des cums...

Cela fait déjà quelques jours que les libéristes alpins nous narguent avec un soleil imposant, de moins en moins de vent et une instabilité de la masse d'air digne du printemps... des conditions exceptionnelles qui verront quelques records de distance (distance déclarée FAI tandem) et de superbes vols dans les Alpes.

On arrive à se libérer à partir du jeudi avec Hervé et cela aura payé...
Une bonne reprise avec une quinzaine d'heures de vol en 3 jours et les premiers kilomètres qui tombent.

Vosges: deux journées fumantes et sur-fumantes!



Tout d'abord au départ du Treh pour un circuit assez classique qui nous mènera entre Grand Ballon, Longemer, La Bresse, Ballon d'Alsace et Dumont.

On ne suivra pas les nombreux compétiteurs furieux qui sont partis au Nord dans le bleu pur du ciel. Ceux qui ont posé au Col du Bonhomme auront un peu galéré pour revenir à Oderen, la route des crêtes étant toujours fermée.



On cherche à assurer pour cette première journée avec Hervé, Jean-Marc et Romain (ce dernier pressé par des impératifs familiaux tristes). On commence ensemble mais on se perd de vue comme souvent...

Le lac des Corbeaux n'aura rien donné et il aura fallu être patient (25 minutes à zéroter) et s'entraider avec Nils et son USport2, pour retrouver le plaf,  le plus généreux de la journée à près de 2900 mètres.

Une longue transition vers le Ballon d'Alsace qui m'amène à 300 mètres sol où je trouve la porte de sortie en deux temps pour un retour un peu contré vers le Drumont.

Caro qui part 300 mètres en-dessous ne passera pas le col de rouge Gazon :-(.

Bravo à JM pour sa vraie première sur le massif!




Le lendemain, de nouveau le Treh, les conditions s'annoncent de nouveau prometteuses mais un voile d'altitude est prévu pouvant affaiblir la convection. On y retrouve du beau monde...

En décollant je ne vois pas la clé au milieu de mes élévateurs avants, heureusement, en les secouant énergiquement, j'arrive à la libérer. Ca va mieux voler maintenant :D.

Je rejoins Hervé qui se lance déjà à l'attaque du Grand Ballon... Aujourd'hui j'aimerais bien aller faire un tour au Lac Blanc, élargir les branches et si quelques cumulus dessinent plus le ciel à l'Ouest, découvrir le ciel vers Remiremont (en passant par Gérardmer?).

Comme la veille, je retrouve Hervé au-dessus de la Bresse-Hohneck. En voyant quelques nuelles se former sur Gazon des Faings, je fonce seul sans hésitation vers le Lac Blanc. Ben me rattrape avec sa Boom au pierrier du Valtin et nous transitons chacun sur notre ligne vers le Lac Blanc (moi haut et lent, lui plus bas mais rapide). C'est la première fois que je passe au-dessus du rocher du Hans, il me parait bien petit cette fois, à 2500 mètres d'altitude.

Les voiles qui partent au col du Bonhomme s'enterrent et me convainquent de faire demi-tour.
Si les conditions me permettent enfin de bifurquer vers Remiremont, je ne souhaite pas y arriver trop tard (la veille, quelques pilotes n'ont pas pu rentrer, piégés par une extinction prématurée de la convection dans les vallées de Ventron et Cornimont.


Deux voiles profilées semblent en difficulté vers le lac de Gérardmer. Quelques rues se dessinent au sud de la Bresse. Je me décide à reprendre la même route que la veille... le lac des Corbeaux est encore éteint, je ne m'y attarde pas et me jette au-dessus de la vallée de Cornimont.

Le nord-ouest plus présent me décale de mon objectif; la ligne d'hier est de nouveau allumée... Je vois quelques voiles qui reviennent de Vagney. Ce ne sera pas pour aujourd'hui. Je me résigne à partir au Ballon d'Alsace en essayant d'aller plus loin en direction de Belfort.

Les cums sont plus sombres ici, les vallées plus étroites... nouvelle découverte. Je suis seul.

Je passe sous la TMA de Bâle, il est temps de rentrer avec, comme la veille, le maximum de marge. Je suis rejoint par Greg B. qui bouclera un périple d'un peu moins de 150 kilomètres... quel pilote!

Glide final où je retrouve Hervé qui a lui aussi volé 5h... Les 100 kilomètres dans les Vosges était à portée aujourd'hui. Je sais au moins ce qu'il sera possible de faire pour les atteindre la prochaine fois... mais il est temps de partir à la découverte!

Jura Suisse: découverte de Weissenstein


Après une courte nuit (les ravages de l'excitation! et de l'adrénaline?), nous partons à Weissenstein où Simon (un jeune pilote que j'ai rencontré à Tenerife en février et qui promet...) nous a recommandé d'aller. Nous y arrivons en touristes, nous en repartirons en touristes ;-), mais contents.



Le manque de temps et de préparation ne nous aura pas permis de définir des objectifs à la hauteur de la journée. Les conditions sont là aussi exceptionnelles et nous avons choisi le meilleur créneau de la semaine selon Simon qui y a passé quelques jours en formation avec l'illustre Chrigel Maurer.

Je m'attendais à des crêtes à mouettes comme à Saint-Hilaire, mais il n'en est rien. 
Il y a bien cette barre qui descend jusqu'au lac de Bienne mais elle n'est pas si haute et devient vite technique plus au sud (bravo à Hervé pour avoir eu le courage de s'y battre toute la journée).
Les thermiques y étaient forts et teigneux.


Derrière, deux trois crêtes amènent au Jura français (j'y ai à peine reconnu Moutier où nous y avons grimpé avec Martine et Fabien). Au milieu de chacune d'entre elles, plus on va vers le Sud, plus les plateaux sont bas. Le vol s'apparente plus au vol de plaine.


Je progresse bien. Une transition ratée en solitaire me voit me rapprocher du sol... je suis persuadé que la carrière en contrebas va me sortir de là. Bim,  un thermique sous le vent m'oblige à la patience. Il me décale sur le plateau qui, lui, me propulsera à 3000. Oufff!

Un grand nombre de pilotes qui étaient au déco (entre 150 et 200) balisent le ciel de ce côté et comme si cela ne suffisait pas, des deltas et planeurs sont aussi dans la place.

Je soigne un peu trop mes plafonds pour le coup (récupération compliquée ici) et ma progression est beaucoup trop lente au vu des conditions. J'aperçois le lac de Neufchatel et les antennes dont m'avait parlé un pilote lors de ma prévol.

De nombreuses voiles semblent faire demi-tour. Je croise Simon me semble-t-il. Il me décide à rentrer, le manque de cumulus plus au sud, aussi.


Je suis contemplatif, je m'assure que la GoPro est en action, qu'elle ne rate pas ces planeurs qui m'encadrent sur ces lignes porteuses. Je joue à saute-mouton en choisissant les meilleures. 



Il y avait moyen d'aller très loin aujourd'hui... Record de la journée: 240 kilomètres. Il fallait partir tôt et vite basculer sur le Grenchenberg. Il est 19h quand nous reprenons la route pour les Vosges.

Trois jours très instructifs avec de nouvelles pistes de progression et de découverte!

On croise les doigts pour que le Printemps nous réserve encore de belles surprises.